La Grande Guerre: La thèse "officielle"...

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La Grande Guerre: La thèse "officielle"...

Message  Mr Klein le Jeu 10 Déc - 18:06

1ère PARTIE:


QUI A VOULU LA GUERRE ?
( La thèse officielle)



Il est vrai que la thèse de la responsabilité entière austro-allemande semblait bien établie.
En France,elle avait été répétée,martelée même,pendant toute la durée
du conflit.
Des politiciens, des universitaires,des hommes de lettres,des religieux
mème avaient contribué à la répandre.
Simple exemple parmi tant d'autres:en 1915,la Librairie Armand Colin
avait publié une petite brochure d'une soixantaine de pages intitulée:
Qui a voulu la guerre ?
Les origines de la guerre d'après les documents diplomatiques.

D'un prix modique ( 50 centimes),elle avait été rédigée par deux professeurs
à l'Université de Paris,E.Durkheim et E.Denis,ce qui lui donnait
un aspect de sérieux et d'impartialité.

Les arguments développés par les propagateurs de cette thèse étaient
très nombreux,qui accusaient l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie:
à la base,disait-on,se trouvait le désir fou de constituer un Grand Empire Allemand qui irait de Dantzig à Bagdad et,ainsi,de dominer le monde.

("La guerre de 1914-1918,déchaînée par l'Allemagne en vue de dominer
le monde"
... pouvait-on lire en 1928 dans un manuel scolaire de géographie à l'usage des élèves français de classe de 3ème.
(Voy.Géographie de l'Europe,manuel pour classe de troisième
(Librairie Hachette ,1928,p.216)

Mais pour cela,l'Allemagne devait affaiblir durablement ses deux rivales,
la France et la Russie,et l'Autriche devait atteindre Salonique afin de règner
sur tous les Balkans,or,elle ne pouvait l'atteindre qu'en écrasant la Serbie,
"le seul obstacle sérieux à ce grand dessein";alors:d'un bond,
on sera à Salonique,en face de Suez,le grand débouché de l'Asie:
de Hambourg à Bagdad,par les Balkans soumis et austro-allemande,
par la Turquie,où l'influence allemande était prépondérante,
le grand tronc impérial allemand traverserait une succession ininterrompue
de pays allemands ou vassaux de la colossale Allemagne.
(Voy.Gustave Hervé,Nouvelle Histoire d'Europe
( Editions de :"La Victoire",Paris,1931, p.378)...

Telle était, disait-on ,le dessein de base.

La " preuve" en était apportée par les initiatives prises depuis 20 ans
du côté du bloc austro-allemand:
- l'Allemagne ne s'était-elle pas lancée dans l'armement naval en 1898
avec le premier projet von Tirpitz qui prévoyait la construction de 25 cuirassés
et 47 croiseurs avant 1904, puis en 1900, avec le deuxième projet von Tirpitz
encore plus audacieux ? N'avait-elle pas:

- laissé se développer,à partir de 1891, la très active
"ligue pangermaniste" qui rêvait de domination mondiale?

- cru pouvoir déclarer la guerre à la France avec le "coup de Tanger"
en mars 1905 ?

- organisé,en novembre 1909, des manoeuvres militaires durant lesquelles
des dirigeables avaient simulé l'attaque d'une forteresse,démontrant ainsi
des projets agressifs?

- provoqué une deuxième fois la France en envoyant une canonnière
mouiller devant le port d'Agadir le 1er juillet 1909 ?

- organisé des manoeuvres navales impressionnantes devant l'île d'Héligoland
en septembre 1912 ?

- promulgué une loi accélérant le réarmement le 3 juillet 1913 ?

- signé un accord militaire avec la Turquie le 28 octobre 1913?

De son coté, son alliée l'Autriche n'avait-elle pas démontré sa volonté expansionniste aux dépens des Slaves en durcissant sa politique de germanisation de la Bohème et de la Moravie à partir de 1899 ?
N'avait-elle pas tenté d'axphyxier économiquement la Serbie en 1906
en rompant l'accord commercial qui la liait à Belgrade et en fermant
ses frontières ?

N'avait-elle pas annexé la Bosnie-Herzégovine en octobre 1908?

La chronologie "officielle" établissant les responsabilités.

Mais surtout, la chronologie officielle de la crise de juin-aout 1914
semblait confirmer la préméditation austro-allemande:

- 28 juin:assassinat de l'archiduc François-Ferdinand,

- 5 juillet: Guillaume II demande au général von Falkenhayn,
ministre de la guerre, de prendre les mesures préparatoires à un conflit,

-23 juillet: ultimatum "inacceptable" de l'Autriche à la Serbie.

-25 juillet: la Russie se déclare solidaire de l'indépendance serbe menacée par l'Autriche-Hongrie;l'Angleterre propose en vain à l'Allemagne
sa médiation;

-25 juillet: la Russie apporte son soutien à la Serbie.

-28 juillet:l'Autriche déclare la guerre à la Serbie;

-29 juillet: des navires de guerre autrichiens descendant le Danube
et la Save bombardent Belgrade,la Russie,en mème temps soucieuse
de protéger son alliée serbe et de ne pas jeter de l'huile sur le feu,
mobilise partiellement;

-29-30 juillet:l'Angleterre tente une ultime médiation.
l'Allemagne rejette ces propositions.
la Russie exige,avant toute négociation,l'arrèt des hostilités austro-serbes;

-30 juillet: la Russie mobilise...

-31 juillet: .....ce qui provoque de la part de Berlin l'envoi d'un ultimatum
à la Russie la sommant de démobiliser.
- A Paris,Jean Jaurès est assassiné.


-1er août:l'Allemagne déclare la guerre à la Russie et procède
à la mobilisation générale.

-2 août :en réponse,la France mobilise à son tour.

-3 août :l'Allemagne déclare la guerre à la France et à la Belgique.

- 3 aout : l'Allemagne envahit la Belgique et le Luxembourg,

- 4 août : le Royaume-Uni déclare la guerre à l'Allemagne.

-4 au 13 août : la mécanique des alliances entraîne la généralisation
de la guerre.
( Chronologie extraite d'un manuel scolaire français pour classes de 3ème
paru en 1989
( histoire/géographie,3è,par JM Lambin,J.Martin et P.Desplanques,Hachette,p.12).

Tout,dans cette chronologie,accuse l'Autriche et l'Allemagne:l'ultimatum inacceptable du 23 juillet, la déclaration de guerre du 28 et le refus allemand
de négocier...




1919:Le vainqueur charge le vaincu de la responsabilité du conflit
:


Voilà pourquoi prenant la parole à l'ouverture de la Conférence des préliminaires de paix,le 19 janvier 1919, le Président de la République française,Raymond Poincaré lança:

"Besoin n'est pas d'informations complémentaires ou d'enquètes exceptionnelles
pour connaitre les origines du drame qui vient d'agiter le monde.
La vérité,toute couverte de sang,s'est déjà évadée des archives impériales.
La préméditation du guet-apens est aujourd'hui démontrée...!
Dans l'espoir de conquérir d'abord l'hégémonie européenne,et bientot la maîtrise
du globe,les Empires du centre,rivés l'un à l'autre par une secrète complicité,
ont inventé les prétextes les plus odieux pour tacher de passer sur le corps
de la Serbie et se frayer un chemin vers l'Orient.
En mème temps,ils ont renié les engagements les plus solennels pour pouvoir passer sur le corps de la Belgique et se frayer un chemin vers le coeur
de la France.
Voilà les deux inoubliables forfaits qui ont ouvert la voie à l'agression.
Les efforts combinés de l'Angleterre,de la France et de la Russie,se sont brisés
contre cette folie d'orgueil.
Si,après de longues vicissitudes,ceux qui voulaient régner par le fer ont péri
par le fer,ils n'ont qu'à s'en prendre qu'à eux.
C'est leur aveuglement qui les a perdus !"


(Voy.la documentation catholique,t.I,1919,p.6,col.B.
Aucune occasion ne fut perdue pour rappeler la "thèse officielle
".Voy.par exemple le Memorandum économique que les alliés publièrent début 1920.
Alors qu'il n'était plus question de la guerre en elle-même,le document commençait ainsi:


"La guerre que les démocraties de l'Europe occidentale ont été forcées d'entreprendre pour défendre leur liberté et qu'elles ont conduite jusqu'à
une conclusion triomphante"...

(Voy.La documentation Catholique,t.III,1920,p.837,col.A)

A suivre.....

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Re: La Grande Guerre: La thèse "officielle"...

Message  Mr Klein le Jeu 10 Déc - 18:22


L'impudence du vainqueur


Ce discours pouvait toutefois surprendre,au moins sur un point:

R.Poincaré qualifiait de :
"
"prétextes les plus odieux pour tâcher de passer sur le corps de la Serbie"

l'assassinat,par un terroriste serbe,de l'archiduc François-Ferdinant,neveu
et héritier présomptif de l'empereur François-Joseph.
C'était faire preuve d'impudence.
Depuis longtemps,d'ailleurs,les Allemands condamnaient cette façon de minimiser le geste des terroristes serbes.
Dans une réponse à des catholiques français publiée en 1915,on lisait:


" (...) comme dans presque toutes les publications de nos adversaires,
nous retrouvons le même phénomène,assez singulier d'ailleurs:
le crime de Sarajevo et la culpabilité de la Serbie passent pour ainsi dire inaperçus.
L'héritier d'un grand Empire,caractère chevaleresque,catholique fervent
et fidèle,tombe avec son épouse sous les coups d'assassins serbes,
victime sur son propre territoire d'une conjuration dont les membres
sont des fonctionnaires serbes également en plein exercice.
On serait tenté de supposer que,justement dans un ouvrage rédigé par
des catholiques,la plus vive réprobation devrait éclater contre
ce crime monstrueux et contre l'Etat complice.Il n'en fut rien! "

(Voy.Georg Pfeilschifter,La culture allemande,le catholicisme et la guerre
( éd.CL.van Langenhuysen,Pays-Bas,1916),p.42.

Dans son édition du 2 octobre 1920,le quotidien La Croix prétendit
réfuter l'ensemble de l'ouvrage en une....vingtaine de lignes.

On a l'impression de lire une "réfutation" du révisionnisme dans
une revue juive...
(Voy.la Revue Universelle,15 avril 1921, article intitulé:
"Les origines de la Grande Guerre et la préméditation austro-allemande")

---------------------------------------

Un mensonge en forme d'aveu

Il est d'ailleurs intéressant de noter que, par la suite,les accusateurs de l'Allemagne et de l'Autriche allèrent plus loin.
Reprenant un vieux mensonge serbe de 1916
( voy.plus loin l'exposé d'Henri Pozzi),
ils prétendirent que,selon toute probabilité,l'attentat du 28 juin 1914
avait été commandité par....les autorités austro-hongroises.

Dans un article du prince Wladimir Chika publié en avril 1921,
on lisait:

"Tout était préparé de longue main pour susciter les événements dont l'assassinat de l'archiduc fut l'occasion ou le prétexte.
Rien de sérieux n'a été fait pour prévenir un tel drame,tout,au contraire,
semble avoir été disposé pour qu'il se produisit.Des attentats truqués
l'ont précédé où se reconnaissent les procédés ordinaires des dirigeants politiques d'un pays où l'on n'hésite pas à se servir d'agents provocateurs
et de faux témoins "

(voir le procès d'Agram).

Plus loin,cependant,l'auteur avouait qu'il ne disposait d'aucune preuve tangible
pour étayer ses accusations:

"Cet incident,si bien fait pour le but qu'on voulait atteindre,a-t-il voulu,
directement organisé,selon une version que l'on pourrait qualifier de romantique?
On ne saurait encore l'affirmer,et il faut nous en tenir aux propositions
que nous indiquâmes au début de cet article,jusqu'à ce qu'une preuve plus positive de culpabilité nous soit fournie."

Bref,il n'y avait rien que des constructions mentales.
Mais la manoeuvre était révélatrice:elle démontrait que l'affirmation selon laquelle l'attentat aurait été un" odieux prétexte" pour l'Autriche était
"irrecevable",car l'assassinat d'un héritier au trône d'un gigantesque
empire n'est pas un 'vol à l'étalage'...

Dès lors, les chantres de la préméditation austro-allemande n'avaient plus
le choix: puisqu'il était impossible de nier qu'un terroriste serbe avait le coup,
il fallait démontrer, et les Serbes l'avaient compris dès 1916,que l'assassin
avait été manipulé.


Graves incohérences


Cela dit, revenons au discours de R.Poincaré.Outre la légèreté avec laquelle
il traitait l'assassinat de l'archiduc,le Président français éludait deux questions:

-si, vraiment,l'Allemagne et l'Autriche avaient voulu la guerre;si elles avaient comploté pour la éclater,attendant le premier prétexte pour prendre les armes:

- Pourquoi l'Allemagne n'avait-elle pas mobilisé dès le 23 juillet
(lorsque l'Autriche avait déclaré la guerre à la Serbie) et attaqué deux jours
plus tard
(quand la Russie avait manifestée sa volonté de protéger l'indépendance serbe) ?

-Pourquoi avait-elle ainsi perdu six précieux jours,laissant à ses adversaires
le temps de se concerter et de s'organiser? et surtout:

-Pourquoi l'Autriche n'avait-elle pas,de son coté,préparé la guerre,
à tel point qu'en août 1914,avec une population comparable à celle
de la France,elle n'avait pu mobiliser que 2,3 millions d'hommes,pendant que
la France,elle,allait en mobiliser 3,8 millions?

L'Allemagne était isolée en 1914

De plus,à supposer que l'Allemagne ait voulu dominer l'Europe puis le monde,
elle aurait du travailler depuis des années à s'entourer d'alliés surs;
au moins pour, dans un premier temps,rassurer l'étranger,voir l'endormir.
Or,elle vit l'Italie s'éloigner irrémédiablement d'elle en 1900 et, en 1901,
elle ne donna pas suite à l'offre anglaise de défense commune.
La France,elle,en profita,elle conclut un accord secret avec l'Italie(1902) et,
six ans après Fachoda,elle signa avec Londres l'Entente cordiale(8 avril 1904).
Les tentatives de rattrapage effectuées en 1906,1907 et 1911
par Guillaume II lorsqu'il rencontra le roi d'Angleterre Edouard VII,
puis son successeur George V se soldèrent par un échec.

Comme l'a rappelé Pierre Benaerts en 1939:

"L'Allemagne de Guillaume II avait manqué tous ses buts diplomatiques
et provoqué, au contraire,une coalition d'autres puissances"

(Voy.P.Benaerts,L'unité allemande. 1806-1938
(éd.Armand Collin,1948,1ère édition de 1939,pp.123-124).

Si bien qu'à la veille de la guerre:

"l'Allemagne était systématiquement et complètement encerclée,isolée.
Il ne lui restait plus que l'Autriche,considérée par (ses) adversaires comme
un corps agonisant,dénué de toute force sérieuse."

(Voy.Georg Pfeilschifter,op.cit,p.41)

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Re: La Grande Guerre: La thèse "officielle"...

Message  Mr Klein le Jeu 10 Déc - 18:34


L'Allemagne ne cherchait pas la guerre avant 1914.




A cette époque,il n'y avait plus que le cardinal Rampolla pour parler
d'une Allemagne qui aurait eu "la supériorité diplomatique"
(
"L'heure est grave pour la France,je vous le répète.
L'Allemagne a la supériorité militaire:
elle a également la "supériorité diplomatique
")
propos tenus le 20 septembre 1913 par le cardinal Rampolla
au vicaire général de Paris,Mgr Odelin(Voy.la Documentation catholique,tI,1919,p.29,col.A).
Dans ces conditions,vouloir conquérir l'Europe et le monde par les armes
aurait été une folie pure....
Voilà d'ailleurs pourquoi,contrairement à ce qui a été dit
(et à ce que l'on répète encore),l'Allemagne ne réarmait pas en vue
d'une guerre agressive.

Les plans von Tirpitz démontraient uniquement que,pour pallier sa faiblesse coloniale, l'Allemagne désirait devenir une puissance maritime.
Quant aux grandes manoeuvres des années 1909-1913,elles constituaient
des mesures normales à une époque où tout le monde réarmait et où
le progrès technique entrainait des réorganisations au sein des armées.
Dans ses mémoires,Franz von Papen,qui avait travaillé au
Grand Etat-Major allemand à partir de 1911,écrit:

"Je n'étais alors qu'un petit rouage dans une immense machine,mais je dois dire
qu'à mon échelon d'observation,je ne voyais,dans l'activité du Grand Etat-Major,
rien qui eut pu hater la grande conflagration.
Au contraire,notre connaissance des effets des armes modernes et de l'envergure des préparatifs militaires dans la plupart des pays d'Europe
nous rendaient bien plus anxieux de sauvegarder la paix que ne l'étaient certains hommes politiques."

( Voy.F.von Papen,Mémoires(éd.Flammarion,1953,p.13)



En 1916,l'Allemagne voulait la paix
.



Ajoutons enfin qu'en 1920,lors du procès de Joseph Caillaux
devant la Haute-Cour,la France leva le masque en accusant l'ancien
président du Conseil d'avoir(involontairement) aidé l'Allemagne dans
ses tentatives de ....conclure la paix.
Les accusateurs produisirent notamment un témoin à charge,
l'abbé Delsor,qui, au printemps 1916,siègeait au Reichstag
comme député de l'Alsace annexé.
Il rapportait qu'à cette époque,le représentant du gouvernement allemand
avait déclaré lors d'une séance secrète de la Commission du budget:

"D'ici à l'automne,il y aura en France un changement de gouvernement.
M.Caillaux reviendra au pouvoir et ce sera la paix.M.Caillaux est notre homme."

(Voy.l'acte d'accusation de J.Caillaux devant la Haute-Cour.
Reproduit in-extenso dans la Documentation Catholique,t.III,1920,p.293)

Preuve que, plongée dans une guerre qu'elle n'avait pas voulue,l'Allemagne aspirait à la paix sans vainqueur ni vaincu....tout comme le Pape d'ailleurs
(En 1915,Benoit XV avait lancé aux belligérants un appel dans lequel il affirmait:

"Chacun devrait consentir de bon grès à des concessions,même au prix de certains sacrifices,pour ne pas assumer devant Dieu et devant les hommes l'énorme responsabilité de la continuation de ce carnage sans exemple
et tel que, s'il se prolonge encore,il pourrait bien marquer pour l'Europe
le signal de la déchéance"

(Voy.la Documentation Catholique,t,III,1920,p.720,col.A)

Un an plus tard il écrivit:

" Il ne nous est pas possible de nous abstenir d'élever encore une fois la voix
contre la guerre,qui nous apparait comme un suicide de l'Europe civilisée."


Or, rappelons qu'au moment d'entrer en guerre du côté des alliés,
le 26 avril 1915,l'Italie dut signer un traité secret dont l'article 15
était le suivant:


"La France,la Grande-Bretagne et la Russie s'engagent à soutenir l'Italie
en vue de ne pas permettre aux représentants du Saint-Siège d'entreprendre aucune démarche diplomatique tendant à la conclusion
de la paix ou au règlement de questions se rattachant à la présente guerre."

(Voy.la Documentation Catholique,t.III,1920,p.720,col.

Notons que,là encore,cette information a été divulguée pour des raisons d'intérêts.
Dans le cas présent,des catholiques répondaient à des anticatholiques
qui reprochaient au Pape de n'avoir eu aucune pitié pour l'humanité sanglante
pendant la guerre.).


Une thèse échafaudée sur l'omission.



En vérité, les chantres de la thèse de la préméditation austro-allemande avaient,comme d'habitude,bâti leur démonstration en éclairant la moitié
de la scène et en laissant dans l'ombre des évènements importants,
voire capitaux.
Eux qui, à l'aide de cartes inquiétantes,ne cessaient de brandir la menace
"pangermaniste",ils oubliaient de dire qu'en Allemagne,cette ligue
regroupait 20 000 personnes environ,sur une population de plusieurs dizaines
de millions de personnes(Voy.Serge Cosseron et Philippe Faverjon,
L'Europe de 1815 à nos jours,
(Editions.La Manufacture,Besançon,1991,p.214).

Dès 1915,d'ailleurs,des Allemands avaient tenu à rappeler que
le pangermanisme n'avait jamais pénétré les milieux gouvernementaux:

"De temps à autre,il est vrai,quelque pangermaniste à l'esprit
peu lucide, baptisé du nom d'impérialiste,a pu manifester le désir d'une
plus grande Allemagne,mais jamais pareilles utopies n'ont trouvés accès
dans les milieux dirigeants de notre époque."

(Voy.Georg Pfeilschifter,op.cit.,p.27 )

Mais surtout,les chantres de la thèse de la préméditation austro-allemande oubliaient d'évoquer une menace bien plus réelle, qu'ils avaient soutenue volontairement ou non, le "pangermanisme".

Ainsi véhiculaient-ils une histoire d'Europe mensongère à cause des omissions dont elle était truffée.
Et aujourd'hui encore, la plupart des manuels d'Histoire passent
sous silence l'action pangerslaviste dans les années 1850-1914....

PS:
Le procès de Joseph Caillaux devant la Haut-Cour en 1920 confirma
que l'Allemagne voulait la paix et qu'elle espérait son retour en 1916
.


A suivre.....

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Re: La Grande Guerre: La thèse "officielle"...

Message  Mr Klein le Jeu 10 Déc - 18:46

2ème PARTIE:


Comment les panslaves ont déchaîné la guerre en juillet 1914


-Les révélations d'Henri Pozzi en 1937.

Sur le travail d'Henri Pozzi:

En 1933,Henri Pozzi fit paraitre aux éditions Paul Berger
un ouvrage intitulé:

"La guerre revient"( introuvable aujourd'hui,cet ouvrage est consultable
à la Bibliothèque de Documentation Internationale Contempraine (BDIC,Nanterre) sous la cote:S 17208.

Il le dédiait à ses deux fils, Paul et Nevill ainsi
qu'" à tous les jeunes hommes de France leurs
camarades,qui,demain,si notre pays ne veut pas voir la vérité et laisse agir
ceux par qui revient la guerre,mourront...."


Dans son introduction,l'auteur prévenait:

"La guerre,de toutes parts,irrésistiblement,revient....
Elle revient parce que les traités de paix,là même où il y avait le plus
d'opprimés à libérer--dans la vallée du Danube et dans la péninsule
balkanique--ont créé plus d'injustice,de désordre,d'arbitraire qu'ils n'en
détruisaient;parce que leurs hautes et nobles formules ont servi de masque
aux appétits les plus vils,aux plus abominables combinaisons de conquête
et d'affaires...
"
(p.IX)

Pour mener son enquête,cet ancien membre de l'Agence des Balkans
avait effectué cinq voyages sur place,voyages durant lesquels il avait observé,rencontré des gens, parlé avec eux,etc...
Sans surprise,la parution de son ouvrage provoqua une polémique.
Certains l'accusèrent de provoquer à la guerre sous prétexte de la prévenir,
et de colporter pour cela de graves mensonges.

Afin de répondre à ses accusateurs,H.Pozzi fit paraître en 1937
un deuxième ouvrage, capital celui-ci,intitulé:Les coupables.
Documents officiels inédits sur la responsabilité de la guerre et les dessous
de la paix (aux Editions Européennes).
L'auteur dévoilait une partie des documents serbes confidentiels et inédits
qui lui avaient permis de rédiger son premier livre.
Ces documents lui étaient tombés entre les mains notamment grâce
à des personnes qui avaient travaillés dans les ambassades ou des légations.
Parmi eux figurait un ancien deuxième secrétaire de la légation serbe à Londres,Pétrovitch.
A la veille de la Grande Guerre,il était chargé de traduire les télégrammes secrets venus de Belgrade.Il garda la copie d'un certain nombre d'entre eux,
ainsi que d'autres pièces officielles.
Lorsque,plus tard,les autorités yougoslaves(comprenez:serbes) l'apprirent,
elles firent tout leur possible pour les enlever.
Traqué et harcelé par des agents de la police secrète,Pétovitch
se suicida le 24 novembre 1934 à Londres.
Mais auparavant,il avait pris soin de confier ses papiers à des amis anglais sûrs.

Le lecteur découvrira ci-dessous deux chapitres très importants du 2ème livre
d'Henri Pozzi: "Le guet-apens"( pp.20-39 ) et
"Les télégrammes serbes"( pp.53-71).
Ils prouvent l'écrasante culpabilité russo-serbe dans le déclenchement
de la première guerre mondiale.....


+LE GUET-APENS+


La situation en 1914:


Il y a vingt ans, si les masses françaises, si notre Parlement avaient su
pourquoi la guerre menaçait en Europe,il n'y aurait pas eu de guerre...
Rien n'obligeait, en effet, la Russie à se mêler de la querelle austro-serbe.
Elle était notre alliée.Elle était, grâce à nous, l'amie,presque l'alliée de l'Angleterre.
Elle avait depuis 1908 des accords formels avec l'Italie...
("La Russie,liée à l'Italie par les accords de Racconigi...
( VOY.R.Poincaré,Les Balkans...,op.cit.,p.6).
Avec la Serbie, elle n'avait rien, aucune entente,aucune convention
d'assistance ou de solidarité.Tout au moins officiellement,publiquement....
En fait,on va le voir,il y avait secrètement partie liée sur tous les points,
en toutes choses,une collaboration,une complicité continues depuis dix ans entre Saint-Pétersbourg et Belgrade.

Le geste décisif de Sarajevo lui-mème,il avait été conçu,préparé,réalisé
par les organisations militaires panserbes,non seulement avec l'approbation,
mais avec la collaboration effective du représentant russe auprès du gouvernement serbe

"M.de Hartwig avait mis à la disposition du colonel Dimitrievitch ses
collaborateurs militaires,le colonel Atamanov et le capitaine Werchowsky"

(D. Stéfanovitch:Souvenirs et documents d'un diplomate serbe,p.146
du manuscrit à paraitre en 1937).

Mais si cela explique pourquoi la Russie a fait sien tout de suite,comme elle
l'a fait,le conflit austro-serbe,cela lui conférait-il le droit, vis-à-vis de nous,
ses alliés,d'exiger que nous exécutions nos engagements d'appui militaire ?
L'alliance nous y obligeait-elle ?

En aucune façon....

Lorsque la Russie tsariste,en effet,s'était officiellement,irrévocablement
placée aux côtés de la Serbie,elle ne nous avait ni consultés ni même avertis.
Or,nos gouvernements,depuis cinq ans l'avaient continuellement prévenue
que nous ne la soutiendrions pas si elle rentrait en guerre contre l'Autriche
pour une question non prévue par l'alliance et non discutée avec nous.*

Son intervention brusquée risquait donc de laisser la Russie isolée...
*
"Vous n'avez pas le droit d'agir isolément et de nous engager sans vous être concertés avec nous"

(R.Poincaré,déclaration à Iswolsky,janvier 1912:Voy.Les Balkans...,p.2-7 ).

Le plan russe pour précipiter la France dans la guerre:

La Russie se rendait parfaitement compte du danger.
Elle savait que si elle jouait cartes sur table,si elle nous avouait que la Serbie n'était qu'un prétexte et qu'elle ne la défendait que pour défendre le slavisme
et ses visées dans les Balkans,nous nous refuserions à la suivre.

Mais à ce péril la Russie connaissait le remède.M.Poincaré lui-même le lui
avait indiqué.
Le 9 août 1912,lorsque Sazonov lui avait communiqué,avec 6 mois de retard,
la stupéfiante "Convention de guerre contre l'Autriche"*
que constituaient les stipulations secrètes du pacte d'alliance
"serbo-bulgare"
du 13 mars précédent,notre ministre des Affaires étrangères avait nettement spécifié à Sazonov qu'il ne fallait pas que la Russie comptat sur notre concours s'il lui prenait fantaisie de se lancer dans une aventure balkanique.
*(Voy.R.Poincaré,Les Balkans...p.11(6).
Voici ce qu'écrit R.Poincaré:

"Je fais remarquer à M.Sazonov que cette convention ne répond aucunement
à la définition qui m'en avait été donnée,qu'elle est,à vrai dire,
une convention de guerre"
.(pp115-16).

L'alliance ne jouerait avait alors déclaré notre ministre des Affaires étrangères
l'appui français ne serait acquis à la Russie que si l'Allemagne intervenait militairement contre elle.*
Dans ce cas,immédiatement,nous interviendrions nous aussi avec toutes
nos forces mais nous n'interviendrions que dans ce seul cas.
Cette intervention allemande,sans laquelle il n'y aurait pas d'intervention française et,par conséquent aussi,en vertu de nos accords militaires
et navals avec Londres,pas d'intervention anglaise,les dirigeants russes,
en juillet 1914,n'ont eu qu'une préoccupation,qu'un but:la provoquer...

Un seul seul moyen,mais infaillible,s'offrait à eux pour cela:pousser l'Allemagne
à les attaquer en mobilisant et en le faisant dans des conditions telles que
cette mobilisation constituait une menace intolérable pour l'Allemagne.

C'est exactement ce qu'ils ont fait...

Mais il était nécessaire aussi,pour éviter que nous ne nous opposions
comme nous nous y étions opposés en février 1909 à une mesure qui devait inévitablement déchainer la guerre générale que cette mobilisation
provocatrice restat ignorée de nous jusqu'à ce qu'elle ait déterminé
le résultat escompté.

Nous ne l'avons,effectivement,connue que lorsqu'il a été trop tard et aujourd'hui encore (1935,date de rédaction du livre),21 ans après
le crime inexpiable commis par les dirigeants russes,notre opinion
continue à n'en rien savoir...
On trouvera à cet égard,dans les pages qui suivent,d'irréfutables précisions.
*(Dans sa note,H.Pozzi cite un passage d'un rapport de M.Sazonov au Tzar en date du 9 août 1902,rapport qu'il dit avoir extrait
du Livre Noir,t,II,p.342.
Mais le texte qu'il cite ne se trouve ni à la page 342,ni ailleurs dans le document.

En revanche,on trouve ceci,qui dit la mème chose:

(rapport de M.Sazonov au Tzar en date du 4 août 1912):

"M.Poincaré considéra comme son devoir de souligner sur ce point
que l'opinion publique en France ne permettrait pas au gouvernement
de la République de se décider à une action militaire pour des questions purement balkaniques,si l'Allemagne n'y prenait point part et si elle
ne provoquait pas de sa propre initiative l'application du casus foederis.
Dans ce cas nous pourrions certainement compter sur la France pour l'accomplissement exact et entier de ses obligations envers nous."

(Voy.Un Livre Noir( éd.La Librairie du Travail,Paris,s.d.),p.342;voy.R.Poincaré,
Les Balkans..p.117)

A suivre...

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Re: La Grande Guerre: La thèse "officielle"...

Message  Mr Klein le Jeu 10 Déc - 18:54


La Russie a mobilisé(en secret) dès le 24 juillet 1914



La "thèse officielle" mensongère
:

Cette mobilisation provocatrice,à qui nous devons l'intervention allemande
et la guerre,elle a été violemment,obstinément niée.
Elle l'est encore....
A en croire nos historiographes officiels et officieux,la Russie n'aurait
mobilisé qu'à partir du 30 juillet,et uniquement pour répondre à la mobilisation
austro-hongroise.*
-"C'est non point la mobilisation russe (elle n'est que du 30 juillet),
mais la déclaration de guerre autrichienne à la Serbie (elle est du vingt-huit ) qui, dans la suite des événements aboutissant à la conflagration générale,marque le fait important,capital.(...) lorsque la nouvelle de
cette mobilisation russe fut connue,le jour suivant,à Vienne et à Berlin,
le gouvernement autrichien avait déjà décidé la mobilisation générale
de son armée.
"**


Autant d'affirmations,autant d'inexactitudes...


La mobilisation officielle russe n'est pas du 30 juillet.
Elle est du vingt-huit.***
Mais la mobilisation réelle de l'armée russe comme l'établissent des documents
déjà publiés et qu'on se garde bien de signaler à l'intention de notre opinion....

* Le fait caractéristique,capital de cette mobilisation secrète du 24 juillet,
faite en vue de provoquer une riposte allemande qui ferait jouer l'alliance française,c'est,à coup sûr,la mobilisation des deux flottes de guerre:

-celle de la Baltique et celle de la Mer Noire.

L'argument que la Russie n'a mobilisé que par "mesure de précaution"
et pour parer une éventuelle attaque autrichienne ne peut,en effet,
s'appliquer aux "deux flottes" dont il parait improbable que l'Etat-Major russe ait envisagé l'emploi dans les Carpathes...
En revanche,la mobilisation de la flotte de la Baltique constituait
pour l'Allemagne une menace directe.

** :R.Recouly,Histoire de la Grande Guerre,pp.11 et 12

***:Voy.R.Poincaré, L'union sacrée( éd.Plon,Paris,1927,p.391.

R.Poincaré s'appuie notamment sur Un Livre Noir,p.283.
Et en effet,on y apprend que le 28 juillet 1914,M.Sazonov télégraphia à Vienne,
Paris,Londres et Rome:

"Par suite de la déclaration de guerre de l'Autriche à la Serbie,nous proclamerons
demain la mobilisation dans les districts d'Odessa,de Kiev,de Moscou et de Kazan"
.


Dès le 25 juillet,l'Allemagne était informée de la mobilisation russe.

Cette mobilisation russe a été connue à Vienne et à Berlin,non point
le 31 juillet,comme l'écrit M.Recouly,qui a oublié à cet égard
de se mettre d'accord avec M.R.Poincaré,mais le 25 juillet
dans la soirée.*

Dès le lendemain,26 juillet,l'Allemagne,sans mobiliser,se mit en devoir
de prendre des mesures de précaution massives.**

* : Voy.le télégramme du Livre blanc allemand

** :Voy.le télégramme de Jules Cambon,ambassadeur à Berlin,27 juillet.

L'Allemagne et l'Autriche n'ont fait que réagir aux préparatifs russes.

C'est la connaissance par l'Allemagne,le 25 juillet,de la mobilisation russe
et non pas sa préméditation de guerre qui, en lui donnant la certitude
que la Russie était résolue à la guerre,lui a fait prendre les dispositions
qui ont été invoquées contre elle,depuis,comme
preuves de sa préméditation :

"....le matin suivant(31 juillet),avant d'ètre informé de la mobilisation russe,
le gouvernement germanique expédiait à son représentant à Bruxelles un document cacheté exigeant de la Belgique le libre passage des armées allemandes à travers son territoire.Ce document avait été rédigé par le chef d'état-major de Moltke,trois jours avant( c'est-à-dire le vingt-huit juillet).
Rien ne prouve davantage que les chefs militaires et les chefs civils considéraient la guerre comme certaine."
*

Ils la considéraient comme certaine et ils prenaient toutes ces mesures
encore une fois non pas parce qu'ils avaient prémédité la guerre,mais parce
qu'ils connaissaient depuis le 25 juillet la mobilisation russe et que celle-ci
les obligeait
à une riposte immédiate..
En fait on le sait aujourd'hui et on trouvera plus loin des documents officiels,irréfutables,qui l'établissent la mobilisation russe était
secrètement commencée depuis le 8 juillet....
**

Dès le 14 juillet,au matin,le gouvernement austro-hongrois avait été
averti par ses services d'espionnage du rappel en Europe des troupes russes d'Asie,ainsi que des mouvements de troupes dans la région de Kiev.***

L'argument décisif qui amena le comte Etienne Tisza,au conseil tenu à
Vienne le 14 juillet,à cesser son opposition aux propositions de Berchtold,fut
précisément la connaissance des renseignements parvenus à Vienne,le matin
mème,sur l'étendue des préparatifs militaires russes.****

*: R.Recouly,Histoire de la Grande Guerre,pp.13-14.

**: Télégrammes secrets de Spalaikovitch,ministre serbe à Saint-Pétersbourg,
à Pachitch,22,23 et 24 juillet 1914( télégrammes reproduits plus loin).

*** Il ne connut que le 16,par le déchiffrage d'un télégramme de Spalaikovitch,
à Pachitch,communiqué à l'attaché militaire austro-hongrois à Belgrade par l'agent secret Arsa Popovitch,les préparatifs analogues faits
à Moscou,Odessa et Kazan.

****:Voy.(H.Pozzi),La guerre revient....,p.315
(Dans cet ouvrage ,H.Pozzi expliquait pourquoi,après avoir refusé l'envoi
d'un ultimatum à la Serbie,le comte Tisza,premier ministre de Hongrie,
fit soudainement volte-face le 14 juillet 1914:

"Deux motifs ont amené Tisza à modifier son atitude:la nouvelle que la mobilisation russe était commencée( et l'on sait aujourd'hui qu'elle l'était effectivement
."


A suivre....

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Re: La Grande Guerre: La thèse "officielle"...

Message  Mr Klein le Jeu 10 Déc - 19:14


Les incohérences chronologiques
de la "thèse officielle".


Au reste,si l'Allemagne n'a connu la mobilisation russe que le 31 juillet,
comment M.Raymond Recouly,qui l'affirme, * explique-t-il alors qu'elle
ait pu envoyer à la Russie,dès le 30 juillet au soir,un ultimatum
la sommant de "démobiliser"...?

En vérité,dès le 29 juillet,l'Allemagne a sommé la Russie de cesser
ses préparatifs militaires.On le sait grâce au télégramme que Sazonov
a envoyé 29 juillet à l'ambassadeur russe à Paris et qui commençait ainsi:

"L'Ambassadeur d'Allemagne m'a déclaré aujourd'hui la décision de son gouvernement de mobiliser ses forces si la Russie n'arrêtait pas ses
préparatifs militaires."
*

Nouvelle preuve que la Russie avait bien commencé à mobiliser
avant le 29....


S'il est vrai,comme l'écrit aussi(après tant d'autres!) M.Recouly,
que la Russie n'a commencé à mobiliser que le 30 juillet, comment expliquer, surtout, le télégramme où Sazonov , le 29, informait notre gouvernement
que la Russie" était obligée de poursuivre ses préparatifs militaires." ? **

Si la Russie les "poursuivait",c'est donc qu'elle les avait
"commencés"....

Ce qui achèverait de démontrer, s'il le fallait,l'intérèt capital,dans l'étude
des responsabilités de guerre, de la mobilisation générale russe ordonnée
à notre insu le 24 juillet 1914,c'est le soin avec lequel,depuis 20 ans,
on s'est efforcé de la cacher à notre opinion publique...

Parachevant le geste serbe de Sarajevo, la mobilisation hative et secrète
de la Russie poursuivie parallèlement à la mobilisation serbe,ordonnée
à Belgrade par le gouvernement russe ***
écrase,en effet, le slavisme sous la plus effroyable des responsabilités....

Ce n'est pas la PREMEDITATION allemande,dont le monde entier,
et ceux-la mêmes qui,chez nous, l'affirment encore,savent aujourd'hui qu'elle n'est qu'une légende imaginée pour les "besoins de la cause".

C'EST LE GESTE RUSSE DU 24 JUILLET 1914 QUI A ETE LA RAISON DIRECTE,UNIQUE DE LA GUERRE....


* :(Voy.Un Livre Noir,déjà cité,p.289, télégramme no1551)

** Voy.R.Recouly,Histoire de la Grande Guerre,p.16:
On lit:" Dans la nuit du 29 au 30, Viviani,venant réveiller
Poincaré à l'Elysée,lui apporte un télégramme urgent de Saint- Pétersbourg
(...) Le gouvernement russe informe le gouvernement français qu'il est
obligé (...) de poursuivre les préparatifs militaires
."


*** Voy.plus loin,les télégrammes secrets de Spalaikovitch à Pachitch.)



En juillet 1914, personne SAUF les conjurés ne pensait
qu'une guerre mondiale éclaterait:

Pas une chancellerie européenne n'avait eu le sentiment, au lendemain
de Sarajevo,que la guerre générale était désormais inévitable et n'était
plus qu'une question de jours.
Toutes ont eu la pensée,partagée par leurs opinions *,que l'évènement
était gros de complications facheuses,mais aucune pas plus celle de Berlin
que la notre n'a discerné sur le moment que l'irréparable venait de s'accomplir.**

Un seul homme, chez nous parmi ceux qui ne travaillaient pas d'accord
avec Saint-Pétersbourg et Belgrade,a eu la préscience de la catastrophe,
et encore ne eue que lorsque a été connue la volonté autrichienne
de châtier les culpabilités serbes....
" Il est à craindre,télégraphiait le 24 juillet
notre ambassadeur à Londres,Paul Cambon,
que la Russie,exaspérée par les exigences de Vienne,prenne parti
militairement pour les Serbes,qu'elle n'ait ainsi l'initiative d'une agression
contre l'Autriche et que l'Allemagne ne soit amenée à soutenir son alliée.
Ce sera la guerre générale..."
( Télégramme N°132,133).

Personne en Europe en dehors des dirigeants russes et serbes et des rares
personnalités françaises en relations intimes avec eux ne se doutait,en effet,
que le coup de révolver de Gavrilo Princip avait eu pour but de provoquer,
en Russie et en Autriche, les réactions même qui s'y produisaient...

*(Dans sa brochure célèbre:Détruisez l'Autriche-Hongrie,publiée à Paris en 1916,
Edouard Bénès avait accusé le premier ministre hongrois,
Etienne Tisza,d'avoir poussé l'Autriche à la guerre.
Pour appuyer son mensonge,aujourd'hui universellement reconnu,
de leur allié tchèque,les Serbes avaient été plus loin et affirmé avoir en mains
les preuves que Tisza avait connu et favorisé les projets des assassins.
L'honneur de cette invention revient au ministre serbe à Paris,Vesnitch,
qui l'exposa pour la première fois dans les bureaux du Temps.

**(Petit Larousse Illustré:Historique de la Grande Guerre,p.1665,col.1.)

La légende selon laquelle l'Autriche aurait saisi l'occasion rèvée

On a soutenu le contraire.

Ne pouvant tout de même pas aller jusqu'à dire comme avaient osé le faire
les Serbes en 1916*,que l'Autriche avait organisé elle-même l'attentat
du 28 juin 1914,on a affirmé que l'Allemagne,dès le lendemain de Sarajevo,
avait été d'accord avec son alliée pour envenimer et pousser les choses
à l'extrême....

Elle aurait vu dans l'assassinat du 28 juin une occasion inespérée
de réaliser ses projets d'agression.

-"Toutes les concessions serbes,a-t-on écrit,
eussent été inutiles,comme ont été inutiles tous les efforts de conciliation
des puissances pacifiques.L'Allemagne,sûre de son écrasante supériorité militaire,voulait la guerre.
Elle la voulait tout de suite.Tous ses actes,dès le 1er jour,n'ont tendu
qu'à l'aggravation à la généralisation du conflit.

[i]" Mais lorsque l'Autriche sembla disposée à transiger,l'Allemagne,résolue
à la guerre,brusqua le dénouement.Après avoir rejeté la proposition anglaise
de soumettre le différend à une conférence,et la proposition française
de constituer une commission internationale,elle n'accueillit pas davantage
la demande d'arbitrage adressée personnellement au Kaiser par le Tzar Nicolas."
*

Aucune discussion
,ajoute-t-on,
n'est possible sur ce point,devant la précision des documents et
des faits...Aucune discussion,en effet,n'est possible,en présence
de toutes les révélations et précisions qui établissent aujourd'hui
la réalité...

*(Petit Larousse Illustré:Historique de la Grande Guerre,p.1665)

Pourquoi l'Allemagne n'a pas pris en compte la proposition russe
de conciliation ?



Ce n'est pas l'Allemagne,les déclarations du ministre de Roumanie à Paris,Lahovary, fixent à cet égard la vérité irréfutablement c'est
Philippe Berthelot,secrétaire général du quai d'Orsay,qui a fait
échouer les offres autrichiennes,et cela de sa propre autorité....

C'est la Russie qui a repoussé la proposition britannique de conférence internationale,acceptée
par l'Allemagne sous la seule réserve que la Serbie,puissance de troisième ordre, n'y serait pas traitée en égale de l'Autriche....

L'Allemagne n'a pas accueilli la demande faite à Guillaume II par le Tzar,
le 29 juillet,de soumettre le conflit austro-serbe à la cour de La Haye?
Mais, en premier lieu,et contrairement à tout ce qui a été écrit et enseigné
chez nous depuis 20 ans,il n'y a jamais eu de demande formelle,impliquant
une réponse affirmative ou négative également formelle...

Il y a eu de la part du Tzar une simple expression d'opinion,placée
en post-scriptum, pour ainsi dire,d'un message sans rapport avec
ce post-scriptum.

"Merci pour votre télégramme conciliant et amical.
Attendu que le message officiel présenté aujourd'hui par votre ambassadeur
à mon ministre était conçu en termes très différents,je vous prie de
m'expliquer cette différence.
Il serait juste de remettre le problème austro-serbe à la Cour de La Haye.
J'ai confiance en votre sagesse et en votre amitié."
*

En second lieu, au moment mème ou il expédiait ce télégramme,
Nicolas II signait l'ordre officiel de mobilisation générale
de cette mobilisation générale qu'il avait,en réalité,secrètement ordonnée et qui s'effectuait à plein depuis le 24 juillet...

Comment l'Allemagne,qui le savait, pouvait-elle prendre la"suggestion
"de Nicolas II autrement que comme une ruse destinée à gagner du temps.? **

*(Texte publié le 31 janvier 1915 par le Messager Officiel de Pétrograd,
et transmis le mème jour par l'Agence Havas) .

**(Dans Un Livre Noir,on trouve une "lettre autographe" du Tzar
à M.Sazonov en date du 27 juillet 1914 (14 juillet selon le calendrier russe)
et dans laquelle il proposait l'arbitrage de La Haye.Nicolas II terminait ainsi:

"Peut-ètre la minute n'est-elle pas encore perdue avant qu'interviennent des évènements déjà irréparables.
Essayez de faire ce pas aujourd'hui,avant votre rapport,afin de gagner du temps.
En moi l'espoir de paix n'est toujours pas éteint."


Quand on connait l'action russe,tout porte à croire que cette lettre était soit
un piège destiné à tromper la France ou les services secrets allemands
sur les réelles motivations de la Russie,soit une pièce rédigée après coup
pour faire croire que le Tzar avait lutté pour la paix.


L'Allemagne savait l'Autriche gravement menacée par les convoitises
des panslaves.


Depuis 1909,et surtout depuis les victoires serbes de 1911 et de 1913,l'Allemagne sentait monter de toutes parts autour de son alliée autrichienne l'assaut de plus en plus menaçant,de plus en plus violent
du slavisme.

Comme tous les autres gouvernements, elle connaissait les convoitises
de la Serbie, l'intense propagande menée par les organisations nationalistes,
avec l'appui de la Russie,dans les provinces méridionales de l'Autriche,
les vastes et rapides préparatifs militaires de l'Etat-Major serbe.
Elle savait,comme toutes les chancelleries européennes,que le jour
ne pouvait plus tarder où l'Autriche serait acculée à une lutte à mort.

Dans cette lutte,qui déciderait non seulement du sort de l'Autriche,
mais aussi de celui du germanisme tout entier,l'intérèt personnel de l'Allemagne,comme ses devoirs d'alliée,l'obligeraient à intervenir
exactement comme notre intérêt personnel et les obligations
de notre alliance nous obligeraient,le jour où la Russie aurait à faire face
à une attaque austro-allemande,à aller à son secours.

Un ultimatum inacceptable ?

Il n'est douteux que l'Allemagne a vu dans l'assassinat de Sarajevo,
où la complicité évidente du gouvernement serbe plaçait celui-ci dans
une situation difficile,une occasion inespérée pour son alliée de se
débarrasser tout de suite,et dans des conditions exceptionnellement favorables,d'un adversaire que chaque jour écoulé rendait plus puissant
et plus dangereux.

Incontestablement elle a poussé l'Autriche à profiter de cette occasion,
à exiger de Belgrade des satisfactions décisives...
Exigences inacceptables,excessives,
a-t-on dit...*

Il y a un an,en mai 1934, le gouvernement yougoslave a formulé
exactement les mèmes à Sofia.Il a mis le gouvernement bulgare en demeure
de détruire les organisations révolutionnaires macédoniennes d'Ivan Mihaïlov comme Berchtold,le 23 juillet 1914,avait mis Pachitch en demeure de détruire
les organisations panserbes du colonel Dimitrievitch-Apis....

Il a imposé à Sofia,sous menace d'intervention armée,le désaveu public
des revendications bulgaro-macédonniennes sur la Serbie du Sud
comme Vienne avait réclamé en 1914, sous menace de guerre,
le désaveu des revendications panserbes sur la Bosnie,la Dalmatie,la Croatie...

Il a tout obtenu.Personne n'a protesté.**

Ce qui était inacceptable,intolérable,il y a vingt ans, lorsqu'il s'agissait
de la Serbie et de l'Autriche,avait-il donc cessé de l'ètre, il y a un an,
lorsqu'il s'agissait de la Yougoslavie et de la Bulgarie ?

* ( On le dit encore.Dans un article publié par Le Monde en 1992,l'auteur écrivait:

"après que le 23 juillet le gouvernement austro-hongrois eut adressé
un ultimatum "inacceptable" à la Serbie".

( Voy.Le Monde, 22 août 1992,p.2,col.A)

**( Le coup d'Etat du 19 mai 1934 a été un coup de force payé par Belgrade,exécuté par ses agents.)



Si l'Allemagne avait voulu la guerre générale.


Mais,dit-on aussi, en poussant ainsi l'Autriche à se montrer intraitable,l'Allemagne escomptait provoquer cette guerre générale
qu'elle préparait depuis 1911...
Si telle avait été réellement l'intention de l'Allemagne, comment se fait-il
alors qu'elle ait attendu,pour agir, jusqu'aux derniers jours de juillet ?

Qu'elle ait ainsi donné à ses adversaires le temps de se concerter?

De toute évidence si l'Allemagne était décidée à attaquer son intérêt
était d'intervenir dès les premières mesures de mobilisation russe.
Elle évitait de perdre ainsi, pour sa propre mobilisation,les six jours
qu'elle a laissé gagner à la Russie et qui eussent assuré sa défaite rapide
si les Russes avaient eu d'autres chefs....
En réalité et cela n'est plus discutable aujourd'hui l'Allemagne,
jusqu'au dernier moment,a cru que la Russie reculerait devant l'énormité
des conséquences qu'entrainerait son intervention armée contre l'Autriche,
elle a été persuadée que le conflit austro-serbe demeurerait localisé.

Elle souhaitait d'ailleurs que le conflit restat localisé.
Dans un télégramme secret du 24 juillet 1914, le chargé d'Affaire russe
à Paris,Sévastopoulo, qui venait d'avoir des informations concernant
la visite de l'ambassadeur allemand au ministère français de la Justice,écrivit:

"La conclusion était que l'Allemagne considérait que l'intérèt des Puissances
était de localiser l'affaire en l'abandonnant aux parties intéressés.L'Allemagne désire chaleureusement la liquidation du conflit, car l'intervention
d'une tierce puissance doit,en raison des traités existants, avoir des conséquences incalculables.
" *
*( Voy.Un Livre Noir,déjà cité,p.276)

A suivre....

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Re: La Grande Guerre: La thèse "officielle"...

Message  Mr Klein le Jeu 10 Déc - 19:23



L'Allemagne n'avait plus le choix
.


"L'Autriche
,écrivait le 18 juillet,le secrétaire d'Etat von Jagow,
à l'ambassadeur d'Allemagne à Londres,prince Lichnowsky,
"l'Autriche veut maintenant régler ses comptes avec la Serbie et
elle nous fait part de ses intentions.
Nous ne devons et ne pouvons arrêter son bras.
Si l'on ne parvenait pas à la localisation de ce règlement de comptes,
alors ce serait la guerre.Nous ne pouvons sacrifier l'Autriche.."


Toute la politique de l'Allemagne en 1914,tous les mobiles qui l'ont fait agir,
sont exposés,résumés dans ces lignes.

L'Allemagne,en effet,sous peine de se perdre elle-même il ne faut jamais
oublier lorsqu'on veut juger ses actes de 1914 ne pouvait abandonner l'Autriche,sa seule alliée.

Elle ne pouvait, non plus,sachant ce qu'elle savait, et ce que toute l'Europe savait avec elle,la blamer de vouloir casser les reins,tant qu'il était encore faible,à l'adversaire qui ne cachait pas son intention de la détruire dès
qu'il en aurait la force.


L'Autriche engagée dans une lutte inégale avec la Russie, accourue
au secours de la Serbie,force était à l'Allemagne de la soutenir...



L'Allemagne a frappé la première parce qu'elle était menacée.


La faute impardonnable de l'Allemagne,celle qui justifie,aux yeux des masses
qui s'en tiennent aux apparences,toutes les accusations portées contre elle,c'est d'ètre intervenue "sans attendre" l'attaque russe contre l'Autriche,d'avoir commencé la guerre...

On le sait aujourd'hui: elle l'a fait sous la pression du terrible péril
que constituait pour elle la mobilisation qui se poursuivait secrètement
en Russie depuis le 24 juillet; elle a attaqué parce qu"elle estimait
que frapper la première constiturait sa seule chance de salut ...


Napoléon n'a jamais agi autrement...


Mais elle s'est chargée ainsi de toutes les "responsabilités"
d'une catastrophe qu'elle n'avait, en réalité,pas plus voulue que nous mèmes...

La mobilisation française a précédé la mobilisation allemande.

Notre mobilisation,contrairement à ce que croit aujourd'hui encore notre opinion a,d'ailleurs,précédé la mobilisation allemande.

C'est, en effet, à 9 heures du matin, le samedi 1er aout 1914,
que M. Messimy, ministre de la guerre,fit signer par
Raymond Poincaré le décret de mobilisation
et reçut du Conseil des Ministres la mission de la mettre immédiatement
à exécution...

M.Messimy prit sur lui il l'a dit lui-mème à M.Raymond Recouly de garder
le décret par devers lui jusqu'à 15 heures.
Il ne le remit au général Ebener,envoyé du général Joffre, qu'à 15h30...
L'ordre de mobilisation fut télégraphié à partir de 15h45.
A 16 heures, lorsque M. Viviani accourut au Ministère de la Guerre,
dans l'espoir qu'il était encore temps de tout arrèter,il était trop tard...

Or,l'ordre de mobilisation n'a été lancé en Allemagne qu'à 17heures *
lorsque le grand état-major a connu le notre par un télégramme
de M.de Schoen...

*(Voy. Le Livre Blanc...,déjà cité,p.18:
" Sa Majesté l'Empereur et Roi ordonna le 1er août à 17 heures,
la mobilisation générale de l'armée et de la marine allemande.")

Juillet 1914:Le gouvernement français ne pouvait s'imaginer
que la guerre allait éclater..

Quand à nous, le fait que le président de la République et le président
du Conseil sont partis pour Saint-Pétersbourg,le 15 juillet, en ne laissant
pour gérer les affaires de la France que des sous-prdres,démontre irréfutablement que notre gouvernement,
à 15 jours de la guerre,n'était au courant de rien,ne prévoyait rien...

Jusqu'après leur arrivée en Russie,ni M.Poincaré, ni .Viviani n'ont rien su,
n'ont rien pressenti.Ils ont vécu dans une euphorie tellement extraordinaire
qu'elle en apparait invraisemblable!

"Que se passe-t-il à Vienne et à Berlin,note le 17 juillet,au large des côtes
du Danemark, le Président de la République.
Nous nous le demandons tous les deux,avec plus de curiosité que d'inquiétude" *

L'inquiétude, hélas! n'allait pas tarder, chez eux, à remplacer la curiosité.
Nos représentants ne se sont pas embarqués pour la Russie,comme
on les en a accusés, malgré la gravité de la situation européenne.
A bien plus forte raison, ne sont-ils pas partis à cause de sa gravité.
S'ils ont quitté la France au moment mème où leur présence y eut été
le plus nécessaire, c'est qu'ils ont jugé, et tous les membres
du gouvernement avec eux, cette situation beaucoup moins périlleuse
qu'elle ne l'était effectivement....

On a prétendu,et pas seulement chez nos anciens adversaires,
que M.Poincaré et M.Viviani étaient parfaitement renseignés,au moment
de leur départ,et qu'ils ont été en Russie pour s'y entendre de vive voix
avec nos alliés,y arrêter avec eux les dernières dispositions de guerre.**


L'accusation est d'une absurdité proprement stupide.


Pour ceux qui ont personnellement connu l'autoritarisme, la confiance en soi,
le besoin quasiment physique de se mèler de tout, de tout connaitre,
de tout diriger qu'avait Raymond Poincaré,l'idée même qu'il ait consenti,
à une heure de notre histoire qui pouvait être suprême,à céder son poste
de commandement à d'autres,est d'une naiveté risible...
*(Voy.R.Poincaré,L'Union sacrée,déjà cité,p.225)

** ( "Après l'attentat de Sarajevo,Poincaré se rendit à Saint-Pétersbourg
et là, il réussit en collaborant avec les partisans de la guerre,
dont le grand duc Nicolas,à dissiper chez le Tzar les dernières préventions contre l'idée de répandre le sang."
(Voy.Suddeutsche Monatshefte,octobre 1922,p.17)


Je termine sur ce chapitre,il suffit à chaque lecteur de lire
attentivement les 2 thèses pour y trouver la "vérité!!"
et donner son avis...


Un "fil" est créé à cet effet...


study scratch

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Re: La Grande Guerre: La thèse "officielle"...

Message  Largo Winch le Mar 28 Jan - 20:03

On en est bien conscient, la France "républicaine" et pacifique, avait peur de l'Empire Allemand depuis 1870, mais aussi depuis plus longtemps que ça, je dirai depuis les guerres napoléoniennes. C'était l'ennemi héréditaire pour les Français, alors que leur véritable ennemi "héréditaire" était... l'Angleterre ! L'histoire des relations entre la France et l'Allemagne a toujours été conflictuelle et remonte à notre "révolution" égalitariste...
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