L'origine du complot, "preuve" que l'Allemagne n'était pas responsable.

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L'origine du complot, "preuve" que l'Allemagne n'était pas responsable.

Message  Mr Klein le Jeu 10 Déc - 12:28

-AVERTISSEMENT -



Le 26 mars 1946, à Nuremberg, le Tribunal Militaire International
interdit à la Défense,et plus particulièrement à l'avocat de Rudolf Hess, d'apporter des "preuves tendant à établir l'injustice du traité de Versailles ou son imposition par la force "( Voy.TMI,X,p.99)

Le Tribunal savait en effet que si ces preuves étaient apportées,
c'est toute l'histoire des années 1900-1940 ,une histoire imposée
par les vainqueurs, qui s'effondrerait.

Ce travail qui a été interdit à la Défense en 1946, je l'ai réalisé,
sans doute imparfaitement, pour que toute la lumière soit faite sur ce génocide européen.

Afin de ne rien laisser dans l'ombre,j'ai tout d'abord choisi de remonter non
pas en 1900, mais en 1850,afin d'exposer les débuts du panslavisme.
J'ai ensuite repris le travail d'un auteur français, Henri Pozzi,
qui dévoile avec précision les ultimes manoeuvres des panslaves,en
juillet 1914,pour rendre la guerre inévitable.

Pourquoi être remonté si loin et avec tant de précision ? Parce que
quiconque ignore ces chapitres de l'Histoire se condamne à "ne jamais"
appréhender les raisons de la 1ère Guerre Mondiale et les responsabilités
réelles dans le déclenchement du conflit.

En conséquence, il ne comprendra jamais l'injustice foncière de la "paix"
de 1919, donc les vraies causes de l'irruption d'Hitler sur la scène internationale et, enfin, les raisons de la crise sans précédent que vit actuellement l'Occident...

Le lecteur qui aura la patience de me lire jusqu'au bout,comprendra pourquoi,le 26 mars 1946, les juges de Nuremberg n'ont pas hésité
à violer de façon éhonté les droits de la Défense en lui interdisant
de discuter sur le traité de Versailles.
Pour les vainqueurs,c'était une question de vie ou de mort.

Quant à moi, je remercie l'Administration de ce Forum de m'avoir permis
de réaliser ce travail.


1) LE PANSLAVISME AVANT 1914

L'impérialisme russe:

Poussée au sud-est:

A partir de 1815, la Russie,militairement forte,avait mené des
entreprises d'expansion.Au sud-est,elle avait tout d'abord étendu
sa domination sur la région des Kazakhs,le territoire de l'Amour et Sakhaline(1816-1856).
Puis elle avait conquis le Kokand( partie de l'Ouzbékistan)
et pénétré en Mandchourie et en Corée( 1856-1876).Enfin,elle avait soumis
les Turkmènes et les Tadjiks, à la frontière de l'Afghanistan ( 1877-1900)

Echec relatif dans les Balkans:

Dans les Balkans, alors sous domination ottomane, la Russie avait également
oeuvré; non seulement parce que les sujets turcs étaient des Slaves
orthodoxes, mais aussi parce qu'elle voulait s'emparer de Constantinople,
ce qui aurait assuré un accès à la mer Méditerranée.
Toutefois, ses premières entreprises avaient globalement échoué,
tout d'abord parce qu'en Europe,la France, la Prusse et l'Autriche
nourrissaient également des ambitions impérialistes dans les Balkans.
Ensuite, parce que l'Angleterre, qui voulait protéger la route des Indes,
était fermement opposée à toute expansion russe....
Voilà pourquoi la Russie n'avait pu profiter des conquêtes danubiennes
et de la destruction de la flotte turque sur la mer Noire en 1853:
La France et la Grande-Bretagne avaient réagi en envahissant la Crimée
et en contraignant le Tsar à signer l'humiliant traité de Paris ( 30 mars 1856).
Celui-ci :
Interdisant aux Russes de garder leur flotte en mer Noire et de conserver
les bases sur ses cotes.
De plus, il garantissait l'indépendance de la Moldavie et de la Valachie,
deux provinces roumaines.


Les Russes prennent leur revanche:

Dans les années 1870,cependant,l'affaiblissement du pouvoir ottoman
et les événements en Europe allaient permettre à la Russie d'agir avec
plus avec plus de réussite.Profitant de la guerre franco-allemande
et des ennuis de la France, le Tsar dénonça le traité de Paris
en octobre 1870.
La remilitarisation de la mer Noire par les Russes fut admise le 13 mars
suivant lors de la signature du traité de Londres.


En 1872, une première révolte des sujets bulgares survint.
Bien qu'elle ait été finalement matée et que le meneur, Vasil Levsli,
ait été arrèté puis pendu ( le 6 février 1873), ce premier soulèvement
allait marquer le début de de l'effondrement de l'empire ottoman
dans les Balkans.



Le 13 janvier 1874, la Russie réforma en profondeur son armée
en s'inspirant du modèle prussien et en instaurant le service militaire obligatoire.

Le 29 juillet 1875, les paysans d'Herzégovine se soulèvent contre l'autorité ottomane dans une affaire d'impots.
Rapidement, la rebellion en Bosnie puis le Monténégro.
Des massacres furent peroétrés de part et d'autre.

Le 16 septembre, le nouveau chef du comité révolutionnaire
bulgare, Christo Botev,lança une insurrection à Stara Zagora.
Elle fut durement réprimée par les Ottomans.
Afin de calmer le jeu, le pouvoir turc promit de mener une politique
plus libérale, garantissant la liberté de culte, la possibilité pour les paysans d'acheter les terres qu'ils cultivaient,etc...
Mais le 20 avril 1876, une nouvelle révolte armée éclata en Bulgarie.
Dans le cadre de la répression, les armées ottomanes perpétrèrent
de nombreux massacres ( à Batak,par exemple) qui firent de 10 à 15 000 victimes.

Les premières victoires du panslavisme aux dépens de la Turquie:

Le 2 juillet 1876, la Serbie et le Monténégro déclarèrent la guerre
au sultan ottoman après que Constantinople eut refusé de céder
à la première la Bosnie et au deuxième l'Herzégovine.
Comme par hasard,l'armée serbe était commandée par un officier.....russe,
le général Tchenaiev.
Celle-ci fut cependant défaite par les Turcs en aout devant la ville d'Alexinac.....
Mais le 31 octobre, le Tsar adressa un ultimatum au sultan:si,dans
les 48 heures,Constantinople ne signait pas un armistice avec la Serbie
et le Monténégro,la Russie entrerait en guerre....

Le sultan s'inclina et, le 23 décembre, un armistice fut signé.

Afin de règler les problèmes balkaniques,une conférence internationale s'ouvrit
à Constantinople le 20 février 1877.Les Ottomans ayant refusé d'accéder aux
exigences des Européens, le 19 avril, la Russie déclara la guerre à la Turquie.
Attaquant à l'Ouest par les Balkans et à l'Est par le Caucase,les armées
russes balayèrent les garnisons ottomanes avant toutefois d'ètre stoppées
au col de Chipka et à Pléven.

Mais en décembre 1877, elles forcèrent le passage,puis déferlèrent
sur la Bulgarie( janvier 1878),avant de s'emparer d'Edime/Adrinople
( le 20 janvier) et d'atteindre Rodosto ( le 30 janvier) à 100 kms seulement
de Constantinople.

Le 31 janvier, un armistice fut signé à Adrinople.

Malgré cet armistice, les Russes étaient résolus à continuer leur offensive.
Mais le 15 février, la flotte anglaise prit position devant Constantinople pour
amener le Tsar à cesser l'offensive.
Le 3 mars, fut signé le traité de San Stefano.
Certes, la Russie n'avait pas entièrement profité de sa victoire,mais elle obtint:
l'indépendance de la Roumanie, de la Serbie et du Monténégro, la création
d'une bulgare autonome,l'introduction de réformes profondes en
Bosnie,Herzégovine, Epire( au sud de l'Albanie) et Thessalie, l'annexion
par la Russie de la Dobroujda et du delta du Danube.

Une victoire de courte durée:

La victoire du panslavisme russe fut cependant de courte durée.
L'Angleterre voyait d'un mauvais oeil l'hégémonie russe dans la région,
l'Autriche s'estimait flouée et mobilisa ses troupes,quant aux pays balkaniques
et plus particulièrement la Serbie,ils étaient mécontents car aucun n'avait bénéficié de gains territoriaux.
Face à la fronde, Bismarck obtint la réunion d'une conférence internationale à Berlin.Celle-ci eut lieu du 15 juin au 14 juillet 1878.


Elle fut une défaite pour le panslavisme aussi bien russe que Serbe,puisque,
finalement, la Russie obtint uniquement la Bessarabie( la Dobroujna ayant
été donnée à la Roumanie en guise de dédommagement) et la Serbie s
eulement les villes de Pirot et de Nisch.
Quant à la Bulgarie, elle fut bien élevée au rang de principauté autonome,
mais amputée au sud de la Macédoine et de la Roumélie orientale,
celle-ci demeurant sous domination ottomane.
Dans les faits, le pays restait un vasal de la Turquie.

Enfin, la Bosnie et l'Herzégovine restaient des territoires turcs
mais leur administration était confiée à l'Autriche....
Bref, la conférence de Berlin avait réduit à néant les espoirs
slaves de "constituer" une confédération d'Etats forts.


La Russie s'éloigne de l'Allemagne,création du 'la Duplice':

Les conséquences ne se firent point attendre.Le 15 aout 1879, le Tsar
Alexandre II écrivit à l'empereur allemand pour se plaindre
de l'attitude de Bismarck lors de la crise russo-ottomane.
La Russie s'éloigna ainsi de l'Allemagne,
rompant de fait l'alliance entre les trois empereurs( Russie, Allemagne etl'Autriche.) qui avait été conclue quelques années plus tôt.

En réaction Bismarck signa avec Vienne un accord militaire secret,
la Duplice....il s'agissait d'une alliance défensive en cas d'agression
d'un des deux pays par une "coalition" franco-russe....



Une réconciliation trompeuse:

En 1881, toutefois, la situation changea radicalement:
le 13 mars, Alexandre II fut assassiné par un révolutionnaire.

Son fils Alexandre III, revint sur la politique anti-autrichienne,
ce qui permit un renouvellement de l'alliance des trois empereurs,
le 18 juin suivant.
Dix jours plus tard, eut lieu un événement très important:
un traité secret fut signé entre l'Autriche et la Serbie.
Alors que cette initiative semblait sceller l'amitié germano-slave
pour le plus grand bien de la paix,elle allait en réalité nourrir le panslavisme et, ainsi précipiter le monde à la CATASTROPHE.....


La Serbie dévoile sa volonté de puissance:

Le 6 janvier 1882 , fort de cette alliance secrète,le prince Milan
Obrtenovic érigea la Serbie en royaume totalement indépendant...

En septembre, les premières élections furent organisées,qui donnèrent
la victoire aux radicaux, face aux libéraux et aux conservateurs.

Trois ans plus tard, un premier signal d'alarme retentit:

depuis plusieurs années, la Bulgarie était devenue une puissance
dans les Balkans, le 20 septembre 1885,l'entrée triomphale du prince
Alexandre de Battenberg à Plovdiv
provoqua un violent conflit entre la Bulgarie et la Serbie....

Les deux pays mobilisèrent. A cette époque,l'armée bulgare était encadrée
par des officiers.....russes.Mais alors que la mobilisation battait son plein,
le Tsar ordonna à ses officiers de ......rentrer immédiatement au pays.
Cet abandon soudain profita aux Serbes dont les armées
parvinrent à 40 km de Sofia.Toutefois, des erreurs commises par l'état-major permirent à la Bulgarie de redresser la situation: le 5 novembre,les armées serbes furent battues à Slivinitza....

Cette défaite provoqua un ultimatum de l'allié autrichien,Vienne exiga
la tenue d'une conférence internationale afin d'avaliser la nouvelle situation.
Celle-ci se tint à Constantinople, la réunion de la Bulgarie fut acceptée ainsi
que sa constitution en un Etat totalement indépendant.Le 3 mars 1886,
la paix serbo-bulgare fut signée.Bien que cette aventure n'ait guère profité
à la Serbie,celle-ci avait clairement exprimé sa volonté de devenir le "centre"
d'une "grande confédération slave",même s'il fallait,pour cela,recourir
à la violence.

En outre,elle savait désormais pouvoir compter sur l'appui russe
pour la seconder dans "ses entreprises".....

A suivre...


Dernière édition par Mr Klein le Jeu 10 Déc - 13:20, édité 1 fois
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Re: L'origine du complot, "preuve" que l'Allemagne n'était pas responsable.

Message  Mr Klein le Jeu 10 Déc - 12:40

....Suite:

Le conflit entre slavisme et germanisme éclate au grand jour:

La preuve en fut d'ailleurs très rapidement apportée:
en Bulgarie, le champion de l'indépendance et de la puissance nationale,
le prince Alexandre, fut l'objet de la vindicte des éléments pro-russes disséminés dans l'armée et dans
l'administration.
Le 8 août, il fut arrêté lors d'une tentative de coup d'Etat et poussé à abdiquer.
L'action échoua, car un triumvirat reprit le pouvoir à partir de Plovdiv
et rappela le prince.Mais immédiatement, la Russie découvrit son jeu et lança
un ultimatum.Alexandre s'inclina et abdiqua.
C'était le 7 septembre 1886...

Pourtant, le panslavisme échoua là encore:en décembre 1886,
des élections donnèrent la majorité aux nationalistes hostimes à la Russie.
Cette victoire permit au gouvernement provisoire de choisir un nouveau
prince ami l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie:
un officier de l'armée hongroise répondant au nom de Ferdinand de Saxe
-Cobourg-Gotha (prince de Bulgarie).

Mais le conflit entre le slavisme et le germanisme était désormais ouvert.....


....Création de la Triplice:

Voilà d'ailleurs pourquoi le.... 20 février 1887 , l'Allemagne,l'Autriche
et l'Italie renforcèrent leurs liens dans une alliance secrète désormais
appelée Triplice.
Deux ans plus tard, le nouvel empereur d'Allemagne Guillaume II,
se rendit à Constantinople où il obtint pour un groupe ferroviaire allemand
la construction de lignes reliant trois grandes villes turques.
Au-delà de l'aspect économique,cette visite avait une connotation
géopolitique évidente:
soucieuse de prévenir le danger panslaviste,l'Allemagne cherchait ses alliés....

L'Allemagne prise au piège de la politique internationale:

Le 27 mars 1890 , survint un nouveau fait important:

l'Allemagne " refusa" de renouveler le "traité de contre-assurance"
avec la Russie.
Par ce traité, signé en 1887, les deux empires s'engageaient
à la neutralité en cas de conflit austro-russe ou franco-allemand.

Pourquoi ce refus, alors que Guillaume II était favorable à cette entente
germano-russe ?
Tout simplement parce que, comme le fit alors remarquer le nouveau
chancelier allemand Léo Caprivi," cet engagement à la neutralité en cas
de conflit austro-russe était en "contradiction" totale avec la Triple-alliance(Triplice).
Il l'était d'autant plus qu'un protocole additionnel ultra secret
reconnaissait les intérèts russes en Bulgarie, alors que ces
intérèts "s'opposaient" radicalement à ceux de l'allié autrichien....

D'où un gouvernement allemand contraint de ne pas renouveler le traité.....

Pour la première fois,ainsi, l'Allemagne se trouvait prise dans l'engrenage fatal
où l'avait entrainé la menace panslaviste:elle n'était plus véritablement
maitre de sa poltique....


La Russie se rapproche de la France:


Comme on pouvait s'y attendre, le Tsar réagit à ce refus en se tournant
vers la France.Depuis 1888, des emprunts russes avaient été introduits
à la Bourse de Paris.
En aout 1890, le sous-chef de l'état-major français, le général
de Boisdeffre, assista aux grandes manoeuvres de l'armée russe.
Bien qu'aucun traité militaire n'ait alors été signé, la voie était
désormais ouverte à une large collaboration.
Une première concrétisation survint le 27 aout 1891,lorsque le tsar ratifia
un premier accord secret d'alliance entre la Russie et la France:

"les deux pays s'engageaient à se concerter en cas de conflint européen."

Signature d'un traité militaire.

Un an plus tard, le 17 aout 1892 , un nouveau pas fut franchi:

à Saint-Pétersbourg, le général de Boisffre signa avec son homologue russe
Obroutcheff une première convention militaire secrète.
Celle-ci prévoyait la mobilisation d'un des membres de la Triplice et,
en cas d'agression, l'intervention immédiate des troupes.
De plus, les deux pays s'engageaient à ne pas signer de paix séparée.

Pour la France, cette convention était naturellement tournée contre
l'Allemagne.Pour le Tsar ( qui attendra 17 mois avant de la ratifier),
elle devait servir à s'opposer à l'Autriche-Hongrie.
Mais l'important était ailleurs:
en signant avec la Russie un accord de mobilisation "automatique"
en cas de conflit austro-russe, la France était bien invonlontairement,
certes montée dans la barque du "panslavisme".....

On devine d'ailleurs aisément la satisfaction des panslavistes lorsque,
le 13 octobre 1893,la flotte russe reçut un accueil triomphal à Toulon....

Nicolas II entre en scène:

Des débuts prometteurs:

Le 1er novembre 1894, Nicolas II, alors agé de 26 ans,succéda
à Alexandre III et devint Tzar de toutes les Russies.

Le début de son règne sembla marquer une pause dans le conflit
entre slavisme et germanisme.

En décembre,des navires de guerre allemands et russes participèrent
ensemble à une mission dans le détroit des Dardanelles afin de faire pression
sur la Turquie accusée de massacrer des Arméniens.

Le 19 février 1896 , le nouveau tzar reconnut Ferdinand de Saxe-Cobourg comme roi de Bulgarie.
Le 30 avril 1897 , une convention austro-russe fut signée
à St-Pétersbourg qui prévoyait la maintien du statu quo dans les Balkans.


La France se désengage partiellement:


La France profita de cette époque pour tenter de descendre de la barque
du panslavisme dans laquelle elle était bien imprudemment montée en 1892.
Le 9 aout 1899, la convention militaire secrète fut modifiée:

si la mobilisation restait automatique en cas de mobilisation allemande,
un accord préalable serait nécessaire en cas de mobilisation autrichienne.
De façon évidente, la France ne souhaitait pas être engagée malgré elle
dans une guerre balkanique qui pourrait ètre provoquée par quelques fanatiques
panslavistes.

Cette modification se révélera capitale par la suite....


L'Italie s'éloigne de la Triplice.

Le 4 mai 190 0, lors d'une visite officielle à Berlin, l'empereur
François-Joseph rencontra Guillaume II et réaffirma l'alliance austro-allemande.
Cette démarche survenait alors que l'Italie s'éloignait de plus en plus
de l'Allemagne.
Son adhésion à la Triplice avait été motivée notamment par la tension
qui existait entre elle et la France pour des raisons coloniales.

Mais à partir de 1896, avec le premier accord sur la question
tunisienne, la situation avait évolué vers la détente.D'où une Italie qui,
petit à petit, se dégageait de la Triplice.

Le 16 décembre 1900 , un nouvel accord franco-italien fut signé
au terme duquel Paris se désintéressait de la Tripolitaine et Rome du Maroc.
Quatre mois plus tard, les deux pays prouvèrent mutuellement
leur amitié dans d'impressionnantes manifestations organisées à Toulon d'abord,et à Naples ensuite...



L'Allemagne et l'Autriche de plus en plus isolés.

Onze ans après avoir "refusé de renouveler" le"traité de contre-assurance"
germano-russe, l'Allemagne se retrouvait donc, dans les faits,très isolée.

Elle n'avait plus pour alliés que la faible: Autrique-Hongrie
et la Turquie dont l'empire craquait.

Sans suprise, cette situation fut mise à profit par les panslavistes.
Ceux-ci ne cachèrent plus leurs visées expansionnistes,pour la création
d'une confédération d'Etats forts.

L'Autriche-Hongrie réagit dès aout 1901 en dénonçant la politique russe.

Le 10 juillet 1902 ,l'isolement de l'Allemagne se renforça lorsque
la France et l'Italie "signèrent" un accord secret d'alliance défensive.

Cet accord sera entériné le 14 octobre 1903 lors d'un voyage du roi
Victor-Emmanuel III à Paris.

Le 1er septembre 1902 , l'armée austro-hongroise dut intervenir
suite aux graves troubles survenus en Croatie, à Agram, entre des Croates
et des Serbes.

Le 2 janvier 1903 , la Bulgarie dénonça le traité commercial qui
la liait à l'Autriche depuis 1882.

En juin, survint un événement important:depuis 1893, la Serbie
était gouvernée par Alexandre 1er Obrenovic,qui avait instauré une constitution libérale et suivit une politique de complaisance à l'égard de l'Autriche-Hongrie.


Le 11 juin 1903 , lui et sa femme Draga furent assassinés lors
d'un coup d'Etat mené par des officiers hostiles à la politique extérieure
qui était menée.

Le prince Karadjordjeric lui succèda, qui allait mener une politique panslave
....Déjà affaiblie, l'Autriche réagit mollement à ce changement.

A suivre....
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Re: L'origine du complot, "preuve" que l'Allemagne n'était pas responsable.

Message  Mr Klein le Jeu 10 Déc - 12:48

Le panslavisme se met en marche:


Le 20 juillet, suite à l'assassinat de son consul à Monastir,
la Russie envoya ses troupes en Macédoine, province soulevée
contre les Turcs.

La Turquie tenta de calmer le jeu en acceptant de verser des réparations.
Mais le 2 aout suivant, un groupe de révolutionnaires macédoniens
tenta de s'affranchir de la tutelle ottomane.

Le panslavisme s'était définitivement mis en marche....

Si la catastrophe ne survint pas plus tôt, c'est qu'à l'époque,la Russie
connaissait de graves problèmes avec leJapon suite à sa politique
de pénétration en Extrême-Orient ( le conflit armé éclatera le 8 février 1904).
Elle ne pouvait donc laisser s'installer des désordres sur ses arrières balkaniques.

D'où la reconduction de l'accord austro--russe sur le statu-quo
dans les Balkans le 2 octobre 1903.

Mais il ne s'agissait que d'une pause purement stratégique.

Lorsque,deux ans plus tard,profitant des troubles survenus à l'intérieur
de la Russie, Guillaume II tenta de raviver la collaboration germano-russe
en invitant le tzar Nicolas II à signer une alliance défensive, celui-ci accèda
à la demande, MAIS l'alliance ne "fut jamais ratifiée"......


1904-1905 :

Si elle avait voulu la guerre, l'Allemagne aurait du saisir l'occasion.



Or, il est à noter que si, vraiment, Guillaume II avait voulu faire la guerre
pour anéantir la France et son alliée russe, il aurait du profiter de la débâcle russe face au Japon et des graves tensions intérieures qui paralysaient
la France en cette année 1904 pour prendre l'initiative.

Telle fut d'ailleurs la réponse que le chancelier T.von Bethmann-Hollweg
fit à Lord Haldane en 1912,lorsque celui-ci l'interrogea sur les prétendus projets d'agression allemand, il rétorqua que l'Allemagne aurait
" bénéficié de la meilleur opportunité pour montrer son amour de la guerre
lors du conflit russo-japonais
" *


Trois ans plus tard, en 1915, dans une réponse à la propagande française,des Allemands écrivirent:
" Une Allemagne pénétrée d'idées guerrières ouvrait à ce moment-là ( 1904) réduire à l'impuissance pour une génération ses deux voisins, chacun isolément.Son amour de la paix l'emporta" **

* (Voy. le discours prononcé par T.von Bethmann-Hollweg le 19 aout 1915 et reproduit dans The New York Times Current History,octobre 1915,p.62,col.B)

** ( Voy.G.Pfeischifter,op.cit.,p.33)


Cela dit, revenons à notre chronologie des faits:

1905: le panslavisme gagne en puissance:


L'année 1905 marqua une nouvelle poussée du panslavisme.

Le 8 septembre, en Macédoine, des violents combats opposèrent
Turcs et Bulgares.

Un mois plus tard, à Fiume, en plein territoire autrichien, des députés croates
et serbes revendiquèrent leur autonomie politique, culturelle et économique.

En janvier 1906 , à la conférence d'Algésiras sur la question marocaine,
l'Allemagne apparut très esseulée: la France fut soutenue par la Russie ,l'Angleterre et l'Italie alors que l'Allemagne reçut l'appui de la seule Autriche.
Rendu inquiet par cet isolement, Guillaume II tenta de se rapprocher de
l'Angleterre.

Le 15 aout 1906, il reçut Edouard VII à Kronberg.
Mais l'entrevue ne donna rien de concret.

A cette époque le panslavisme devenait de plus en plus fort.POURQUOI ?

Parce que le 29 aout 1905, la paix avait été signée entre le Japon
et la Russie.

Certes, cette paix marquait l'échec de l'impérialisme russe en Extrème-Orient,
mais elle rendait les mains libres au Tzar qui allait pouvoir compenser l'humiliation en reportant ses appétits sur les Balkans.

A partir de novembre 1906, la Russie agit à nouveau au sud,
en direction des Etats slaves.

Les premiers résultats ne se firent guère attendre: en juin 1907, des bandes
serbes et bulgares( épaulées par des Grecs) fomentèrent des troubles
en Macédoine afin de compromettre le fragile équilibre que la Turquie
avait réussi à trouver après les évènements de septembre 1905...

A la même époque,les mouvements panserbes reçurent l'appui de Belgrade
qui favorisa les projets de " rattachement" de la Bosnie à la ......Serbie.


Guillaume II tente désespérément de rompre l'isolement de l'Allemagne.

Le 14 aout, Guillaume II tenta une nouvelle fois de rompre l'isolement
diplomatique de l'Allemagne en recevant le roi d'Angleterre à Kassel
et en décidant de se rendre à Londres le 10 novembre suivant...

Mais le 31 aout, des négociations couronnées de succès entre l'Angleterre et la Russie débouchèrent, après l'adhéson de la France,
sur la Triple-Entente.

Les espoirs de l'empereur allemand s'évanouirent alors: l'Allemagne et
l'Autriche-Hongrie se retrouvaient esseulées,avec un panslavisme qui,
chaque jour, s'exacerbait...

L'Autriche souhaite annexer la Bosnie-Herzégovine:

En décembre 1907, soucieuse de contrarier les projets bulgares
qui favorisaient les pansserbes, l'Autriche annonça son projet d'annexion
de la Bosnie-Herzégovine.

Rappelons que, depuis le congrès de Berlin en 1878, l'Autriche administrait
cette région qui appartenait à la Turquie.

Dans les faits,donc, cette annexion équivalait uniquement à l'éviction
des dernières présences ottomanes.

Il n'était nullement question d'envahir et de renverser un quelconque régime....




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Re: L'origine du complot, "preuve" que l'Allemagne n'était pas responsable.

Message  Mr Klein le Jeu 10 Déc - 13:03

Le panserbisme, fils du panslavisme en plein essor, survient

Le 25 mars 1908, Guillaume II se rendit à Venise
pour tenter de resserrer liens très distendus avec l'Italie.

En juillet, à l'occasion d'un congrès panslave organisé à Prague,
de violents incidents éclatèrent entre Tchèques et Allemands,contraignant
les autorités à décréter l'état de siège.

Trois mois plus tard eut lieu un autre événement très peu connu mais
d'une importance capitale.

Au cours d'une assemblée de toutes les notabilités civiles et militaires
de Belgrade, sous la présidence du général Bochko Jankovitch,fut créée
l'organisation de propagande et de combat panserbe la Narodna Odbrana...
Très puissante, elle allait bientot compter 223 comités locaux dont les
ramifications s'étendaient en Slovénie,en Istrie, en Bosnie et en Herzégovine.*

*(Voy.Henri Pozzi, La guerre revient
( éd.Paul Berger,Paris,1933,pp.120-1)


L'annexion de la Bosnie-Herzégovine et la réaction serbe;
l'Europe à deux doigts de la guerre:

Puis vint le deuxième signal d'alarme, bien plus sérieux que le premier de 1885.

Le 5 octobre 1908, après de nouveaux incidents survenus en Macédoine,
l'Autriche annexa purement et simplement la Bosnie-Herzégovine:

François-Joseph annonça dans une lettre rendue publique qu'il étendait
sur la région ses droits de souveraineté aux dépens des Ottomans.

Afin de prévenir une crise grave qui aurait pu survenir du fait des panslaves,
l'Autriche avait pris soin d'acheter le ministre des Affaires étrangères,Iswolsky, pour qu'il déconseille au Tzar de prendre des mesures militaires. *

La Turquie, quant à elle, se contenta de protester et de boycotter
les produits importés d'Autriche.

Mais immédiatement, les nationalistes russes réagirent.
Ils exigèrent et obtinrent le départ immédiat d'Iswolsky,coupable
à leurs yeux de "trahison".

Celui-ci fut démis de ses fonctions et nommé ambassadeur à Paris.

Il fut remplacé par un homme bien plus ouvert aux idées panslaves:

Sazonov.Croyant pouvoir cette fois bénéficier de l'appui russe,
en décembre,la Serbie rappela soudainement ses réservistes...

L'Autriche répondit en envoyant 29 bataillons et 80 000 réservistes
en Bosnie.

Sans attendre, la Russie consulta la France:
d'après le traité de 1892 révisé en 1899,une mobilisation autrichienne pouvait entrainer celle de la Russie et celle de la France.

A cet instant, l'Europe était donc à deux doigts de la guerre...

Mais le gouvernement français garda son sang-froid.
Estimant que la Bosnie ne faisait pas partie des intérèts vitaux russes,
il refusa de mobiliser.

Le 9 janvier 1909, toujours soucieuse d'apaiser la crise, l'Autriche proposa à la Turquie des compensations pour la perte de ses biens
d'Etat en Bosnie et en Herzégovine.Un accord intervint et le 26 février,
en échange de compensations financières et du district de Novibazar
( une dépendance de la Bosnie-Herzégovine que l'Autriche occupait
militairement depuis 1878,mais qui était restée sous administration Turque) **

La Turquie reconnut l'annexion.

La crise aurait donc du s'achever là.

Mais les panslaves ne désespéraient pas d'obtenir leur guerre.
Soutenue par eux, la Serbie "refusa" de démobiliser.

C'est alors que Berlin entra en scène.Le 22 mars l'ambassadeur
allemand à Moscou exigea de la Russie une réponse précise
sur l'annexion:reconnaissance ou non.

Or, le 25 et le 27 février, la France et l'Angleterre avaient
fait savoir au Tzar qu'elles ne soutiendraient pas une guerre contre l'Autriche.

Incapable, sans soutien, d'entamer une épreuve de force,le Tzar s'inclina.

Le 24 mars, il reconnut à son tour l'annexion.
Il fut suivi cinq jours plus tard par la Serbie, mais celle-ci resta en état
de mobilisation jusqu'au 31,date à laquelle il lui fallut céder.

Dans un message au gouvernement autrichien, elle écrivit:

"La Serbie reconnait qu'elle n'a pas été atteinte dans ses droits par le fait
accompli créé en Bosnie-Herzégovine, la Serbie s'engage dès à présent
à abandonner l'attitude de protestation et d'opposition qu'elle a observée
à l'égard de l'annexion depuis l'automne dernier, elle s'engage,en outre,
à changer le cours de sa politique actuelle envers l'Autriche-Hongrie pour
vivre désormais avec cette dernière sur le pied d'un bon voisinage.
"
* **

Grace à la révision de 1899 et au sang-froid de la France,
les bellicistes panslaves avaient perdu....


* (Voy.H.Pozzi, Les coupables.Documents officiels inédits
sur la responsabilité de la guerre
et les dessous de la Paix
( Aux Editions Européennes,1937,p.179:
Iswolsky reçut 20 000 £ qui lui furent remises le 15 septembre 1908
lors d'un rendez-vous dans la forèt de Buchlau
.).

**(Sur Novibazar, Voy.The New York Times Current History,1915,p.990,col.B)

***( Voy. British Documents on the Origins of the War ( 1898-1914),
London:His Majesty's Stationery Office,1926),vol.XI,p.364,appendix A)


Les panslaves ne désarment pas et tirent les leçons de l'échec.


Mais, malgré la déclaration solennelle à l'Autriche,les panslaves
ne désarmèrent pas pour autant.
S'adressant au président du Conseil serbe Pachitch,Nicolas II
eut ses mots lourds de menaces:

"Attendez ! L'heure n'est pas encore venue.
Attendez et armez!" *


De plus, le tsar savait désormais que, pour parvenir à liquider l'Autriche,
une mobilisation allemande serait nécessaire.
Car en vertu de l'accord signé en 1899,cette mobilisation entrainerait
" automatiquement" celle de la France,celle-ci ne pouvant alors
opposer un quelconque veto.
*( Voy.H.Pozzi,Les coupables...,p.179)

1911: la paix sauvée une nouvelle fois par le sang-froid de J.
Caillaux
et de Guillaume II....

Un premier espoir pour eux survint le 1er juillet 1911 lorsque,furieuse
de constater la "tunisification" du Maroc en violation des accords
passés en 1909
,l'Allemagne envoya la canonnière Panther mouiller
devant Agadir.

Le 21 juillet Lloyd George oubliant ses convictions pacifistes,conseilla à la France une politique de fermeté face à Guillaume II.

Mais c'était sans compter sur le sang-froid de Joseph Caillaux.

Malgré l'opposition du ministre français des Affaires étrangères
Justin de Selves,
partisan de la politique germanophobe de Delcassé, et malgré une intense campagne de presse menée contre lui, le courageux président
du Conseil parvint à trouver un accord avec l'Allemagne.

Celui-ci fut signé le 4 novembre 1911,évitant une mobilisation
qui aurait été fatale.

Les nuages s'amoncellent....

Cette victoire de la raison fut cependant de courte durée.

Dans l'ombre le panslavisme travaillait.Durant l'année, la Russie avait financé
la constitution, par le major Dimitrievitch-Apis et ses collaborateurs militaires, de l'association secrète férocement panserbe Cma Ruka ou
Main Noire. *

Douze jours après la signature de l'accord franco-allemand sur le Maroc,
la France reçut Pierre 1er,roi de Serbie.

Deux mois plus tard, le 11 janvier 1912, isolé sur la politique à suivre
vis-à-vis de l'Allemagne,J.Caillaux démissionna.

Là encore, les panserbes se frottèrent les mains.La France était de plus
en plus engagée,mème malgré elle, à leurs cotés.

La Serbie et la Bulgarie signent secrètement une alliance offensive.

En mars eut lieu un événènement qui allait avoir une influence décisive
sur les événements de juin-juillet 1914.

Le 13, suite à l'action russe menée dans l'ombre,la Serbie et la Bulgarie
signèrent secrètement un traité d'alliance défensive. *

Officiellement, il s'agissait uniquement de " protection des intérèts mutuels,au cas d'une modification du statu quo dans les Balkans ou
d'une agression de la part d'une tierce puissance" **


Mais dans les milieux diplomatiques, des bruits couraient selon lesquels
l'accord allait beaucoup plus loin.
Et en effet, deux clauses secrètes révélaient la véritable nature de ce traité:

1)
par la première, la Bulgarie s'engageait à mettre 200 000 hommes
à la disposition de la Serbie dans le cas où celle-ci serait "menacée
dans sa sécurité ou ses intérèts par l'Autriche"

Or, était considéré comme une "menace" un retour éventuel
des troupes autrichiennes dans le district de Novibazar,un district
que l'Autriche-Hongrie occupait avec l'assentiment de tous depuis 1878
et qu'elle avait cédé à la Turquie en 1909 afin d'apaiser la crise.***

2)
par la deuxième,les deux pays s'engageaient, en gros, à ne jamais agir
sans le consentement de ...........la Russie.

Lorsqu'il connut ces clauses qu'on lui avait cachées pendant 8 mois,
Raymond Poincaré dit à Sazanov:

"Le traité contient donc en germe, non seulement une guerre contre
la Turquie, mais une guerre contre l'Autriche.Il établit, en outre,
l'hégémonie de la Russie sur les deux royaumes slaves des Balkans.
Cette convention est, à vrai dire,une convention de guerre.
Non seulement, elle révèle des arrières-pensées chez les Serbes
et les Bulgares,mais, il est à craindre que leurs espérances ne paraissent encouragées par la Russie." ****


*(Voy."M.Georges Louis (ambassadeur français à Saint-Pétersbourg)
ne se doutait pas de ce qui se passait depuis plusieurs mois à Sofia
et à Belgrade, en collaboration avec les agents russes,et,à Paris,
nous ne nous en doutions pas davantage"
( Voy."Raymond Poincaré,les Balkans en feu"
( Editions Plon,Paris, réédition de 1945,p.20)

** (Voy.le texte du télégramme de M.Sazonov à Londres et à Paris
le 30 mars 1912
,cité par "R.Poincaré,les Balkans en feu",op.cit...,p.31)

*** (Voy."R.Poincaré,Les Balkans en feu."..,op.cit.,p.35)

**** ( Voy".R.Poincaré,Les Balkans en feu"...op .cit..,pp.115-6)


La France prise au piège panslave.

De façon évidente, s'il avait connu ces clauses plus tot, R.Poincaré
aurait hésité avant d'engager son pays dans la politique balkanique.

Mais puisqu'elles étaient restées ignorées, les 13 et 16 juillet 1912
la France et la Russie avaient signé deux protocoles militaires:

Un terrestre et un naval.Ceux-ci prévoyaient l'aide russe en cas de guerre
avec l'Allemagne.
Mais le plus important était la contrepartie offerte par la France:

1)
la promesse de défendre les intérèts russes dans les Balkans,permettant
au tzar de restaurer sa politique de prestige.

Certes, il n'y avait là rien de purement militaire, mais cet appui allait
naturellement renforcer considérablement la position des fanatiqes panslaves.

D'autant qu'en mai 1911, une deuxième société panserbe:

"L'union ou la Mort",plus connue sous le nom de Main Noire ,
avait été créée,dont l'objectif était de " travailler à libérer les Serbes
vivant sous l'oppression étrangère" *


Bien plus agressive que la Narodna Odbrana fondée en 1908,
dès juillet 1912, elle en avait absorbé les éléments les plus actifs et avait imposé à celle-ci un de ses chefs, Milan Vasitch ( Id)

*( Voy.H.Pozzi, La guerre revient...op,cit.,p.121 )




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Re: L'origine du complot, "preuve" que l'Allemagne n'était pas responsable.

Message  Mr Klein le Jeu 10 Déc - 13:15

Les Balkans s'embrasent:


Là encore, les conséquences de tous ces événements survinrent rapidement.

Le 12 septembre 1912, le gouvernement bulgare exigea de l'empire ottoman
l'autonomie pour la Macédoine avec menace de mobiliser en cas de refus.
Soucieuse de ne pas ètre prise au dépourvu, la Turquie déplaça des troupes vers les frontières.

Le 30 septembre, la Bulgarie et la Serbie prirent prétexte de ces mouvements pour mobiliser.
Et le 8 octobre, Nicolas 1er du Monténégro déclara brusquement
la guerre à la Turquie.

Inquiètes face à ces événements, les puissances européennes s
e prononcèrent pour le maintien du statu quo dans les Balkans.

En mars 1912, d'ailleurs, R.Poincaré avait fait dire plusieurs fois à la Russie
que des " intérêts puissants attachaient fermement la France"
au maintien de l'intégrité de l'empire ottoman " et qu'elle n'acceptait pas
" l'idée d'un agrandissement des Etats balkaniques,c'est-à-dire
d'un bouleversement oriental
" *

Mais la Serbie, la Grèce et la Bulgarie passèrent outre....

Le 13 octobre, elles envoyèrent un ultimatum à Constantinople
"exigeant" non seulement des réformes constitutionnelles, mais aussi
la démobilisation de l'armée ottomane.
Comme on pouvait s'y attendre, la Turquie réagit en déclarant la guerre
à la Bulgarie et à la Serbie ( le 17 octobre), mais non à la Grèce dont
elle espérait pouvoir éviter l'intervention.
Les premiers combats virent la victoire serbo-bulgare.
Monastir tomba et Andrinople fut assiégée.

Le 4 novembre, à la demande de la Turquie, une conférence se réunit
à Londres pour tenter de trouver une issue acceptable.
Mais les Grecs entrèrent dans le conflit et le 8 novembre, ils atteignirent Salonique.
*( Voy.R.Poincaré, Les Balkans...,op.cit.,pp.25 et 26)


La Serbie provoque l'Autriche:


Dix jours plus tard, les Serbes pénétrèrent en Albanie, dans la ville d'Alessio,
ouvrant ainsi la voie vers l'Adriatique....

Or, l'Albanie n'avait aucune part dans le conflit et rien, à priori,ne justifiait
la venue des troupes serbes.
Rien sauf la volonté de provoquer l'Autriche qui avait toujours fait
de l'indépendance albanaise le principe primordial de sa politique.

Le coup faillit marcher: immédiatement, l'Autriche réagit et ordonna
à Belgrade de retirer ses troupes du territoire albanais.
Allait-on vers un embrasement général?

Non, car une intervention collective franco-anglo-italienne appuyant
la démarche autrichienne obligea les Serbes à s'incliner et la Russie
à demeurer tranquille.

Une nouvelle fois, cependant, l'Europe avait frolé la catastrophe,
par la faute du panslavisme.
Sur le terrain des opérations, la Turquie parvint à redresser la situation,stoppant les Bulgares devant Tchatalja,à 150 km de Constantinople.

Le 3 décembre, un armistice général fut signé à Londres,
suspendant les combats.


L'empire ottoman d'Europe finit de se désagréger:


Des pourparlers s'engagèrent pour trouver une paix honorable.
Notons qu'à cette époque, Guillaume II manifesta une nouvelle fois
son désir de paix en prenant une initiative singulière:

En janvier 1913, il donna l'ordre à son état-major
" de ne pas préparer",
comme cela se faisait chaque année, un plan d'offensive contre la Russie.

F.von Papen écrit:

" On espérait probablement, en haut lieu, que les services
secrets russes finiraient,d'une façon ou d'une autre, par avoir connaissance de cette omission volontaire, ce qui aurait eu pour effet d'apaiser quelque peu
la tension entre Berlin et Saint-Pétersbourg"
*

Mais les revendications serbes pour un accès vers l'Adriatique furent
une pierre d'achoppement lors des négociations de paix dans les Balkans:

l'Autriche-Hongrie s'y opposait farouchement.Répétant qu'elle
" ne laisserait pas édifier à sa frontière un grand Etat slave" **
elle proposait la création d'un Etat tampon composé d'Albanais et de Serbes.

Afin de contourner l'obstacle autrichien, les Serbes reprirent le combat,
occupèrent San Giovanni, marchèrent sur Scutari et prirent Adrinople.

Un nouvel armistice fut signé le 16 avril et le 30 mai 1913, l'Empire ottoman céda toutes ses possessions européennes, ne gardant
que Constantinople et les Détroits.
*( Voy.F.von Papen,op.cit.,p.13)

** ( Voy.H.Pozzi, Les coupables...,op.cit.,p.198)


Les panslaves obtiennent leur première grande victoire...


Cette cession provoqua des tensions chez les alliés d'hier,chacun voulant obtenir la meilleure part du gateau, surtout le roi Ferdinand de Bulgarie
qui entendait règner sur Constantinople et se faire couronner empereur d'Orient.

D'où un deuxième conflit balkanique qui se déroula du 29 juin
au 10 août 1913
et un Guillaume II qui demanda en précipitation à son état-major d'élaborer un plan d'offensive contre la Russie.

Ce deuxième conflit vit la victoire de la Serbie car, à cette époque,
la Russie avait définitivement abandonné la Bulgarie dont la mégalomanie
du roi contrariait les projets du Tzar.

Au terme de la paix signée le 10 août, la Serbie reçut, entre autres,
une grande partie de la Macédoine.
En un instant, sa superficie passa de 48 300 à 87 000 m2
et sa population de 2,9 ......à 4,5 millions d'habitants....!

.....et vont se tourner maintenant contre l'Autriche-Hongrie:


Pour la première fois, le panslavisme avait remporté une éclatante victoire.

Le rève de la Grande Serbie était devenu réalité;ce pays était devenu
le rival direct de l'Autriche.

Et tout portait à croire que les panslasves ne souhaiteraient pas en rester là,
qu'enfin débarrassés de l'ennemi ottoman, ils allaient se retourner contre
l'ennemi autrichien. *

Car maintenant que la Macédoine était devenue serbe en majeure partie,
l'encerclement autrichien par le slavisme était quasi complet.

Dès le 6 mai 1913, d'ailleurs, le ministre russe des Affaires étrangères
Sazanov avait fait dire au président du Conseil serbe Pachitch:


"L'agonie de l'Autriche ne peut plus se prolonger maintenant
que très peu de temps"
**

Une semaine plus tard, ce même Pachitch recevait le télégramme
suivant de l'ambassadeur serbe à Saint-Pétersbourg:

"Sazanov vient de me confirmer que nous devons consacrer immédiatement toutes nos forces à préparer l'avenir,car nous allons bientôt pouvoir
"enlever" de grands territoires à l'Autriche
"
( Ibid.p.199)

* " La Turquie vaincue, cette alliance (balkanique) ne pouvait ètre dirigée
à l'avenir que contre l'Autriche-Hongrie et l'Allemagne
"
( Voy.Le Livre Rouge austro-hongrois.Pièces diplomatiques concernant
les antécédents de la guerre 1914
,Vienne,1915,p.15)

**( Voy.F.von Papen,op.cit.,p.14)


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Re: L'origine du complot, "preuve" que l'Allemagne n'était pas responsable.

Message  Mr Klein le Jeu 10 Déc - 13:33


.L'Autriche souhaite agir préventivement.



Sentant la catastrophe se profiler à l'horizon, l'Autriche se résolut
à agir en déclenchant une guerre préventive contre la Serbie.

Le 8 août 1913, elle informa l'Allemagne et l'Italie de sa décision.

Mais les deux pays refusèrent de prendre part à une telle entreprise.

L'Italie parce qu'elle était liée à la Russie et qu'elle ne souhaitait pas
s'aliéner l'amitié française,l'Allemagne parce qu'elle ne voulait pas
s'engager dans une action dont les conséquences auraient été incalculables.


Dans ses mémoires, F.von Papen écrit:

"Je me rappelle également les efforts de von Hötzendorf,chef d'état-major
de l'armée autrichienne, de persuader l'Allemagne à se joindre à
l'Autriche pour une guerre offensive dans les Balkans.Il affirmait
(avec raison) que le temps travaillait pour la Russie et que, la guerre
austro-russe étant inévitable, il valait mieux la déclencher sans tarder.
Conception singulière qui ne trouvait aucun écho à Berlin.
Nous connaissions la faiblesse militaire de notre alliée, et de plus ,von Molke,
résolument opposé à toute guerre préventive,s'employait à freiner
son collègue autrichien."
*


Face à ces refus, l'Autriche s'inclina. **

On le voit, le bellicisme n'était pas du côté de la Triplice...

*( Voy.F.von Papen,op.cit.,p.14)

** ( Voy.H.Pozzi,Les Coupables....,op.cit.,p.202)


L'Allemagne prend ses précautions:


Tout ce que l'Allemagne acceptait,c'était de travailler fébrilement
pour tenter de parer le danger.

Le 3 juillet, elle avait approuvé une loi sur le réarmement aux termes
de laquelle les effectifs en temps de paix passeraient de 700 000 à 850 000 hommes.

Le 7 septembre, elle resserra les liens au sein de la Triplice.
Sachant en outre qu'elle ne pouvait plus rompre l'isolement en s'alliant
avec l'Angleterre, elle entreprit des négociations pour se lier avec la Turquie.

Celles-ci furent couronnées de succès et, le 28 octobre 1913,
un traité fut signé qui permit à l'Allemagne d'envoyer une importante mission d'officiers-instructeurs dirigés par le général Liman von Sanders.


Les panslaves attendent leur heure:

La Russie rassure la Serbie sur son soutien et lui demande de s'armer.


Pendant ce temps, la Russie et la Serbie attendaient leur heure.

Le 12 octobre,l'ambassadeur serbe à Saint-Pétersbourg télégraphia
à Belgrade
:

" Ministre des Affaires étrangères(Sazonov) exprima aujourd'hui
chaleureusement confiance absolue en valeur notre concours militaire
et réalisation prochaine tous nos espoirs.Stop.
Affirma pouvions compter toutes circonstances entier appui Russie"
*

Cinq jours plus tard, il envoya cet autre télégramme encore
plus accusateur
:

" Ministre des Affaires étrangères confirma en des termes les plus cordiaux
ses paroles semaine dernière.Nos grands succès ont donné au Tzar
et Etat-Major nouvelle et absolue confiance en nos forces.
Compétences maintenant persuadés ici sommes capables de tenir tête
à l'Autriche.Mais ministre me charge de vous avertir que devons
pour le moment nous tenir tranquille en paraissant satisfaits
nos avantages actuels, étant bien entendu ne sont que temporaires
et que l'avenir est à nous.
Ministre a conclu en insistant fortement sur nécessité réorganisation
militaire et notamment augmentation nos approvisionnements en matériel
et munition.Stop."
**


La Serbie renforce ses armements:


Joignant le geste à la parole, la Serbie profita de l'augmentation soudaine
de sa population pour accroître ses effectifs militaires.

En moins de deux mois, 22 régiments nouveaux furent constitués avec
des recrues des provinces annexées,qui subirent un entraînement intensif. ***

Afin d'augmenter les approvisionnements en armes,Pachitch
chargea son gendre de s'entendre avec les Français pour une livraison rapide de fusils....

Le 29 novembre 1913, dans une lettre à Edgar Roël
(dont l'existence ne sera dévoilée "qu'en " 1917...),
celui-ci réclama "d'urgence" des armes, acceptant de payer
jusqu'à 80 francs pièce....! ****


La Russie se prépare à la guerre:


En mars 1914, enfin,survint un événement qui démontrait l'imminence
du danger...

Depuis 1905, avec la défaite contre le Japon, l'armée russe avait connu
de nombreuses réorganisations.
Les leçons d'échec avaient été tirées, qui avaient permis d'élaborer de nouvelles stratégies.

A partir de 1908, l'instruction des cadres avaient été régulièrement entretenue et depuis 1912,le règlement accordait à la manoeuvre
et au feu une place de choix.

Soudainement, le 17 mars 1914, la Russie décida d'augmenter
ses effectifs militaires en temps de paix, et dans une proportion gigantesque:


-de 460 000, cet effectif allait passer à 1 700 000 !soit
une augmentation de 400%!
*(Voy.H.Pozzi, Les Coupables....,op.cit..,p.204-5)

** (Voy.H.Pozzi, Les Coupables...op.cit..,p.205)

***( Voy.H.Pozzi, Les Coupables....op.cit..,p.207)

**** ( Voy.H.Pozzi, Les Coupables...op.cit.,p.208)


Tout était en place....

Militairement, pour la "liquidation" de l'Autriche-Hongrie.

Le 1er acte: fut "l'assassinat " de l'archiduc François-Ferdinand,
le 28 juin 1914, résultat d'un "COMPLOT
" ourdie en Serbie... *

Mais rappelons que depuis la crise de 1908-1909, les panserbes savaient qu'ils ne pourraient arriver à leur fin sans PROVOQUER
la mobilisation allemande.

En 1912, d'ailleurs, le ministre russe des Affaires étrangères avait clairement écrit,suite à des conversations avec R.Poincaré:
" M.Poincaré considère comme son devoir de souligner que l'opinion publique
en France ne permettrait pas au gouvernement de la République
de se décider à une action militaire pour des questions purement balkaniques,si l'Allemagne n'y prenait point part et si elle ne provoquait pas,de "sa propre initiative", l'application du casus foederis....
Dans ce dernier cas,nous pourrions certainement compter sur la France
pour l'accomplissement "exact et entier" de "ses obligations "
envers nous."
**


Encore aujourd'hui, on répète que l'attentat qui couta la vie à l'archiduc
fut l'oeuvre de Gavrilo Princip,un terroriste serbe.
Ainsi laisse-t-on accroire que le geste a été celui d'un exalté esseulé.
C'est faux.L'enquète autrichienne démontra que 5 personnes, au moins,étaient à l'origine du complot: "Gavrilo Princip, Nedeljko Cabrinovic,le nommé Milan Giganovic et Triko Grabez avec le concours
du commandant Voija Tankosic".
(Voy .l'annexe de la note autrichienne remise à la Serbie le 23 juillet 1914;
reproduite dans British Document on the Origins of the War...déjà cité,vol.XI,p.365).

Pour réaliser leur coup, les terroristes avaient reçu quatre pistolets
et six bombes, qui provenaient "du dépôt d'armes de l'armée serbe
à Kragujevac"
(Id.)

Plus tard,la version du complot ourdi en Serbie fut confirmée;
on apprit alors que tout avait été organisé " dans les moindres détails"
par le colonel Dimitrievitch-Apis,le grand maître de l'organisation
secrète panserbe la Main Noire
( Voy.H.Pozzi,La guerre revient..p.123-124).

Après la guerre, l'ancien chargé d'Affaires de Serbie à Paris,
Dragomir Stéfanovitch, devenu depuis chef de service à la Banque nationale,déclara à H.Pozzi:


" Si la Russie ne nous avait pas soutenus, si nous avions dû subir l'enquête
que réclamait l'ultimatum autrichien, en juillet 1914, nous étions
"pris la main dans le sac!
"
(Voy.Ibid..,p.125)



VOILA DONC AU GRAND JOUR SUR CE FORUM ,LA REALITE,
SUR LES " VRAIS COUPABLES " DU 1er GRAND GENOCIDE EUROPEEN !

L'ALLEMAGNE ACCUSEE A TORT ET CONDAMNEE A VERSER DES REPARATIONS GIGANTESQUES AVEC LE DEMEMBREMENT DE SON PAYS
ET DE SON ALLIEE L'AUTRICHE-HONGRIE....

LE " TRAITE DE VERSAILLES" ENFANTERA PAR CETTE INJUSTICE
LE 2EME GENOCIDE ENCORE PLUS IMMENSE...!

NUREMBERG AVAIT "REFUSE" A LA DEFENSE CETTE VERITE!
APRES 63 ANS ELLE EST SOUS NOS YEUX.


-FIN-





* *(Voy.R.Poincaré,Les Balkans....,p;117.Voy.également
Un Livre Noir.Diplomatie d'avant-guerre d'après les documents des archives russes ( éditions. La Librairie du Travail,s.d,p.342)

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Re: L'origine du complot, "preuve" que l'Allemagne n'était pas responsable.

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