Revue de presse janvier 2015.

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Revue de presse janvier 2015.

Message  Terreblanche le Sam 3 Jan - 16:43


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Mardi 16 décembre 2014, à Dakar, lors de la clôture du Forum sur la paix
et la sécurité en Afrique, acclamé par les participants, le président tchadien Idriss Déby
a lâché une véritable bombe quand, en présence du ministre français de la Défense,
il déclara qu'en entrant en guerre en Libye :

"l'objectif de l'OTAN était d'assassiner Kadhafi. Cet objectif a été atteint".




Cette accusation est gravissime car, si ce qu'a dit cet intime connaisseur du dossier
est fondé, c'est en effet toute l'histoire d'une guerre insensée et aux conséquences dévastatrices qui doit être ré-écrite.
Sans parler d'une possible saisine de la Cour pénale internationale.
D'autant plus que ce conflit rationnellement inexplicable fut déclenché au moment où, paradoxalement, le régime libyen était devenu notre allié à la fois contre le jihadisme
et contre les filières d'immigration.



Revenons donc en arrière:

- l'intervention décidée par Nicolas Sarkozy influencé par BHL ne prévoyait
originellement qu'une zone d'exclusion aérienne destinée à protéger les populations
de Benghazi d'une prétendue "extermination".
Il n'était alors pas question d'une implication directe dans la guerre civile libyenne.
Mais, de fil en aiguille, violant avec arrogance la résolution 1973 du 17 mars 2011
du Conseil de sécurité des Nations Unies, la France et l'Otan menèrent
une vraie guerre tout en ciblant directement et à plusieurs reprises le colonel Kadhafi.

L'attaque la plus sanglante eut lieu le 1er mai 2011 quand des avions de l'Otan
bombardèrent la villa de son fils Saif al-Arab alors que s'y tenait une réunion de famille
à laquelle le colonel assistait ainsi que son épouse.
Des décombres de la maison furent retirés les cadavres de Saif al-Arab
et de trois de ses jeunes enfants.

Réagissant à ce qu'il qualifia d'assassinat, Mgr Martinelli, l'évêque de Tripoli, déclara :


"Je demande, s'il vous plaît, un geste d'humanité envers le colonel Kadhafi
qui a protégé les chrétiens de Libye.
C'est un grand ami."

" Telle n'était semble t-il pas l'opinion de ceux qui avaient ordonné ce bombardement
clairement destiné à en finir avec le chef de l’État libyen sans tenir compte
des "dégâts collatéraux"... La guerre "juste" permet bien des "libertés".




Kadhafi le visionnaire study

https://www.youtube.com/watch?v=WrFa4K5gl5c&hspart=Elex&hsimp=yhs-elex_myv9

Les chefs d’État africains qui s'étaient quasi unanimement opposés à cette guerre
et qui avaient, en vain, tenté de dissuader le président Sarkozy de la mener,
pensèrent ensuite avoir trouvé une issue acceptable:

- le colonel Kadhafi se retirerait et l'intérim du pouvoir serait assuré
par son fils Seif al-Islam et cela, afin d'éviter une vacance propice au chaos.
Cette sage option fut refusée, notamment par la France, et le colonel Kadhafi
se retrouva assiégé dans la ville de Syrte soumise aux bombardements incessants
et intensifs de l'Otan.

Une opération d'exfiltration vers le Niger fut alors préparée [2].
Or, les miliciens de Misrata, amis de BHL, alliés de la Turquie et du Qatar,
se disposèrent en demi cercle sur l'axe conduisant de Syrte au Niger.
L'histoire dira comment et par qui ils furent prévenus de la manœuvre en cours.

Le 20 octobre 2011, le convoi du colonel Kadhafi composé de plusieurs véhicules
civils réussit à sortir de la ville.
Bien que ne constituant pas un objectif militaire,
il fut immédiatement pris pour cible par des avions de l'Otan
et en partie détruit.
Pour échapper aux avions, le colonel s'abrita dans une buse de béton.


Capturé,
il fut sauvagement mis à mort après avoir été sodomisé avec une baïonnette.



Les gentils démocrates de Misrata ne s'en tinrent pas là
puisqu'ils crevèrent les yeux de son fils Moutassim
avant de lui couper les mains et les pieds
.


L'Otan n'avait laissé aucune chance à Mouammar Kadhafi et à son fils.
Leurs dépouilles sanglantes furent ensuite exposées comme des trophées
dans la morgue de Misrata.



Ces faits étant rappelés, les accusations du président Deby prennent donc
toute leur valeur.
Rétrospectivement, le déroulé des événements peut en effet s'apparenter
à un "contrat" mis sur la tête du colonel, aucune issue diplomatique honorable
ne lui ayant été proposée.



Alors que le résultat de cette guerre insensée est d'avoir offert aux islamistes,
au Qatar et à la Turquie la possibilité de prendre le contrôle de la Libye,
donc d'une partie des approvisionnements gaziers et pétroliers de l'Europe,
le président du Niger, Mamadou Issoufou vient de lancer un cri désespéré:




" Il faut une intervention militaire pour réparer les dégâts liés
à la chute de Kadhafi, sinon nous aurons Daesh à nos portes
"

(Jeune Afrique 28 décembre 2014).



Mamadou Issoufou est d'autant plus fondé à exiger cette intervention que,
lors du sommet du G8 de Deauville au mois de mai 2011,
il avait fortement demandé au  président Sarkozy de renoncer à sa guerre.
Il ne fut, hélas, pas davantage écouté que les présidents Déby,
Zuma et tous les autres responsables africains...

Conséquence :

- à l'heure où ces lignes sont écrites, soutenus par la Turquie et le Qatar,
les islamistes sont en passe de conquérir la Tripolitaine.
Ils sont déjà sur la frontière tunisienne cependant qu'au sud,
dans la région de Mourzouk, ils ont pris le contrôle du champ pétrolier d'El-Sharara
avec l'aide de certaines fractions touareg.



Bernard Lugan


01/01/2015



[1] Ce communiqué peut être reproduit à la condition d'en citer la source.

[2] Selon plusieurs sources sud-africaines, cette opération aurait été
coordonnée par des "spécialistes" anciens des forces spéciales de ce pays
avec l'aval du président Jacob Zuma.
Ce dernier était furieux d'avoir été berné par la France car son pays avait certes
voté la résolution 1973 d'exclusion aérienne de la région de Benghazi,
mais pas la guerre et il avait décidé d'offrir l'asile politique au colonel Kadhafi.
Là encore, l'histoire nous en apprendra davantage quand les langues
des témoins se délieront "officiellement'...

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Re: Revue de presse janvier 2015.

Message  Terreblanche le Jeu 8 Jan - 19:47

Bonjour,


Le numéro 61 de l’Afrique Réelle (janvier 2015) vient de paraître.
Pour le lire dans son intégralité, nous vous invitons à vous réabonner pour l’année 2015
(12 numéros, 40 euros) :

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Sommaire :

Actualité : Nigeria

Boko Haram :
mouvement islamiste nordiste ou Kanouri ?

Dossier :
La Chine et l'Afrique study

- Les relations entre la Chine et l'Afrique,

- La lune de miel est terminée,

- La nouvelle politique chinoise.

Bilan et prospective :

L'Afrique entre 2014 et 2015


Editorial de Bernard Lugan study elephant

Le mercredi 12 septembre 2012,dans un communiqué publié sur le blog
de l'Afrique Réelle j'écrivais :

« Désormais, en Libye, l’alternative est simple :

soit les nouvelles autorités mettent un terme au chaos, mais comment ?
et reconstruisent l’Etat sous une forme ou sous une autre,
soit la Libye demeure ingouvernable.
Dans ce cas, les islamistes pourraient alors jouer une carte maîtresse,
celle du modèle religieux transcendant les divisions afin de les coaguler
dans un tout commun, l’Oumma. »

C'est très exactement ce qui est actuellement en cours de réalisation en Tripolitaine où,
au nom de l'islam unificateur, nous assistons à l'engerbage de nombre de milices
par la coalition des Frères musulmans de Misrata et des fondamentalistes de Tripoli.

Or, cette alliance est en passe de conquérir toute la région.

Les milices de Zenten sont en effet sur la défensive et elles risquent même
de se trouver encerclées si les Berbères du jebel Nefusa se tournaient vers les islamistes
comme viennent de le faire les Touareg de la région de Mourzouk.
Le possible basculement des Berbères livrerait alors la Tripolitaine aux islamistes
tout en permettant à ces derniers de s'adosser à la frontière de la Tunisie et de l'Algérie ;
d'où les conséquences régionales que l'on peut imaginer.

Dans ce cas, combien de temps l'Algérie pourrait-elle encore refuser d'intervenir ?

Mais si elle le faisait, quel serait son but puisque tout le monde sait que la pacification
de la Tripolitaine passe l'éradication du foyer de déstabilisation de Misrata,
ce que la Turquie n'acceptera pas.

En Cyrénaïque, la situation est plus claire dans la mesure où l'Egypte soutient
le général Khelifa Heftar qui, depuis le début du mois de mai 2014 est entré en guerre
contre les islamistes de Benghazi et de Derna, ces derniers ayant fait allégeance à l'EI.
Les milices de Misrata leur sont venues en aide.
Elles ont également attaqué le « croissant pétrolier » constitué par les terminaux
de Ras Lanouf, d'Al-Sedra et de Brega avec leurs 19 réservoirs.
Comme Misrata et les islamistes ont pris le contrôle des hydrocarbures de Tripolitaine,
s'ils parvenaient à s'emparer de cette zone hautement stratégique,
ils seraient les maîtres de la production libyenne.
En plus des revenus qui y sont attachés, ils pourraient exercer un chantage
sur l'Union Européenne qui serait alors contrainte d' « aller à Canossa »
chez le président Poutine...

Le possible basculement berbère qui ne serait que tactique
car ces derniers jouent leur propre survie.
Ils furent en effet les « dindons de la farce » du renversement du régime Kadhafi
contre lequel ils luttèrent en raison de la négation de leur existence par ce dernier.
Pour le colonel Kadhafi, les Berbères étaient en effet sortis de l’histoire car :

« (…) les tribus amazighs (berbères) se sont éteintes il y a longtemps,
depuis le temps du royaume de Numidie.
Personne n’a le droit de dire « je viens d’ici ou de là-bas ».
Celui qui le fait est un agent du colonialisme, qui veut diviser pour régner ».
(Mouammar Kadhafi, discours à la Nation le 2 mars 2007).

Or, après le colonel Kadhafi, les nouveaux dirigeants libyens furent pareillement
arabo-islamistes.
Aujourd'hui, les Frères musulmans de Misrata, ont proposé un marché aux Berbères :

- abandonner leur alliance avec Zenten en échange de la reconnaissance de la Berbérité
dans la future Libye islamiste.

Personne n'est dupe de cette promesse, mais, tactiquement,
certains responsables berbères ont semble-t-il décidé de tenter ce pari risqué
qui pourrait rebattre les cartes régionalement.

PS : elephant
La réimpression de l'Afrique, la guerre en cartes est terminée et l'ouvrage
est à nouveau disponible (voir le bon de commande à l'intérieur de ce numéro).

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