13 août 1977 : mort de Henry Williamson

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

13 août 1977 : mort de Henry Williamson

Message  Vlassov le Mer 13 Aoû - 8:25

13 août 1977 :
mort de Henry Williamson.





   Henry Williamson, un anglais contre Carthage

Romancier d’une incontestable envergure à la réputation de marginal sulfureux
et dont témoigne encore de nos jours l’ostracisme qui frappe son œuvre.

Henry Williamson voit le jour dans la banlieue sud de Londres, le 1er décembre 1895.
Il passe une enfance et une scolarité banale sous l’égide d’un père autoritaire.
De constitution chétive, il s’engage pourtant à 18 ans au 1er bataillon
de la « London Rifle Brigade ».
En novembre 1914 dans les tranchées,
il va vivre une aventure à la fois sanglante et exceptionnelle.
Thème central de six récits de sa future carrière littéraire.

Dans les combats, il connait comme tous les « Tommies » la peur, la faim,
parfois la cruauté, mais aussi la fraternité, le courage, l’héroïsme.
Deux expériences personnelles le marquent pour toujours :

- un matin, s’élançant au secours d’un camarade blessé, prisonnier des barbelés :

« Le feu cessa et un officier allemand m’aida à le dégager, salua et partit… »


Et puis vient le fameux cesser le feu spontané de Noël 1914.

Sa conclusion définitive :

« ces gars sont très convenables, la propagande de l’arrière
ne raconte que des foutaises
»
.


En janvier 1915
, il est évacué pour des gelures au pied,
il est de retour au front en juin et promu sous-lieutenant
au « 10e Battalion Regiment ».
Il participe aux batailles les plus meurtrières du corps expéditionnaire britannique.
Nommé lieutenant, mais en état de choc et souffrant gravement de la dysenterie,
il est rapatrié en Angleterre en 1917.

 Après sa convalescence, et comme pour nombre de ses contemporains,
son retour à la vie civile est plus que difficile.
C’est le moment où il prend la décision de se consacrer à l’écriture,
malgré l’hostilité de son père.

Les débuts sont laborieux et le climat familial se détériore :

- Henry Williamson se retire dans le Devon, dans un petit cottage.
Il trouve la plénitude dans cette atmosphère campagnarde entouré d’animaux familiers.

Pour vivre, il écrit des articles pour le compte de la presse londonienne.
Il se lance aussi dans la rédaction de récits animaliers
(il en publiera tout au long de sa vie tant sa passion pour la nature est grande)
dont l’un Tarka the Otter (1927) connait un succès énorme e
t lui vaut le prix Hawthornien et une adaptation cinématographique.



Mais Henry Williamson a aussi d’autres choses à dire :

- il se lance dans la rédaction d’une fresque semi-autobiographique
the Flax of dream  
dont il écrira les 3 premiers romans de 1921 à 1924.

Après son mariage et la naissance de son fils (1925), il se consacre alor
à the pathway dernier volet de Flax of dream.
Ce roman sort en 1928 et affiche clairement les idées politiques de l’auteur.

Le héros du livre, Willie Madison (son double) abordant la question allemande
de l’après-guerre dénonce les mensonges, l’humiliation,
l’occupation et la paupérisation que subit le peuple allemand :

« il y a un ancien caporal qui a les yeux les plus sincères que j’ai jamais vu,
et qui mobilise maintenant les jeunes et les anciens combattants
pour sauver la nation de la désintégration
»
.

Il sortira encore des récits (
The wet flandern plain 1929 / the patriot’s progress
1930)
que les critiques rangent parmi les meilleurs de la littérature guerrière.



Convaincu que l’Angleterre en pleine décadence court à sa perte et plus germanophile
que jamais, Williamson visite l’Allemagne Nationale Socialiste en 1936
et en revient enthousiaste à la manière d’Alphonse de Chateaubriand
(time and tide).

Il pense également avec le concours du légendaire Lawrence d’Arabie
à la création d’une organisation visant à la réconciliation et à l’alliance anglo-allemande,
mais la mort ‘’accidentelle’’ du colonel T.E Lawrence met un terme au projet.

En dédiant à Adolf Hitler l’édition complète de the flax of dream
il rompt définitivement avec l’intelligentia britannique qui à l’instar de George Orwell
a rallié le camp de l’antifascisme militant.

Quand on lui demande si son pays n’est pas assez bien pour lui, il répond
« il le sera quand toutes les fermes seront à nouveau florissantes,
quand la fertilité du sol sera sauvegardée et non gaspillée,
quand le village sera considéré comme une unité sociale,
quand la dignité du travail manuel sera restaurée,
quand chaque rivière sera propre et claire, et que le mot magnifique de servir
sera dans le cœur de tous.
Alors oui mon pays sera assez beau pour moi
»
.

Il dénonce la situation de
« ceux qui ne travaillent toujours pas à 30 ans faute d’emploi »
,
ou le malheur des enfants des Tavois qui ne mangent qu’un jour sur deux !



En 1937
, il rejoint la « British Union of Fascists » de Sir Oswald Mosley
et soucieux de mettre ses actes en accord avec sa pensée, il fait l’acquisition d’une ferme
dans le Norfolk « afin de lutter concrètement contre le déclin de l’agriculture ».

 Le 3 septembre 1939, l’Angleterre déclare la guerre au Reich.

Au moment où l’on interne Moslay et 800 de ses partisans,
Williamson se querelle avec les notables et les militaires qui manœuvrent sur ces terres
et décore sa maison et sa voiture de grands sigles de la B.U.F.
Il passera 15 jours de garde à vue et sera assigné à résidence si certains le considère
comme un excentrique inoffensif, d’autres voient en lui un agent de la 5ème colonne
qui renseigne par signaux la Luftwaffe et les U.Boats ou reçoit les envoyés de Berlin.
Il jouera volontiers son rôle de méchant et de provocateur ce qui lui nuira jusqu’à
la fin de ses jours.
Parallèlement, il poursuivra son œuvre littéraire avec comme toile de fond,
Lawrence d’Arabie ou sa propre expérience agricole.
Le jour de son « accident » mortel ce dernier rejoignait Williamson
et avait pour projet de le rejoindre auprès de Moslay.


En octobre 1945
, il vend la ferme que son phénoménal entêtement
avait contribué à remettre sur pied.
Après son divorce et le départ de son fils pour le Canada, il retourne dans le Devon.


Henry Williamson écrit alors son plus grand chef d’œuvre
A chronicle of ancient sunlight
fresque en 15 volumes de l’histoire de l’Angleterre
du début du XXème siècle.
Le héros en est Philip Madison, cousin germain de celui du Flax of dream
qui dénonce la situation  
« des paysans sous-payés, exploités par les financiers de la City »

et appelle de ses vœux
« un prophète qui ramènera les gens vers leur héritage naturel
et affrontera le laissez-faire, le pseudo-progrès et le pouvoir de l’argent
entassé dans les caves de la city »

et reconnait en Hitler
« un messie…un phénix né du chaos des champs de bataille…
une Allemagne où neuf millions de chômeurs ont retrouvé un emploi
»
.

Publiés entre 1965 et 1967 ces 12ème, 13ème et 14ème volumes
sont un pied de nez à ceux qui espèrent un acte de contrition de la part de l’auteur :

-  il persiste et signe :
« allemand et anglais, ces deux géants blancs qui devraient être frères »
.

Il prend la défense de Vidkun Quisling:

« il croit à la nouvelle conscience européenne,
à l’économie nouvelle qui chassera la finance internationale
et son pendant communiste »

ou encore
« le véritable ennemi de l’Europe c’est le stalinisme
ce qui ne veut pas dire le peuple russe »
.

A propos des tirs de V1/V2 : « la city a été purifiée par le feu »

Ostracisé, entouré d’un mur de silence par l’establishment,
Williamson ne quittera plus guère le Devon ou de toute façon la rédaction
de la chronique va lui demander 20 ans de travail.
Aucune reconnaissance officielle ne viendra jamais consacrer son œuvre littéraire :

-  par définition, un fasciste ne peut avoir de talent (Jean-Paul Sartre).



Envers et contre tous, Henry Williamson poursuivra le chemin qu’il a choisi.
Restant fidèle à Moslay, il collabore régulièrement à the european.
A plus de 80 ans, toujours dynamique et d’esprit juvénile il reçoit jeunes amis
et admirateurs leur prodiguant conseils et souvenirs.


La mort viendra le ravir à son clan le 13 aout 1977
à cinq mois de son 82ème anniversaire…







Source :  study



http://la-flamme.fr/category/non-classe/



_________________

Les mites font des trous dans votre cerveau.
Combattez cette vermine.
Soyez anti ces mites !
avatar
Vlassov

Nombre de messages : 471
Age : 29
Localisation : Sibérie
Date d'inscription : 01/01/2014

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum