26 juillet 1910 : naissance de Yann Fouéré.

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26 juillet 1910 : naissance de Yann Fouéré.

Message  Vlassov le Sam 26 Juil - 8:51

26 juillet 1910 :
naissance de Yann Fouéré.






Jean Adolphe Fouéré est né le 26 juillet 1910 à Aignan, dans le Gers.


Son père, devenu fonctionnaire des impôts, a quitté sa Bretagne natale
et obtient diverses affectations.
Jean, son unique fils, est, en partie, élevé à Rennes, à Callac (Côtes-d’Armor)
par son arrière-grand-mère, enfin à Saint-Brieuc par sa grand-mère.
Ses études secondaires, entamées à Saint-Brieuc, sont poursuivies au Lycée Montaigne,
à Paris et achevées au Lycée de Clermont-de-l’Oise (Oise),
au gré des affectations de son père.

Faisant des études de droit, puis en sciences politiques, il devient en 1933
président de l’Association des étudiants bretons de Paris

Avec son père, il fréquente les milieux bretons de la capitale et finit par s’intéresser
à la situation politique de sa région et à étudier son histoire,
ainsi que la pensée fédéraliste de [i Proudhon.[/i]
Une fois diplômé en lettres, en droit et en sciences politiques,
il réussit le concours de rédacteur du Ministère de l’Intérieur.

Parallèlement à sa carrière de fonctionnaire, il s’investit dans la cause
de l’enseignement du breton dans les écoles et fonde en 1934 Ar Brezoneg er Skol.
En 1934, 346 communes bretonnes avaient adopté le vœu,
rédigé par Yann Fouéré, en faveur de l’enseignement du breton.

En 1939,
il devient vice-président de l’Union régionaliste bretonne ,
la plus ancienne organisation politique bretonne, mais il s’implique aussi
dans les activités de l’Union fédérale, une importante association d’anciens combattants,
ce qui lui permet de voyager en Europe.
Il prend, à la suite d’Olivier Mordrelle, la direction de l’ancien
Bulletin des minorités nationales de France, devenu Peuples et Frontières,
où sont présentées les revendications des autonomistes bretons
et des principales minorités nationales européennes.

En 1940, il épouse Madeleine Mauger, dont il aura trois enfants.

Sous-préfet par intérim de Morlaix d’octobre à novembre 1940,
il démissionne de son poste, afin d’éviter une mutation hors de Bretagne.

Afin de développer un courant d’opinion favorable au régionalisme,
il fonde à Rennes le 21 mars 1941 le quotidien brestois La Bretagne
qui tire à 15 000 exemplaires; il le dirige de 1941 à 1945.

À sa tête, il cherche à mener un jeu complexe de fidélité stratégique
à la France et à l’Allemagne, en vue d’affirmer les droits de la nation bretonne
quelles que soient les conditions politiques.

La Bretagne publie quelques textes antisémites, comme l’éditorial paru le 27 juin 1942
et intitulé « Notre tradition antisémite », dans lequel Olier Guyon
se félicite de l’édit d’expulsion promulgué contre les juifs
par le duc Jean II de Bretagne au début du XIIIe siècle.  
De même, le 24 mars 1941, dans un article protestant
contre la projection du film Bécassine, le journal proclame :
« Boutez dehors les cinéastes et acteurs israélites ».

Il affiche, dans le premier numéro de son journal,
une ligne politique visant à gagner les Bretons à la cause autonomiste :

« Il n’y a pas chez nous de haine de la France.
Trop d’épreuves, trop de jours de deuils et de joies vécues en commun
ont forgé notre union pour que, malgré des dissentiments passagers
ou des rancœurs légitimes, nous pensions à la rompre.
On peut être bon Breton sans négliger du même coup d’être bon Français
».


Au cours de l’année 1941,
sous l’impulsion de Yann Fouéré,
La Bretagne prend part avec d’autres journaux comme L’Heure Bretonne
ou L’Œuvre, organe du Rassemblement national populaire de Marcel Déat,
à une violente campagne de déstabilisation du préfet de la région de Rennes
François Ripert.

Quand La Dépêche de Brest et de l’Ouest, journal tirant à 70 000 exemplaires,
est menacée de suppression par l’occupant.
Fouéré en prend le contrôle en mars 1942.
Ayant mis sur la touche l’ancienne direction radicale-socialiste,
il en devient le directeur politique de 1942 à 1945.

L’État Français crée en octobre 1942 le Comité consultatif de Bretagne (CCB)
auprès du préfet de région, Fouéré en devient membre, puis secrétaire général
de janvier à août 1944.

Yann Fouéré est arrêté le 10 août 1944 et libéré un an après.

Il est condamné le 28 mars 1946 par contumace
aux travaux forcés à perpétuité et à la dégradation nationale.
Devançant le verdict, il s’est déjà exilé au Pays-de-Galles.

En 1948
il rejoindra l’Irlande où il reprend une entreprise de mareyage
de homards et de langoustes.

Au Pays de Galles, il est accueilli par Gwynfor Evans et d’autres nationalistes gallois
qui lui procurent des postes d’enseignant, puis, craignant que le gouvernement français
ne demande son extradition, il décide de gagner l’Irlande en 1948.
Dans son autobiographie, il dit avoir monté, auparavant une filière de faux passeports
pour les militants inquiétés afin de fuir au Pays de Galles ou en Irlande.

Dès 1947, écrit-il,
« la filière des vrais-faux passeports était parfaitement au point ».

C’est lui qui a permis à Olivier Mordrelle de gagner l’Argentine.

À la suite d’un changement de compétence des juridictions et du fait
que les condamnations sont de plus en plus légères à mesure que la guerre
s’éloigne dans le temps, il revient en France, fait appel de sa condamnation
et est acquitté et réhabilité en 1955,
mais il perd en appel le remboursement de la spoliation de ses biens.

Malgré tout, il décide de retourner définitivement en Bretagne
pour y continuer sa lutte pour une Bretagne plus autonome.

En 1957, il lance avec Ronan Goarant et Yann Poupinot
le Mouvement pour l’organisation de la Bretagne (MOB),
dont il est un des animateurs et financiers, ainsi que L’Avenir de la Bretagne,
journal dont il est propriétaire jusqu’en 1974.
Cette organisation se proclame apolitique, comme le plus souvent
dans la mouvance traditionnelle de l’Emsav, jugeant les notions de « droite »
et de « gauche » trop « jacobine » ; elle défend le fédéralisme
et l’unité européenne.
Par ailleurs, de tendance séparatiste et ethnique.



En 1961, avec Alan Heusaff, Gwynfor Evans et J. E.Jones,
respectivement président et secrétaire général du Plaid Cymru,
parti nationaliste gallois, il fonde à Rhosllannerchrugog,
au Pays de Galles, la Celtic League (Ligue celtique),
mouvement dans lequel les différents partis nationalistes des 6 états et régions celtiques (Bretagne, Cornouailles, Écosse, île de Man, Irlande, Pays de Galles) sont représentés.

Dans les années 1970, il anime le parti Strollad ar Vro.
En 1975, suspecté d’être inspirateur et complice,
il est arrêté dans le cadre de l’enquête sur les attentats du FLB-ARB
et est libéré, sans avoir été jugé, en décembre 1976.
Il relate sa détention dans son livre En prison pour le FLB
publié aux Nouvelles éditions latines.

Il a créé la Fondation Yann Fouéré, de droit jersiais,
et dont l’un des buts est de créer une « bibliothèque nationale de Bretagne »,
à partir de sa bibliothèque personnelle.

Il est le père de l’actrice irlando-française Olwen Fouéré et d’Erwan Fouéré,
diplomate irlandais de haut rang, ancien haut-représentant de l’ONU en Macédoine
et qui est le gérant de la Fondation Yann Fouéré.

L’œuvre principale de Yann Fouéré est le livre « L’Europe aux cent drapeaux »
publié en 1968,  il a été traduit dans plusieurs langues.



Dans cet ouvrage, Yann Fouéré développe sa grande idée :

«le Fédéralisme Européen»,
l’autonomie des Nations dans le cadre
d’une Europe des nations.
Il est un des premiers à avoir dénoncé la confusion en France
entre citoyenneté et nationalité :

« Il n’ y a guère que l’état français au monde,
à part ses citoyens qu’il endoctrine, à confondre, et encore le fait-il
volontairement et pour des raisons de pure politique; nationalité et citoyenneté.
[…] La citoyenneté confère des droits politiques en un lieu donné,
alors que la nationalité est un fait personnel et durable […]
Seule la langue française a confondu ces deux mots
… ».

Il décède le 20 octobre 2011 à Saint-Brieuc
à l’âge de 101 ans.




Le 25 octobre
, lors de la cérémonie à la basilique et l’inhumation au cimetière
de la Trinité, la présence de dizaine de drapeaux régionaux a salué son départ.











Source :  study



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