1er juin 1946 : exécution de Ion Antonescu.

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1er juin 1946 : exécution de Ion Antonescu.

Message  Vlassov le Dim 1 Juin - 9:12

1er juin 1946 :
exécution de Ion Antonescu.


 



Ion Victor Antonescu est né le 15 juin 1882 à Pitesti en Valachie.


Fils d’une ancienne famille d’officiers, il suit les cours des écoles militaires
de Craiova et Iaşi, et sort major de l’école d’application de la cavalerie en 1904,
ainsi que de l’Académie militaire en 1911.

Au grade de lieutenant, Antonescu prend  part à l’écrasement de la révolte paysanne
de 1907 dans la région de la ville de Galaţi.

Sa dureté lui fit donner le nom de Câinele roşu (chien rouge).

En 1913, il participe à la deuxième guerre des Balkans contre la Bulgarie
et du fait de sa bravoure est décoré de la plus haute décoration militaire roumaine :
l’Ordre de Michel le Brave (Ordinul Mihai Viteazul).

Durant la participation de la Roumanie à la première guerre mondiale,
Antonescu est  le chef d’état-major du général Constantin Prezan.
Alors que les troupes des Empires centraux pénétrent profondément en Roumanie,
il défend la capitale.

Ses états de service sont si brillants qu’à la fin de la guerre, le roi Ferdinand déclara :

« Antonescu, personne dans ce pays ne sait mieux que moi
ce que notre nation vous doit
.
»


De 1922 à 1926 il est attaché militaire aux ambassades roumaines en France
puis en Angleterre.
De 1927 à 1930, il dirige l’École de guerre de son pays.

En 1937, il assume brièvement la charge de ministre de la défense.
Ce poste de ministre ne fut qu’une fausse promotion car le général n’est guère
apprécié du roi et de la camarilla de la cour:

-  il a des manières trop ouvertes, un style direct et surtout il mène une vie d’ascète.

Finalement Antonescu est éloigné de la capitale
et interné dans un couvent à Bistritza.


La Roumanie adopte une politique de neutralité.  
Mais ayant annexé de nombreux territoires à l’issue de la première guerre mondiale
elle doit en restituer une partie.
Un ultimatum soviétique en juillet suivi du « deuxième arbitrage de Vienne »
le 30 août 1940, visant à régler les contentieux territoriaux entre la Hongrie
et la Roumanie sous la houlette de von Ribbentrop, ont comme résultat
que sans qu’un seul coup de fusil ait été tiré, la Bessarabie, le Nord de la Bucovine
et la moitié de la Transylvanie sont restitués.
Le 7 septembre, par le traité de Craiova, le Sud de la Dobroudja
est de surcroît abandonné à la Bulgarie.

Carol II nomme Antonescu Premier Ministre le 4 septembre 1940.

Après avoir reçu la promesse de pouvoir quitter le pays sain et sauf,
le roi abdique, et s’exile au Portugal.
Son successeur est son fils Mihail, âgé de 19 ans, qui cède au nouvel homme fort
de la Roumanie bon nombre de ses prérogatives royales.

Ion Antonescu fait entrer le 15 septembre 1940 plusieurs ministres
de la Garde de fer dans son gouvernement.
La période qui suit est nommée l’État national légionnaire (Statul naţional-legionar).
Celui-ci dure jusqu’au 21 janvier 1941, date à laquelle une tentative
de putsch légionnaire est écrasée dans le sang.

Dans le même temps, le Conducatorul al Statului (nouveau chef d’Etat)
se met énergiquement au travail.
Berlin et Rome garantissent l’intangibilité des nouvelles frontières.
Le nouveau gouvernement demande à Berlin une aide substantielle
pour réorganiser l’armée roumaine.

A la fin du mois d’octobre 1940, les Soviétiques occupent trois îles
dans le delta du Danube, acte qui soude littéralement Bucarest à Berlin.

La réponse à la provocation soviétique est simple:

- la Roumanie adhère immédiatement au Pacte des Trois Puissances
(ou Axe Berlin-Rome-Tokyo).

A la fin du mois de mai 1941, les troupes allemandes commencent
à se déployer le long de la Moldava, où, dans le cadre d’une mobilisation cachée,
stationnent déjà quinze divisions roumaines.
Au début de l’Opération Barbarossa, 200.000 soldats de l’infanterie allemande
se trouvent sur le sol roumain.
Le 12 juin 1941, Antonescu rencontre Hitler.
Celui-ci l’informe de l’imminence de la guerre à l’Est.



Le Chancelier du Reich est séduit par ce général aux arguments clairs,
aux discours sans fioritures inutiles et lui offre aussitôt le commandement
de toutes les unités de l’aile droite du futur front de l’Est.
Ce “Groupe d’armées Antonescu” comprend la 11ème Armée allemande
et les 3ème et 4ème armées roumaines.

Le matin du 22 juin fatidique, Antonescu part immédiatement pour le front,
dans un train spécial.
Le 26 juin, des appareils soviétiques bombardent Bucarest,
la zone pétrolifère de Ploesti et le port de Constanza sur la Mer Noire.

Le Conducator devint rapidement la terreur des états-majors.
Il harangue ses troupes, veille à ce qu’elles soient parfaitement approvisionnées.

Les soldats l’adorent :

-  sans peur, le Général vient leur rendre visite sous le feu de l’ennemi
dans les tranchées les plus exposées du front.

Au départ, le “Groupe d’armées Antonescu” avait reçu pour mission
de protéger la Roumanie contre toute attaque soviétique vers le Danube.
Mais au bout d’une semaine, ce groupe d’armées s’élance à l’attaque, avec succès car,
le 26 juillet, il prend la ville d’Akkerman (ou, en roumain, “Getatea-Alba”)
sur le cours inférieur du Dniestr, qui redevient roumaine,
comme toute la Bessarabie et le Nord de la Bucovine.
La population acclame les troupes roumaines libératrices.





Le 6 août 1941
, Antonescu est le premier étranger à recevoir la Ritterkreuz ;
deux semaines plus tard, le roi le nomme Maréchal de Roumanie.

Antonescu prend alors une décision qui sera lourde de conséquence:

-il croit aux vertus de la Blitzkrieg, de la guerre-éclair, et fait marcher les troupes roumaines dans la région qui s’étend immédiatement au-delà de la rive orientale
du Dniestr.
Les Roumains l’annexent sous le nom de Transnistrie.

Le 19 novembre 1942, les Soviétiques amorcent une grande offensive vers le Don,
ce qui conduit à l’effondrement de la 3ème armée roumaine.
En même temps, l’Armée Rouge annihile la 4ème armée dans la steppe des Kalmouks.

Au printemps, Antonescu envoie des négociateurs pour traiter avec les alliés occidentaux.
A la mi-mai, ces négociations sont rompues parce que les conditions imposées
par les Anglo-Américains sont trop dures.  
Nolens volens, Antonescu est contraint de poursuivre le combat
dans le camp de l’Axe.

Le 22 août 1944 Antonescu se présente chez Freissner,
qui lui annonce que l’effondrement est imminent.
Le roi, à son tour, passe à l’action, et ordonne au Prince Stirbey,
chef de la délégation roumaine qui négocie au Caire,
d’accepter les conditions draconiennes imposées par les Alliés pour un armistice.


C’est alors que se répéte un scénario semblable à celui qui a eu lieu à Rome
un an plus tôt
:

- le souverain convoque Antonescu au palais l’après-midi du 23 août; lors de l’audience,
des officiers affidés au roi s’emparent de la personne du Maréchal.

Le nouveau Premier ministre est le Colonel-Général Constantin Sanatescu.
A vingt-deux heures, à la fin de cette journée de tumultes,
les Roumains entendent la voix de leur roi à la radio:
la dictature a pris fin et ainsi toute forme d’oppression”.

Le gouvernement Sanatescu rompt le lendemain toutes les relations avec Berlin
et déclare la guerre à l’Allemagne le 25 août.

Ion Antonescu et ses plus proches collaborateurs sont alors aux mains des communistes
roumains, actifs dans la clandestinité; ils livrent leurs prisonniers aux Soviétiques.
Après deux ans d’emprisonnement en Union Soviétique, l’ancien Premier Ministre roumain
revient à Bucarest.

Un procès pour crimes de guerre s’organise, qui se termine par une sentence de mort
comme l’avaient exigé les Soviétiques.

Tôt le matin du 1er juin 1946, Ion Antonescu est exécuté
dans la cour de la prison militaire de Bucarest-Jilava.




(Ion Antonescu avant son exécution)



Le 5 décembre 2006
, la Cour d’appel de Bucarest a annulé la condamnation d’Antonescu pour certains « crimes contre la paix »,
en s’appuyant sur le fait que les conditions objectives de 1940
justifiaient une guerre préventive contre l’Union soviétique.

La cour a déclaré nulles certaines décisions du Tribunal du Peuple du 17 mai 1946
condamnant Antonescu et d’autres accusés.
En conséquence, Antonescu et vingt autres personnes ont été déclarés non coupables
de « crimes contre la paix à l’encontre des peuples de la Russie soviétique »
(texte de 1946) et non coupables également en ce qui concerne certains
« crimes de guerre résultant de la collaboration militaire entre la Roumanie
et l’Allemagne
»,
sur la constatation que les éléments constitutifs
de tels crimes étaient absents.
La cour a maintenu en revanche les conclusions de 1946 faisant référence
à une participation dans l’Holocauste.

La Fédération des communautés juives de Roumanie
et l’Association des victimes de l’Holocauste s’étant élevées
contre cette décision, l’affaire a été confirmée par la Cour d’appel
de Bucarest en 2007 .
Mais la décision a été cassée par la Cour suprême en mai 2008
.










Source :  study
http://la-flamme.fr/category/non-classe/

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