3 mai 1844 : naissance d’Édouard Drumont.

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3 mai 1844 : naissance d’Édouard Drumont.

Message  Vlassov le Sam 3 Mai - 11:40

3 mai 1844 :
naissance d’Édouard Drumont.





Édouard Drumont, né à Paris le 3 mai 1844.


Édouard Drumont doit, très jeune, subvenir aux besoins des siens,
en raison de la grave maladie dont souffre son père.

Il entre, à dix-sept ans, dès la mort de son père, à l’hôtel de ville où il travaille six mois.
Son rêve est de devenir homme de lettres.
Il se lance dans le journalisme et entre au Moniteur du bâtiment,
puis il collabore au Diable à quatre,
un journal d’Hippolyte de Villemessant .

Il travaille parallèlement à L’Inflexible, où il dévoile
les secrets de Villemessant, qui le congédie.

Il publie des articles dans divers journaux comme La Liberté
(où il s’occupe à la fois des reportages, des chroniques littéraires, des études d’art
et même la dernière heure au Corps législatif).
Drumont reste chroniqueur d’art à La Liberté de 1874 à 1886.

En 1880, Drumont rédige l’introduction d’un ouvrage inédit intitulé
La mort de Louis XIV.
Cet ouvrage est conçu par les frères Anthoine.

Drumont est converti par le jésuite Stanislas du Lac,
qui l’encourage à écrire La France juive et lui fournit des fonds
pour créer la Libre Parole.



En 1885
, Drumont publie un opuscule de quarante-trois pages intitulé
Le vol des diamants de la couronne au garde meuble.

Appelé à la direction du Monde en 1886
, il publie,
en avril de la même année,La France juive, qui est un succès
éditorial avec 62 000 exemplaires vendus dès la première année
et atteint vite la 150e édition.



L’ouvrage vaut à son auteur, en même temps que la notoriété,
une condamnation à une forte amende et deux duels, notamment
avec Arthur Meyer
, directeur du Gaulois.
Drumont publie ensuite, La France Juive devant l’opinion (1886),
La Fin d’un monde (1889), La Dernière Bataille (1890),  
Le Testament d’un antisémite (1891), Le Secret de Fourmies (1892).

En 1890, Drumont fonde la Ligue nationale antisémitique de France.
Drumont critique le cosmopolitisme de la race juive, ce qui s’oppose pour lui
au nationalisme fort qu’il défend.

Pour donner plus d’ampleur à sa campagne, il lance le 20 avril 1892
La Libre Parole, avec comme sous-titre :« La France aux Français ».




Dans un article, il accuse le député Auguste Burdeau,
rapporteur de la commission parlementaire chargée de se prononcer
sur le renouvellement des avantages accordés au conseil de régence
de la Banque de France, d’avoir reçu des fonds de la part d’un des membres
du conseil de régence, le banquier Alphonse de Rothschild,
pour conclure au renouvellement des privilèges.

Très vite, il est emprisonné à la Prison de Sainte-Pélagie du 3 novembre 1892
au 3 février 1893, purgeant une peine de trois mois de prison infligée
par la cour d’assises de la Seine pour avoir diffamé le député Burdeau.

Drumont révèle depuis sa cellule un à un les noms des politiciens
et journalistes corrompus et les mécanismes de l’escroquerie du scandale de Panamá.
L’écrivain Maurice Barrès y fait référence dans son livre Leurs Figures.

Dans ses colonnes, il qualifie le système politico-financier de
« presque tout entier tenu par des mains juives ».

Les articles, écrits à cette occasion, sont ensuite réunis en un volume :
De l’or, de la boue, du sang, en 1896.



À la suite des émeutes antisémites d’Alger en 1898, l’agitateur Max Régis
convainc Drumont de se présenter dans cette ville aux élections législatives :

- élu député d’Alger en mai, l’écrivain devient à la Chambre dirigeant
du « groupe antisémite », composé de 28 députés.


Le Triomphe d’Edouard Drumont.





Voici un extrait du livre de Geneviève Dermenjian, Alger 1860-1939 ,
Le modèle ambigu du triomphe colonial, éd. Autrement,
collection Mémoires n°55, mars 1999 :

« Trois avril 1898, quatorze heures.
Le Général-Chanzy, qui fait la navette avec Marseille, entre dans le port d’Alger
et se range le long du quai où se pressent officiels et membres de délégations d’associations.
Le débarcadère est noir de monde, la foule est descendue
par la rampe de l’Amirauté et par les escaliers face au square Bresson.
Hommes et femmes ont les bras chargés de fleurs, de couronnes de palmes,
de bouquets liés par des rubans tricolores.
Lorsque Édouard Drumont se présente enfin, la foule applaudit, crie sa joie,
entonne La Marseillaise anti­juive et lance sporadiquement des :


« À bas les Juifs ! » Drumont, qui vient d’annoncer sa participation
aux élections législatives à Alger sous l’étiquette « candidat antijuif  » ,
reste un instant incrédule devant cet accueil, alors que la foule brûle des effigies
d’Alfred Dreyfus sous les bravos.

Après quelques mots de bienvenue, Drumont descend la passerelle
et s’installe dans une voiture.
Le cortège qui se forme aussitôt remonte la rampe Chasseloup-Laubat,
traverse le boulevard du Front-de-Mer, prend le boulevard de la République
jusqu’à Mustapha où un arrêt est prévu devant la mairie, puis fait route
vers le boulevard Bon-Accueil où se trouve la villa Jeanne-d’Arc qui doit l’accueillir.
Tout au long du parcours, on acclame ce leader.
« Ce fut pendant une demi-heure une acclamation ininterrompue,
rapporte le journaliste de la Revue algérienne, des hommes se brisaient la voix
à force de crier : « Vive Drumont ! »
Des femmes jetaient des bouquets et, au risque de se faire écraser,
fendaient la foule pour s’approcher de lui ; des fleurs tombaient des balcons ;
la voiture était par instants soulevée et les chevaux ne la traînaient plus.
Lui, debout dans la voiture, entre  Réjou et Louis Régis, souriait à la foule.
»
 (Revue algérienne, tome XXXV, 1er semestre 1898).

Cet accueil triomphal, Alger le réservait à celui qui s’était rendu célèbre
dans les années 1880 avec la publication de La France juive,
pamphlet qui dépassait le millier de pages et qui s’était vendu à des dizaines
de milliers d’exemplaires.
Convaincu par le jeune leader antijuif Max Régis de se présenter à Alger,
Drumont allait y remporter un véritable triomphe qui dépassa le cadre de la ville.
Les élections du 8 mai 1898 donnèrent en Algérie 4 sièges sur 6
aux « candidats antijuifs » :

- Drumont et Marchal sont élus à Alger,
Émile Morinaud à Constantine
et Firmin Faure à Oran.  
Seuls Thompson et Étienne conservaient leur siège.
Après cette victoire, les «quatre mousquetaires gris » ( 2 )
quittent Alger le 29 mai, dans l’apothéose que l’on devine, bien décidés
à en découdre à l’Assemblée nationale.

(2)
Les députés antisémites élus furent surnommés ainsi parce qu’ils portaient
un chapeau gris semblable à celui que portait le marquis de Morès,
créateur d’une des premières ligues anti­juives,qui venait de décéder.





Il s’oppose vivement à la révision du procès de Dreyfus (1897-1898),
réclame des poursuites contre Zola et l’abrogation du décret Crémieux (1899),
soutenu par les quatre députés d’Algérie.

Député d’Alger en 1898, il est exclu de la Chambre en 1901
pour avoir qualifié un député républicain « d’homme taré ».

En 1902, il lance le Comité national anti-juif, qui vise à
« substituer une République vraiment française à la République juive
que nous subissons aujourd’hui
»,
avec les députés Charles Bernard et Firmin Faure, ce qui ne l’empêche pas
d’être battu aux élections générales du 27 avril 1902, remportées
par le Bloc des gauches.

Il reprend alors son métier de journaliste et d’écrivain.
Le 22 février 1915, il prend la direction du journal Le Peuple français.

Il passe une partie de la fin sa vie dans l’Yonne, dans le village de Vallery près de sens.

Presque aveugle, Drumont meurt le 3 février 1917,
dans sa demeure de Moret sur Loing.
Ses obsèques se déroulent à Saint-Ferdinand des Ternes.


Édouard Drumont est provisoirement inhumé au cimetière parisien de Saint-Ouen.
Sa dépouille est transférée le 11 novembre 1917 dans sa sépulture définitive
au cimetière du Père-Lachaise.
Le buste qui figure sur sa tombe est inauguré le 9 juin 1937.
Ironie du sort, sa tombe se trouve dos-à-dos avec celle de l’escroc juif
Alexandre Stavisky.








En 1942, l’inscription « À l’auteur de l’immortel chef d’œuvre, La France juive »
est ajoutée.



En 2000
, un arrêté municipal du Conseil de Paris, présidé par Jean Tiberi,
profane la tombe en faisant buriner l’épitaphe, considérée comme constituant
« un trouble à l’ordre public ».



D’autre part, il existait une plaque fixée au 3 bis passage Landrieu
sur la maison où a habité Édouard Drumont.

Il y était écrit :

« Ici a vécu Édouard DRUMONT, l’immortel auteur de La France juive, qui avait,
dès 1886, prévu le mal dont la France a failli mourir.
En reconnaissance et en réparation
».



L’association française, Les amis d’Édouard Drumont, est fondée en 1963
par Maurice Bardèche en collaboration avec Xavier Vallat,
Jacques Ploncard d’Assac, Abel Manouvriez, Hubert Biucchi et Henry Coston
.
L’association regroupe des écrivains et des journalistes,
comme Emmanuel Beau de Loménie, Robert Coiplet,
P. E. Cadelhoc, Pierre Dominique, Jean-André Faucher, Georges Gaudy,
Philippe Roussel, Saint-Paulien.


Ce groupe a pour but de perpétuer la mémoire et l’œuvre d’Édouard Drumont.

Afin de rééditer ses ouvrages et, en particulier, ses analyses sur
les Protocoles des Sages de Sion,l’association fonde une
« Société des amis d’Édouard Drumont » qui se charge de ce travail éditorial.
L’association devait aussi décerner un prix annuel pour récompenser l’auteur
de la meilleure publication sur Drumont et son œuvre.

Le décès, durant les années 1990, de la plupart des membres actifs
de l’association, laisse celle-ci en sommeil aujourd’hui.




Source :  study
http://la-flamme.fr/category/non-classe/

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