18 mars 1978 : assassinat de François Duprat.

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18 mars 1978 : assassinat de François Duprat.

Message  Vlassov le Mar 18 Mar - 10:01

18 mars 1978 :
assassinat de François Duprat.


(26 octobre 1940 – 18 mars 1978)

FN – Le PenHommage à François Duprat.




Le 18 mars 1978, sur la départementale menant à Caudebec-en-Caux (Seine-Maritime),
une explosion retentit et pulvérise la voiture de François Duprat.
Il se rendait au collège où il enseignait l’histoire quand une bombe télécommandée,
placée sous le siège du conducteur, explosa.
Sa femme, Jannine, assise à ses côtés, grièvement blessée,
échappera miraculeusement à la mort mais restera lourdement handicapée.



( Jean-Marie Le Pen aux funérailles de François Duprat)

Cet attentat sera immédiatement revendiqué par deux groupes terroristes inconnus
des services de police, le « commando du souvenir habiroux »
et le « groupe habiroux révolutionnaire ».
Revendications qui furent rapidement jugées fantaisistes par les enquêteurs.
Aujourd’hui encore, la vérité sur les commanditaires de cet assassinat n’est jamais
sortie du puits et toutes sortes d’hypothèses, souvent contradictoires, ont été avancées:

- une piste proche-orientale du fait notamment de liens tissés par Duprat
avec le parti Baas syrien, une piste barbouzarde puisque le frontiste s’apprêtait à publier
un livre intitulé Argent et politique contenant des révélations fracassantes
sur le financement des partis politiques de droite.
Cet ouvrage n’est finalement jamais paru.
D’autres y ont vu la main de l’extrême gauche…



Né à Ajaccio le 26 octobre 1940, Duprat entra en politique à l’âge de 16 ans.
Secrétaire de Maurice Bardèche, ,il dirigera sa revue,
Défense de l’Occident , documentaliste de Roland Gaucher
pour son ouvrage L’Opposition en URSS 1917-1967,
il militera au mouvement Jeune Nation de Pierre Sidos,
créera une section GAS à Toulouse , ce qui lui vaudra quelques mois
d’emprisonnement , rejoindra par la suite les rangs d’Occident
puis d’Ordre nouveau avant d’adhérer au FN à sa création en 1972
où il animera la tendance national-révolutionnaire, deviendra membre
du bureau politique et même n°2 du mouvement.

Diplômé d’études supérieures en histoire, grand spécialiste des mouvements nationalistes
français et étrangers, historien anticonformiste doué d’une puissante capacité de travail,
Jean-Marie Le Pen garde le souvenir d’un Duprat « hirsute, brillant et myope ».



« Nous ne devons pas laisser à nos adversaires, marxistes et régimistes,
le monopole de la présentation historique des hommes, des faits et des idées.
Car l’Histoire est un merveilleux instrument de combat et il serait vain de nier
qu’une des raisons importantes de nos difficultés politiques réside dans l’exploitation historique
et la déformation systématique des expériences nationalistes du passé. (…)
C’est pour répondre à ce besoin (…) qu’une équipe d’intellectuels, de professeurs,
de nationalistes a créé la Revue d’Histoire du fascisme. »

François Duprat, mai 1976









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Re: 18 mars 1978 : assassinat de François Duprat.

Message  Vlassov le Mar 18 Mar - 13:45


" Les amis de François Duprat "
par Jean Castrillo .


"Voilà vingt-six ans, disparaissait notre camarade François Duprat, lâchement assassiné
alors qu’il commençait à donner au Front national une impulsion militante dynamique
et révolutionnaire qui faisait de l’ombre aux conservateurs droitiers de l’entourage
de Jean-Marie Le Pen.

Je faisais partie, à cette époque, du Comité central du FN, en compagnie
de mes camarades Pierre Bousquet et Pierre Pauty et, tout particulièrement en 1978,
j’assurais la permanence régulière de la rue de Surène, dans l’immeuble du FN
avec Alain Renaud ami personnel du couple Duprat et, à l’époque,
secrétaire-général du mouvement.

C’est dire que je me suis trouvé mêlé aux circonstances de cette tragédie puisque
quelques temps après l’attentat survenu sur une route de Normandie, j’allais à Rouen
avec mon épouse apporter un peu de réconfort à la compagne de François qui lui avait,
certes, survécu mais sortait de cet horrible drame profondément mutilée.
Je me souviens d’autant plus de toutes les péripéties qui précédèrent le drame que,
pour la première fois, je représentais le Front national, en mars 1978,
à une élection législative, avec mes camarades de l’équipe nationaliste de Militant.

Notre revue avait, depuis plusieurs mois, sa liberté d’action en dehors du Front national
dont elle avait été l’organe officiel et les camarades qui, comme moi,
se présentaient sous l’étiquette lepéniste avaient néanmoins payé leur campagne
de leurs propres deniers.
Nous étions encore au Front national mais mentalement nous étions déjà ailleurs.

Je vais donc, aujourd’hui, vous exprimer mon sentiment personnel devant cette tombe,
sentiment qui m’étreignait à l’époque au moment des funérailles.

Jean-Marie Le Pen avait été profondément affecté par ce drame, d’autant plus que,
quelques années auparavant, il avait failli sauter dans l’appartement qu’il habitait
avec sa famille, villa Poirier à Paris.

Il s’était bien conduit dès l’annonce de l’assassinat et ce fut lui-même qui prit soin
des obsèques puis de l’inhumation.
Mais il régnait alors une atmosphère trouble dans l’entourage du président
du Front national, une sorte de gêne qui m’apparut dans le comportement
de certains, comme la manifestation d’un lâche soulagement.
La disparition de François Duprat n’était pas un deuil pour tous car il faisait de l’ombre,
une ombre encombrante.

Il faut ajouter à cela qu’au dernier congrès du Front national tenu à Bagnolet,
Duprat avait tenu la vedette et il s’était établi, ce jour là, une contestation évidente
entre les nationalistes plutôt révolutionnaires et les nationaux droitiers plutôt conservateurs.

Je ne dis pas que l’assassinat de François fut l’œuvre du FN, et encore moins
celle de son chef, les auteurs de l’attentat, il ne fallait pas les chercher bien loin
dans les officines du pouvoir en place, policières et maffieuses à la fois,
autant qu’auxiliaires des cellules apatrides.

De toutes manières, François faisait de l’ombre à beaucoup de gens, y compris
à certains conseillers de Jean-Marie Le Pen qui ne pouvaient pas « encadrer Duprat »
et tenaient les nationalistes pour des gens encombrants.

Pierre Bousquet et moi-même, avions appartenu aux troupes combattantes
sur le front de l’Est face au bolchevisme ; c’était évidemment intolérable,
bien que la Serp, maison d’édition de disques appartenant à Le Pen,
gagna parfaitement sa vie en éditant maints disques « subversifs ».

A cela, j’ajouterai qu’en juin 1978, j’échappais de justesse à l’explosion
d’une bombe incendiaire sur le palier de l’immeuble de la permanence FN,
rue de Surène.
Elle ne m’était pas particulièrement adressée, mais l’on savait néanmoins
que j’étais souvent seul le matin sur les lieux.

Tout cela pour vous dire qu’aujourd’hui, vingt-six ans après les faits,
je constate tout simplement que le Front national n’a plus connu de drame
semblable dans l’entourage de son président.

Le Front national, quoiqu’on en dise ou quoiqu’on en pense, est resté depuis 1978,
un mouvement protestataire et non contestataire.
Le régime prétend que le FN est « fasciste » parce que cela l’arrange
mais il n’en croit rien.
Il le tolère car il lui sert de repoussoir. Duprat savait cela.
Duprat en a subi les conséquences.

Pour le régime ? Le Pen : oui, Duprat : non !

Voilà pourquoi nous avons perdu notre camarade et depuis lors, tout comme sœur Anne
dans sa tour, nous attendons le « grand jour » nationaliste.

C’est l’espoir qui nous fait toujours vivre.

Voilà pourquoi nous sommes une poignée à témoigner encore aujourd’hui sur cette tombe
« parce que tout se paye et que cet assassinat se paiera un jour ».

C’est une certitude, ne soyons donc pas lâches et n’oublions jamais quel est notre devoir."


Jean Castrillo,

(Intervention au cimetière Montmartre le 21 mars 2004).

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