Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

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Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Jeu 31 Jan - 19:08



Je connais ces dictateurs :M.Ward Price (1938).


- AVERTISSEMENT -
(passages soulignés par moi)

M.Ward Price,l'un des plus grands journalistes britanniques,a toujours soutenu
la thèse d'un rapprochement entre la Grande-Bretagne et les pays de dictature.
Il a réussi à gagner un libre accès auprès de M.Hitler et de M.Mussolini qui,
l'un et l'autre,ont noué avec lui des relations confiantes et amicales
.
M.Ward Price s'est trouvé ainsi,mieux que quiconque,en mesure de juger
ces "dictateurs" à la fois sur le plan humain et sur le plan politique.
On pourra aimer ou ne pas aimer son livre,mais on devra reconnaître
objectivement la pénétration de son analyse,la sûreté de ses informations
et le haut intérêt des document qu'il fournit.
La publication d'un tel livre en un tel moment,que le lecteur français soit
ou non hostile à l'idée d'un rapprochement avec les pays totalitaires,
apporte ainsi une précieuse contribution à l'histoire d'une des plus dramatiques
périodes de l'Europe d'après...,et peut-être d'avant-guerre
.

Avril 1938.

- CHAPITRE PREMIER -

------------------------
LE COTE HUMAIN DE HITLER.


A l'étranger,comme dans son propre pays,la plupart des gens ne connaisent
le chef de l'Allemagne que par ses écrits,ses discours et son aspect physique.
Il passe aux yeux du monde pour un orateur enflammé déclamant du haut
d'une tribune;pour une idole nationale saluée dans une forêt de bras tendus,
lors de colossales démonstrations de masses;pour un personnage rigide,
sculptural qui,sanglé dans son uniforme,regarde défiler d'interminables colonnes
de robustes jeunes gens chaussés de hautes bottes.
Cette façon de considérer Hitler comme un lugubre robot politique est loin
de correspondre à la réalité.
Sous les dehors violents qu'il manifeste au public,se dissimule une personnalité
humaine et charmante que seuls peuvent apprécier ses intimes.
Bien que sa vie ait été influencée dès le début par une passion pour l'Allemagne,
il reste autrichien sous beaucoup de rapports.
Sa terre natale et son éducation ont développé en lui ce sens artistique et
ces tendances contemplatives propres aux Allemands du Sud.
Il ne cherche pas à réfréner ses sentiments.
Quand il retrace l'histoire de sa jeunesse marquée par les souffrances
et les privations,quand il raconte les premières luttes soutenues par
le mouvement nazi,ses yeux s'emplissent souvent de larmes.
Son caractère est fortement empreint de tristesse et de sensibilité.
L'intensité avec laquelle il ressent chaque chose et qui se traduit d'une manière
si nette dans son activité d'homme public,le rend vulnérable aux chagrins d'ordre
intime.Lorsqu'un de ses amis lui eut dit :

"Vous avez eu tant de chance dans tout ce que vous avez entrepris",
il répliqua:
"Dans ma vie politique,j'ai toujours eu de la chance,mais dans ma vie privée,
j'ai été plus malheureux que tous ceux que j'ai connus."


Quoiqu'il ait été élevé dans la religion catholique,Hitler n'est pas un chrétien pratiquant.
Cependant,il m'a déclaré un jour avec le plus grand sérieux:

"Je crois en Dieu et je suis persuadé qu'il n'abandonnera pas soixante-sept millions
d'Allemands qui ont peiné si dur pour reprendre la place à laquelle ils avaient droit
dans le monde".


Dans ses discours électotaux,il exhorte fréquemment ses auditeurs à demander
au Seigneur d'étendre ses bénédictions sur la cause nationale.

***


La sobriété de la vie de Hitler est bien connue.
Hitler est végétarien,il ne boit que de l'eau et ne fume pas.
Ses plats préférés sont la Nudelsuppe,ou soupe trempée avec des sortes
de croquettes;les épinards,les pommes cuites ou crues;les Russiche Eier,
ou oeufs durs à la mayonnaise.
A l'heure du goûter,malgré son désir de ne pas engraisser,il adore manger
des éclars au chocolat.Il ne prend ni thé ni café et ne boit que de l'eau minérale
et des infusions de camomille et de tilleul.



"Hitler était un grand chef,comme on n'en trouve peu.
Ses connaissances,son intelligence,sa rhétorique et sa volonté,
le faisaient finalement triompher dans toutes les discussions".

(Alfred Jodl à Nuremberg,le 3 juin 1946)

Parfois,à la fin d'une rude journée de labeur ou bien lorsqu'il craint de s'être
enrhumé,il avale un peu de cognac dans du lait,mais il a horreur de cela.
Il trouve l'odeur du tabac si désagréable que personne n'a le droit de fumer
en sa présence,même après le dîner,ce qui,pour les Allemands,constitue
une sérieuse privation.
Lorsqu'il est à Berchtesgaden,il fait de la marche et c'est là son seul exercice;
néanmoins il respire la santé,sa peau a une couleur fraîche et ses yeux bleu pâle
ont toujours de l'éclat.A Berlin il ne quitte jamais sa résidence qu'en auto.
En dépit de ces habitudes sédentaires,il témoigne d'une grande résistance
à la fatigue.
A Nüremberg,lors de la revue annuelle des troupes d'assaut,je l'ai vu rester debout
cinq heures d'affilés dans sa voiture,le bras presque tout le temps raidi dans un salut.
Pendant les instants dramatiques qui marquèrent la réoccupation de la Rhénanie,
il travailla deux jours et deux nuits sans désemparer.
Le troisième soir,il invita à dîner Frau Goebbels et quelques autres amis.
Ses hôtes assistèrent à une représentation cinématographique jusqu'à
deux heures du matin et lorsque Frau Goebbels suggéra que le Chandelier
devait prendre un peu de repos,il dit:

"Si vous me quitter maintenant,je lirai,jusqu'à quatre heures,
j'espère donc que vous allez rester".

En général,il se couche vers cette heure-là,car c'est surtout entre minuit
et quatre heures du matin qu'il étudie les documents d'Etats.
Il n'y a qu'à Berchtesgaden qu'il puisse dormir sans avoir recours à un somnifère
pris sous forme de capsules après son repas du soir,en même temps
qu'un médicament digestif.




Chaque fois qu'il en a la possibilité,il reste au lit jusqu'à midi.
Dans l'ensemble,il jouit d'une bonne santé.
L'opération que le docteur Sauerbruch paratiqua sur lui au printemps de 1935
avait seulement pour but l'ablation d'un inoffensif "polype" des cordes vocales
que l'on rencontre souvent chez des gens obligés de forcer leur voix dans
les réunions publiques.

Hitler est toujours tiré à quatre épingles.
Ses épais cheveux bruns sont brossés avec soin et ses joues fraîches
rasées de près.Chez lui,point de calvitie naissante et pas un cheveu gris.
Il a des dents solides.Ses mains blanches,aux doigts spatulés,
sont régulièrement confiées à une manucure.Son éminence thénar est fort
développée,ce que les chiromanciens interprètent comme un signe de volonté.
Les lobes de ses oreilles sont larges,indiquant,à en croire les physiognomonistes,
une grande vitalité.



Son aspect a peu changé durant les quinze années de sa vie publique.
Son visage est devenu plus plein,sa silhouette plus étoffée.
Ses cheveux,autrefois séparés en deux par une raie,ont été ramenés
en une mèche plate qui se rabat sur la tempe gauche.
En Allemagne,Hitler a au moins un sosie.Tout en le regardant paser en revue
les troupes d'assaut à Nüremberg au mois de septembre 1936,je découvris,
parmi les invalides de guerre,assis dans leurs petites voitures,un homme
qui lui ressemblait à tel point que s'ils n'avaient pas été là tous les deux
au même moment,j'aurais cru impossible une ressemblance naturelle aussi frappante.
Cet ancien combattant inconnu avait certainement augmenté à dessein la ressemblance
en se coiffant comme le Führer et en coupant sa moustache raide exactement
de la même manière que lui.
Pourtant,seule la nature avait pu lui donner cette même coupe de visage,
en même angle facial,enfin ce même regard assez enjoué qui caractérise Hitler,
comme si son esprit s'amusait à suivre quelque pensée divertissante.
L'uniforme de drap kaki du parti nazi,que porte habituellement le Chancelier,
a toujours l'air neuf,et ses chemises,la plupart du temps en soie blanche,
sont fort bien coupées.
Hitler raconte souvent qu'à Vienne,lorsqu'il était un jeune homme sans le sou,
il s'était promis de s'offrir deux luxes si jamais il devenait riche:

- le luxe d'avoir une chemise dans chacune des pièces de sa maison,
ce qui est rare en Allemagne,

- et le luxe de changer de chemise deux fois par jour.

La manche de sa tunique s'orne d'un brassard rouge marqué de la Swastika symbolique.
Sur sa poitrine s'étalent la Croix de Fer de Première Classe et l'Insigne de Bronze
des Blessés.A sa cravate kaki est épinglé l'emblème nazi.
Lorsqu'il sort,il porte un ceinturon et une casquette militaire,achetés l'un et l'autre
aux magasins du Parti.
Pour les revues et les autres cérémonies officielles,il troque le pantalon noir qui,
chez lui,accompagne sa tunique kaki,contre une culotte brune et des bottes
de cheval lacées sur le devant et retenues par derrière par une boucle si mal ajustée
que ses bottes ne donnent pas l'impression d'avoir été faites sur mesure.
Lorsque je l'ai vu en civil dans son appartement de Munich ou chez Herr von Ribbentrop,
le Chancelier portait toujours un veston croisé bleu foncé,une chemise blanche
et un col mou.
Herr Hitler a lu énormément.Ses intimes prétendent qu'il connaît les oeuvres
de tous les principaux philosophes allemands et qu'il a étudié à fond l'Histoire,
la géographie,les conditions sociales et économiques des grands pays d'Europe.
Cependant,l'époque des études sérieuses est finie pour lui et il se délasse
des responsabilités du pouvoir en lisant des récits d'aventure.
Karl May,écrivain du genre de G.A.Henty,dans les livres tels que A travers le désert,
sont fort en faveur auprès des jeunes Allemands,est un de ses auteurs préférés.
Dans les ouvrages consacrés aux voyages,les cartes et les plans retiennent surtout
son attention.Il déclara que s'il allait à Londres ou à Paris,il serait en mesure
de retrouver immédiatement son chemin et il affirme qu'il n'y a guère de monuments
célèbres dans le monde qu'il ne saurait dessiner de mémoire.
En dehors de l'Allemagne et de l'Autriche,les seules villes qu'il ait jamais visitées
sont Bruxelles où il s'est rendu en permission pendant la guerre et Venise où
il a rencontré Mussolini en 1934.




"Je connais Adolf Hitler et je sais que personne au monde ne se sent
plus responsable envers son peuple que lui.
Il répond de ses actes devant sa conscience,son Dieu,son peuple et l'Histoire,
qui sont ses derniers juges.
Il ne peut pas cacher sa responsabilité derrière les décisions irresponsables
de la majorité d'un Parlement "

(Rudolf Hess,discours à Stockholm)


..../....


Dernière édition par Jo la fouine le Ven 15 Fév - 12:37, édité 1 fois

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Re: Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Jeu 31 Jan - 19:09


Bien qu'il ne joue d'aucun instrument,Hitler est passionné de musique.
Il ne manque aucune occasion d'entendre Wagner ou du Beethoven.
Il aime l'opéra par-dessus tout.La représentation officielle des Maîtres Chanteurs,
à laquelle participent les meilleurs artistes allemands,figure invariablement
au programme du Congrès du Parti à Nüremberg.
Hitler se vante d'avoir entendu cet opéra une centaine de fois.
"Je crois que je suis l'une des personnes les plus musiciennes du monde"
,
dit-il avec un sourire malicieux.
Il aime beaucoup le théâtre et le music-hall mais il est rare qu'il y aille.
Les question artistiques l'attirent également beaucoup et il a des connaissances
assez étendues sur la peinture.
Récemment,il s'est rendu acquéreur d'un Cranaech et de deux Breughel
pour son appartement de Munich.
Toutefois,le domaine auquel il porte le plus d'intérêt pratique est celui
de l'architecture.
Le titre en moins,c'est lui l'architecte en chef de l'Etat allemand.
On ne peut construire aucun bâtiment public sans en avoir soumis le projet
et les devis au Chancelier qui les examine avec la plus scrupuleuse attention.
Dans l'une des pièces de la Chancellerie de Berlin se trouve une table à dessiner,
toujours encombrée de plans et à laquelle le Führer se tient pendant des heures
traçant des esquisses originales ou modifiant des épures.
Les caractéristiques architecturales du réseau d'autostrades dont il a ordonné
la création sont entièrement son oeuvre.



La reconstruction de la résidence officielle du Chancelier à Berlin,les travaux
d'agrandrissement de la demeure alpeste du Führer en bordure de la frontière
autrichienne et d'édification d'un vaste et somptueux nouveau quartier général
pour le Parti sur la Königsplatz à Munich,furent menés d'après les directives
de Hitler ainsi que la décoration intérieure de ces derniers bâtiments.
Son goût est essentiellement d'inspiration moderne avec une prédilection
pour la simplicité,la symétrie et l'espace.
Son but est de doter de monuments qui symboliseront son régime la ville
de Nüremberg où se tient le Congrès annuel du Parti et celle de Munich
où ce même Parti vit le jour et possède un quartier général.
Les stades gigantesques de Nüremberg où,au mois de septembre,
les différentes organisations nazies paradent devant lui,vont être remplacés
par d'autres encore plus vastes.
Toujours à Nüremberg,Hitler est en train de faire construire un nouveau
Palais du Congrès où pourront se tenit quatre-vingt-dix mille personnes
et qui sera le plus grand bâtiment moderne du monde.
Sa façade,de près de trois cents mètres de long,sera constituée par une colonnade
de robustes piliers en granit.
Bien qu'on y travaille depuis deux ans,on en est seulement aux fondations.
L'édifice ne sera terminé qu'en 1943.
S'il correspond aux intentions de Hitler,il durera aussi longtemps que le Parhénon
ou le Colisée.
"Dans des milliers d'années,déclare le Führer,"
les gens s'extasieront devant lui et diront": "Quelle grande race ces Allemands ! "

Le professeur Speer, cet architecte de trente ans,qui a mis au point les détails
techniques de ces créations monumentales en s'inspirant des projets du Chancelier,
se tient perpétuellement à la disposition de celui-ci.
Au beau milieu d'un festival Wagner à Bayreuth,Herr Hitler se tourna soudain
vers lui et s'exclama: "Il nous faut un nouvel opéra-comique à Munich !
Je lui ai déjà trouvé un excellent emplacement".

Et,prenant un bloc-notes,il se mit sur-le-champ à dessiner le plan et l'élévation
du futur monument.Pendant que l'on construisait la Maison de l'Art allemand
à Munich il se rendait chaque jour sur le chantier quand il se trouvait dans cette ville.

Si c'était possible,il aimerait créer de toutes pièces une nouvelle capitale
pour l'Allemagne,parce que:

1 ) le climat de Berlin est tellement sec qu'à la longue,il a tendance à ébranler
les nerfs de la population;

2) Berlin étant un centre d'affaires,on y reçoit de sources commerciales,
des nouvelles alarmantes qui se répandent aussitôt dans les ministères;

3) le Führer préférerait pour sa part une capitale politique et diplomatique
plus tranquille et plus isolée,qui remplisse pour son pays les conditions remplies
par Washington pour les Etats-Unis.
Le cinéma est l'une des distractions favorites de Hitler.
Il voit tous les films que l'on donne ou que l'on tourne en Allemagne.

Il lui arrive souvent,après le dîner,de suivre deux grands films projetés
dans un salon de la Chancellerie.Parmi les films qu'il préfère figure
les "Aventures d'un lancier du Bengale" et je lui si entendu dire
qu'il avait vu cette production trois soirs de suite.
Le Chancelier est un sepectateur si assidu des films parlants anglais et américains
que presque à son insu il commence à acquérir des notions d'anglais.
Beaucoup de gens considèrent l'amour des enfants et des chiens comme l'indice
d'un bon coeur.Cet amour est l'un des traits dominants du caractère de Hitler.
Il a plusieurs bergers alsaciens à Berchtesgaden et il a été très affligé par la mort
d'un de ses chiens préférés,empoisonné,suppose-t-on,par les communistes.


(Hitler avec sa chienne Blondi)

Le Chancelier adore jouer avec la petite Helga Goebbels,une enfant de six ans
aux cheveux dorés dont la mère,Frau Magda Goebbels,femme remarquablement
intelligente qui a transmis sa beauté blonde à sa fille,est sa meilleure amie
allemande du sexe faible.


( Helga Goebbels)

Lorsqu'elle était très jeune,Frau Goebbels avait épousé un riche industriel rhénan,
Herr Quandt,qui avait déjà plusieurs enfants.
Le mariage ne fut pas heureux et,peu de temps après la naissance de son fils
Harold en 1921,Frau Goebbels divorça.Puis elle alla faire un assez long séjour
aux Etats-Unis où elle apprit à parler couramment l'anglais.
En 1930,elle revint en Allemagne et s'incrivit dans une organisation nazie à Berlin.
Ce fut là qu'elle rencontra et épousa le docteur Goebbels,chef du Parti dans la capitale.


( Frau Magda Goebbels)


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Re: Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Jeu 31 Jan - 19:09

Les amis intimes de Hitler prétendent qu'il est un mime excellent et aime
à raconter des anectodes auxquelles sa façon d'imiter les personnages
sur la sellette ajoute beaucoup de piment.
Après un concert donné à la suite d'un dîner officiel,je l'ai vu se glisser
au milieu d'un groupe d'exécutants et raconter des histoires avec tellement
d'entrain que ses auditeurs ne cessaient de s'esclaffer.
Le Chancelier est également fort attiré par les questions mécaniques.
Sans aucune expérience pratique,il prend néanmoins un vif intérêt à tout
ce qui touche aux automobiles et aux canots à moteur.



Il est au courant des derniers perfectionnements du moteur à combustion
interne et il est prompt à s'assimiler les caractéristiques d'un nouveau modèle.
Herr Werlin,l'un des directeurs de la Société Daimler-Benz,et l'un de ses amis
intimes,m'a confié qu'au cours d'une discussion relative à l'ouverture
d'un salon de l'automobile,Hitler lui avait décrit avec une précision d'expert,
un moteur d'un type spécial qu'il avait vu à Vienne,au moins vinq-cinq ans auparavant
.
Lorsque s'ouvre le Salon de l'Automobile à Berlin,il consacre environ deux heures
par jour à examiner en détail chacune des voitures exposées.
Il affirme avoir couvert près d'un million de kilomètres en auto.
"Je suis reconnaissant à l'automobile car elle a mis toute l'Allemagne
à portée de main".
,se plaît souvent à déclarer le Führer.


(Hitler recevant un cabriolet des mains du Docteur Porsche)

Toutefois,il n'a aucun désir de conduire lui-même une auto.
"Ce n'est pas mon métier" dit-il.
L'ardeur qu'apporte Mussolini à piloter des avions,des voitures de courses,
des motos et des canots à moteur échappe complètement à Hitler dont le tempérament
est moins débordant.
Il ne partage pas du tout l'amour de son collègue italien pour la vitesse.
Son train spécial ne doit pas dépasser le soixante à l'heure,ce qui d'ailleurs provient
surtout du fait qu'il dort très mal en chemin de fer,malgré le confort de son wagon
particulier pourvu d'une salle de bains en marbre dont le porte s'ouvre sur
sa chambre à coucher.
Hitler a une mémoire fantastique.Il se rappelle tous les livres qu'il a lus,
l'intrigue de toutes les pièces ou de tous les films auxquels il a assisté.
Les gens de son entourage savent que sa mémoire enregistre automatiquement
tout ce qu'ils disent et que leurs propres déclarations se retournerons contre eux
si plus tard il leur arrive de se contredire
.
Il est trop individualiste pour ménager ceux qui travaillent sous ses ordres:

"Il estime que ça ne vaut rien d'aider les gens à se sortir d'une difficulté"
,
a dit l'un de ses proches collaborateurs"
.

"Ce n'est que lorsque l'un de ses subordonnés est sur le point de succomber
sous le poids du travail ou des responsabilités qu'il vient à son secours.
Et encore se borne-t-il à soutenir la tête de l'homme hors de l'eau afin
qu'il puisse se tirer d'affaires par ses propres moyens"
.


Aussi inexorable que Hitler ait pu se montrer en certaines occasions,
il n'est pas d'un caractère rancunier.
"De combien d'anciens ennemis vous êtes-vous vengé lorsque vous êtes
arrivé au pouvoir ? "


"D'aucun
,répont-il. Il y avait bien des gens
avec lesquels j'avais de vieux comptes à règler,mais lorsque je suis devenu
chancelier,tout cela m'a paru dérisoire.
Lorsque j'étais en prison à Landsberg,un des gardiens était très désagréable avec moi.
Il me traitai de "Dörfler" (lourdeau de village).Je reconnais qu'il a dû avoir
quelques serrements de coeur lorsque je suis devenu le chef du gouvernement,
mais c'eût été ridicule de lui faire quoi que ce soit".


Dès que le Chancelier est ému,sa générosité est prompte à s'exercer.
Au cours de l'été de 1936,il parcourait la Haute-Bavière en auto et s'était arrêté
au bord de la route pour admirer un paysage de montagne.
Une jolie paysanne d'environ dix-sept ans essaya de s'approcher de lui,
mais comme les gardes l'en empêchaient,elle fondit en larmes.
Hitler vit sa détresse et lui demanda ce qu'il lui arrivait.
Elle lui raconta qu'on avait expulsé son fiancé d'Autriche à cause de son attachement
aux doctrines nazies et qu'elle ne pouvait pas l'épouser parce qu'il n'avait pas
de travail.
Hitler promit de s'occuper des deux jeunes gens et il procura non seulement
une situation au garçon,mais il alla plus loin et installa le couple à Munich
dans un appartement où rien ne manquait,pas même un lit d'enfant
,
ajoute-t-il volontiers avec un sourire.
Le Chancelier obtint d'ailleurs sa récompense car,lorsqu'après son mariage
la jeune femme vint le remercier,elle se jeta à son cou et l'embrassa.



"...à la longue,les systèmes de gouvernement ne s'appuient pas sur la contrainte
et la violence,mais sur la foi en leur mérite,sur la sincérité dans la représentation
des intérêts d'un peuple et l'aide donnée à leur développement."

(A.Hitler,Mein Kampf,p.281)

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Re: Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Jeu 31 Jan - 19:09



Bien qu'il soit sujet à de violents accès de colère,il est plein d'égards
pour ses subordonnés et ses domestiques;cependant,sa personnalité
et son prestige sont si forte que,sans qu'il y soit pour rien,son entourage,
surtout à Berlin,manifeste pour lui une crainte mêlée d'admiration.
Il n'y a pas à s'y méprendre,c'est bien une atmosphère de cour qui règne
à sa résidence officielle,quoiqu'on observe une étiquette aussi simple
que possible en un lieu où se tient le chef d'un gouvernement.

L'Etat-Major particulier du Chancelier se compose de trois assistants qui travaillent
d'arrache-pied jusqu'à une heure avancée de la nuit.
Le plus connu d'entre eux est l'Obergruppenführer Wilhelm Brückner qui collabore
avec Hitler depuis les premiers temps de Munich et partagea sa captivité à Landsberg.
Brückner est un homme au visage jovial.Il mesure à peu près 1,95 m et est taillé
en proportion.
Lorsqu'on aperçoit sa silhouette imposante,son visage rougeaud,ses yeux pétillants
et sympathiques on peut être sûr que Hitler n'est pas loin.
On raconte volontiers en Allemagne que Brückner et deux ou trois autres collaboraturs
immédiats de Hitler ont conclu une sorte de "Pacte de Mort",jurant de ne pas survive
à leur chef s'il rencontrait une fin tragique.



Herr Schaub est l'un des autres assistants.C'est un personnage au visage pâle et grave.
Il porte oujours l'uniforme noir des S.S. tandis que Brückner porte en général
l'uniforme kaki des troupes d'assauts.
Herr Schaub est un Bavarois de souche paysanne.Son premier contact avec Hitler
fut entouré de circonstances romanesques.
Employé subalterne des postes,il s'affilia aux Chemises Brunes dès le début.
Avant le putsch de Munich de 1923,Hitler remarqua dans les rans de ses partisans
un certain homme qui défilait toujours en boîtant.
Lorsque le Chancelier fut emprisonné à Landsberg,cet inconnu,dont la claudication
provenait d'une blessure de guerre,vint lui demander un jour de le prendre
comme secrétaire non rétribué.
Hitler ne se trompa pas sur l'ardent dévouement que trahissait le visage
de Herr Schaub et,depuis cette époque,celui-ci partagea la fortune de son chef,
d'abord dans les mauvais moments,puis maintenant dans les bons.



Le capitaine Wiedemann est le troisième assistant.C'est un bel homme brun.
Sa carrière est encore plus extraordinaire car,durant la dernière partie de la guerre,
il commandala compagnie de Hitler au 16è régiment d'infanterie bavaroise.
Ce fut aux premiers temps du Parti que le capitaine Wiedemann se rendit
compte soudain que le prophète du redressement national,
dont on commençait à parler en Bavière,n'était autre que son ancien caporal
et agent de liaison.
Il alla le voir et mit ses services et ses capacités à sa disposition,si bien qu'aujourd'hui
il est l'un des trois hommes qui touchent de plus près son ancien subordonné.
Trois valets de chambre,tous trois jeunes hommes appartenant à la Leibestandarte,
ou Garde Personnelle,et portant l'uniforme noir de leur corps,accompagnenr partout
Hitler.
Ces hommes et les chauffeurs du Chancelier entretiennent des relations
démocratiques
et presque amicales avec leur maître.
Voyageant dans le train spécial de Hitler,je les ai vus,au wagon-restaurant,
dîner à une table voisine de celle où le Chancelier avait pris place en compagnie
du Maréchal von Blomberg,du Général von Fritsch et de l'Amiral von Reader,
commandant en chef des forces navales.
Hitler est protégé par un petit groupe de détectives sous les ordres
du capitaine Rattenhüber,militaire au teint bronzé qui,à l'exemple de ses hommes,
porte toujours l'uniforme des SS.
Que le Chancelier,à Munich,dîne dans un restaurant,ce qu'il adore,ou qu'à Berlin,
il traverse le salon de thé de l'hôtel Kaiserhof,ces gardes le précèdent de quelques
minutes et,après un coup d'oeil autour d'eux,s'installent à une table proche de celle
qu'il occupera.
Pourtant,Hitler n'a aucune crainte de l'assassinat car il estime que sa destinée
le protège.

"J'ai toujours pensé que je serais un grand homme,même dans mes jours
les plus pénibles
"
,dit, "et j'ai la conviction que je vivrai
assez longtemps pour accomplir ma tâche".


Les récits du passage en trombe de son auto fermée dans les rues entre deux rangs
de SS,sont purement imaginaires.
Nul chef d'Etat ne se montre plus volontiers à la foule.
On le voit souvent debout auprès du chauffeur,dans une voiture découverte
qui roule au pas.
En septembre,au Congrès du Parti,il occupe la même tribune que des milliers
de spectateurs parmi lesquels se trouvent de nombreux étrangers invités
par le gouvernement.
Je l'ai vu arriver sans qu'on l'attendit à la représentation de la Passion d'Oberammergau
et se mêler à une foule de gens de toutes nationalités.



A Munich il lui faut souvent se frayer un chemin jusqu'à sa voture au milieu
d'une cohue d'admirateurs délirants.
Moins de six semaines après la "Purge" du 30 juin 1934,il n'hésita pas à assister
le 6 août,avec tous les membres du gouvernement aux funérailles du Président Hindenburg
.
Le mémorial de Tannenberg,avec ses sept tours dressées vers le ciel,
était noir de monde et le Chancelier se tenait au centre,si exposé que la police secrète
était rongée d'inquiètude.

Bien que Hitler porte toujours sur lui un révolver,ainsi que me l'ont dit ceux
qui ont sa confiance,il a les nerfs solides.
Un jour qu'il recevait quelques jeunes femmes,l'une d'elles,par malice,
laissa tomber un Knallerbse sur le sol.
Un Knallerbse est une sorte de bombe en carton que l'on vend à Munich
au moment du carnaval.L'engin d'un mélange de calcium et de soufre éclate
au moindre choc avec un boum ! qui ferait sauter en l'air presque tout le monde,
sans parler d'un dictateur.
Hitler,lui,ne manifesta aucun effroi et se contenta de rire.

A Berlin,sa résidence officielle,reliée par un passage à la Chancelier située
dans la Wilhmstrasse est "administrée" par Herr Kannenberg,
un ancien propriétaire de restaurant qui connaît Hitler depuis fort longtemps
et lui sert désormais de majordome.
Herr Kannenberg est musicien et joue fort bien de l'accordéon.
Il possède tout un répertoire de chansons allemandes et anglaises dont il régale
le Chancelier et ses invités.
Il a beau être petit,sa corpulence est majestueuse et,lorsqu'il se tient derrière
la chaise de son maître,pendant un dîner intime,l'une des plaisenteries favorites
de Hitler consiste à lancer par-dessus son épaule:

"Kannenberg,dis-nous combien de mentons tu as réellement."



(la maison Prinzregentenplatz 16)

L'appartement que Hitler occupe au n°16 de la Prinzregentenplaz à Munich
est tenu par un couple,Herr Winter et son épouse.
L'installation de cet appartement sans prétention indique que sa haute situation
n'a pas altéré les goûts simples de Hitler
.
C'est exactement le genre d'intérieur que pourrait avoir un homme d'affaires
gagnant 1500 livres sterling par an.
La maison est située dans un faubourg de la ville et se dresse au coin d'un jardin.
A côté de l'entrée se trouve un petit restaurant.
Les voisins de Hitler sont des gens dans lesquels la police secrète a la plus entière
confiance.Ils bénéficient des mesures de protection dont on entoure la personne
du Chancelier.
Au rez-de-chaussée est installée une salle de garde où un certain nombre
de détectives sont toujours de faction.
Deux d'entre eux font les cent pas devant l'immeuble et c'est un SS en uniforme
qui ouvre la porte donnant sur la rue.
Un large escalier de bois conduit au second étage.
Rien sur la porte de l'appartement n'indique que là se trouve la résidence privée
de l'homme le plus en vue d'Allemagne.
Le vestibule de forme triangulaire est garni,sur un côté,d'étagères remplies
de livres au-dessus desquelles est suspendu un portrait de Frédéric le Grand.
La pièce principale,longue et étroite,comporte un angle rentrant analogue
à celui du vestibule.De nombreux tableaux ornent les murs.
Outre un Cranach du XVè siècle et l'original du célèbre portrait de Bismarck
par Lenbasch,on y voit plusieurs de ces toiles populaires,peintes par José Frappa,
artiste français de la fin du siècle dernier,et qui représentent des cardinaux
en robes écarlates dînant au milieu d'un cadre somptueux
.*
La pièce contient bon nombre de meubles,tous modernes,en érable de couleur claire.
A l'une des extrémités est aménagée une sorte d'alcôve,que les Allemands
appellent erker,séparée du reste du salon par une cloison basse et renfermant
une table ronde au dessus de marbre "verde antico".
C'est à cette table que Hitler reçoit ses invités.



"Je ne le connaissais (Hitler) qu'en tant que responsable des droits vitaux
du peuple allemand et je voyais en lui la bonté envers les travailleurs,
les femmes et les enfants et celui qui comblait les intérêts vitaux de l'Allemagne.
Je n'ai pas pu reconnaître le Hitler de ce procès."

(Fritz Sauckel au procès de Nuremberg,23 août 1946)


* La rumeur depuis 1945, prétend qu'Hitler voulait éradiquer l'Eglise,
pourquoi orner son appartement privé d'un tableau avec des cardinaux ?


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Re: Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Jeu 31 Jan - 19:10



"Au Berg",comme le Chancelier et ses amis ont coutume d'appeler sa demeure
de Berchtesgaden,la plus âgée des demi-soeurs de Hitler,Frau Raubal,
avec laquelle il avait vécu à Munich,aux premiers temps du Parti,
et qui avait perdu son mari,était primitivement chargée de présider
aux arrangements domestiques.
Frau Raubal est une imposante femme de quarante-cinq ans,
bâtie en force et qui ne ressemble nullement au Führer.
Il y a deux ans,elle s'est remariée et s'en est allé habiter Dresde avec son nouvel
époux,un professeur de l'Université,sensiblement du même âge qu'elle.
Son frère n'a pas assisté à son mariage.
Ses amis prétendent qu'il désapprouve le mariage entre les personnes d'un certain âge.
Le Berg" ou Haus Wachenfeld,ainsi que la maison s'appelait auparavant,
a été récemment transformé et rendue méconnaisable.
Lorsque Hitler l'acheta en 1923,c'était un chalet d'été tout blanc,tel qu'on en découvre
en Haute-Bavière,avec un toit en saillie et des balcons de bois sculptés.
La villa a pris maintenant les proportions d'un palais et comporte des salles
de réception de style moderne qui rappellent beaucoup celles conçues par Hitler
pour la Chancellerie de Berlin.
Le hall d'entrée est remarquable par son immense fenêtre unique qui,
occupant tout un pan de mur,offre au visiteur extasié un panorama sublime
sur toute la chaîne des Alpes bavaroises.



En faisant reconstruire sa demeure,Hitler a pris soin de garder intacte l'ancienne
Haus Wachenfeld tout en l'englobant dans les agrandissements car,a-t-il dit,
les nombreuses conférences qui s'y tinrent et les décisions qui y furent prises
lui confèrent une valeur historique.


(Hitler avec sa chienne Blondi accompagné d'Eva Braun et son chien Stasi)

Au milieu des montagnes de la frontière allemande,Hitler retrouve la paix de l'esprit.
Le cadre étouffant de la Chancellerie de Berlin,où les gens défilent constamment
pour l'entretenir d'affaires officielles,lui devient parfois intolérable.
Sans crier gare,il commande son avion et vole jusqu'à Munich ou à quelque autre
aérodrome proche de Berchtesgaden d'où il part en auto pour le "Berg".



Comme il lui prend de plus en plus souvent fantaisie de secouer la routine officielle,
Berchtesgaden tend à devenir une seconde capitale diplomatique.
Des ambassadeurs y sont allés présenter leurs lettres de créance et les ministres
ont l'habitude d'être convoqués au "Berg" en conférence.
Un détachement de "Gardes du Corps" de Hitler est cantonné non loin de là et,
dans les alentours des précautions considérables ont été prises pour assurer
la défense de la demeure.
A Berchtesgaden ,le Führer mène une vie simple.Il revêt en général le costume
des paysans bavarois ou bien il s'habille en civil.
De la maison,qui est construite sur un éperon à flanc de montagne,une allée
carrossable descend en ligne droite à la route où un poste de gardes SS
est toujours en faction.



C'est là que,pendant les vacances surtout,se réunit chaque jour une foule d'Allemands
qui espèrent voir leur chef.Hitler adore descendre l'allée à pied pour les saluer.
Il s'intéresse spécialement aux enfants,signe les portraits que les bambins
lui tendent et parfois les invite à monter prendre de la limonade ou des gâteaux.
Il n'en veut pas non plus à la jeunesse de le déranger lorsqu'il est en train de dîner
dans un de ses petits restaurants préférés de Munich.
Au contraire, il permet à des groupes des "Jeunesses Hitlériennes"
ou de la "Ligue des Jeunes Filles Allemandes" de s'approcher de lui.
En général,il va jusqu'à les inviter à sa table,distribue des poignées de mains
et commande pour tout le monde des glaces et des chocolats.



Son appartement de Munich et sa villa de  Berchtesgaden lui appartiennent
en propre et c'est lui qui assume les dépenses relatives à leur entretien.
Sa résidence officielle de Berlin,son état-major particulier et ses autos sont à la charge
du gouvernement allemand.
La vente de son autobiographie,Mein Kampf,le manuel politique de l'Allemagne,
lui a rapporté jusqu'à 50 000 livres sterling en une seule année.

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Re: Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Jeu 31 Jan - 19:10

Bien que Hitler n'aime pas la solitude et adore la compagnie de ses amis intimes,
il n'apprécie guère les réceptions officielles.
Pendant les deux premières années de son régime,il lui fut possible
de s'y soustraire sous prétexte que l'on reconstruisait sa résidence de Berlin.



Mais,vers la fin de 1934,celle-ci fut achevée,et je me suis trouvé parmi les quatre
invités étrangers qui assistèrent au dîner offert par le Chancelier,le 19 décembre 1934.
Les autres invités étaient le vicomte Rothermere,son fils,M.Esmond Harmsworth,
et un membre très connu de l'association anglo-allemande,M.E.W.D.Tennant.
Le reste des convives,deux douzaines en tout,étaient soit des membres
du gouvernement avec leurs femmes,soit des chanteurs d'opéra allemands
qui devaient participer au concert après le repas.
Le baron et la baronne von Neurah,le docteur et Frau Goebbels,Herr et
Frau von Ribbentrop étaient présents.Le général Göring était accompagné
de sa blonde fiancée,Frau Emmy Sommermann,qu'il a épousé depuis.
Herr Hitler était en habit,quoiqu'un certain nombre de ses invités allemands
eussent endossé l'uniforme du Parti.

Après avoir bavardé quelques instants dans une première pièce avec ses hôtes,
le Chancelier les fit passer dans la salle à manger où se dressait une table ovale
en bois pâle décorée de bégonias traînants.





Le Chancelier prit place au centre de la table avec Frau von Ribbentrop à sa droite
et Frau Müller,l'une des chanteuses,à sa gauche.
En face de lui s'assit la baronne von Neurah,à côté de laquelle je me trouvais.
Les valets de pied qui servaient portaient une veste brune et courte et un pantalon noir.
La vaisselle,les cristaux et l'argenterie étaient de style moderne.
Le menu,lui aussi,était d'une simplicité toute moderne.
Il se composa d'une tasse de potage blanc et épais,de poisson,de poulet rôti
accompagné de légumes,d'une glace et de vins allemands rouges et blancs.



"Cette date-ci marque un anniversaire dans ma carrière"
,
annonça le Chancelier,tandis que nous ous asseyions.

"Il y a dix ans aujourd'hui que j'ai quitté la prison de Landsberg".

Peu nombreux sont les hommes d'Etat qui font allusion en public à leurs revers passés.
Avec la simplicité du génie,Hitler a fait du malheureux putsch de novembre 1923,
le plus bel anniversaire du mouvement nazi.


Au lieu de le passer sous silence comme un échec,
on le célèbre comme un glorieux martyre.
Pendant la première partie du dîner,le Chancelier continu d'évoquer des souvenirs
de Landsberg."Lorsqu'on m'a relâché,au bout de treize mois"
dit-il,"pratiquement tout le personnel de la prison,y compris
le directeur,avait été converti au mouvement nazi.Le gouvernement bavarois
était furieux et envoya la plupart des gardiens suivre les cours de l'école
de la police pour les punir.A peine y avaient-ils passé six mois que l'école était
devenue un centre de recrutement nazi et qu'on dut la fermer.
Ca,c'était du beau travail,car,dans toute la Bavière,se répandit un contingent
d'agents de police qui firent de la propagande pour nos principes".


Le dîner terminé,Hitler se leva et dit:

"Ceux qui ne veulent pas fumer veulent-ils me suivre dans la pièce de droite,
les autres veulent-ils passer dans celle de gauche ?"


Lord Rothermere,qui lui non plus ne fume pas,accompagna le Chancelier ainsi
que Herr von Ribbentrop et quelques dames.
Pour ma part,je suivis les fumeurs et ne tardai pas à engager la conversation
avec le général Göring,qui portait l'uniforme bleu à parements blancs
de l'aéronautique et le sabre à poignée croisée qu'il avait spécialement conçu
pour cette arme.
Tandis que nous causions,quelqu'un me heurta le coude et ma tasse à café tomba
par terre.Un valet de pied la ramassa et,autant qu'il m'en souvienne,l'incident passa
inaperçu.Néanmoins,par la suite,il servit de point de départ à une histoire sensationnelle
sur Hitler qui fit couler beaucoup d'encre en Amérique.
Cela provint du fait que le lendemain,au bar de l'hôtel Adlon,on me demanda
des renseignements sur le dîner de la Chancellerie,le premier qu'on y eût donné,
et qu'au cours de la conversation je mentionnai incidemment la chute de la tasse à café.
La facilité avec laquelle les événements les plus ordinaires sont romancés lorsqu'il
s'agit de personnages aussi en vedette que Hitler,ressort nettement du développement
que l'on donna à l'évocation d'un souvenir insignifiant.
On raconta que le Chancelier recevait à déjeuner un Anglais très connu quand son hôte
fit basculer un vase de porcelaine.Toujours selon la version,au bruit de la chute,
deux gardes dissimulés derrière les tentures de la fenêtre bondirent hors de leur cachette,
le révolver au poing.
Après le café et les cigares,on nous pris de passer dans le grand salon de la Chancellerie.
L'intérieur de l'ancienne demeure du prince de Bismarck a été tellement modernisée
que seule la façade de celle-ci reste intacte.
L'une des extrémités du salon est surélevée et l'on y accède par deux ou trois marches
basses.Les murs peints de couleur crème sont ornés de quelques très belles tapisseries
anciennes.Des divans larges et bas,des fauteuils modernes sont disséminés un peu
partout et le centre de la pièce est occupé par un grand tapis de Perse qui avait été
primitivement commandé pour le nouveau palais de la SDN à Genève,mais qui,
,'ayant pas été livré à temps,fut acheté par le gouvernement allemand.
Un piano à queue était placé sur la petite estrade et le concert commença,
auquel prient part Frau Müller et le célèbre baryton Herr Böckelmann.
En règle générale,les dîners officiels de Herr Hitler sont limités à vingt ou trente invités,
mais,pendant les jeux olympiques,j'ai assisté à un grand banquet de plus de cent couverts.

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Re: Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Jeu 31 Jan - 19:10


(cliquez ICI):

http://liberation-44.forumactif.org/t1331-les-jo-de-berlin-en-1936-legendes-et-realite

Ce dîner était empreint d'un caractère plus cérémonieux que le précédent.
Les jeunes domestiques à la veste brune avaient cédé la place à des valets de pied
plus âgés qui portaient une livrée bleue et blanche et des bas blancs.
La plupart d'entre eux avaient la poitrine constellée de décorations.
Ils étaient dirigés par un majordome en livrée noire et culotte à la française.
L'épée de cour au côté,le tricorne sous le bras,il annonçait les invités au fur
et à mesure qu'ils se présentaient.
Cet homme tenait en outre à la main une longue canne noire dont il frappa
le sol pour attirer l'attention des convives lorsque Hitler se leva à la fin du dîner.
Le repas fut servi sur une énorme table en fer à cheval.
A la droite du Chancelier était assise Lady Vansittart,femme du sous-secrétaire
permanent aux Affaires étrangères de Grande-Bretagne,alors en visite à Berlin,
et la comtesse Baillet-Latour,femme du président du président du comité français
des jeux olympiques.
La salle à manger est une pièce spacieuse dessinée par Hitler et construite
sur l'emplacement de ce qui était autrefois le jardin de la Chancellerie.
Elle a environ trente mètres de long sur quinze de large.
De chaque côté une rangée de colonnes en marbre rouge forme une arcade.
Les fenêtres tendues de rideaux bruns arrivent à la hauteur du plafond qui est
très élevé et fait de mosaïques bleu pâle et or.
Un des collaborateurs de Hitler m'a confié qu'on avait modifié une demi-douzaine
de fois la couleur de ce plafond avant que le Chancelier ne fût satisfait.
De grands candélabres dorés sont disposés à intervalles réguliers dans la pièce
dont le seul ornement consistait,ce soir-là,en une énorme tapisserie des Gobelins
que l'on avait envoyée du Musée d'art allemand de Munich pour la suspendre
au mur,juste derrière le haut bout de la table.
Comme cette réception avait un caractère protocolaire,les hommes portaient tous
leurs décorations.



Cependant,en dehors de la Croix de Fer et d'autres insignes de guerre allemands
et turcs ,bien peu de représentants des milieux officiels nazis possédaient
l'une de ces plaques,cravates ou cordons qui constituent ordinairement le fond
de tableau de ce genre de réunions.
Les étrangers étaient donc les seuls personnages décoratifs de l'assistance.
Tandis que Sir Robert Vausittart riait et plaisentait après le dîner avec Herr Hess,
on pouvait remarquer le contraste entre de l'étoile et du cordon de la Grand-Croix
de Saint-Michel et Saint-George portés par l'un et la simplicité de l'uniforme
de Herr Hess qu'on eût pris volontiers pour une tenue de campagne.
Ce fut peut-être cela qui incita Herr Hitler à créer,peu de temps après,
une décoration spéciale pour les services rendus à l'occasion des jeux olympiques.
Depuis,il a même été plus loin et a créé un nouvel "Ordre de l'Aigle Allemand"
dont Mussolini et le comte Ciano furent deux des tout premiers titulaires.

Un autre point sur lequel une réception de ce genre en Allemagne tranche sur les dîners
officiels offerts par la plupart des gouvernements,c'est la toilette des femmes.
Comme je quittais l'hôtel Kaiserhof et traversais la place pour me rendre au dîner
de la Chancellerie,j'eus un exemple vivant de l'adoration patiente que nourrit
le peuple allemand pour son chef
.



Une voix me dit:

"Voulez-vous,s'il vous plaît,demander au Führer de se montrer sur le balcon ?
Je suis de la province et je voudrais tant le voir !".


C'était une Allemande d'une cinquantaine d'années qui parlait,une femme appartenant
à la classe laborieuse.Me voyant en habit,elle avait deviné où j'allais.
Environ cinq heures plus tard,je traversai la place en sens inverse.
Il était une heure du matin.La même femme m'arrêta:

"Je suis toujours là !"
,fit-elle.
"Croyez-vous que j'aie une chance de le voir ?"





"Je n'ai jamais reçu du Führer un ordre qui ait violé en quoi que ce soit
les lois de la guerre (...).Je voyais en Hitler une puissante personnalité
dont l'intelligence et l'énergie étaient exceptionnelles,et dont les connaissances
étaient pratiquement universelles:le pouvoir semblait émaner de sa personne
et il était doué d'un remarquable don de suggestion".

(Grand Amiral Dönitz à Nuremberg,9 mai 1946)


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Re: Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Jeu 31 Jan - 19:10



Nul aspect de la personnalité de Herr Hitler 'a prêté davantage aux interprétations
fantaisistes que celui de ses relations avec les sexe faible.
Le célibat du chef de l'Etat,dans un pays où l'on proclame à l'envi que le mariage
et la procréation sont un devoir patriotique,semble requérir quelques explications
particulières,d'autant que les relations communément avancées pour expliquer
ce phénomène procèdent soit d'un sentiment morbide,soit d'un romantisme échevelé.

En premier lieu,Herr Hitler n'est point mysogine.
Il montre une forte prédilestion pour la société des femmes,auprès desquelles
il adopte une attitude formaliste qui évoque l'ancien temps.
Il ne peut guère y avoir d'hommes d'Etat européen dont l'abord soit aussi aimable.
Il prend la main d'une dame dans la sienne,l'y retient un moment comme s'il s'agissait
de quelques objets précieux,tandis que sourient ses yeux bleus et pénétrants,
puis il s'incline avec élégance et touche cette main des lèvres.
En compagnie des femmes,Hitler prend un air vivement intéressé qui n'a rien de forcé.
Il apprécie la beauté à sa juste valeur,mais si une femme ne lui paraît pas intelligente,
il évite de poursuivre la conversation avec elle.Dire des fadaises n'est pas dans sa nature.



Il est assez curieux de constater que deux de ses meilleures amies sont de charmantes
représentantes de l'aristocratie anglaise,les deux filles de Lord Redestale,
l'Honorable Mrs Dians Guinness et sa soeur cadette,l'Honorable Unity Freeman Mitford.
Lors de la plupart des récentes grandes cérémonies du Parti nazi,ces jeunes femmes
ont attiré toute l'attention sur elles,non seulement en raison de leur silhouette
gracieuse et élancée et de leur beauté blonde si remarquable,mais encore,
et cela compte aux yeux des Allemands tout au moins,parce qu'elles arborent
l'insigne à la croix gammée que Hitler lui-même leur a conféré comme une distinction
personnelle,en les autorisant à porter la reproduction de sa signature au dos
de cet insigne pour bien indiquer qu'elles y ont droit.
Ce fut la plus jeune des deux soeurs,Miss Unity Mitford,qui la première fit
la connaissance de Hitler.
En 1934 elle suivait des cours à l'école des Beaux-Arts de Munich et déjeunait
dans un des petits restaurants que le Chancelier fréquente régulièrement lorsqu'il
est dans la capitale de la Bavière.
Personne ne peut rester bien longtemps dans un endroit où se trouve Miss Unity Mitford
sans la remarquer.
Ses cheveux dorés,sa peau délicate et ses yeux bleus correspondent au plus haut point
aux canons de la beauté nordique que les Allemands admirent pardessus tout.
Il est normal que Hitler cherchât à obtenir des renseignements sur cette séduisante
anglaise,il envoya son imposant assistant,Herr Brückner,lui présenter les compliments
du Chancelier et lui demander si elle parlait allemand.
Dans l'affirmative,lui ferait-elle l'honneur de venir prendre le café avec ses amis et lui ?
Ainsi se noua,sans cérémonie,une amitié qui devait bientôt s'étendre à Mrs Guiness,
la soeur de Miss Mitford,lorsqu'elle vint voir cette dernière à Munich.
Pour Herr Hitler,surmené par la conduite d'une grande nation et la direction
d'un immense parti,la société de ces jeunes Anglaises a un attrait que l'on imagine
facilement.
Les deux soeurs peuvent lui parler avec une liberté dont fort peu d'Allemands
oseraient user.
Leur façon d'envisager la vie,provenant d'un milieu et d'une éducation différentes,
s'oppose souvent à celle que possèdent les gens qui fréquentent le Chancelier.
Elles ont un sens très vif de l'humour que,en dehors du docteur Goebbels et sa femme,
peu de personnes partagent dans l'entourage immédiat du Führer.
Leur finesse d'esprit et leur entrain agissent comme un tonique sur un homme sujet
aux brusques sauts d'humeur d'un tempérament nerveux.

Nul étranger,et pas beaucoup d'Allemands,ne jouissent aussi étroitement de la confiance
d'Adolf Hitler que les soeurs Mitford.
Non seulement elles sont invitées aux grandes cérémonies du Parti nazi et aux dîners
officiels de la Chancellerie,mais,depuis qu'elles passent la majeure partie de leur temps
en Allemagne,elles rencontrent fréquemment le Führer.
Leur arrivée à l'Hôtel Kaiserhof est généralement suivie d'une invitation à traverser
la place pour aller prendre le thé ou dîner au palais du Chancelier,ou bien y voir
un film,distraction à laquelle succède une conversation animée qui se prolonge
bien après minuit.
Aucun trait de caractère de Hitler n'est plus humain que le plaisir qu'il prend
dans l'agréable compagnie de ces jeunes femmes représentatives des Anglaises
d'aujourd'hui
.
Je me rappelle sa joie,lorsqu'elles lui rendirent une visite inattendue à Cologne
pendant sa campagne pour les élections générales de 1936.
Hitler n'était pas encore arrivé quand,pénétrant dans le restaurant de l'Hôtel Dom,
je trouvai Mrs Guiness et Miss Mitford en train de déjeuner.
Elles me prièrent de me joindre à elles et m'apprirent qu'elles étaient venues
à Cologne pour écouter le grand discours que Hitler devait y prononcer ce même soir.

"Le Führer ne sait pas que nous sommes ici,ce sera donc une surprise pour lui."
dit Miss Mitford.



"Beaucoup de réformes sociales de Herr Hitler,malgré leur négation absolue
de liberté personnelle de pensée,de parole ou d'action,étaient des réformes
démocratiques extrêmement avancées (...).
Une grande part de sa législation sous ce rapport survivra dans un monde
nouveau et meilleur
(...)."

(Sir Neville Henderson,ambassadeur de Grande-Bretagne à Berlin,1939)

Tandis que nous déjeunions,le capitaine Rattenhüber,chef des gardes du corps de Hitler,
m'annonça qu'il avait reçu l'ordre de me conduire en auto à la gare pour rencontrer
le Chancelier à l'arrivée de son train spécial.

"Je me demande s'il consentirait à nous emmener,nous aussi"
,firent les soeurs
Mitford lorsqu'il se fut éloigné.Je courus après l'officier pour m'en enquérir.

"Je crains de ne pas pouvoir
,me répondit-il.Je dois vous conduire dans la voiture
particulière du Führer et je n'ai pas la permission dy emmener des dames.
Je vais m'arranger pour qu'on leur réserve une fenêtre de l'hôtel afin qu'elles puissent
assister au défilé".

"Nous ne voulons pas assister au défilé
,proclamèrent les jeunes Mitford,
mais nous voulons rester dans le hall de l'hôtel avec les gardes pour
que le Führer nous voie dès qu'il entrera."

Je me rendis à la gare au-devant du Chancelier,je remontai dans sa voiture
pour l'accompagner à une réception donnée en son honneur à l'hôtel de ville,
je traversai à ses côtés les rues de Cologne noires d'une foule enthousiaste,
puis je rentrai à l'hôtel Dom où le Führer avait invité les principaux chefs nazis
et leurs épouses à prendre le thé dans une grande salle du premier.
Pour de nombreux Anglais,le Dom est l'hôtel le plus connu d'Allemagne,
car pendant l'occupation de la Rhénanie par les Alliés,l'armée britannique
l'avait réquisitionné.



En prévision de l'arrivée du Chancelier,de chaque côté du hall s'alignait une solide
rangée de gardes noirs placés épaule contre épaule.
Derrière eux s'entassaient les invtés,le personnel de l'hôtel et toutes les notabiltés
locales qui avaient pu entrer.Chacun allongeait le cou pour apercevoir le Führer.
Cependant,au milieu des gardes,nue-tête comme toujours,un sourire de bienvenue
sur leur joli visage,se tenaient les deux soeurs,Diana et Unity.
En pénétrant dans le hall,Hitler avait une expression figée et sévère.
Il leva automatiquement la main pour répondre au tonnerre de "Heil !"
qui l'accueillit et au salut nazi d'une forêt de brad brusquement raidis.
Alors son regard se posa sur les deux soeurs.Un sourire détendit aussitôt son visage.

"Was ! Ihr beide hier !
s'exclama-t-il.
Vous allez venir prendre le thé avec nous.

Et la chaleur de l'accueil réservé à Mrs Guinness et à Miss Mitford par les membres
du gouvernement nazi réunis dans le salon du premier donna la mesure de la popularité
dont jouissaient les jeunes femmes dans les plus hautes sphères politiques
de l'Allemagne.
Si ces jeunes Anglaises ne faisaient pas preuve d'un grand tact,une telle amitié
avec le Führer serait impossible. Elles évitent de se mêler à la politique allemande.
Par leur charme naturel,leur parfaite éducation et leur habitude du monde,
elles ont contribué dans une large mesure à faire mieux comprendre à Hitler
l'Angleterre et le caractère anglais
.

.../....


Dernière édition par Jo la fouine le Ven 15 Fév - 12:22, édité 1 fois

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Re: Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Jeu 31 Jan - 19:10

Des relations platoniques comme celles que je viens de décrire,donnent
une idée exacte du goût de Hitler pour les amitiés féminines.
Sa vie est dominée par la conviction qu'il a une grande mission à remplir.
Il ne permet à aucune influence extérieure de s'interposer entre lui et son oeuvre.
En éliminant les complications qui naissent du mariage ou d'une intrigue amoureuse,
le Führer économise de l'énergie et s'épargne une perpétuelle préoccupation.
En outre,par ce moyen,bien que cela ne soit peut-être pas voulu de sa part,
il augmente son prestige mystique auprès de ses concitoyens.
Le fait de vivre seul s'accorde fort bien avec son rôle de grand prêtre du peuple allemand.
Il n'est pas rare que l'ardeur avec laquelle un but est poursuivi soit une cause
de célibat et,dans le cas de Hitler,la sublimation des instincts sexuels au profit
de l'accomplissement des devoirs publics est peut-être facililitée par la maîtrise de soi
qu'il a déjà témoignée en se passant de vin et de tabac,en se limitant à des aliments
d'une simplicité monacale.



Il est certain que cette discipline imposée aux instincts humains n'implique pas
un manque de compréhension des hommes.
L'un des traits les plus frappants de la personnalité de Hitler est cette faculté
qu'il possède se mettre en harmonie avec autrui.

Les hommes aux caractères les plus divers qui ont affaire à lui acquièrent tous la certitude
qu'il existe quelque lien spécial entre eux et le Führer.
Son esprit,comme celui de maints grands chefs du passé,est très sensible
aux phénomènes d'ordre psychique.
Je me suis laissé dire que la région en bordure de la frontière austro-hongroise,
où Hitler a vu le jour,est,à l'exemple des Highlands d'Ecosse,riche en habitants doués
d'une intuition particulère.
La sensibilité du Chancelier aux influences psychiques se manifeste dans ses discours.
Au début d'une harangue,son élocution est parfois lente et pénible.
Ce n'est que lorsque son esprit s'imprègne de l'atmosphère spirituelle engendrée
par un vaste auditoire,que se déploie son éloquence qui produit un effet magique
sur la nation allemande
.
Hitler réagit d'une telle manière à ce contact métaphysique que chacun des membres
de la multitude éprouve l'impression d'entrer personnellement en communion avec lui
.
L'histoire suivante,empruntée aux souvenirs de guerre du Chancelier,semble indiquer
qu'il sait lui-même à quoi s'en tenir sur cette sorte de sixième sens.




"J'étais en train de dîner dans une tranchée avec plusieurs camarades,
raconte-t-il.
"Soudain,une voix parut me dire :"Lève-toi et va là-bas."
La voix était si nette,si pressante que j'obéis machinalement,comme si j'avais reçu
un ordre militaire.
Je me levai aussitôt et fis une vingtaine de mètres dans la tranchée en emportant
avec moi mon dîner dans ma gamelle.
Puis,l'esprit tranquillisé,je me rassis et me mis en devoir de continuer mon repas.
"A peine m'étais-je installé que je vis une lueur et entendis monter un bruit
assourdissant de l'endroit que je venais de quitter.
Un obus isolé avait éclaté sur le groupe où je me trouvais et tous mes camarades
furent tués."





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Re: Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Jeu 31 Jan - 19:11


- CHAPITRE V -


LE REGIME ET SON OEUVRE.



Le gouvernement hitlérien a entouré l'Allemagne d'un voile de mystère.
A travers ce rideau,le monde,intrigué,impressionné et de plus en plus étonné,
a assisté à une série d'événements étranges.
Certains d'entre eux furent illustrés par des réalisations administratives
très profitables au peuple allemand et tout à l'honneur des Nazis;
d'autres furent marqués par des actes de répression rigoureuse et par des sanctions
disciplinaires prises à l'intérieur du Parti.
Tous ces événements furent caractérisés par le même secret de conception
et la même rapidité d'exécution.
Tandis que dans les pays démocratiques les changements de politique intérieure
ou extérieure font à l'avance l'objet de débats publics,personne en Allemagne nazie,
à l'exception du petit groupe de confidents du Chancelier,ne sait à quoi s'en tenir
sur les mesures que prendra le gouvernement avant que celui-ci ne soient un fait
accompli.

Ce n'était pas là le genre de gouvernement que Hindenburg avait envisagé
en acceptant de nommer Hitler Chancelier et en lui donnant von Papen pour mentor.
Le Président et von Papen avaient tous deux sous-estimé l'énergie dynamique
et l'esprit de décision des Nazis.
A l'exemple du coucou,le Parti grandit si vite et se démena si bien que les autres
occupants du nid gouvernemental furent bientôt évincés.
Les deux postes ministériels que Hindenburg avait concédés à Göring et à Frick,
devinrent,grâce à l'activité de leurs titulaires,les positions-clé du gouvernement.
Göring,qui cumulait les fonctions de Ministre de l'Air et de Ministre de l'Intérieur
de la Prusse,se mit immédiatement à "nazifier" la police prussienne qu'il entraîna,
par une série d'ordres sévères,à se montrer implacable dans la répression
de toute résistance à la politique gouvernementale.
Frick entreprit ce qu'on appela par euphémisme la "coordination" des services civils,
ce qui revint à dire que tout fonctionnaire dont les convictions nazies n'étaient pas
certaines perdit son poste.
Un décret d'urgence conféra au gouvernement le pouvoir de supprimer les réunions
publiques et les journaux.
Les Allemands commençaient à sentir la main ferme de leur nouveau maître et,
étant allemands,ils s'en réjouissaient,car,selon les propres termes d'Hitler:

"Le peuple aime mieux être commandé qu'adulé".


La date des nouvelles élections fut fixée au 5 mars.
Or,tandis que l'Allemagne s'apprêtait à voter,un événement mystérieux vint surprendre
le monde:l'incendie du Reichstag.



Le 27 février 1933 au soir,des passants virent des flammes sortir des fenêtres
du Reichstag situé à côté du Tiergarten.
Aussitôt alertés,la police trouva la grande salle du Parlement en flammes à plusieurs
endroits.L'incendie se propagea avec une telle rapidité que les pompiers ne purent
faire mieux que de le circonscrire au centre du bâtiment.
Dans l'intervalle,on avait arrêté un jeune homme qui rôdait dans un couloir,
ayant pour tout vêtement un pantalon et une paire de chaussures et qui,
selon toute apparence,avait déchiré sa chemise en lambeaux pour allumer
les divers foyers.
C'était un ouvrier hollandais du nom de Van der Lubbe ainsi qu'en faisait foi
le passeport qu'il portait sur lui.Il avoua qu'il avait mis le feu à l'édifice.
Le lendemain,un décret fut pris:
"pour la protection de la nation contre le péril communiste".
La loi martiale était pratiquement instaurée en Allemagne.
Les libertés civiles étaient suspendues.Les gardes d'assaut investis d'une autorité
spéciale reçurent l'ordre d'arrêter les gens suspectés de communisme,
car le gouvernement annonça qu'on avait découvert les plans d'une vaste insurrection
communiste qui devait éclater aussitôt après l'incendie du Reichstag.
Cinq hommes accusés de complicité dans l'incendie furent traduits devant la Cour
Suprême d'Allemagne.
C'était Van der Lubbe,le jeune Hollandais,qui lors du procès parut atteint d'aliénation
mentale et fut incapable de fournir la moindre déclaration intelligible;
Ernst Torgler,leader du Parti communiste au Parlement et qui c'était trouvé au Reichstag
une heure avant quon ne donnât l'alarme
;deux obscurs communistes bulgares
et un troisième Bulgare,Dimitrov ,que son attitude provocante mit en vedette.
Après huit mois d'audience et d'ajournements successifs,seul Van der Lubbe
fut condamné et eut la tête tranchée.
Les quatre autres,malgré leur acquittement,furent gardés en prison sous l'inculpation
de menées communistes.
Ils y restèrent jusqu'à ce que l'Angleterre ayant officiellement donné à Hitler
l'assurance que la libération de Dimitrov se traduirait par une amélioration
des sentiments britanniques à l'égard de l'Allemagne,le Chancelier eût annoncé
son intention de le relâcher dans une interview qu'il m'accorda en février 1934
.
En compagnie de deux autres détenus bulgares,Dimitrov fut donc déporté par avion
en Russie,où nommé depuis secrétaire de la Troisième Internationale,il est devenu
le plus puissant ennemi du Parti nazi dans le monde.

Si les élections générales du 5 mars ne furent pas pour les Nazis un succès aussi
écrasant que les plébiscites postérieurs,elles n'en donnèrent pas moins à Hitler
et à ses alliés nationalistes une majorité de 52 % au Reichstag.
Avec 288 sièges représentant plus de 17 millions de voix dans le pays,
les Nazis à eux seuls formaient 44 % de la nouvelle Chambre.
Ils avaient l'appui de 52 Nationalistes et membres de Stahlhem qui continuaient
de suivre leurs chefs respectifs,Hugenberg et Seldte,tous deux pour le moment
collègues de Hitler dans le nouveau ministère.
Par cette victoire,Hitler atteignit enfin son but qui était d'arriver au pouvoir
par des moyens légaux
.
Il s'était juré aussi,lorsqu'il serait investi de l'autorité,d'abolir le gouvernement
parlementaire en même temps que les méthodes démocratiques et de les remplacer
par ce "principe de direction",base fondamentale du système nazi
.

Ce procédé de Gleichschaltung ou d'"unification" fut aussitôt mis en oeuvre.




(Le parti nazi sort vainqueur des élections du 5 mars 1933.
Le 20 mars Hitler proclame le IIIe Reich. Le 2 mai, les syndicats sont dissous
et le 14 juillet le parti national socialiste devient le parti unique du pays
)

http://wikipedia.orange.fr/wiki/%c3%89lections_l%c3%a9gislatives_allemandes_de_mars_1933


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Re: Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Jeu 31 Jan - 19:11


Le gouvernement nazi manifesta d'abord la bonne volonté dont il était animé
envers les ouvriers allemands en transformant le Premier Mai,jusque-là fête
rouge,en une journée nationale du travail.
Le Parti,qui a le génie de la mise en scène et de l'"atmosphère",remplaça
cette manifestation annuelle,toujours émaillée de bagarres,par un gigantesque
"prêche en plein air" où l'on exalta les vertus patriotiques.
Devant un vaste auditoire réuni au Tempelhofer Feld de Berlin,Hitler se proclama
seul gardien des intérêts de toutes les classes de la nation et lança un appel
passionné à l'unité allemande
.
Tous les haut-parleurs et tous les postes de T.S.F d'Allemagne transmirent ses paroles.





"Allemands !

Vous n'êtes pas de qualité inférieure,quoique le monde puisse le déclarer
des milliers de fois !
Vous n'êtes pas une nation inférieure et de second rang !
Réveillez-vous,prenez conscience de votre propre importance !
Rappelez-vous votre passé glorieux et ce que vos pères,oui,vos pères,
et vous-mêmes avez accompli !
Oubliez les quatorze dernières années de décadence !
Pensez seulement aux deux mille ans de l'histoire d'Allemagne !
Vous serez de nouveau une puissante nation pour peu que vous en ayez la volonté !"




Quelle qu'eût été l'efficacité de pareils stimulants lorsque qu'Hitler n'était qu'un chef
de parti parmi tant d'autres,ils opérèrent encore avec plus de force lorsque le Führer
les employa en sa qualité de chef du gouvernement allemand.
Désormais Hitler avait non seulement le désir mais aussi le pouvoir de réhabiliter
l'Allemagne.

Les Allemands de toutes classes comprirent soudain qu'ils ne seraient pas obligés
de supporter éternellement les conséquences de la défaite
.
La flamme du patriotisme était ranimée et ressemblait à ces réveils religieux qui parfois
secouent l'Angleterre et les Etats-Unis,convertissant les plus réfractaires.
Les hommes en état d'extase religieuse ou politique considèrent toute critique
adressée à leur prophète comme un sacrilège et approuvent que l'on déploie
la plus grande sévérité dans la suppression de l'hérésie.
Ces sentiments-là se manifestent souvent avec le plus de force chez les plus récents
convertis à une foi.
Il ne faut donc pas s'étonner que la nation allemande ait accepté avec empressement
la discipline rigoureuse imposée par le régime nazi.

Si la restriction des libertés individuelles était le prix du redressement national,
les Allemands étaient disposés à le payer.


"L'Etat national-socialiste est un Etat unitaire.
Le pouvoir ent entre les mains d'un représentant du peuple,désigné par le peuple
même.Tout ce qu'il y a d'artificiel dans ce que les hommes ont créé est mis de côté,
mais nous nous inclinons devant tout ce que la nature nous a donné."
(Hitler,entretien accordé à Kazimierz Smogorzewski de La Gazette de Varsovie,
1934
)

A l'extérieur,on ne se rendit pas compte que la Gauche était non seulement réduite
à l'impuissance mais encore qu'elle était en grande partie convertie.
A cette époque,fort peu d'étrangers pensaient que la véritable réponse à la question:

" Que sont devenus les six millions de communistes allemands qui votèrent
aux élections générales avant la prise du pouvoir par Hitler ? "


était bien simple.La plupart des communistes étaient passés au national-socialisme.
Cela explique la facilité avec laquelle les syndicats allemands et le parti social-démocrate
furent supprimés supprimés et leurs biens confisqués.
En juillet 1933, .le même sort fut réservé au parti du centre catholique avec
le consentement du Vatican qui avait déjà signé un concordat
avec le gouvernement nazi

Les organisations nationalistes et celle du Stahlhelm furent en fin de compte
"coordonnées" avec le Parti nazi et Hugenberg,
chef des premières,quitta le cabinet.

On découvrit un peu plus tard que le Stahlhelm servait de refuge à des éléments
secrètement hostiles qui se croyaient en sûreté dans les rangs de cette association
d'anciens combattants.
Le Casque d'acier fut donc dissous,les suspects éliminés et les membres dignes
de confiance enrôlés dans le Parti nazi.
Moins de six mois après être arrivé au pouvoir,avec seulement deux de ses collaborateurs
dans les conseils du gouvernement,Hitler avait pourvu d'hommes à lui huit postes
ministériels sur quatorze.
Les six autres ministres,dont les plus connus étaient von Papen,vice-chancelier,
le baron von Neurath,ministre des Affaires Etrangères,et le général von Blomberg,
ministre de la Défense,avaient beau ne pas être membres du Parti,ils n'en étaient pas
moins des alliés sur lesquels on pouvait compter.

Le 14 juillet 1933,le cabinet nazi annonça la suppression de tous les partis politiques
à l'exception du Parti national-socialiste.
La proclamation était rédigée en ces termes:

"Le Parti National-socialiste des ouvriers allemands est le seul parti politique
en Allemagne.
Quiconque tentera de maintenir l'organisation d'un autre parti politique ou de former
un nouveau parti politique sera puni d'emprisonnement."


Le seul vestige de contrôle populaire laissé au pays était contenu dans cette phrase:

Le cabinet national pourra demander au peuple par voie de référendum
s'il approuve ou désapprouve certaines mesures envisagées par le cabinet national."

La mainmise des Nazis sur l'Allemagne était complète.
65 millions de personnes,peut-être les plus disciplinées et les plus industrieuses
du monde,un pays entier doué d'un grand génie scientifique,doté d'un merveilleux
équipement industriel et de riches ressources agricoles,une nation qui occupait
une position centrale au coeur de l'Europe,n'obéissaient plus désormais
qu'à une seule volonté.

Les ministres de Hitler n'étaient pas des collègues partageant la responsabilité
de leur chef, mais un etat-major général chargé d'exécuter des ordres.
Du consentement de toute la nation,Hitler se mit à gouverner l'Allemagne
avec une autorité que l'Angleterre n'a pas connue depuis Elizabeth.


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Re: Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Jeu 31 Jan - 19:12

Pendant ce temps-là,le gouvernement nazi édifiait aussi vite qu'il démolissait.
Les gouvernements provinciaux,qui administraient les anciens Etats de l'empire allemand
dont les princes avaient été chassés lors de la révolution de 1918,furent abolis.
L'Allemagne fut divisée en onze provinces nouvelles placées chacune sous l'autorité
d'un gouverneur responsable devant le Chancelier seul.
Pour remplacer les syndicats et les associations patronales,on créa
un "Front Allemand du Travail"
qui réunissait patrons et ouvriers et les mettait au service de l'Etat.
S'inspirant du Dopolavoro inventé par Mussolini,le Dr Ley,ministre du Travail du Reich,
greffa sur le Front du Travail un système d'organisation des loisirs des travailleurs.
Cette institution appelée Kraft durch Freude (la force par la joie) a grandement contribué
à rendre le régime populaire auprès des plus jeunes ouvriers allemands.
Ceux-ci travaillent plus dur et gagnent moins que les ouvriers anglais,mais sous
le rapport des sports et des distractions raisonnables ils sont plus gâtés.
Le travailleur allemand n'a pas d'argent à dépenser en maches de football,
en séance de cinéma,en courses de chevaux ou de lévriers,mais pour tout
ce qui concerne l'essentiel de la vie,il est plus heureux que son camarade britannique.



Les 350.000 membres de la Kraft durch Freude sont envoyés
en vacances dans des endroits aménagés pour eux et,à cette occasion,
les chemins de fer leur consentent des prix de faveur
.
30.000 lits leur sont réservés dans différentes stations d'été et 20.000 autre
dans l'île de Rügen,en Baltique,où,sur plus d'un kilomètre et demi,s'alignent
des chalets avec des balcons pour les bains de soleil et des estacades pour les baigneurs.
Des milliers de travailleurs désignés par un vote de leurs camarades
partent chaque été en croisière pour Lisbonne et Madère sur une flotte de six bâtiments affectés à cet usage
.
En hiver,ces mêmes navires amènent les Allemands résidant à l'étranger qui veulent passer chez eux des vacances bon marché.
Dans les hôtels de sports d'hiver de la Kraft durch Freude on apprend le ski
à 25.000 membres de l'organisation.Tout jeune homme et toute jeune fille faisant
preuve de disposition dans une branche quelconque de l'athlétisme reçoit
un équipement convenable et a toutes facilités pour développer ses dons.
La section sportive créée par le Parti comprend plus de trois millions d'adhérents.
Les jeunes qui satisfont aux épreuves d'athlétisme assez dures,obtiennent un insigne
de bronze qu'ils portent avec fierté.
Il existe des insignes d'or et d'argent pour les personnes plus âgées qui réussissent
à accomplir les mêmes performances.
La fille de l'ex-Kaiser,la duchesse de Brunswick,autrefois Princesse Victoria-Louise,
m'a montré,non sans plaisir,l'emblème d'or des femmes qu'elle a obtenu
en satisfaisant aux épreuves à quarante ans passés.



"Plus les hommes sont portés à rejeter au second plan leurs intérêts personnels,
plus grande est leur capacité de fonder des communautés étendues."

(Hitler,Mein Kampf,p.297)

Afin de réorganiser l'agriculture,on créa un office d'Etat analogue à celui créé
pour les travailleurs de l'industrie.
Cet office s'appelle le Reichsnährstand ou
"Département de l'Alimentation nationale".
Il fixe les prix et détermine la quantité et le genre de récoltes que chaque fermier
devra semer.
Pour attacher les gens à a terre,le gouvernement promulgua le 20 septembre 1933,
une loi sur la propriété héréditaire des fermes.
Elle libère de toute charge les propriétés allant jusqu'à 120 hectares.
Ces fermes ne peuvent être ni vendues,ni hypothéquées,ni saisies pour dettes.
A la mort du fermier,son fonds revient tout entier à son parent mâle le plus proche.
La seule personne qui puisse intervenir dans les affaires du propriétaire,c'est l'Etat
.
Si la ferme est mal exploitée,l'Etat a le droit de la confier à l'héritier le plus proche.
Un million de fermiers allemands sont soumis à ce régime semi-féodal et ont l'Etat
pour suzerain direct.



La politique à longue vue du régime nazi rend l'Allemagne de moins en moins tributaire
de l'étranger sous le rapport de son alimentation
.
Tandis qu'en Angleterre on laisse l'agriculture péricliter au moment où d'autres industries
sont en plain essor,en Allemagne on protège les fermiers et on leur garantit un profit justifié par les services qu'ils rendent à la communauté.
Les champs en friches,les terrains couverts de chardons ou transformés en marécages
de la campagne anglaise n'ont pas leur pendant en Allemagne où le sol est considéré comme un trésor national dont il faut tirer le maximum.
Si des imperfections naturelles rendent certaines terres impropres à une culture rémunératrice,les 300.000 jeunes gens des camps de travail sont là pour remédier
à la situation.
Un fermier dont le domaine a besoin d'être spécialement drainé ou asséché,
un propriétaire qui veut faire construire un barrage pour accroître la capacité
productrice de son bien,ou un village auquel il faudrait un nouvel abreuvoir
peuvent s'adresser aux représentants locaux du ministère du Travail et,
si leur requête est acceptée,ils verront venir à eux un groupe de jeunes gens
robustes qui se mettront à l'oeuvre avec un enthousiasme de pionniers aux colonies.
Les frais sont en grande partie à la charge de l'Etat,
mais le cultivateur ou la communauté versent une somme proportionnelle
aux bénéfices résultant des travaux entrepris.
Les effets de cette sage politique dépassent de beaucoup le cadre de l'agriculture proprement dite.
La nation tout entière est approvisionnée en produits frais,obtenus dans le pays
même et d'une valeur nutritive bien supérieure aux denrées alimentaires importées que l'on consomme en Grande-Bretagne.
En Allemagne,les industries ont dépassé le stade de la concurrence anarchique
qui caractérise encore l'économie anglaise.
Tous les producteurs allemands,du grand patron au plus humble ouvrier,prennent conscience de leur rôle.

On leur enseigne que chacun d'eux n'est qu'une unité dans une entreprise d'utilité
publique et que les intérêts personnels sont naturellement subordonnés
aux intérêts du pays pris dans son ensemble
.
La liberté d'action se traduit en général par un beau gâchis qu'évitent
les régimes autoritaires
.



La différence entre l'Allemagne et les pays démocratiques est comparable à celle
qui existe entre des joueurs de football professionnels et les amateurs.
Les amateurs peuvent prendre plaisir à jouer,mais les professionnels ont la satisfaction
de pratiquer un meilleur football.
En Angleterre,on encourage beaucoup par la parole le "travail d'équipe" appliqué
aux affaires intérieures,cependant le pays reste individualiste à l'extrême.
Les Nazis non seulement prêchent leur idéal mais ils l'appliquent en s'inspirant
de leur devise Gemeinschaft und Dienst(Camaraderie et Service).
Il faut travailler dur lorsqu'on fait partie de l'équipe nazie dont l'entraînement
est si poussé, mais ça ne va pas sans de grandes compensations.
Les garçons et les fillettes,les jeunes gens et les jeunes filles d'Allemagne,ont plus de distractions qu'ils n'en auraient ailleurs à moins d'appartenir
à des familles aisées.
Sous le régime nazi ils mènent une vie identique,que leurs parents soient riches
ou pauvres
.



Nulle part au monde on ne rencontre plus de vigueur,d'entrain et de joie
que dans ces énormes camps de "jeunesses hitlériennes" qui l'été venu,
sont établis dans tout le pays.
Cette heureuse jeunesse y pratique toutes sortes de sports et reçoit une instruction
des plus variées,allant du vol à voile à la réparation des automobiles en passant
par la navigation à voile et l'équitation.


"C'est à bon droit que les ouvriers se demandent:où existe-t-il dans le monde entier,
un chef d'Etat aussi solidaire de ses ouvriers qu'Adolf Hitler ? "

(Théodore Kessemeier,DFB-Informations Zentrale, 30 décembre 1940)


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Re: Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Jeu 31 Jan - 19:12




A l'exemple de Mussolini,Hitler ne veut pas confier d'armes aux enfants.
Jusqu'à ce qu'un jeune Allemand soit appelé sous les drapeaux,ses moniteurs se bornent
à perfectionner son développement physique.
Les camps de travail,dans lesquels tout jeune Allemand est tenu de passer six mois,
sont une université nationale de camaraderie où toutes les classes se mêlent
et apprennent par expérience que le travail manuel a sa dignité propre
.
Ces diverses institutions ne donnent peut-être pas tous les résultats qu'on en attendait
sur le papier,mais,dans toutes les manifestations de la vie nationale,on voit l'influence
du régime nazi transformer en réalités ce qui ailleurs demeure le rêve des réformateurs sociaux.
Cette activité se manifeste d'une manière frappante dans la Schönheit der Arbeit,
organisation qui mène une campagne pour la création de cités-jardins et l'embellissement
des lieux de travail.
On est même allé jusqu'à interdire la vente des cartes postales grossièrement comiques
et le placardage des affiches par trop laides.
On encourage les ouvriers allemands à mettre en valeur tous leurs dons en organisant
des compétitions locales et nationales d'habilité manuelle.



Cette Reichberufswettkampf oppose amicalement,
chacun dans sa spécialité, les coiffeurs et les cordoniers,les peintres et les plombiers,
les charpentiers et les mineurs,bref,les représentants de tous les métiers chaque fois
qu'il est possible de mesurer l'habilité individuelle.
Le gouvernement nazi a entrepris également d'assurer aux ouvriers de l'industrie
une existence semi-rurale.
Aux abords des villes industrielles on a créé des villages où chaque travailleur
possède un maison entourée d'un jardin potager assez grand pour subvenir
aux besoins de sa famille
.
A l'origine,ce projet devait intéresser dix millions de personnes.
Telles sont quelques-unes des réalisations grâce auxquelles le gouvernement nazi
a consolidé sa position en Alemagne.
Bien que tous ces changements radicaux eussent été imposés d'autorité,
le peuple allemand s'en montra fort satisfait et eut l'impression qu'il était
en train de remettre à neuf sa patrie et de lui donner fière allure.
La seule chose que l'on puisse comparer,dans l'histoire anglaise,à cet état d'âme d
u peuple allemand,c'est ce sentiment "je sers mon pays"
qui règna au début de la guerre.

Aux citoyens respectueux de la loi,le gouvernement nazi apporta:

- l'ordre public,

- la paix politique,

- plus de travail,

- de meilleures conditions d'existence,

- et la promesse qu'il tint depuis,de refaire de l'Allemagne une grande nation.
Par contre,il abattit une lourde main sur les gens qui résistaient ou donnaient
l'impression de vouloir résister.
L'humanité est un trait qui dépend en grande partie des circonstances.
Le jockey qui caresse son cheval au paddock le cravachera peut-être sans pitié avant l'arrivée au poteau.
Les dirigeants de l'Allemagne se montrèrent inflexibles parce qu'ils estimaient
que le destin de leur pays était en jeu.



S'ils échouaient, ils ouvriraient toutes grandes les portes au bochévisme,
à ce même bochévisme assoiffé de sang qui avait exercé ses ravages
et avait "liquidé" en Russie,qui avait torturé et massacré en Hongrie
et qui a allongé la liste des horreurs en Espagne
.
En maints endroits de l'Allemagne, les gens savaient par expérience
combien les rouges peuvent être sauvages.
Les nazis sont persuadés que sans Hitler le communisme aurait déferlé sur l'Allemagne
et que la domination bolcheviste se serait étendue des rives de l'Amour à celles du Rhin.


"C'est nous,nationaux-socialistes"
disent les chefs nazis
"qui avons empêché la Grande-Bretagne d'avoir les Soviets à sa porte,
sinon chez elle,tout comme les Japonais sont en train d'empêcher les bolchévistes d'accentuer leur pression en direction des Indes".


Pour Hitler,le bolchévisme est une lèpre politique.
Il a la conviction que seule une vigilance constante lui interdira de se répandre
sur l'Europe.

Son opinion à cet égard repose sur le fait qu'il avait prévu le déchaînement
de la furie rouge en Espagne qui,au début de la guerre civile,entraîna le massacre
des prêtres,des religieuses et des "bourgeois".
Hitler considère que les Anglais et leur gouvernement se comportent comme des insensés.

"Le jour viendra peut-être
, me dit-il une fois,où l'Angleterre remerciera Dieu
que l'Allemagne ait une armé puissante pour défendre l'Europe contre la Russie soviétique".



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Re: Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Ven 22 Fév - 12:25

Lorsque les chefs nazis entreprirent la tâche de remettre l'Allemagne sur pied,
ils décidèrent de réduire les éléments hostiles du pays qui autrement auraient
pu constituer une menace dans leur dos.
Les méthodes dont ils usèrent furent énergiques parce que leurs adversaires
étaient aussi traîtres qu'impitoyables.

D'ailleurs,les Allemands ne sont pas la seule nation à employer la manière forte.
La police américaine traite les grévistes et les prisonniers sans beaucoup de ménagement.
La "pacificaion" de la Libye par l'Italie fut empreinte d'une farouche sévérité.
Les Autrichiens eux-mêmes,avec leurs manières charmantes,étouffèrent
un soulèvement communiste à Vienne au prix de quinze cents tués et de quatre
ou cinq mille blessés,après quoi ils conduisirent le chef des meneurs,
assez mal en point, à l'échafaud sur une civière.
Ainsi que Hitler me l'a démontré un jour,si le bilan de la lutte entre nazis
et communistes avait atteint les mêmes proportions,eu égard au chiffre
de la population,il y aurait eu en Allemagne 18.000 tués et 50.000 blessés.
En fait,pendant la révolution il y eut plus de personnes tuées en Irlande
qu'en Allemagne,pays vingt fois plus peuplé
.
Cependant,si la lutte avait tourné à l'avantage de l'autre parti et si les bolchévistes l'avaient emporté,les "bourgeois" allemands des membres du clergé et les officiers auraient été massacrés en aussi grand nombre qu'en Russie ou en Espagne rouge.



La victoire des Nazis n'entraîna ni beaucoup de pertes de vies humaines
ni beaucoup de souffrances.
En douze ans,guère plus de cinq ou six cents hommes furent tués et,
pour chaque prisonnier envoyé dans un camp de concentration,les bolchévistes
en condamnèrent et en condamnent encore une douzaine à une mort lente
dans les marais articques.
Les ennemis de l'Allemagne menèrent grand tapage autour de ces camps
de concentration,tout comme les ennemis de l'Angleterre autour des prétendus
abus auxquels on se livrait dans les camps de concentration en Afrique du Sud
pendant la guerre contre les Boers.
Dans les deux cas on fit preuve d'exagération et l'on porta des accusations téméraires.
Si les communistes avaient été les gardiens de ces camps au lieu d'en être les "pensionnaires", il y aurait eu infiniment plus de cruautés commises en Allemagne
à en juger par les forfaits perpétrés chaque fois que les bolchévistes ont eu le dessus.
Noircir le régime nazi parce que certains de ses agents ont pu abuser de leur pouvoir
est aussi déloyal que de condamner le gouvernement des Etats-Unis pour les brutalités
de certains gardiens chargés de surveiller les "chaînes de forçats" dans les montagnes
à l'ouest de la Virginie.
S'en prendre aux Juifs est un moyen si infaillible de se faire des ennemis dans le monde entier que les Nazis ont dû soigneusement peser le pour et le contre avant d'appliquer
leur politique antisémite.
Leur attitude est basée sur la conception que l'Allemagne est en état de siège.


Lorsqu'ils résolurent de mettre en pièces le Traité de Versailles,les Nazis,
tels des hommes qui vont se battre,déclarèrent:
" Celui qui n'est pas avec nous est contre nous"

et affirmèrent que seul un Allemand de race pure était digne de participer
au combat pour la liberté nationale.
Leurs préjugés anti-juifs furent renforcés par le rôle joué par cette race
dans les soulèvements communistes qui contribuèrent beaucoup à parachever
l'oeuvre désastreuse de la guerre.
En Allemagne avant la guerre,le fait d'avoir du sang juif dans les veines
n'avait rien de gênant.

Les Juifs ne pouvaient pas devenir officiers mais toutes les autres professions
leur étaient ouvertes et de riches israélites comme Ballin,l'armateur de Hambourg,
étaient même des amis intimes du Kaiser.
Mais,dans la confusion qui règna après la guerre,l'Allemagne
fut envahie par les Juifs venus de Pologne et de Galicie.




La cause de cette migration tenait à l'effondrement de la devise
allemande qui fournissait aux Juifs des pays voisins l'occasion tant souhaitée
de réaliser de gros profits.

A cette époque,quiconque arrivait en Allemagne nanti de devises étrangères,
pouvait acheter une affaire, une maison ou n'importe quels autres biens-fonds
à des prix fantastiquement bas.
Le Juif,parti de Lemberg ou de Cracovie avec l'équivalent de quelques centaines
de livres sterlings,une fois à Berlin faisait figure de capitaliste et possédait
assez de ressources financières pour donner libre cours à son habitude commerciale.
Ces incursions étaient encore facilitées par le fait que la langue yiddish,
parlée par les Juifs de Pologne et de Galicie,est un dialecte allemand.
En outre,sous la République,l'entrée et la résidence en Allemagne n'étaient
soumises qu'à de simples formalités.
Les vrais Allemands considéraient cette immigration comme un danger
pour la culture nationale,car les Juifs de l'étranger n'apportaient avec eux
que des principes fondés sur le matérialisme international.

Et tandis que ces représentants les plus sordides de la race juive profitaient
du marasme de l'Allemagne,les intellectuels de la même origine prenaient
d'assaut les carrières libérales.
Bien que les statistiques indiquaient que le nombre des Juifs inscrits
dans les synagogues formât seulement 1% de la population totale de l'Allemagne,
45% des professeurs de la Faculté de Médecine de Berlin étaient juifs lorsque Hitler
arriva au pouvoir;et l'on a la preuve que les praticiens juifs des trois principaux
hôpitaux municipaux de Moabit,de Friedrichshain et de Neukölln,formaient
respectivement 56,63 et 67 % de tout le corp médical de ces établissements.
Les médecins et les chirurgiens juifs étaient nombreux même dans les hôpitaux catholiques.
Sous la République,dans trois des principaux ministères,les fonctionnaires chargés
des rapports avec le public étaient juifs.
La proportion des avocats juifs variait de 29 % à Dortmund,à 64 % à Francfort,
66 % à Berlin, et 67 % à Breslau.
Les Juifs étaient les maîtres de la Bourse de Berlin.
Sur 234 directeurs de théâtre en Allemagne,50 étaient juifs et, à Berlin,il y en avait 4/5.
Les magasins de confection et les magasins à succursales multiples étaient
pratiquement le monopole des Hébreux.
Enfin,ce qu'il y avait de plus intolérable aux yeux des nazis,c'était que la partie
contrôlée par les Juifs dont les plus représentatifs étaient Ulstein et Rudol Mosse,présidents de deux grands trusts.



"Je place la femme à égalité avec l'homme.
Je ne la crois pas sa semblable,elle est sa compagne,et il ne faut pas lui imposer
des travaux pour lesquels l'homme est fait.
Mais,en tout cas,une femme qui ne se marie pas,nous en avons beaucoup en Allemagne
puisque nous manquons d'hommes,a droit à gagner sa vie comme l'homme."

(Hitler à Paris Soir,26 janvier 1936)

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Re: Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Ven 22 Fév - 12:37

D'après les discours publics de Hitler,98 % des postes du gouvernement soviétique
étant tenus par des Juifs,les Nazis trouvent dangereux de permettre aux membres
de cette race d'exercer une profession influente.
Ils soutiennent que le caractère juif est fondamentalement internationaliste et que,
partant,le Juif est incapable de s'identifier aux intérêts de la nation.

Ils considèrent que les Juifs sont poussés à la fois par l'instinct et par la race
à coopérer avec les maîtres de la Russie soviétique.



Cette méfiance devant la part prise par les Juifs comme instigateurs,organisateurs
ou chefs,dans les diverses révolutions communistes en Europe centrale après
la guerre, part qui était hors de proportion avec leur importance numérique.
Le personnage le plus actif de cette organisation,qui s'intitula elle-même le Gouvernement
de Madrid au début de la guerre civile,fut l'ambassadeur juif des Soviets,Rosenberg.
L'attitude tolérante de l'Anglais moyen envers les Juifs,les communistes et ces intellectuels
dévoyés appelés d'un terme indulgent "bolchévistes de salon",
semble donc aux Nazis une apathie stupide en présence d'un véritable danger.
Ils voient là l'indice que la race britannique a perdu ce bon sens vigilant qui la caractérisait
lorsqu'il s'agissait de question touchant à ses intérêts nationaux.
Hitler est convaincu que les Juifs en place,souvent déguisés avec succès en Anglais
ou en Français de vieille souche,sont en train de corrompre subtilement et systématiquement les vertus de l'Angleterre et,dans une bien plus forte mesure,
celles de la France
.
Qu'un auteur juif comme M.Léon Blum,dont l'ouvrage sur le mariage
prêche l'immoralité
,ait pu devenir premier ministre de la France,semble
à la plupart des Allemands une confirmation de leur point de vue.
En subordonnant les questions de race et de religion à leurs buts nationaux,
les chefs nazis n'ont pas hésité à s'attaquer aux organisations cléricales
de leur propre peuple.
Ils justifient les mesures de répression prises contre les églises catholiques
et évangéliques d'Allemagne en déclarant qu'elles visaient plutôt l'activité politique
du clergé que la foi elle-même.






Quelques photos d'époque:  study 

http://www.nobeliefs.com/nazis.htm

Hitler a pour principe ,sauf dans le domaine purement spirituel,la vie du peuple allemand
doit être soumise uniquement à l'influence du national-socialisme.
Sa campagne contre les églises d'Allemagne est basée sur la conviction que celles-ci,
non contentes de s'occuper des croyances religieuses de leurs membres,tendent encore
à contrôler leur activité de citoyens.
Le Chancelier conteste surtout les revendications de l'église catholique romaine
qui voudrait avoir le droit d'assurer l'éducation des enfants de ses adeptes.
A l'exemple des Tudor en Angleterre,il se méfie de cette seconde allégeance
à une autorité étrangère,celle de Rome.

Il prétend que 20 % de la superficie totale de l'Allemagne appartiennent
à l'église catholique et à ses divers ordres.

Nul événement dans les annales du gouvernement hitlérien n'a surpris davantage
les pays étrangers que la violente "purge" du Parti nazi "appliqué" le 30 juin 1934.
On n'a jamais publié la liste complète des gens tués au cours des exécutions
sommaires qui eurent lieu un peu partout en Allemagne ce week-end-là.
Le nombre des victimes s'élève certainement à plusieurs centaines et comprit,
outre des personnages de premier plan tels que le général von Schleicher,
l'ex- chancelier,dont la femme mourut à ses côtés,et le capitaine Röhm,
chef des S.A ou troupes d'assaut,bon nombre de personnes qui occupaient
une haute situation dans le Parti nazi et dans les services gouvernementaux.
Il serait absurde de supposer qu'une impulsion sauvage aurait soudain poussé Hitler
à ordonner la suppression de ses propres partisans et à assumer la responsabilité
de cette hécatombe devant l'Histoire.

Son geste s'explique par le fait qu'à cette époque le Parti nazi était menacé
d'une scission interne,qui, si elle s'était produite,aurait peut-être amené
la guerre civile en Allemagne
.
Hitler se montra impitoyable mais il justifie son action en soutenant que s'il n'avait pas étouffé la rébellion dans l'oeuf,les conséquences eussent été infiniment plus douloureuses pour le pays.
Il considère qu'il s'est trouvé dans la situation du capitaine d'un navire en pleine mer
à bord duquel éclate une mutinerie et il estime qu'il lui était indispensable d'employer
des méthodes sévères pour sauver les passagers,représentés en l'occurence
par la nation allemande toute entière.
Officiellement,on n'a jamais publié de compte rendu sur la nature exacte
de la conspiration,mais on sait que Röhm et une clique de partisans trouvaient
que la "nazification" de l'Allemagne n'était pas encore assez avancée.
Röhm désirait que ses deux millions de gardes d'assaut constituaient non seulement
la garde prétorienne du Parti,mais aussi qu'ils fussent l'incarnation de la force nationale
de l'Etat.
Cette dernière fonction, Hitler s'était contenté d'en laisser le soin à la Reichswehr,
alors normalement limitée à 100.000 soldats de carrière forts de leur instruction
militaire et de leur discipline.
Les généraux de la Reichswehr opposèrent une résistance farouche à Röhm  
qui voulait amalgamer ses deux millions de chemises brunes à l'armée nationale
et faire des officiers de leurs chefs.


(Ernst Röhm:1887-1934).

Sous la République comme sous le gouvernement nazi,les généraux de la Reichswehr étaient restés en dehors de la politique,se consacrant uniquement à leur tâche
qui était de faire de l'armée allemande la force militaire la mieux entraînée du monde.
Ils ne tenaient pas du tout à voir leur oeuvre compromise et leurs magnifiques soldats submergés sous l'afflux de gardes d'assaut.
En épousant le point de vue des généraux, Hitler avait excité le mécontentement
de Röhm et de ses associés qui se disposèrent donc à se servir des chemises brunes
pour tenter un coup d'Etat.
Si le soulèvement de la milice du Parti avait réussi,il y eût été suivi de l'exécution
de ceux que les chefs des troupes d'assaut regardaient comme des adversaires.
On prétend avoir trouvé après la "purge" une liste des gens
à supprimer.
Les amis de Hitler affirment que le nom du Chancelier figurait sur ce document
et Hitler lui-même,dans son discours au Reichstag après les exécutions,déclara
que l'un des condamnés à mort,un dénommé Uhl,avait avoué qu'on l'avait chargé d'assassiner le Chancelier lorsque la révolte des S.A aurait été un fait accompli.
Mais la Reichswehr avait un service secret à elle fort bien organisé et ses agents
ne perdraient pas de vue  Röhm et son groupe.
Il paraîtrait que ce furent les généraux de la Reichswehr qui pressèrent Hitler
d'écraser les conspirateurs avant qu'ils n'eussent mis leurs projets au point.
Pour compliquer les choses,Röhm était en rapport avec d'autres mécontents parmi lesquels l'intrigant général von Schleicher,furieux que l'homme dont il avait voulu
faire un instrument lui eût pris sa place de Chancelier.
Depuis sa mort,Schleicher a été réhabilité mais à cette époque-là, Hitler et ses conseillers étaient persuadés que d'accord avec Röhm,il entendait bien prendre la tête d'un nouveau gouvernement.
En outre,on le soupçonnait d'entretenir des relations,non pas avec le gouvernement français,mais avec certains éléments en France qui lui eussent obtenu l'appui officiel
de ce pays au cas où,avec l'aide de Röhm,il aurait repris la Chancellerie.


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Re: Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Ven 22 Fév - 12:37

Tous ces projets devaient être mis à exécution après la "permission"
annuelle de juillet des gardes d'assaut pendant laquelle,le port de l'uniforme
et les parades étaient supprimées.
Dans une note à ses partisans Röhm alla jusqu'à menacer
"les ennemis des S.A de recevoir leur réponse à l'heure et sous la forme
qui paraîtront nécessaires.
Les S.A
, concluait-il, sont et restent le destin de l'Allemagne".
Hitler a pour habitude de ne jamais se mêler des divergences d'opinions politiques
de ses subordonnés.
Il se dresse au-dessus des remous comme l'autorité suprême et n'intervient
que si ces conflis menacent l'oeuvre du régime.
Vers la fin de juin 1934,on ne pouvait plus fermer les yeux sur la conspiration de Röhm.

Le Chancelier décida d'agir sur-le-champ.



On savait que Röhm et ses principaux associés tenaient leurs assises dans une villa appelée la Pension Hanselbauer,située sur les bords du Wiessee,à une cinquantaine
de kilomètres de Munich.
Il y avaient convoqué les chefs des S.A à une conférence au cours de laquelle
ils devaient mettre la dernière main à leur projet de révolte.
Hitler décida de devancer cette conférence.
Il prit un avion pour Munich où il arriva à l'aube.
Outre le docteur Goebbels,il avait emmené Otto Dietrich,le chef des services
de presse nazis,ses assistants Brückner et Schaub et les gardes attachés à sa personne.
La petite troupe monte dans deux voitures escortées par gardes noirs ou S.S
et fila vers le quartier général de Röhm à trois quarts d'heure de là.
Les sentinelles postées devant la porte se retirèrent sur l'ordre d'Hitler qui se dirigea
tout droit vers la chambre à coucher de Röhm.
Le gros homme dont les instants étaient comptés gisait en travers de son lit
et dormait d'un lourd sommeil d'ivrogne.Il n'avait pas quitté l'uniforme qu'il avait porté
la veille au souper orgiaque prolongé bien avant dans la nuit.
On le secoua pour le réveiller et,l'esprit encore embrumé,il aperçut au-dessus de lui
le visage de Hitler, blême de fureur.

Schuft,du bist verhaftet"
("Crapule,tu es arrêté") furent les seuls paroles prononcées
par le Chancelier dont la déclaration était appuyée par les révolvers
des hommes en uniforme noir qui se tenaient derrière lui.
Röhm était trop hébété pour faire autre chose que protester d'une voix incohérente.
Heines,son collaborateur principal,découvert dans une autre pièce,dans des circonstances
moralement compromettantes,fut abattu sur place.Tous les autres chefs S.A réunis
dans la villa furent arrêtés. On les conduisit à Munich à la prison de Stadelheim.
Ce bâtiment de briques rouges est une maison d'arrêt pour les criminels,
mais on s'en servait également pour y garder les femmes communistes
qu'on ne voulait pas envoyer dans les camps de concentration.
Une cour martiale y fut établie et les hommes accusés furent rapidement condamnés
à mort.

Röhm ne fut pas exécuté avant le lundi 2 juillet.
Tout au long de ce weed-end on le laissa seul dans sa cellule avec un révolver
dans l'espoir qu'il mettrait lui-même fin à ses jours.
On prétend qu'en face du peloton d'exécution,cet aventurier obèse et corrompu,
mais courageux et intelligent,qui avait intitulé son autobiographie
"Histoire d'un traître", sut mourir avec dignité.
Entre temps,le général Göring faisait appel à la police secrète d'Etat pour accomplir
à Berlin un vaste coup de filet.Ernest,commandant des S.A de la capitale,
fut poursuivi jusqu'à Brême et arrêté au moment où il allait s'embarquer
avec sa femme sur un bateau en partance pour une croisière en Méditerranée.
Les victimes berlinoises de la "purge" furent fusillés dans la cour
de l'ancienne école des cadets à Lichterfelde,qui sert aujourd'hui de caserne
à la brigade de S.S chargée de veiller sur Hitler.
Ceux qui s'étaient imaginé que leurs hautes fonctions les mettaient à l'abri
de mesures draconiennes,vécurent juste assez longtemps pour apprendre le contraire.
Schleicher et sa femme furent tués sur-le-champ par des agents de la police secrète.
Le colonel von Bredow,l'un de ses collaborateurs les plus intimes,fut abattu
dans son bureau pour avoir refusé de donner les clefs d'un coffre-fort.
Cependant,tandis que l'on exécutait en mase et que des gens de premier plan disparaissaient sans laisser de trace,l'Allemagne restait parfaitement calme.
La confiance dont jouit Hitler auprès de son peuple résista même à cette épreuve sinistre.

Cela a été terrible,mais le Führer l'avait jugé nécessaire,alors on ne pouvait pas
faire autrement"."
, tel fut le seul commentaire que j'entendis
sur cette réédition moderne du massacre des Janissaires.

"Pendant vingt-quatre heures,je fus la Cour suprême du peuple allemand".
,
déclara le Führer au Reichstag quinze jours après l'événement.
Il ne regretta pas plus sa sévérité qu'un juge qui a condamné à mort un criminel
dont la culpabilité ne faisait aucun doute.
D'ailleurs,c'est ainsi qu'en Allemagne on interprète son geste.




"Je dois,à la vérité,de constater que la doctrine nazie a considérablement
élevé le niveau moral individuel".

(Jean Mariat,Prisonnier en Allemagne (1941),p.24)


" Nous avons réussi à diminuer le pourcentage de la mortalité infantile de 7,9 % en 1932
à 6,6 % en 1936 (...).
Notre but est de diminuer davantage encore le pourcentage de mortalté infantile
et de veiller à la santé de nos mères et de nos enfants.
Nous voulons remplacer les pleurs par le rire joyeux et créer les fondations
pour une race saine et force."

(Erich Hilgenfeldt,chef de l'Organisation nationale-socialisme
du Travail,1936
)


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Re: Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Ven 22 Fév - 12:37

On a fait un grand usage du mot "crise" depuis que Hitler est au pouvoir.
Il y eut une crise lorsque l'Allemagne quitta la Société des Nations en 1933,
une autre en 1934,lors du soulèvement nazi de Vienne.
En 1935,l'Allemagne répudia les clauses militaires du Traité de Versailles.
L'année 1936 vit la réoccupation de la Rhénanie,tandis que 1937 amenait
le bombardement d'Alméria et la "crise" prolongée
qui caractérisa l'atmosphère du Comité de non-intervention.
De toutes ces situations tendues,la plus grave fut incontestablement celle
qu'engendra la réoccupation de la Rhénanie.
On s'y attendait déjà depuis plusieurs mois et le prétexte immédiat en fut
la ratification de l'alliance militaire entre la France et la Russie.
Hitler prétendit que ce pacte était dirigé uniquement contre l'Allemagne et que,
par conséquent,il se trouvait justifié,en fait,sinon en droit,à prendre de nouvelles
mesures de sécurité en redistribuant les forces défensives de l'Allemagne à l'intérieur
de son propre territoire.



On pense que la date exacte de la réoccupation fut fixée une fois pour toutes
à la suite des premières démarches entreprises par la France auprès de l'Angleterre
pour obtenir d'elle des engagements précis au cas où l'Allemagne réoccuperait
la Rhénanie.
Le gouvernement allemand estima que si la Grande-Bretagne donnait des promesses formelles,elle les tiendrait,mais que si la Rhénanie était réoccupée avant que
le gouvernement britannique se fût engagé,le risque de résistance serait limité
à une action possible du gouvernement français.
Toutefois,ce risque était assez grand pour amener les généraux allemands à méditer
sur la sagesse de l'entreprise.L'armée allemande basée désormais sur le service
à court terme,était devenue armée nationale et se trouvait en pleine transformation.
Elle était tout juste en mesure d'envoyer en territoire réoccupé quelques détachements isolés et sans haut commandement commun.
Hitler donna l'ordre d'entrer en Rhénanie le vendredi 6 mars et le lendemain matin,
les ambassadeurs d'Angleterre,de France et de Belgique furent brusquement convoqués
pour midi à la Reichskanzlei où le Chancelier leur lut un mémorandum dans lequel
il annonçait que la Rhénanie était déjà réoccupée et il traçait les grandes lignes
d'un programme destiné à assurer la paix en Europe occidentale.
Ce programme consistait en plusieurs points.

1) Pacte de non-agression d'une durée de vingt-cinq ans entre l'Allemagne,
la France et la Belgique.

2) Garantie de ces pactes par l'Angleterre et l'Italie.

3) Pacte similaire avec la Hollande si elle le désirait.

4) Pactes de non-agressions en l'Allemagne et ses voisins de l'Est y compris la Lithuanie.

5) Pacte aérien entre toutes les puissances occidentales.

6) Rétablissement d'une zone démilitarisée à la frontière occidentale de l'Allemagne
si la France en faisait de même de son côté.

7) Retour conditionnel de l'Allemagne à la SDN.
L'attitude du gouvernement britannique envers ces propositions fut plus favorable
que celle du gouvernement français qui dénonça la réoccupation de la Rhénanie
comme une atteinte au Traité de paix et au Pacte de Locarno.



Le gouvernement français était d'autant plus enclin à faire preuve de fermeté que:

1) L'Angleterre s'était engagée à Locarno à ne pas abandonner la France.

2) L'Angleterre avait persuadé la France de l'aider à imposer des sanctions à l'Italie,
si bien que la France était moralement en droit de lui demander par réciprocité
son appui contre l'Allemagne.

3) Par rapport à l'Allemagne,la France était relativement plus forte qu'elle ne pouvait
jamais espérer l'être car le service militaire obligatoire en Allemagne n'était en vigueur
que depuis six mois.
Environ 30 000 hommes entrèrent en Rhénanie,soit 19 bataillons et 13 batteries,
qu'accompagnaient des services d'intendance,un corps de génie et des détachements auxiliaires.

48 heures après la réoccupation,j'eus à Munich une interview de deux heures
avec le Chancelier.
Il me donna des précisions sur sa proposition de pactes
de non-agression avec les Etats situés à l'Est de ses frontières et me spécifia
qu'il était prêt à englober la Tchécoslovaquie et l'Autriche dans ce système.
Il me déclara également que si l'on repoussait ou si l'on ignorait
ses offres,ainsi qu'on l'avait fait dans le passé, il ne les renouvellerait pas.
Mes conversations avec d'autres membres du gouvernement allemand me révélèrent
une volonté farouche qui semblait refléter l'état d'esprit du peuple allemand en général.


"Si ça aboutit à une guerre
, me dit-on,l'Allemagne résistera jusqu'au bout.
Il se peut que le bolchevisme soit le seul vainqueur.
Il se peut aussi qu'une génération d'Allemands soit appelée à mourir pour que la suivante
connaisse la liberté."

"En cas de guerre,le monde pourrait bien avoir une surprise désagréable."
,m'assure-t-on par ailleurs.

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Re: Je connais ces dictateurs :M.Ward Price.

Message  Jo la fouine le Ven 22 Fév - 12:37



A Berlin,le Chancelier m'invita à parcourir les rues dans son auto.

J'étais assis sur la banquette arrière de la voiture,la première d'une longue file
de Mercédès-Benz noires.Hitler se tenait debout à côté du chauffeur.
Nous roulâmes ainsi pendant quarante minutes,traversant la ville à une allure réduite.
Les rues étaient noires de monde et de la foule montait un grondement incessant
de "Heil,Heil,Heil !" pareil au bruit des vagues.
Toutes les fenêtres étaient pavoisées et garnies de spectateurs.
Hitler resta debout tout le temps,levant à chaque instant le bras pour saluer
à droite et à gauche.
J'étudiai les gens alignés en rangs massifs de chaque côté de nous.
Quel que fût leur âge ou leur conditions,ils avaient tous la même expression
de joie extatique.
Il était rare d'apercevoir dans la multitude évaluée à 400 000 personnes
un visage renfrogné ou un bras qui n'était pas tendu.
99 % des personnes présentes donnaient tous les signes d'un enthousiasme
aussi sincère que frénétique.



J'eus l'occasion d'assister à des scènes analogues à Francfort et à Cologne,
villes rhénanes où il n'y avait pas eu de soldats depuis 18 ans.
Ce fut au milieu de ces manifestations,preuves de la place occupée par Hitler
dans les esprits et dans les coeurs,que la crise provoquée par la réoccupation
de la Rhénanie s'éteignit.
Son épitaphe fut un questionnaire adressé à Berlin par le Foreign Office dans lequel
on commençait par demander au gouvernement allemand s'il estimait en être arrivé
au stade où il pourrait désormais tenir ses promesses.
L'Alemagne se sentit si offensée qu'elle ne répondit jamais.

La crise aboutit à une réoccupation militaire complète de leur territoire par les Allemands.
Ceux-ci se mirent bientôt à fortifier la Rhénanie de la frontière hollandaise
à la Forêt Noire,tandis que les Français,derrière leur "Ligne Maginot" étudiaient
les modalités de leur nouvelle alliance défensive avec la Grand-Bretagne,
basée sur les "conversations d'états-majors".
En leur sagesse les hommes d'Etat de l'Europe occidentale ne trouvèrent pas
d'autre dénouement à une situation qui,au début avait au moins offert
des possibilités d'accords de longue durée
entre l'Allemagne et tous ses voisins comme contre-partie au geste d'Hitler,
redevenu libre de prendre toutes dispositions militaires à l'intérieur
de ses propres frontières.


FIN (je ne vais pas recopier tout le livre Very Happy )

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