« Je préfère mon ignorance à la négation »

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« Je préfère mon ignorance à la négation »

Message  Jo la fouine le Mer 23 Jan - 16:50



Présentation


Nos lecteurs trouveront ci-dessous les échanges qui ont eu lieu lorsque Marie B.,
qui aide désormais Vincent Reynouard dans son combat, a choisi de révéler
à sa famille, politiquement « à gauche » ,qu’elle devenue révisionniste
et sympathisante de la vraie droite.

Nous avons choisi de publier ce document car les réactions de sa famille
sont symptomatiques de l’ignorance et de l’hypocrisie des bien-pensants qui,
au nom de l’ « ouverture », de la « tolérance » et du « respect » de l’autre,
rejettent sans examen des opinions dont ils ne connaissent rien, cautionnent
les lois liberticides et injurient copieusement.


Mon « coming out »


Comme toute personne baignée dans le « politiquement correct »,
j’ai cru pendant des années aux histoires que l’on raconte sur les camps allemands,
les « chambres à gaz » homicides allemandes et l’ « Holocauste ».
J’ai découvert le révisionnisme en regardant l’humoriste Dieudonné.
L’existence de Vincent a été porté à ma connaissance lors de sa détention
par le site internet de l’association « Égalité et Réconciliation ».
Nous nous sommes rencontrés fin mai 2011 et j’ai commencé à travailler pour lui
deux mois plus tard, en juillet.

Redoutant les réactions de mes proches , l’avenir dira combien j’avais raison ,
j’ai tout d’abord caché à ma famille l’identité et les activités de Vincent,
prétendant qu’il s’appelait François et qu’il travaillait comme traducteur
dans le secteur de la chimie. Mais rapidement, j’ai ressenti un besoin de vérité.
Le 17 août, j’ai envoyé une lettre aux miens, lettre dans laquelle je révélais tout.


Lettre tapuscrite envoyée par la poste à mes parents, mon frère,
mes trois oncles, mes deux tantes et ma grand-mère
[désormais « toute la famille »]
le mercredi 17 août 2011, accompagnée du DVD « Holocauste »
diffusé par le VHO
:




Chère Maman,

Cher Papa,

Cher […],

Chère famille,



Je vous annonce que François, l’homme de ma vie, ne s’appelle pas François
Vincent mais Vincent Reynouard.
Il est ingénieur chimiste de formation, diplômé de l’Institut des sciences
de la matière et du rayonnement (ISMRa, Caen).
Mais son parcours personnel l’a amené à mettre ses connaissances techniques
et scientifiques au service de la recherche en histoire. Je m’explique :



Vincent est né le 18 février 1969 à Boulogne-Billancourt. Il a grandi en […],
dans une commune appelée […], non loin de […], dans une famille riche.
Son père et sa mère étaient tous deux médecins ; son père était maire
de son village et conseiller général. Rêveur, charitable et de nature sensible,
il a très tôt été frappé par le contraste qu’il notait entre la richesse des uns
et la pauvreté des autres. Avec l’âge, ce contraste lui a semblé entretenu
et aggravé par la société moderne, laquelle, largement dépourvue de spiritualité,
favorise par trop la réussite sociale et l’argent.
L’éducation qu’il a reçue et l’expérience familiale lui ont fait prendre la mesure
d’une société qu’il a finie par voir comme injuste, vaine et dépourvue d’idéal.



C’est dans cette disposition d’esprit que, s’intéressant à l’histoire contemporaine
et notamment à l’effort des uns et des autres pour remédier à l’injustice sociale,
Vincent a été frappé par les réussites concrètes de l’organisation sociétale
en Allemagne au temps d’Hitler. Les professeurs d’histoire en conviennent ,
je puis en témoigner, qu’Adolf Hitler a su rendre son peuple heureux
(voir documents)




parce qu’il a mis en place une société d’ordre où, certes, tous étaient soumis
à un chef unique, mais aussi où chacun trouvait sa propre place, avec un emploi
qui lui permettait de fonder une famille, de la faire vivre et de s’épanouir
en donnant la priorité au bien public et non à l’intérêt privé.
Une étude approfondie du sujet a conduit Vincent à penser qu’au lieu de s’enfoncer
dans le chômage, la pauvreté, l’exclusion, la solitude et le consumérisme
engendrés par la démocratie actuelle, notre société moderne gagnerait
à s’inspirer du précédent national-socialiste, donc non « démocratique »,
afin d’assurer à tous les citoyens d’un pays donné une chance de vivre décemment.



Ainsi mû par la considération qu’il portait spontanément aux autres
et par le désir d’une société plus juste,Vincent est devenu national-socialiste.
Vous me répondrez peut-être que le « nazisme » est une idéologie
intrinsèquement criminelle.
Depuis plus de soixante-cinq ans, l’hitlérisme ne nous est présenté
que par ses plus farouches adversaires.
A de rarissimes exceptions près on n’écrit pas de livre sur Hitler mais seulement
contre Hitler. Que diriez-vous si, pour vous présenter, on laissait carte blanche
à votre pire ennemi sans aucun droit de rectification pour vous ?
Croiriez-vous que le portrait brossé serait objectif ?
Assurément non, et vous auriez raison. Car un accusé a le droit de se défendre.



C’est pourquoi il faut aussi écouter l’autre partie.
Après l’accusation, la parole doit être à la défense.
C’est le principe élémentaire de toute Justice. Aussi longtemps qu’on n’aura pas,
avec un esprit ouvert et un cœur ouvert, écouté ceux qui le défendent,
le national-socialisme ne pourra être jugé. Vincent, lui, a pris connaissance
des arguments de la défense ; ayant pesé le pour et le contre, il a conclu que,
sans omettre ses erreurs et ses excès, lesquels pouvaient être dus
aux circonstances de son application pratique, cette idéologie était compatible
avec les désirs humanistes.



En 1988, il achète plusieurs exemplaires de la revue Annales d’Histoire Révisionniste
et y découvre le Rapport Leuchter.
L’année suivante,il lit Nuremberg ou la terre promise publié en 1948 par Maurice Bardèche. En 1990,fort de ces lectures et d’autres encore,Vincent se lance dans la recherche historique. Quatre ans plus tard, en 1994, il publie son premier important ouvrage,
intitulé Les crimes « libérateurs » contre la paix dans lequel il expose son point
de vue sur ce qu’il estime être les véritables causes de la seconde guerre mondiale.



A partir de 1990, il avait commencé une enquête à Oradour-sur-Glane afin
de découvrir la vérité sur ce qu’on appelle communément aujourd’hui
« le massacre d’Oradour ». Aidé de ses connaissances en physique et en chimie,
il aura été le premier à mener sur place une véritable expertise des ruines de l’église.
Il en conclut que la thèse officielle de l’incendie généralisé est totalement fausse.
Les femmes et les enfants d’Oradour n’ont pas péri dans un incendie que
les Waffen SS auraient volontairement allumé, mais dans l’explosion inopinée
d’un dépôt clandestin de munitions que les maquisards avaient installé
dans le clocher et sous les combles du lieu saint.
Ses conclusions sont publiées en juin 1997 dans un ouvrage de plus de 400 pages
en grand format intitulé :
Le Massacre d’Oradour :un siècle et demi de mise en scène

(éditions VHO).


Incapables de lui répondre sur le fond, les représentants officiels
de la population d’Oradour obtiennent dès septembre 1997 l’interdiction de son livre.
Mais le décret d’interdiction sera cassé par la Cour européenne des Droits de l’homme.



En 2005, il est le premier à dénoncer auprès du public français
le « scandale des armes à l’uranium appauvri », armes dont, à la suite
des deux guerres du Golfe,sont victimes en premier lieu les petits enfants d’Irak.
Sillonnant la France, il donne des conférences sur le sujet, dont l’une d’entre elles
peut être visionnée sur Internet.
[1].


En 2006, il donne une conférence qui connaît tellement de succès qu’il décide
d’en faire un documentaire au format DVD (joint à ce courrier).
Intitulé [i]Holocauste
,ce documentaire en six parties explique de manière limpide pourquoi les chambres à gaz homicides que l’on dit avoir été aménagées
dans certains camps allemands afin d’y massacrer juifs et tziganes n’ont pas existé,
mais aussi pourquoi les Alliés avaient intérêt à accréditer leur existence.



Vincent n’est pas un « négationniste », mais un révisionniste.
En un premier temps, il analyse au plus près ce qu’affirment les tenants
de la thèse historique officielle.
En un deuxième temps, il se rend sur le lieu supposé du crime supposé ;
il observe, étudie, prend en considération de manière purement scientifique
tout élément qui pourrait se révéler utile et constitue ainsi un « dossier »
aussi neutre que possible.
En un troisième et dernier temps, il revient à la thèse officielle et la relit
à la lumière des observations contenues dans son dossier d’enquête.

Notez bien que Vincent ne cherche pas à contredire la thèse officielle pour le plaisir
de la contredire, mais qu’il en revoit chaque élément pour en vérifier la solidité.
C’est un scientifique, et en scientifique, il s’efforce d’être exact et de n’avancer
que ce qui est vérifiable.



Sachez que Vincent a été condamné à un an de prison ferme en vertu de la loi
Fabius-Gayssot. Cette loi, publiée le 14 juillet 1990 au Journal officiel
de la République française, qui visait en premier lieu le professeur Robert Faurisson, prohibe en fait toute expression publique des thèses révisionnistes.
Vincent est resté en prison du 9 juillet 2010 au 5 avril 2011
(lui ont été normalement décomptés trois mois de remise de peine,
plus quatre autres jours).



Pour ma part, c’est en août 2010, alors que j’habitais […], que j’ai pour la première
fois entendu parler de Vincent. Depuis peu, je m’intéressais à l’association loi 1901
« Egalité & Réconciliation », dont le chef de file, Alain Soral, expose avec lucidité
certains mécanismes du Système dans lequel nous sommes tous englués.
Dès le début, cette association a apporté tout son soutien à Vincent,
puisqu’il avait été condamné en vertu d’une loi réprimant la liberté d’expression. L’association « Egalité & Réconciliation » relevait le point suivant :
la France est un pays réputé pour prôner la liberté, l’égalité, la fraternité,
et plus particulièrement la liberté d’expression.
Or, ce même pays avait mis en prison un Français parce qu’il avait révélé
ses conclusions au terme d’une enquête historique et scientifique.
« Egalité & Réconciliation » y voyait là un acte illogique et liberticide,
donc digne d’être relevé, puis d’être signalé au plus grand nombre.
C’est dans cette circonstance précise que j’ai appris l’existence de Vincent,
et ai commencé à m’intéresser à ses travaux et à sa personnalité.



Mais je me dois d’apporter ici une précision :
fin 2008 et durant toute l’année suivante, je m’étais déjà intéressée
au professeur Robert Faurisson et à ses Ecrits révisionnistes.
J’ai pu le faire grâce à l’humoriste Dieudonné, dont je suis de près les activités
depuis septembre 2008. A l’époque, je revenais d’Allemagne et n’avais suivi
que de très loin ce que les médias appellent « l’affaire Dieudonné ».
De retour en France, j’ai revu un de ses spectacles en DVD par hasard,
1905 (consacré à la laïcité), et à l’université j’ai été au contact de personnes
qu’indignait la manière dont Dieudonné avait été traité à la suite d’un très court
sketch qu’il avait improvisé lors d’une l’émission de Marc-Olivier Fogiel.
Observant les faits le plus objectivement possible et prenant soin d’écouter
l’une et l’autre partie (Dieudonné, d’une part, et les médias, d’autre part),
je constatais qu’il existait une considérable distance entre ce que Dieudonné
avait réellement dit et fait dans son sketch et ce que les médias affirmaient
qu’il avait dit et fait.
Par conséquent, j’en concluais que Dieudonné était probablement plus digne
de confiance que les médias.
En décembre 2008, à la fin d’un spectacle donné au Zénith, il faisait monter
sur scène le professeur Robert Faurisson afin de lui donner la parole,
en sa qualité de victime du Système.
C’est donc à cette occasion que j’ai appris l’existence du révisionniste numéro 1
en Europe, internationalement reconnu pour être celui qui a démontré que
les chambres à gaz homicides n’ont pas existé puisqu’elles n’ont pas pu exister
pour de simples raisons qui relèvent de la physique et de la chimie.



Depuis le mois d’août 2010 je savais que Vincent était en prison.
Trois mois plus tard, j’ai regardé les six heures de son DVD que quelqu’un avait
mis sur Internet en libre accès. Il m’a fallu pas moins d’une semaine pour visionner
et examiner ce vaste ensemble, à raison d’une heure par soir, tant étaient nombreux
et complexes les éléments à prendre en considération et leurs explications.
Et là j’ai été entièrement convaincue.



Par un effet que j’attribue à mon évolution personnelle, c’est-à-dire par ma volonté
de rechercher l’exactitude sans prendre peur à l’idée de ce que je vais avoir
à découvrir, j’ai immédiatement adhéré à la cause révisionniste.
Je vous le dis, je suis révisionniste :
je ne crois plus en l’existence des chambres à gaz homicides nazies.
Toutes les « preuves » et tous les « témoignages » que les historiens invoquent
pour affirmer l’existence de ces abattoirs chimiques s’effondrent quand on les regarde
de près. Mais encore faut-il, bien sûr, avoir la curiosité de les examiner de près.



Sans doute me direz-vous que n’étant, de formation, ni une historienne
ni une scientifique, je ne puis juger. A quoi je répondrais que le bon sens
(c’est-à-dire la capacité de distinguer le vrai du faux), étant, comme on sait,
« la chose du monde la mieux partagée », il s’est plus d’une fois trouvé
dans l’histoire des profanes pour damer le pion aux spécialistes dans leurs propres domaines de compétence.
Mais permettez-moi ici une question :

pourquoi nous refuse-t-on systématiquement un débat public où tant de personnes
de mon genre, sans compter les spécialistes du révisionnisme, seraient démasquées
pour toujours sans qu’on ait besoin d’une loi pour faire taire leur contestation ?
S’il n’y a pas de loi pour interdire que l’on conteste l’existence de Napoléon,
c’est que les historiens disposent pour affirmer son existence de preuves
assez solides pour les opposer victorieusement aux éventuels contradicteurs.
Or, je note que, malgré leurs demandes répétées, les révisionnistes ne se sont
jamais vu accorder le moindre débat public.
On les pourchasse, on interdit leurs livres et,en fin de compte,on forge une loi
d’exception pour les jeter en prison.
Normalement on n’incarcère pas les gens parce qu’on estime qu’ils ont proféré
une opinion aberrante !
Dans un face-à-face on démontre publiquement qu’ils ont tort.
Outre les arguments avancés par les révisionnistes, c’est donc le traitement
qu’on leur a réservé qui a fini de me convaincre.
Je n’avais besoin ni d’être historienne, ni de posséder une formation scientifique.
Le bon sens et l’expérience de l’histoire suffisent :
quand on poursuit impitoyablement des gens qui ne font qu’exposer une thèse
fondée sur des arguments rationnels (si absurde ou révoltante que puisse
au premier abord apparaître l’expression de ces thèses), c’est probablement
que ces gens ont raison et ce qu’ils proclament n’est au plus haut point
dérangeant que parce qu’il est exact.



A deux reprises j’ai écrit à Vincent alors qu’il était en prison à Valenciennes :
en 2010 à l’occasion de Noël et en mars 2011.
Je voulais lui témoigner tout mon soutien.
J’étais outrée de voir comme l’État français traitait un homme de sa trempe,
luttant pour la vérité.



Vincent est donc scientifique, national-socialiste, révisionniste et catholique.
Croire en Dieu n’est nullement incompatible avec le fait d’être scientifique,
bien au contraire. Beaucoup de grands scientifiques sont des croyants sincères
et convaincus, à commencer par John Lennox en Angleterre.
Le principal argument avancé par ces gens repose sur l’impossibilité radicale
d’expliquer l’apparition et le développement de la Vie sur Terre.
Croire que l’A.D.N. et tous ses phénomènes de réplication seraient le produit
de réactions chimiques dues au hasard est un acte de foi bien plus téméraire
que celui qui consiste à croire en l’existence d’un Créateur.
Vincent vous en parlerait mieux que moi ; je ne maîtrise pas assez le sujet
pour vous expliquer cela sans m’embrouiller.
Peut-être un jour aura-t-il l’occasion de vous expliquer sa position,
car Vincent est très pédagogue, comme vous pourrez le constater
si vous regardez son DVD.



Quand vous interrogerez Google sur « Vincent Reynouard », vous trouverez
sur son compte des insanités propres à faire croire que le personnage est dangereux.
Mais ne vous y trompez pas, il ne l’est aucunement.
Vincent est le contraire d’un homme dangereux. Il n’est en aucune mesure
un extrémiste antisémite, un raciste empli de haine.
Si on considère sa position politique par rapport au Parti socialiste (PS)
ou à l’Union pour la majorité présidentielle (UMP), il est évident que
son national-socialisme apparaît comme un extrémisme.
Mais si nous changeons notre angle de vision et si nous considérons honnêtement
son discours, en dehors de toute émotion, nous n’y trouvons trace ni d’extrémisme,
ni de danger. Il est un modéré.
Le national-socialisme ne l’intéresse que pour les bienfaits sociaux qu’il a apportés.
Pour avoir beaucoup discuté avec lui et pour l’avoir vu vivre, je puis affirmer
que Vincent n’est ni raciste, ni antisémite, et dépourvu de toute haine.
Poli, aimable, on le voit charitable avec tout le monde, sans distinction ni de race,
ni de religion.
A de multiples reprises j’ai pu constater dans son comportement que jamais
la couleur de peau d’une personne n’entrait pour lui en ligne de compte.



Il évite les jugements de valeur.



Vous verrez également sur Internet que Vincent a huit enfants. C’est vrai.
Pour de sombres, douloureuses et intimes raisons qui n’ont pas leur place ici,
Vincent quitte son épouse pour vivre avec moi.


Chère famille, ne vous inquiétez pas de me voir lier mon destin à celui de Vincent.
Ce sera à tort
. Notre vie ne sera pas facile, mais tel est mon choix ;
je vous demande humblement de respecter ce choix.
J’ai le bonheur d’avoir trouvé un sens à ma vie. Il ne reste qu’à me faire confiance.



Oui, je vous ai menti sur son identité, et je vous prie de bien vouloir m’en excuser.
Mais comment auriez-vous réagi si jamais je vous avais annoncé, la bouche en cœur,
qui Vincent était vraiment ? Mal, sans aucun doute.
Comment auriez-vous pu comprendre ?
C’est pourquoi je fais cette démarche vers vous maintenant, afin de vous expliquer
le « personnage » Vincent, ainsi que mon cheminement personnel.



Sachez que la responsabilité de Vincent dans tout ce qui arrive maintenant
est largement partagée avec la mienne :
c’est moi qui suis allée le chercher la première. […]



[…]



Je crois en Dieu : ma démarche vers Vincent s’est faite en parallèle avec une lente
prise de conscience, une longue et douloureuse marche vers Dieu qui dure
depuis plusieurs années. […]. Vincent, qui est catholique, m’enseigne tout
ce qu’il sait, mais, encore une fois j’insiste là-dessus, il ne m’a pas du tout embobinée.
Il me laisse totalement libre. Grâce à ses connaissances, il a agi comme
un « accélérateur ».
Mais j’étais demandeuse et avide d’apprendre, de comprendre.



Chère Maman, cher Papa, cher […], ma chère famille, je vous embrasse bien fort
et prie tous les jours pour vous.



Marie


***



Pendant quelques jours, ce fut le calme plat.
J’attendais avec un mélange d’espoir et d’angoisse.
La première réaction vint une semaine plus tard ; ma mère m’envoya un email.
J’y répondis dans la journée, en lui renvoyant son message avec, à chaque fois,
mes commentaires en couleur marron.




Email de Maman reçu le 24 août 2011, envoyé à toute la famille à 10 h 42 :

Objet : mon sentiment de femme, de maman, […], d'être humain



Notre réponse email envoyée à toute la famille le 24 août 2011 à 17 h 15 :

Objet : Réponse à la lettre de Maman, destinée à toute la famille




Chère Marie,


Chère Maman,



Je te remercie de tout cœur pour ton gentil message. Je comprends ton désarroi ;
à ta place, j'aurais ressenti la même chose. Néanmoins, tu trouveras en rose
les commentaires que je me dois d'apporter à ta lettre
.



Que fais tu de ta vie ? Je l'ai expliqué dans ma lettre.



Sois dans la réalité et non dans le virtuel… Confronte-toi à la vie sur le terrain
et ainsi tu te feras une propre opinion, ce qui te permettra d'être toi-même.



Au lieu de cela tu « empruntes » des réflexions, des expériences et tu les fais tiennes... Tu vis dans les livres, les bibliothèques, tu aiguises ton savoir, tu cherches
dans les livres quelque chose, « la vérité » sur toi, le monde, sur ta souffrance,
ton mal-être... C'est bien mais ce n'est qu'une étape.Maintenant il faut sortir,agir.
Prends ton sac à dos et va voir par toi-même de par le monde, fais-toi
ton expérience personnelle en te confrontant physiquement à la réalité.


Qui lirait ce texte sans me connaître croirait que je suis restée 28 ans
dans ma chambre à lire et que je suis une petite fille influençable qui reste
incapable de se forger la moindre opinion.

Tu me reproches de ne pas me confronter à la réalité. Au contraire,
c'est en me confrontant à la réalité que j'ai pu prendre conscience des problèmes
qui existent dans la société. J'ai fréquenté des écoles, des garçons,
le monde du travail, je suis allée en Allemagne, j'ai vécu dans diverses régions
de France : je pense n'avoir aucune leçon à recevoir en matière de confrontation
à la réalité. La réalité sociale est dure et c'est parce qu'elle est si dure
que je me suis posée des questions. J'étais notamment frappée dans ma chair
en comparant les promesses de bien-être que la société diffusait et le mal être ambiant. C'est alors que je me suis interrogée sur la pertinence des valeurs que cette société promeut.

Si je t'avais annoncé que Vincent était un militant de gauche pour les Droits de l'homme, tu m'aurais dit « Très bien », et mon adhésion à ses opinions t'aurait parue normale.
Tu n'aurais même pas relevé qu'il s'agissait d'opinions.

Ce que tu me reproches en vérité, c'est d'avoir une opinion contraire
au politiquement correct, contraire à ce que la société enseigne.
Comme tu n'adhères pas à cette opinion et que tu la crois fausse a priori
sans même t'y être un minimum intéressée, tu me reproches de ne pas voir la réalité,
donc de vivre dans le virtuel. Désolée de te dire que c'est toi qui te trompes.
La télévision, les journaux et les magazines véhiculent des tas d'idées fausses
à longueur de temps (où sont les armes de destruction massive de Saddam Hussein ? Qu'en est-il de la grippe H1N1 qui devait faire tant de dégâts ?
Où sont les bienfaits de l'euro et de l'Europe ?).

Concernant le « sac à dos », le « voir par toi-même de par le monde »
et le « fais-toi ton expérience personnelle », si tu évoques les conclusions
révisionnistes sur les chambres à gaz homicides, je te conseillerais la lecture
de l'article que tu trouveras en cliquant sur le lien suivant
:

http://www.thestar.com/printarticle/742965

Cet article est en anglais, mais voici en résumé et en substance ce qu'il dit
:



« Le 27 décembre 2009, le dernier historien qui ait cherché à démontrer
scientifiquement l’existence des chambres à gaz nazies, le Néerlandais
Robert Jan van Pelt, professeur dans une université canadienne,
a déclaré que 99 % de ce que nous “savons” d’Auschwitz ne trouve pas
sa preuve sur le terrain.

Autant dire que ce que visitent à Auschwitz-Birkenau les millions de pèlerins
n’est qu’illusion :
pour van Pelt, qui est d’origine juive, mieux vaut laisser la nature reprendre
là-bas ses droits au lieu de dépenser des fortunes à préserver
ce qu’on exhibe aux touristes.

Il déclarait, par ailleurs, que la prétendue chambre à gaz qu’on visite
et vénère à Auschwitz n’est qu’une supercherie
et que,
dans les ruines des crématoires de Birkenau, on ne trouve en réalité
aucune trace de l’existence des fameux orifices de déversement du poison
. »



Maman, tu crois que la Terre est ronde,

que le soleil est fixe par rapport à la Terre,

qu'il y a des acariens dans les matelas et les moquettes...



.... mais as-tu été vérifier par toi-même ?



Maman, il y a en pièce jointe une photo qui a fait le tour du monde à partir de 1945.
Elle montrait prétendument un soldat américain devant la porte d'une chambre à gaz homicide à Dachau.
(voir photo)



Dans les années qui ont suivi, des dizaines de milliers de touristes ont « vu »
cette chambre à gaz. Pour tous ces touristes, la preuve était là, matérielle,
évidente : il l'avait VUE.
Et les révisionnistes ne pouvaient donc être que des menteurs.
Or, que lit-on aujourd'hui sur Wikipedia (qu'on peut difficilement soupçonner
de sympathie révisionniste) ? :
Aucune preuve définitive n'a pu être apportée sur la réalité de la mise à mort
par gazage à Dachau.
[2]



Preuve que voir de ses yeux n'est pas toujours un gage de vérité.

Ce que Papa et toi avez vu à Auschwitz n'est certainement pas
ce que vous croyez avoir vu
.



Fais la paix avec ton passé « tu ne peux pas le changer mais tu peux changer
ta relation à ton passé et ton regard sur lui, si tu as peu de prise ou d'influence
sur ce qu'on a fait (ou pas fait) de toi, tu es responsable de ce que tu fais
avec ce qu'on a fait (ou pas fait) de toi. » (Jacques Salomé)

« Tu n'es pas responsable de ton état mais tu l'es pour aller mieux...
Et dans une foule de cas guérir son imagination, c'est guérir son mal ou du moins l'atténuer beaucoup car nos troubles ne viennent que de l'idée toute intérieure
que nous nous en faisons. » (Marc Aurèle)

Le ton de ma lettre démontre que, contrairement à ce que tu sembles croire,
j'ai fait la paix avec mon passé.
J'ai tout pardonné grâce à mon expérience personnelle de la Foi vécue
en toute simplicité. Il ne s'agit pas de s'illusionner, de mettre en branle
son imagination, mais de se tourner vers le Ciel qui vous répond.
Je l'ai moi-même vérifié en retrouvant une sérénité que ni les médecins,
ni les médicaments ne m'avaient jamais apportée
.



Et pour finir une autre citation de Marc Aurèle dont les anonymes alcooliques
ont fait leur devise :

« Donnez-moi la sérénité d'accepter les choses que je ne peux changer,
le courage de changer celles que je peux changer et la sagesse d'en voir la différence.»
J'accepte tout ce que je ne peux changer et j'ai le courage de changer
ce que je peux changer... C'était justement l'objet de ma lettre
.



Tu me diras : « Tu vois, toi aussi tu empruntes des pensées à d'autres ».
Sûrement mais c'est pour mieux exprimer ce que je ressens au plus profond
de mon être avec mon expérience sur le terrain de tous les jours en écoutant
et essayant d'aider les personnes en souffrance.

Souvent, il faut s'adresser à des gens « extérieurs » à la relation pour pouvoir
progresser mais il faut être vrai, se mettre à nu, il me semble que tu m'avais dit,
un jour, que tu ne disais pas la vérité sur tes émotions, tes sentiments quand
tu étais en consultation. C'est vrai, mais quel est le rapport
avec ma lettre ?
Je ne suis pas malade. Avec le recul, je sais que je ne l'ai jamais été.
Je suis simplement en marge, et je le suis parce que je suis une personne normale
qui veut avoir un destin conforme à sa nature, alors que cette société déréglée
veut nous couler dans un moule qui ne correspond en rien à notre nature.
Notre nature nous pousse à aller à la rencontre de Dieu.
Quand, par ignorance ou par faiblesse, on oublie Dieu, le vide que l'on ressent
est tel qu'on cherche (vainement) à le combler avec des dérivatifs
(alcool, bouffe, argent, sexe, drogue, achats compulsifs, frénésie de la vitesse, voyages...).
Ce vide, je l'ai cruellement ressenti pendant 28 ans, sans arriver d'ailleurs
à l'identifier puisque n'ayant reçu aucune éducation religieuse.
Je me suis perdue dans de nombreuses voies de garage qui ne m'ont apporté
que des désagréments, pour ne pas dire de graves ennuis
...



Il faut aussi vouloir « guérir » et pour cela ne pas se mentir à soi-même,
parce que, comme tu le dis, la vérité peut être « effrayante ».
Mais on n'est pas non plus obligé de connaître « la vérité » :
il suffit aussi de vouloir vivre avec soi et ses symptômes et agir différemment,
ne pas reproduire les stéréotypes, les décoder, s'entraîner avec d'autres réponses
aux symptômes.

Il y a des thérapeutes qui peuvent t'aider dans ce sens, si tu veux j'en connais
une sur […] qui en a aidé beaucoup mais avec la participation active du patient.

Mais Maman, tu t'adresses à moi comme si j'étais gravement malade,
or je ne suis pas malade. Je suis très bien.
D'ailleurs, tous les médecins ont toujours fini par me le dire.

Tes réflexions confirment qu'au lieu de résoudre les problèmes, tu préfères tenter
de vivre avec eux, en gérant au mieux une situation.
Personnellement, je préfère m'attaquer aux problèmes, à la racine du mal,
même si les vérités que l'on peut rencontrer dans cette démarche sont parfois effrayantes.
On ne guérit qu'à ce prix-là ; une autre démarche condamne
à n'être bien qu'artificiellement avec des médicaments. J'ai vécu cela :
j'en sais quelque chose.



Et pour toi spécialement de ma part :



« Pendant que tu vis, pendant que tu le peux encore, deviens homme de bien
(femme de bien). » Marc Aurèle.
Maman, pourrais-tu me définir ta conception du « Bien » ?


Maman […]



Comme tu as envoyé ton courrier à toute la famille,j'envoie ma missive
à toute la famille. Je fais de même.
Vincent et moi restons ouverts à la discussion courtoise,dans un esprit
de compréhension mutuelle
.



***



L’ouragan se leva quelques heures plus tard, lorsque mon père ,
ancien inspecteur de police aujourd’hui à la retraite , me fit parvenir
par Internet la lettre suivante :



Lettre de mon père envoyée par email à 22 h 58 et placée en pièce jointe
sous format Word, m’étant uniquement destinée, reçue le 24 août 2011.

(les commentaires sont entre crochets en marron) :


Objet : (sans objet)

Marie,



A quelle adresse dois-je faire suivre ton courrier ?



Papa

[…], le 24 août 2011



Chère Marie,



Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de recompter ensemble le nombre de victimes
du nazisme avant d’aborder cette conversation avec toi.
A partir de quel chiffre serait-on plus ou moins criminel ?
Le fait de nier l’existence des chambres à gaz ou de minimiser exagérément
le nombre des victimes s’apparente à du « négationnisme », délit prévu par l’art.
24bis de la Loi du 29 juillet 1881.

Aujourd’hui, tu vis avec un homme qui consacre sa vie à développer ces thèses.
Elles font de lui un négationniste à part entière, membre actif de l’extrême droite
et d’une branche intégriste de la religion catholique.Comme idéal,il y a peut-être mieux ? Hitler, lui aussi, avait commencé par écrire avant de propager la mort.
Du sang sur la conscience, du sang sur les mains, quelle différence ?
Les gourous engendrent des gourous. Toi aussi, tu connaîtras la prison à véhiculer
le mensonge sur la Shoah. Une condamnation te priverait d’un emploi dans […].

Cette histoire nous est tombée sur la tête comme un coup de massue
et nous sommes anéantis de te savoir aux prises de cet homme et des idées
nauséeuses qu’il répand à travers le monde. Par contre, tu te trompes en affirmant
que sa responsabilité ne serait pas engagée.
L’argument selon lequel l’initiative viendrait de toi ne pèse pas lourd au regard du reste. Les faits sont têtus ! Jusqu’à preuve du contraire, ce sont bien ses idées
qui sont à l’origine de tout, celles que tu es allée puiser sur Internet.
En cela, il s’est rendu coupable de prosélytisme ce que d’ailleurs il continue de faire
en te remettant l’infâme DVD que tu as transmis à la famille,à ton frère,à tes parents.
Si cela fait de toi le complice de son action, cela n’enlève rien au fait principal
qui le regarde.

Il doit jubiler de te voir devenue son jouet, son complice, lui qui naguère, se plaignait
de « se sentir seul dans son combat »[3].
Cela dénote d’une personnalité narcissique.
A présent, es-tu certaine qu’il souhaite vivre avec toi ?
Lui que son épouse et ses huit enfants attendaient à sa sortie de prison
avec son comité de soutien.

Tes mensonges, Marie,sont une torture, une trahison de plus que tu nous infliges. Qu’espères-tu de nous ?
Imagines-tu un seul instant que nous pouvons adhérer aux thèses mensongères
de cet illuminé ?
N’as-tu pas entendu ma colère lorsque je t’ai demandé de t’expliquer sur la présence
de cette Vierge à l’Enfant sur le mur de ta chambre [Vincent m’avait offert
une représentation de la Vierge à l’Enfant peinte par Adolf Hitler en 1913
et je l’avais mise sur le mur de ma chambre] ?
Non, Hitler n’a jamais été mon peintre préféré.
Ce mélange des genres cadre mal avec une autre réalité de l’histoire,
celle des crimes commis envers les prêtres. L’allégorie, les grand-messes à la lueur
des torches, les foules endoctrinées, les froideurs architecturales de Speer,
les nostalgiques de cette époque sont les mêmes qui, à présent, prétendent
se reconnaître derrière Jacques d’Arc sous l’étendard de Jean-Marie Le Pen :
« les chambres à gaz ne seraient qu’un détail de l’histoire ! »

Est-ce que ce sont les américains qui ont inventé le Zyklon B ?
Bien avant la guerre, il fut expérimenté pour éliminer des communistes, des opposants,
des handicapés, des fous que l’on faisait mourir sous la bâche d’un camion.
Commence par te pencher sur l’histoire avant d’émettre des doutes sur le nombre
de victimes. Intéresse-toi à la rue Rosenberg à […].
Elle a pris ce nom en hommage à ce médecin juif et à toute sa famille qu’on ne revit plus jamais après leur arrestation par les Allemands.

Après la réponse que tu as envoyée à Maman, je sais à présent ce que l’on t’a fait
croire à propos d’Auschwitz que nous avions visité ainsi que Birkenau où la seule vue
des latrines m’avait glacé d’effroi.
Si ces lieux d’enfermement, de torture n’ont pas existé, comment peut-on
alors expliquer toutes ces listes sous forme d’inventaires qui furent retrouvées
et dont les Allemands étaient si friands : tant de trains, tant de lunettes,
tant de kilos de cheveux, tant de chaussures, tant de dents en or…
Quid des sous-mains en peau humaine ? Quid des témoignages des survivants ?
A ton avis, pourquoi la S.N.C.F. a-t-elle présenté ses excuses si ses wagons
n’ont pas aidé au transport des déportés ? Connais-tu l’histoire du train de Loos ?
Mise en scène que tout cela ? Sais-tu qu’en plus de l’étoile jaune dévolue aux juifs,
les Allemands se souciaient d’identifier la communauté homosexuelle à qui
elle faisait porter l’étoile rose. Au nom de l’ordre nouveau !
Il en était ainsi au camp du Struthof, en Alsace.
Je n’ai pas visité ce camp mais je me souviens très bien du témoignage
qu’un de ses anciens détenus avait apporté devant les caméras de Jacques Chancel,
lors de l’émission « Le Grand Échiquier ».
Cet homme en pleurs avait raconté comment, devant tout le camp réuni,
son ami avait été dévoré vivant par des bergers allemands, lancés sur lui.
Pour amplifier ses hurlements, ses bourreaux s’étaient amusés à lui enfoncer
un seau sur la tête.

Dans ta propre famille, il y a eu aussi des victimes du nazisme.
Ainsi, ton arrière-grand-oncle, […], l’oncle de […], frère de mon grand-père […],
y a laissé son estomac d’avoir été tabassé.Tout cela, parce qu’il était communiste. Demande à […], si tu ne me crois pas. En quoi le national-socialisme prônerait-il
la tolérance ? Du côté de pépé […], trois de ses frères ont été prisonniers.
Combien furent-ils, travailleurs forcés, esclaves du totalitarisme ?
A la libération, […] fut contraint d’aller en Suisse afin de soigner une tuberculose contractée dans les usines souterraines des montagnes du Hartz.
Tâche de t’en souvenir, si tu dis avoir encore de la considération pour ta famille.

Comme c’est bizarre, il y a quinze jours, avec […] et […] nous avons visité
un lieu de ce genre : la coupole d’Helfaut, près de Saint-Omer, d’où les Allemands
avaient prévu d’expédier les V.2 qui seraient allés frapper Londres ou Anvers,
si les Alliés n’en avaient décidé autrement.
Des centaines d’esclaves y ont travaillé, comme à Dora, autre usine secrète
en même temps que camp d’extermination par le travail, qu’à l’approche des Russes,
les Allemands évacuèrent en toute hâte,soumettant les victimes à des marches forcées. Ces sinistres marches de la mort, décidées pour tenter de dissimuler les crimes,
il y en eut tant et tant qu’on ne sait combien sont morts.
Quelle différence faudrait-il faire entre cette extermination là et une autre.

A t’entendre aussi, une autre vérité entacherait ce que nous savons
d’Oradour-sur-Glane. Cet épisode date de la fin de la guerre mais,
au moment de l’invasion, des massacres tout à fait comparables eurent lieu
dans tout le Nord de la France.
Les SS ont tué aveuglément, dans nombre de petits villages, pour l’exemple…
Je t’invite expressément à lire le livre qui traite de cette question :
1940 la terrible année de Kléber Deberles, il est à la maison.

Que vas-tu faire de ta vie ? Est-ce cela ton idéal ? Je n’ose y croire.
Cet homme te conduit à une perte certaine en t’asservissant insidieusement
sous couvert de religion. Sa cause est indigne et son obstination à la répandre
fera qu’il retournera en prison. Au hasard d’un blog, d’autres que toi prendront
le relais pour l’attendre à la sortie et te remplacer.
Je ne crois pas un seul instant qu’il veuille quitter sa femme pour vivre avec toi,
car c’est contraire à l’engagement de fidélité qu’il a fait devant Dieu en se mariant
à l’église. Il ne divorcera jamais. Reviens sur la rive, il en est encore temps.
Je t’en supplie, je viendrai te rechercher.



Papa […]


***



Une telle lettre méritait-elle une réponse ?
Le ton employé me laissait deviner que jamais mon père n’accepterait
de prendre en compte mes arguments.
Toutefois, je ne pouvais pas me résigner au désespoir.

Je m’interrogeais lorsque l’email suivant me parvint, envoyée par ma mère :



Email de Maman destiné à toute la famille, envoyé le 25 août 2011 à 09 h 41 :

Objet : Pour toi Marie…



D'accord Marie…



Comprendre est un pas vers le changement et changer est un pas vers la liberté
mais est-ce cela pour toi la liberté ?

L'adhésion à un parti néonazi ?
L'amour pour un homme négationniste avec femme et huit enfants ?
L'amour de Dieu dans une communauté intégriste ?

N'as tu pas changé de prison ?

Est-ce bien là ton combat pour une société juste et bonne ?



A force de chercher, il arrive qu'on se perde...



Je suis là si tu as besoin de moi, papa aussi est là pour toi.

La porte de la maison est toujours ouverte pour toi, ne l'oublie pas.



Je t'embrasse



Maman


***



Le lendemain matin, je répondis à ma mère ce qui suit, mon objectif étant
de ne pas rompre le contact et de rectifier des erreurs dues à leurs lectures sur Internet :



Notre réponse email à Maman envoyée à toute la famille le 26 août 2011 à 10 h 16
:

Objet : re- Pour toi Marie…



Chère Maman,



Je te remercie de ta gentille réponse. La porte de la maison sera toujours ouverte
pour moi, mais le sera-t-elle pour Vincent ?



Je ne me suis jamais sentie aussi libre et aussi bien dans ma peau qu'aujourd'hui.
Seul l'avenir dira si j'ai eu tort ou raison.



Je t'informe que Vincent ne fait pas partie d'une « communauté intégriste ».
Il a quitté la Fraternité Saint-Pie X en 2001 alors qu'il y avait passé deux ans.
Par la suite, il est bien resté un traditionaliste, mais hors de toute communauté.
Et quand je l'ai rencontré, il n'était plus traditionaliste.
Vincent est capable de réfléchir et d'évoluer quand il s'aperçoit qu'il a eu tort.
D'ailleurs, chaque dimanche nous allons à la messe à l'église du village
avec tous les gens qui ne sont pas intégristes.
C'est la même messe à laquelle assiste Babcia[4].



Je t'embrasse bien ma petite Maman



Marie



***



Peu après, je reçus un nouveau message de mon père.
Ses inquiétudes exposées dans les premières lignes démontraient qu’il ignorait
tout de Vincent et qu’il s’en faisait une image sur le fondement des stéréotypes
véhiculés par les médias aux ordres.

Quant à son recours au témoignage de l’ancien déporté et à son analyse
du révisionnisme, elle trahissait une ignorance crasse du dossier :



Email de mon père envoyé le 26 août 2011 à ?, dont je suis la seule destinataire
:

Objet : avoir de tes nouvelles

P.J. :un article du Courrier Cauchois [5]
du vendredi 26 mars 2010, p. 73, sur le témoignage du déporté Raphaël Mallard




Bonjour Marie,



J'aimerais que tu m'appelles car je suis inquiet de ne pas avoir de tes nouvelles.
Es-tu encore libre de ta parole ? J'espère que tu liras attentivement l'article
en pièce jointe que j'avais conservé. Il s'agit du témoignage d'un ancien déporté.
Il habite près d'ici et rien ne t'empêche de le contacter pour entendre
ce qu'il a vécu à Buchenwald. Personnellement, je prendrai le temps d'aller
à sa rencontre et de lui expliquer ce que nous vivons en ce moment.
Ne pas entendre la parole des victimes du nazisme revient à profaner les lieux
de mémoire que d'aucuns contestent, sous couvert de pseudo-expertises. Personnellement, je me verrais mal partir en croisade contre les admirateurs
du saint suaire au motif que le tissu qui le compose daterait du Moyen Âge.
Les thèses révisionnistes sont très arrangeantes pour ceux qui rêvent encore
d'ordre nouveau, à un Reich millénaire où les sous-hommes n'ont pas leur place.
Il n'est pas possible d'édulcorer l'histoire d'Adolf Hitler et c'est faire preuve
d'angélisme que de croire aux vertus d'un système autoritaire.



Papa


***



Sans attendre, je lui répondis ce qui suit, avec l’aide de Vincent :



Notre réponse email à Papa, destinée à toute la famille,
envoyée le 26 août 2011 à 09 h 58

(Les commentaires sont entre crochets en italique) :

Objet : Re : avoir de tes nouvelles



Cher Papa,



Je vais très bien. Je suis tout à fait libre de mes gestes et de ma parole.
Je réfléchissais à la réponse à ta lettre reçue hier.
Je t'envoie très bientôt une réponse.



Merci pour l'article du journal. Je l'ai lu attentivement.
Raphaël Mallard a été déporté dans les derniers mois à l'heure où, écrasée
sous des bombardements aériens massifs, l'Allemagne se disloquait totalement.
Je t'envoie ci-joint quatre textes
[Les quatre textes envoyés sont de Vincent et s’intitulent :

Bombardements sur le Reich ;
Derniers mois dans les camps ;
La Croix-Rouge dans les camps ;
Marches de la mort] qui te permettront de comprendre tout ça en détails.
Je t'invite à les lire aussi scrupuleusement que moi j'ai lu ton article de journal.
Précision : il vaut mieux que tu les lises dans l'ordre, c'est-à-dire en premier
celui sur les bombardements, et en dernier celui sur les marches de la mort.




Je t'embrasse bien fort



Marie


***



Allait-il au moins lire ? La réponse, claire et nette, vint peu après :



Réponse email de Papa à notre proposition de lecture d’articles révisionnistes
rédigés par Vincent, envoyée le 26 août 2011 à ?,
et dont je suis l’unique destinataire
:

Objet : Re : re : avoir de tes nouvelles



Je ne lirai pas tes articles.



***



Face à cette mauvaise foi caractérisée , et indigne de la part
d’un ancien inspecteur de police , je décidai de couper court à toute discussion :



Réponse email à mon père devant son refus à lire nos articles,
envoyée le 26 août 2011 à toute la famille à 11 h 11
:

Objet : Re : re :re : avoir de tes nouvelles



Cher Papa,



Tu argumentes, tu écoutes une partie (le déporté Raphaël Mallard par exemple),
et tu ne veux pas entendre la contre-argumentation développée par l'autre partie. Pourquoi ?



A la manière d'un juge, je te rappelle le proverbe :
« Un juge, après avoir écouté une partie, doit garder une oreille pour écouter
l'autre partie. »
C'est extrait du Dictionnaire de l'académie françoise revue corrigée
et augmentée de 1777, volume 2, page 199.



Par conséquent, la discussion est close. Je ne répondrai donc pas
à ta précédente lettre, puisque tu ne voudras de toute façon pas m'entendre.



De quel côté est l'ignorance et la mauvaise foi ?



Je t'embrasse



Marie



***



Mon père fit une première réponse douze minutes plus tard, mêlant l’affectif au mépris :




Réponse email de mon père dont je suis l’unique destinataire,
envoyée le 26 août 2011 à 11 h 23
:

Objet : mise au point



Marie,



Tu n'as pas l'air de comprendre.
Nous n'avons pas l'intention de visionner le DVD que tu nous as envoyé
ni de consulter la documentation dont tu nous abreuves.
Que les négationnistes gardent pour eux leurs catalogues et leurs torchons.
Il va falloir nous laisser tranquille avec ce genre de littérature.
Sache encore que nous ne pourrons jamais avoir de relations courtoises
avec celui dont tu te réclames, venu chez nous sous une fausse identité,
ayant abusé de notre confiance et qui va te détruire.
La famille est effondrée, tu n'en prends pas la pleine mesure et, une fois encore,
tes catalogues nauséeux n'y pourront rien changer.
Tu es sous influence voilà tout parce que cet homme est un gourou,
un « Jésus-Christ-de-bazar » (expression de Gérard Manset) avec un Christ planté
sur son tableau de bord, son Mont des Oliviers à lui.
Il ne faut pas confondre l'être et le paraître.



Papa

***



Les premières lignes démontraient que, préférant l’ignorance,
il refusait d’écouter l’argumentation adverse.
Il le confirma lui-même peu après dans ce message si symptomatique :



Réponse email de Papa dont je suis l’unique destinataire, répondant à nos questions
sur l’ignorance et la mauvaise foi, envoyée à 11 h 50
:

Objet : Re : re : re : re : avoir de tes nouvelles




Je préfère mon ignorance à la négation et si toi tu préfères perdre ta famille,
continue ainsi. Ne joue pas les offensées, c'est trop facile de tirer argument
à ce que je viens de te dire pour ne pas répondre à ma lettre.
Je me permets cependant de te faire remarquer qu'il n'y a pas que des « arguments » dans ce courrier, il y a aussi des faits. Ce qui est arrivé aux membres de ta famille,
ce ne sont pas des rumeurs et tu serais bien en peine de prétendre le contraire.



Ceci étant, j'attends toujours ton adresse pour que je te fasse suivre ton courrier.
Oubli de ta part ou cela cache-t-il autre chose ?



Papa

***



Une minute auparavant, je lui avais écrit ce simple message :



Notre réponse email à Papa envoyée à toute la famille le 26 août 2011 à 11 h 49
:

Objet : Re : mise au point



Cher Papa,



Pourquoi la fausse identité? Considère ta réaction.



Je t'embrasse



Marie



***



La réponse inquisitoriale me parvint quelques minutes plus tard :



Réponse email de Papa dont je suis l’unique destinataire,
envoyée le 26 août 2011 à 11 h 54
:

Objet : Re : re : mise au point




Explique-toi, je ne vois pas le lien entre « ma réaction » et l'usage de la fausse identité.



Papa


***



Ma réponse lui fut envoyée très rapidement :



Notre réponse email à Papa envoyée à toute la famille le 26 août 2011 à 12 h 52
:

Objet : Re : re : re : mise au point



Cher Papa,



C'est au contraire tout à fait logique : « Google », ça existe.
Vincent en a fait l'amère expérience plusieurs fois.
Maintes fois, il a vécu des mésaventures avec des gens qui, comme toi,
le jettent dès qu'ils apprennent superficiellement ce qu'il pense, en refusant
de voir ce qu'il est réellement. Vincent m'a rapidement prévenue que,
si vous lui posiez des questions précises sur sa vie, vous pourriez avoir des doutes,
et vous renseigner sur Google, c'est si facile aujourd'hui.



S'il s'était présenté sous sa véritable identité et en expliquant vraiment ce qu'il faisait, vous l'auriez rejeté sans même l'écouter, comme vous le faites maintenant.



Moi je l'ai écoutée sincèrement, je suis loin d'être la seule, et loin d'être
une idiote endoctrinée sous influence.
J'ai eu le courage d'avoir l'ouverture d'esprit de me dire :
« Je pense telle chose. Lui, il pense autre chose.
A première vue, c'est intolérable ce qu'il me raconte, ce qu'il écrit.
Mais pourquoi pense-t-il cela ? »



Vincent : un gourou ? Vous avez eu l'occasion de constater par vous-mêmes
combien il est timide... Je vous assure qu'il est très libéral et que ce n'est pas
une hypocrisie pour mieux endoctriner les gens.
Vincent adhère à la phrase du bulletin anarchisant Libre examen de son ami
feu Raymond Beaulaton . [6] : « Je propose, j'expose, je n'impose point. »
(cliquez)
http://militants-anarchistes.info/spip.php?article280

Vous devriez au contraire être fiers d'avoir eu l'honneur de sa présence
à la maison et être fiers que votre fille l'ait pour compagnon.


***



Bien que ne souhaitant plus discuter, le culot affiché dans son message envoyé
à 11 h 50 méritait d’être relevé. Sans attendre, je rétorquai :



Notre réponse email à Papa envoyée à toute la famille le 26 août 2011 à 12 h 32
:

Objet : Re : re : re : re : re : avoir de tes nouvelles



Cher Papa,



Avec toutes ces émotions, j'ai effectivement oublié de te donner l'adresse
à laquelle tu pourras faire suivre mon courrier :



[Adresse]



Je préférerais ne pas perdre ma famille, mais j'aimerais sincèrement pouvoir
ouvrir un dialogue avec elle, chose qui semble apparemment impossible.
C'est vous qui faites tout pour qu'il y ait rupture, ce n'est pas moi.
Bien au contraire, je vous ai finalement révélé la situation, alors qu'il n'y avait
aucune obligation, en vous envoyant une lettre posée et appelant
à la compréhension mutuelle.
S'il y a rupture, la faute vous en reviendra entièrement, parce que Vincent
et moi sommes prêts à discuter courtoisement des faits historiques.



De mon côté, j'ai aussi été très choquée de la grande remise en question
qu'ont provoquée les découvertes des révisionnistes. Mais j'ai accepté de m'ouvrir,
de me documenter, et de juger en toute objectivité.



Je te signale que, dans les articles et dans le DVD que je t'ai envoyés,
il y a aussi une multitude de faits, que tu serais bien en peine de contester
en te fondant sur des arguments rationnels. Puisque tu ne veux pas les prendre
en compte, je ne vois pas pourquoi, moi, je devrais prendre en compte les faits,
même familiaux, que tu me soumets.
Ce « deux-poids-deux-mesures » que tu souhaites m'imposer est intolérable.


***

.../...


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J'adore fouiller dans les poubelles de l'Histoire,
on y trouve souvent des pages de l'Histoire arrachées,
raturées,cachées,souvent dérangeantes...


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Jo la fouine

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Re: « Je préfère mon ignorance à la négation »

Message  Jo la fouine le Mer 23 Jan - 16:58

Visiblement gêné par mon argumentation,mon père ne me répondit plus
pour le reste de la journée.
Mais en fin d’après-midi, je reçus un émail insultant de mon oncle
par alliance, Daniel, professeur dans un établissement pénitentiaire
et antireligieux affiché.
Comme pour ma mère peu avant, je lui répondis en lui renvoyant son message
accompagné de mes commentaires en marron.



Email envoyé par Daniel le 26 août 2011 à 19 h 42, destiné à toute la famille :

Objet : Ma façon de penser à moi. Babcia ; […]
et […] se joignent à moi pour ce message.



Réponse email à Daniel, envoyée à toute la famille le 26 août 2011 à 22 h 56
:

Objet : Réponse à Daniel, destinée à toute la famille



Marie,

Cher Daniel,



Je te remercie pour ton message dont j'ai apprécié la franchise.
Tu trouveras ci-dessous mes commentaires qui, comme dans le message
adressé à Maman, sont en marron
.



Si je comprends bien, tu es passée en quelques mois, de la fille qui aimait
les poules pondeuses de […] à la fille qui admire l’aigle NAZI,
de la jeune femme célibataire et libre à la femme qui vit en concubinage
avec un KAPO d’arrière-garde révisionniste (oups ! Un jugement de valeur)

Première marque de mépris avec, de plus, un argument historiquement faux
(les nazis n'étaient pas des kapos puisque les kapos étaient des déportés.).
Je remarque que c'est toi qui injuries, pas moi. Depuis le début, je ne fais
qu'exposer calmement ce que j'ai à vous dire et appeler à la discussion
courtoise dans un esprit ouvert. Je sais très bien que tu n'as pas mes idées.
Certaines de tes idées peuvent même me choquer aujourd'hui, comme ton rejet
assez radical de tout ce qui est religieux, mais je te respecte en tant que tel.
Il ne me viendrait pas à l'idée de te comparer à Marat et de te prêter
ses desseins criminels
.,qui fait huit gosses à une femme
et qui la largue. Tu juges sans connaître le dossier.
Et en plus, comme si cela ne suffisait pas, tu te mets à admirer un dieu ?
Babcia est catholique elle aussi.
Elle admire Dieu. La méprises-tu pour cela ?




Bravo ! Je pense qu’on peut encore descendre plus bas, mais là,
il faut bien l’avouer, tu fais fort.



En fait, j’ai le sentiment que tu as cherché et que tu as réussi à faire la synthèse
parfaite de tout ce que tes parents craignent et haïssent.
(La religion pour ta mère, le délinquant pour ton père).



Bref, une très belle crise d’adolescente attardée. Deuxième marque de mépris.



À te lire, on a l’impression que « tu es née avant ton grand-père »
comme on le dit par ici.
Si tel avait été le cas, comme l’aurait dit mon père qui avait 20 ans en 1944,
tu aurais fermé ta gueule et tu aurais obéi devant des nazis
qui te forcent à coup de crosses à t’aligner avec d’autres devant le mur
de la gare de […] pour t’envoyer en Allemagne.
Ce n’est pas dans les livres, mais une chose est certaine,c’est arrivé à mon père.

Ton père a eu plus de chance que de nombreux Normands qui, en 1944,
ont vu les bombes des « libérateurs » leur arriver sur la figure et ne se sont pas
relevés pour ensuite raconter ce qu'ils ont vécu.
Pour revenir à ce que tu disais, je pense en effet que je serais partie avec les autres.
La souffrance des populations pendant les guerres est un phénomène universel
sans rapport avec le nazisme.
De plus, le fait que les chambres à gaz n'aient pas existé ne remet pas en cause
des violences qu'ont pu exercer en pleine guerre des Allemands.
Ces violences, il y en a eues, c'est incontestable !
Dans cette affaire, il ne faut pas mélanger les émotions et la raison :
les chambres à gaz n'ont pas existé, mais les camps oui, les souffrances oui.
Je le sais bien. Je le reconnais. Mais la vérité historique s'écrit avec des preuves.
Pas avec des émotions, ni avec des photos chocs et hors contexte.
Il est nécessaire de remettre les choses dans leur contexte, afin de pouvoir
juger objectivement.
C'est ça que je réalise que vous ne comprenez pas, vous tous.
Croyez-vous que je sois totalement incrédule ?
Nos familles ont souffert de la guerre, oui, bien sûr.
Mais si les chambres à gaz n'ont pas existé pour de simples raisons qui relèvent
de la physique et de la chimie, c'est qu'elles n'ont pas existé, c'est tout.
C'est une constatation froide et purement objective, sans aucun rapport
avec les souffrances réelles des déportés dans les camps
.

Vincent peut être national-socialiste sans accepter tout ce qu'il s'est passé
sous le national-socialisme. Tu es républicain, Daniel, mais je suis persuadée
que tu ne cautionnes pas tous les crimes commis au nom de la République,
que ce soit le massacre des Lucs-sur-Boulogne, les fusillades de 1918,
le massacre du Mur des Fédérés, la torture en Algérie, etc
.



Ma mère, qui avait 16 ans à l’époque, est d’accord avec moi :
je ne connais rien de la guerre parce que je ne l’ai pas vécue.
Mais je sais que j’ai de la chance de ne pas la vivre.



Toi, tu ne connais rien de la guerre parce que tu ne l’as pas vécue,
mais tu ne sais pas la chance que tu as de ne pas la vivre.
La refaire ou la réviser le cul au chaud dans un pays libre est à la portée
de n’importe quel guignol.
Vincent a fait un an de prison pour une étude révisionniste de 16 pages.
Comme pays libre, on fait mieux.



Ton gars évite les jugements de valeur. Ben voyons !
Cela lui évite peut-être de dire les siennes.

Vincent a toujours assumé son national-socialisme dans les termes précis
que j'ai utilisés dans la lettre que vous avez tous reçue
.



Les miennes, comme celles de tes parents et de la famille,sont celles
de la République et non celles de la dictature, j’en suis fier et je peux les crier
sans craindre la prison.

Forcément, quand on adopte le politiquement correct et qu'on est du côté
du plus fort, on ne craint jamais la prison
.
Pour ce qui est des tiennes ou des siennes, j’en doute.
Si tu es si fière d’être devenue nazie, n’hésite pas à coudre sur le devant
de tes vêtements une croix gammée comme les juifs ont dû le faire avec une étoile
jaune dans les années 40 et arbore-la fièrement à chaque fois que tu sors
dans la rue, toi qui refuses un boulot sous prétexte de devoir affronter
quelques adolescents pubères de cité.

Tu ne sais pas ce que j'ai vécu : troisième marque de mépris.
De plus, Daniel, si tu savais comme Vincent et moi aurions été loin
d'approuver le port de l'étoile jaune.
Demande des explications avant d'accuser !



Pour ce qui est de ton admiration envers Dieu : lequel admires-tu ?



Celui de l'Inquisition Quels livres as-tu lus sur l'Inquisition ?
et des extrémistes Lesquels ?
Des noms et des exemples précis ou celui de Sœur Thérésa ou encore de l’abbé Pierre ?
Vincent et moi aimons celui de Sœur Thérésa et de l'abbé Pierre.
Si tu savais combien Vincent est généreux avec autrui, sans considération ni de race,
ni d'idées politiques, ni de religion. Aucune haine chez lui. Pas non plus chez moi.
Si tu acceptais de l'écouter, tu pourrais le constater par toi-même.
Au lieu de cela, tu le juges et tu me juges superficiellement, sans prendre le soin
de nous écouter dans une discussion courtoise.
Accepterais-tu cette discussion courtoise ?



À lire les réponses que tu fais à tes parents, en répondant couleur rouge sang,
C'est du rose.
il me semble qu’il s’agit plus du premier que du second.
Celui de la haine.

Donne-moi, s'il te plaît, un exemple précis à l'appui de ton assertion
:
où vois-tu que j'aimerais un Dieu de haine ?

Pourquoi ? Je ne comprends pas !
J’ai la certitude que tes parents t’ont élevé toi comme ton frère du mieux
qu’ils pouvaient même s’ils ont fait des erreurs, mais qui n’en fait pas ???

Il me semblait que le christianisme devait véhiculer l’amour de son prochain,
la compassion, l’humilité, le pardon.

Je pardonne à mes parents les erreurs qu'ils ont commises.
Quand je ne pardonnais pas, j'étais […], « célibataire », « libre »,
avec les « poules pondeuses » et j'étais malheureuse comme une pierre, […].
Aujourd'hui, c'est fini, et cela grâce à l'amour que je trouve dans le Seigneur.
Bien sûr, cela ne m'empêche pas, dans certaines situations et pour certaines
explications, de rappeler à mes parents ces erreurs.
Mais je ne leur en veux plus du tout.]

Je ne trouve rien de cela dans tes lettres.
Parce que tu les lis mal, c'est-à-dire avec des a priori.
Il faudrait peut-être joindre la théorie à la pratique ne penses-tu pas ?
C'est déjà fait depuis longtemps.
Ou alors, si tel n’était pas le cas, comme le dit si bien Jacques Brel dans Les Bigotes
[7] :

« si j’étais diable en te voyant parfois, je crois que je me ferais châtrer,
si j’étais Dieu en te voyant prier, je crois que j’en perdrais la foi
. »



Pour en finir, sache que dès ce soir, je visionnerai avec les enfants le film
La liste de Schindler pour éveiller leur conscience et pour qu’un jour
ils comprennent que le monstre concentrationnaire ne meurt jamais, En effet :


Guantanamo, Abu Ghraib, etc. J'ajoute que le monstre sanguinaire militaire
n'est pas mort non plus : uranium appauvri sur l'Irak, l'Afghanistan, etc.
Il est vrai que les Américains ont développé le concept de « guerre zéro mort ».

Comprenez :

- zéro mort dans le camp américain et où les morts ennemis comptent pour zéro
.
qu’il peut être réveillé à tout moment par des gens inconscients
ou au contraire par des gens très conscients, mais qui cachent très bien
leurs desseins inavouables Vincent n'a jamais caché
ses desseins puisqu'il les estime parfaitement avouables.
Souhaiter une société respectueuse du bien commun
(comme expliqué dans la lettre tapuscrite je le rappelle)
est parfaitement avouable, aux yeux des hommes comme aux yeux de Dieu.
Mais peut-être estimes-tu que Vincent nourrit secrètement des desseins criminels.

Si c'est le cas :

je te demanderai la preuve de ce que tu avances
.

Après La liste de Schindler, je leur montrerai La chute
afin que cette fois-ci, ils comprennent toute la lâcheté de Hitler
qui refusera par son suicide d’affronter ses juges.
Ils n'auraient pas été des juges, mais des exécuteurs.

On en a eu la preuve au procès de Nuremberg.

Sais-tu comment ont été traités les accusés à Nuremberg ?
As-tu lu les 21 tomes des « débats » ?
Mieux vaut parfois se donner la mort que de tomber entre les mains
d'adversaires implacables.
Salvador Allende s'est suicidé au moment de tomber entre les mains
des putschistes de Pinochet.
Il ne me viendrait pas à l'idée de le traiter de lâche.
Toi Daniel : le traites-tu de lâche ?

Tu me diras que s'il n'avait rien à craindre, Hitler ne se serait pas suicidé.
Cette remarque serait prouver que tu ignores tout des mécanismes de la justice
et de ce que sont les procès politiques.

L'Histoire est pleine d'innocents qu'une procédure judiciaire inique
a su transformer en coupables.

Tout comme celle de Goebbels qui avec sa femme assassinera ses propres enfants

Oui, pour leur éviter des sévices bien plus graves qui ont été infligés
aux femmes et aux enfants de Nemmersdorf et de centaines d'autres
localités allemandes.
Mais ces crimes,l'Histoire politiquement correcte que tu connais les occulte
totalement
.
Bien sûr, ce n’est pas la réalité, ce sont des films.
Le but n’est pas là.
Il est tout simplement de les alerter et de les mettre d’ores et déjà en garde.

Crois-tu, Daniel, et croyez-vous, tous les autres, que j'aie une personnalité
si noire et que je serais assez crédule pour croire des gens qui diraient
des mensonges si évidents et si abominables ?
Ce dont je suis sûre, c'est qu'il est extrêmement difficile de remettre en question
des choses qu'on croit acquises depuis fort longtemps.
Il faut être humble et accepter d'écouter avec un esprit ouvert, c'est-à-dire
en acceptant le fait que ce que l'on croit est peut-être faux, cela en faisant
l'immense effort (car évidemment c'est très difficile parce que ça fait très mal ;
j'en ai fait l'expérience) de dépassionner les débats.
C'est ainsi que j'ai agi et je ne me suis jamais sentie aussi libre,
équilibrée et calme qu'aujourd'hui.


Vincent et moi ne fermerons jamais la porte à une discussion courtoise .



Je vous embrasse tous,



Marie




Daniel



***



Daniel n’a pas répondu et ne m’a plus jamais écrit.

Vint la journée du 27 août, sans doute l’une des plus pénibles de ma vie,
avec cet appel téléphonique de mon père que je retranscris de mémoire :



Samedi 27 août 2011, de mémoire, en résumé et en substance,
coup de fil de mon père vers 11 h 00 du matin
:



« Allo ? Bonjour Papa, ça va ? (voix enjouée)

― Non ça ne va pas. »



Papa n’est visiblement pas content du tout. Il est même très en colère.
Il justifie son coup de téléphone :
quel « mal » ma mère et lui m’auraient fait quand j’étais petite ?
Il exige une rencontre afin d’avoir une franche explication.
Je l’accepte immédiatement. Mais il pose directement la question :
« Mais quel mal t’a-t-on fait, Marie ?
J’aimerais le savoir car il règne un grand vide sur cette affaire.
»
Comme il est extrêmement délicat d’exprimer ce que l’on a compris de sa famille
en imbriquant les histoires personnelles de chacun, ses ressentis enfantins
puis adolescents, et certains faits survenus dans le temps de l’adolescence,
je tente une explication.
Cette dernière ne satisfait pas du tout mon père, qui coupe mon discours d’un :

« MAIS QU’EST-CE QU’ON T’A FAIT, MARIE ? »



La tension est montée d’un seul coup. Il s’emballe :
il en a assez de tous mes mensonges, lorsque j’étais adolescente
je ne faisais que mentir, ce mensonge de plus sur l’identité
de ce « François qui ne s’appelle pas François » ,
il ajoute qu’il ne l’appellera jamais Vincent ,est absolument insupportable
pour lui et pour le reste de la famille que j’ai bernés.



Selon lui, je suis une criminelle, qui profite elle aussi du bien commun
en touchant le minima social.



Abruptement, il m’ordonne de bannir à tout jamais de mon vocabulaire le mot
« courtois », que ce mot lui sort par les trous de nez, qu’il ne veut plus jamais
l’entendre ou le voir écrit.
Car
« avec ses parents, on n’a pas des relations ou des discussions COURTOISES
».



(Silence de quelques secondes, qui paraissent une éternité tant la tension est importante)



Puis il se met à me questionner rudement : est-ce que je glorifie Hitler ?
Est-ce que je compte porter le brassard dans la rue ?
Il affirme que les sociétés d’ordre se terminent toujours par des guerres,
des camps de concentration, des tortures, des autodafés, des privations
de libertés individuelles dégradantes pour la dignité humaine.
Et si je pense qu’une société d’ordre ne signifie que
« respect du bien commun au détriment des biens privés »,
alors je crois encore aux « Bisounours ».



Je suis sans cesse interrompue : il hurle qu’il est mon père, que je dois l’écouter,
qu’il est désolé d’agir ainsi mais qu’il y est obligé,
car j’ai « un petit pois dans la tête ».

Il continue son monologue en me parlant du Zyklon B :
est-ce que je nierais aussi que ce gaz a existé ? Je lui réponds que non.
« A quoi cela a-t-il servi, à ton avis ? » continue-t-il.
« A désinfecter les habits » dis-je maladroitement.
La réponse fuse, sur le ton du plus total mépris :
« Ah oui, bien sûr, à désinfecter les habits… ».
« Et le gaz ypérite alors, utilisé pendant la guerre 14… » (silence)
« …ça aussi ça a servi à désinfecter des habits ? »
Je lui réponds que je ne connais pas ce gaz, et que par conséquent
je ne puis me prononcer.
« Et les camions à gaz alors ? » fulmine-t-il,
« Ça non plus, ça n’a pas existé ? »
Même réponse de ma part :
- même si j’en ai entendu parler, je n’ai pas suffisamment étudié le sujet.
De toute façon, la discussion est impossible ; je suis bien trop tendue
et inexpérimentée pour répondre correctement.

Brutalement, il recommence à m’interroger :

est-ce que je crois sincèrement qu’il va croire que les chambres à gaz
n’ont pas existé ?
Il insiste : « Est-ce que tu le crois, ça, Marie ? »
Je lui réponds que j’espère sincèrement qu’un jour il le croira parce que
c’est la stricte vérité.
Alors il hurle que je suis une folle, que je ne suis plus leur fille,
qu’il niera mon existence auprès des autres et que ce n’est même plus la peine
que je revienne à la maison.
Je réponds calmement qu’il prendra l’entière responsabilité de la décision
qu’il vient de prendre et de m’annoncer, car de mon côté je ne souhaite pas
couper les ponts avec ma famille. Sa réponse claque aussitôt :
« TU VOIS ? TU NOUS FAIS CULPABILISER !!! »

Quant au passage de ma lettre sur les bombardements américains en Normandie,
il m’aurait giflée si j’avais osé tenir ces propos en face de lui.

Il traite ensuite Vincent de fainéant, de mec « pourri de fric »,
d’antisémite, de raciste, d’ordure, de gourou, de connard,
de « Jésus-Christ-de-bazar »
qui se fait aider par une « organisation nazie ».
Il aimerait que Vincent soit tout près du téléphone pour entendre.

Il ajoute que Vincent a aimé aller en prison, que ça l’a fait jouir,
et pour étayer cette affirmation, il cite l’interview qu’il a accordée
à Jérôme Bourbon à sa sortie de prison. [8]
Selon lui, Vincent est une sorte d’ « artiste » qui veut faire parler de lui
et se faire admirer de manière originale.
Pour mon père, tout est limpide :

Vincent est un lâche, car il a caché aux gitans, ses codétenus,
qu’il était national-socialiste parce qu’il avait peur de se faire enculer
dans les douches.

Il me demande ensuite si Vincent a terminé sa B.D. Je lui réponds que non.
Il évoque alors la photo qu’il a trouvée sur Internet où l’on voit Vincent
en polo rouge bordeaux, étendant les bras, souriant, adossé à une tribune.
Pour lui c’est la preuve que Vincent est mégalomaniaque et narcissique.

Il a aborde ensuite le « dossier » Oradour-sur-Glane, me lançant que si j’étais
si fière de croire à la thèse développée par Vincent, je devrais alors oser aller crier
dans le centre ville d’Oradour que ce ne sont pas les SS qui ont fait brûler l’église
et qui ont tué tous les villageois.
Je lui réponds que je ne ferai jamais cela, puisque je n’ai pas envie de me faire lyncher.
Il me traite de lâche.

Il me dit penser sincèrement que je vais finir par me suicider maintenant
que je suis devenue « nazie ».

A ce moment, je pleure silencieusement.
Lui dit tranquillement que toute la famille pleure par ma faute et par la faute
de ce « connard ». Dans un souffle trahissant les sanglots, je lui somme d’arrêter
de parler de Vincent en ces termes.
J’ajoute : « Moi aussi, je pleure»
Et il me répond : « Ben oui, tout le monde pleure.
Il doit être bien content ton connard maintenant, hein, ton CONNARD !!!
»

Vient ensuite la religion : tout comme Maman, il est désolé de ne pas m’avoir
prodigué d’éducation religieuse. Il dit que ça, je peux le faire, oui il m’autorise,
ça ne le dérange pas que je sois catholique croyante et pratiquante.
Mais lui n’y croit pas : tous les signes et gestes associés à la pratique
de la religion catholique sont ceux d’une secte. Il rejette tout cela.
Ce n’est pas la peine de mettre des majuscules à « Dieu », « Jésus »,
« Vierge Marie », « Lui », « Il », « Elle », « Notre-Seigneur » etc.
dans les lettres que je leur adresse parce que lui ne croit pas en Dieu.
Je dois d’ailleurs cesser de prier pour lui parce qu’il n’en a pas besoin.

En guise de conclusion, Maman lui souffle que ce n’est pas en se frappant
la poitrine qu’on devient plus pieuse[9], et qu’elle espère
que je ne tomberai pas enceinte de Vincent.

Le dernier mot revient à mon père, qui dit posément :
« Je ne t’embrasse pas ».

Je lui réponds a-t-il entendu ?
Car il raccrochait au même moment : « Moi oui. »



***



Le lendemain, alors que j’étais encore sous le coup de l’appel téléphonique,
un oncle m’écrivit cet email :



Email de […] envoyé le dimanche 28 août 2011 à 17 h 04,
adressé à toute la famille
:

Objet : Ce que je pense de toi maintenant



Bonjour Marie,



Je suis terriblement déçu par ton comportement envers tes parents.
Je pense qu'ils t'ont bien éduqué, qu'ils t'ont apporté leur amour.
Peut-être un manque de communication entre vous ?



Mais voilà, tu en as décidé autrement. A force de dire que tout est nul,
et bien Marie c'est toi qui es devenue nulle.
Tu as rencontré un dangereux spécimen qui par ses belles paroles t'a envoûtée.
Pourtant, Babcia, ainsi que moi-même t'avions prévenu de faire attention.
Mais non, tu n'en as fait qu'à ta tête. Dans quel guêpier t'es-tu fourrée ??????



J'ai lu son pedigree sur Internet. Il n'est pas joli et si tu le suis,
je pense qu'il va t'arriver la même chose, c'est-à-dire prison, dettes,
escroqueries ou pire encore.



Elle est où Marie que je connaissais ?????????



[…], à toute la famille.



***



Dans la nuit du dimanche au lundi, comprenant probablement que les injures
ne serviraient à rien, mon père changea de registre.
Adoptant un ton désespéré et suppliant, il m’écrivit :



Email de Papa écrit le dimanche 28 août 2011, envoyé à 04 h 52,
dont je suis l’unique destinataire
:

Objet : bonjour de la nuit



Bonjour Marie,



Je ne dors pas beaucoup en ce moment. Tes parents te redisent qu'ils t'aiment
et qu'ils ne veulent pas te perdre. Ouvre tes yeux, je t'en supplie.



Papa



***



Insensible à ces méthodes de flics et conseillée par Vincent,je lui répondis dès le matin :


Notre réponse email à Papa, Maman et […] le dimanche 28 août 2011,
envoyée à 08 h 52
:

Objet : Re : bonjour de la nuit




Mon cher Papa,



Je te remercie de ton message, qui m'a beaucoup émue.
Je comprends parfaitement ce que tu peux ressentir.



Mais voilà :dans une situation de crise,chacun doit savoir faire un pas vers l'autre.
Je vous ai envoyé une lettre d'explication sans aucune animosité.
J'y exposais les raisons de mon changement.
Je savais bien qu'elle vous choquerait et qu'il faudrait discuter.
J'étais prête à discuter, et je le suis toujours.



Mais hier,au téléphone,tu as parlé 75 à 80 % du temps, m'interrompant sans cesse,
refusant quasiment tout le temps de m'écouter, rejetant d'avance tous
mes arguments (les traitant de « pseudo-arguments » etc. sans même les avoir lus),
mélangeant tout, injuriant Vincent (tu voulais même qu'il t'entende quand
tu le traitais de « connard » et j'en passe), et me quittant en refusant
de m'embrasser,après m'avoir dit qu'il n'était plus nécessaire que je revienne à la maison.
Ce n'est pas ainsi que tu éviteras de me perdre, j'en suis désolée…



Tant que cette situation perdurera, tu souffriras, mais pas par ma faute.
Si tu veux que ça change, tu dois accepter la discussion loyale avec moi
en compagnie de Vincent. Tu dois accepter d'écouter ce qu'il a à dire,
le cœur ouvert, sans a priori.
Après, tu pourras te faire ta propre opinion, sur la base du pour et du contre.
Nous la respecterons quelle qu'elle sera.



Je vous embrasse tous les deux, ainsi que [...],



Nous partons à la messe.



Bon dimanche



Marie



PS : Quand je pleurais hier, c'était parce que tu refusais de m'écouter,
et pas à cause de Vincent. Si tu m'avais respectée en m'écoutant,
ce ne serait pas arrivé. Je te souligne que Vincent, lui, m'a toujours écoutée
le cœur ouvert, même quand je lui ai annoncé certaines choses douloureuses
qui auraient pu le faire fuir. Il a, au contraire, toujours accepté de me comprendre.



***



La réponse vint en fin de journée.
Mon père utilisait l’arme bien connue les bien-pensants :
l’inversion accusatoire. Alors qu’il refusait d’écouter nos arguments,
c’était lui qui m’accusait de tenir des « discours figés ».

Il me faisait également connaître le « choc » qu’il avait ressenti au fait
« d'avoir entre les mains ce DVD tellement condamnable qu'il conduit en prison
ceux qui en font usage ».
De la part d’un ancien inspecteur de police, une telle ignorance est pitoyable :
la loi Gayssot ne réprime que les discours publics.
En privé, on peut lire et regarder ce que l’on veut.

Plus grave : mon père ne semblait pas choqué qu’en France, on puisse aller
en prison simplement pour avoir regardé un DVD.
Preuve que la liberté d’expression n’est pas, pour lui, un principe.
Au nom du politiquement correct, il accepte toutes les manœuvres dictatoriales.



Réponse email de Papa, reçue le dimanche 28 août 2011,
envoyée à 19 h 49, dont je suis l’unique destinataire
:

Objet : Re : re : bonjour de la nuit



Je constate que tu n'as pas entendu mes paroles et que tu persistes
dans tes discours figés. Encore une fois tu n'as pas compris que nous refuserons
toujours de faire la conversation avec cet homme pour tout ce qu'il représente.
Il est facile de reporter sur tes parents l'origine du conflit qui s'installe entre nous
sous prétexte que nous ne ferions pas l'effort d'écouter « ses arguments ».
Cela revient à dire qu'il nous faudrait nous plier, se mettre au tableau noir
pour écouter les démonstrations par a + b du professeur. Professeur,
il ne l'est plus depuis qu'il a été radié de l'Éducation Nationale.
Ceci étant, je ne comprends pas comment, alors que tu prétends n'avoir pas
de sentiments pour un certain Adolf Hitler, tu mets autant d'acharnement à vouloir
lui rendre justice sur la question des chambres à gaz
(au fait, t'es-tu renseignée sur l'usage du Zyklon B dans les camions ?).
En quoi la société d'ordre nouveau que tu aimerais voir émerger tient-elle
à cette question ? Une dernière chose avant d'en terminer.
Hier, j'ai cru comprendre que tu avais eu des doutes toi aussi, et peut-être
as-tu été émue à la vue de tous ces charniers, tous ces corps que nous avons
tous vus, poussés par des bulldozers au fond des fosses communes
après la libération des camps.
Si cela t'a un peu remuée, comment ne parviens-tu pas à comprendre
ce que nous tous avons pu ressentir à la lecture de ton courrier, à la froideur
de tes arguments, au choc d'avoir entre les mains ce DVD tellement condamnable
qu'il conduit en prison ceux qui en font usage.
Pourquoi faudrait-il que nous ayons cette ouverture d'esprit que tu nous réclames ?
Non, nous ne voulons pas aller en prison et persistons à dire que
nous préférons l'ignorance et l'obscurantisme dans laquelle
nous serions d'après toi, à la négation
.
Nul n'est au dessus des lois.
Si tu n'es pas de cet avis, c'est qu'il y a peut-être du vrai lorsque nous te disons
que tu es sous influence. Toute la famille pleure, notre souffrance est immense,
demain elle atteindra le cœur de Tonton […] et de Tata […], si tant est
que tu leur écrives. A présent, je te laisse à tes réflexions.



Papa



***



Face à une telle fermeture d’esprit, je décidai une nouvelle fois de cesser
toute discussion, sans pour autant rompre tout contact :



Réponse email à Papa, destinée à toute la famille, écrit le lundi 29 août 2011,
envoyée à 09 h 28
:

Objet : Re : re : re : bonjour de la nuit




Cher Papa, Chers tous,



Je ne voulais pas vous voir « plier », mais juste que vous vous fassiez
une opinion après avoir pesé les arguments et les contre-arguments
en toute bonne foi lors d'une discussion libre et loyale.
Vous le refusez pour des raisons que je n'ai pas à juger. Je les respecte.



Toute discussion étant impossible, je cesse maintenant de vous écrire sur le sujet.
Je vous demande de faire de même.



Je vous enverrai néanmoins des nouvelles régulières de ma santé afin que vous
ne vous inquiétiez pas outre mesure.



J'ose espérer qu'un jour, les choses s'arrangeront dans le cadre d'une démarche
de compréhension mutuelle car je reste votre fille, sœur, petite fille
et nièce / filleule, et vous restez mes parents, mon frère, ma grand-mère
et mes oncles et tantes.
La porte de mon cœur et celle de ma maison vous seront toujours ouvertes.



Je vous embrasse tous



Marie



***



Pendant plus de 48 heures, ce fut le calme plat.
Puis un nouveau message ce mon père me parvint, très compréhensif :



Email de Papa reçu le mercredi 31 août 2011, dont je suis l’unique destinataire,
envoyé à 11 h 59
:

Objet : où en es-tu ?



Bonjour Marie,



Je voulais simplement te dire que, quoi qu'il arrive,
nous serons toujours à tes côtés, sans chercher à te juger.



As-tu écrit à […] et à […] ?



Je t'embrasse



Papa



***



J’avoue que ce ton subit plein ,trop plein , de compréhension me laissa perplexe.
Car après tout ce qu’il m’avait écrit et dit, comment croire qu’il ne cherchait pas
et ne chercherait jamais à me juger ? Voilà pourquoi je lui fis la réponse suivante :



Notre réponse email adressée à Papa, Maman et […]
le mercredi 31 août 2011, envoyée à 14 h 51
:

Objet : Re : où en es-tu ?




Cher Papa,



Merci de tout cœur pour ton message.
J'aimerais le croire sincère pour que la situation se débloque.
Mais puis-je le considérer sincère après toutes les lettres que j'ai reçues ?



Je comprends vos souffrances. Mais j'aimerais que, de ton côté,
tu comprennes que je vis très mal le fait que vous insultiez Vincent
(c'est m'insulter) et que vous ne vouliez ni m'écouter, ni prendre
connaissance des divers documents que je vous ai envoyés afin
de justifier mes opinions présentes.
Au téléphone, à propos des bombardements américains, tu m'as clairement
dit que si j'avais développé cet argument en face de toi, tu m'aurais giflée.
Ce n'est pas ainsi que la situation s'améliorera et que les souffrances,
les vôtres comme les miennes, s'apaiseront.
Pour juger Vincent et me juger moi, il faut nous écouter d'abord tous les deux,
se détacher d'Internet, cesser de vociférer et de me menacer dès que j'essaie
de m'exprimer.



Tu crois savoir ce que Vincent représente ?
Je te signale que tous les racistes et tous les islamophobes primaires
(Vincent et moi en sommes très loin, contrairement à ce que vous pensez)
pensent savoir ce que l'autre représente.



Ce que je ne comprends pas et ne comprendrai jamais chez vous,
c'est le refus catégorique,fondé sur un jugement téméraire,de toute discussion.
La discussion signifie:

1/ Tour de parole respecté,

2/ Ecoute honnête

et 3/ Réponse aux arguments en eux-mêmes.

Refuser la discussion par avance en disant que l'autre n'est
qu'un « illuminé », un « criminel »
qui ment et qui n'expose que des « pseudo-arguments »
est foncièrement malhonnête.
C'est au terme d'une discussion loyale et dépassionnée que l'on peut juger
la valeur de l'autre. Ce n'est pas avant.



Je sais que,sur le problème des chambres à gaz et du national-socialisme
par exemple,c'est très difficile parce que l'évidence semble contraire.
Tu m'as ainsi parlé des bulldozers qui poussent des cadavres.
(voir photo).


Il est vrai que la scène est insoutenable.
Mais quelle est l'origine de cette scène, sa date ?
Qui sont ces gens, de quoi sont-ils morts et dans quelles circonstances ?
Ces questions, il faut les poser et y répondre honnêtement avant de juger.
Un fait brut est toujours susceptible de multiples interprétations.
Pour trouver la bonne, il faut savoir remettre le fait dans son contexte.
Si tu avais lu le document que je t'ai envoyé et qui traite des derniers mois
au camp de Bergen-Belsen (camp où a été filmée la scène du bulldozer ;
c'était entre le 17 et le 20 avril 1945 et je peux même te dire que
le conducteur était le lieutenant britannique Martin Wilson),
tu aurais trouvé les réponses à ces questions, et tu ne jugerais plus
du tout cette scène de la même façon.



Papa, toi qui es ancien inspecteur de police, songe à l'affaire Jean-François Lesnier.
Sept ans de bagne parce que toutes les évidences plaidaient contre lui
alors qu'il était en fait totalement innocent...
Il ne faut pas me dire que cela n'a aucun rapport, ce sont exactement
les mêmes mécanismes intellectuels qui sont mis en branle ;
seule l'ampleur de l'affaire change.



Dans la situation présente, je ne réclame qu'une seule chose :
que vous acceptiez une discussion loyale avec Vincent et moi.
Après,vous serez libres d'avoir votre propre opinion,d'être à mes côtés
ou non, de me rejeter ou non.
Je pense être en droit de formuler cette exigence qui est conforme
au principe de justice.
Tu m'as déjà écrit qu'il fallait que je comprenne qu'il ne serait jamais question
d'une telle discussion. J'ai bien compris le message.
Mais je ne te demande à ton tour de comprendre ce qui suit :

- je réclame cette discussion, et tant que tu la refuseras, la situation restera
bloquée et je ne pourrai pas croire que tu pourrais être à mes côtés sans me juger.



J'ai aujourd'hui reçu une gentille lettre de Babcia. Je vais lui répondre.
Je n'ai pas encore écrit à Tata et Tonton ; j'ai déjà assez à faire avec vous.



Je t'embrasse ainsi que toute la famille,



Marie



P.S. :
Papa, comprends bien que je ne vous traite pas de « cons » (inintelligence).
Je pense seulement que vous êtes victimes de mensonges qui,
à force d'avoir été répétés, passent pour des vérités.
Ce n'est pas la première fois dans l'Histoire que des erreurs ou des mensonges
ont abusé l'immense majorité pendant parfois des années.

Exemples :

- Néron qui aurait incendié Rome, 9 millions de martyrs chrétiens
sous l'Empire romain (quelques dizaines de milliers en vérité),

- Ptolémée contre Copernic,

- Semmelweis contre le corps médical,

- le fer dans les épinards,

- les bébés belges aux mains coupées pendant la première guerre mondiale,

- les bébés arrachés à leurs couveuses au Koweït en 1991, etc.

Il ne faut pas me dire que cela n'a rien à voir, c'est exactement la même chose
(adhésion en toute bonne foi à des mensonges ou des erreurs) ;
seule change l'ampleur des affaires.



***



Mon père ne répondit pas. Il fallut attendre plus de deux semaines
pour qu’il reprenne contact avec moi, par téléphone.
Il savait naturellement que Vincent m’aidait dans mes réponses et il souhaitait
sans doute me parler seul à seule.
Mais depuis l’appel téléphonique du samedi 27 août, j’avais discuté
avec Vincent et il m’avait exposé les réponses simples à donner
aux arguments des tenants de la thèse officielle.
Je me sentais donc beaucoup plus à l’aise avec mon père, qui de son côté,
semblait plus calme et disposé à m’écouter.



Lundi 19 septembre 2011, de mémoire, en résumé et en substance,
coup de fil de mon père vers 19 h 30
:



D’une voix normale, papa commence par m’annoncer ceci :

- sa croix est désormais de me prouver par des lectures que Vincent
et moi avons tort.
Il a lu les quatre articles de Vincent [10], mais il en reste moyennement
convaincu, surtout concernant l’article sur la Croix-Rouge.



De toute façon, peu importe, puisque c’est Hitler qui a voulu et cherché la guerre.
Il n’était qu’un Autrichien qui a obtenu la nationalité allemande à la dernière minute ;
il n’aimait ni son peuple, qu’il a totalement délaissé, ni ses généraux, qu’il a envoyés
à la mort en leur donnant des ordres absurdes.
En outre, et c’est totalement pitoyable, il a enrôlé des jeunes adolescents allemands
dans son armée à la toute fin de la guerre. Certes, l’Allemagne a subi
des bombardements massifs, mais ce n’était que la juste réponse
aux bombardements massifs que les Allemands avaient perpétrés sur l’Angleterre.
Hitler a voulu la guerre, c’est lui qui l’a voulue.
Il était amer à cause de la première guerre mondiale où il avait reçu du gaz
dans les yeux qui l’avait laissé aveugle quelques mois.
Il était de plus antisémite et anticommuniste, ce qui est très grave.



Je réponds calmement que durant ma scolarité, tous les professeurs d’histoire
au collège et au lycée ont commencé le chapitre sur la deuxième guerre mondiale
en admettant que Hitler avait su remonter l’économie de l’Allemagne et apporter
le bonheur à son peuple en leur donnant du travail,du pain et de saines occupations.
Mon père me ressort l’argument habituel :
« Oui mais alors à quel prix ! »



J’élude et continue tranquillement de lui expliquer que, concernant la marche
vers la guerre, il faut accepter de s’intéresser aux écrits révisionnistes,
notamment à un article de Vincent intitulé :

Le mythe des démocraties « pacifiques »qui seraient acculées
à la guerre par les « dictateurs »

(voir photo)


que j’aimerais lui envoyer. Lira-t-il cet article, si je le lui envoie ?
« Oui », répond-il.



Papa se met à parler des livres qu’il est en train de lire et qui, d’après lui,
prodigueront les arguments nécessaires qui me feront changer d’avis,
car il m’avoue être très préoccupé par mes nouvelles opinions, en particulier
ma glorification de Hitler. Je ne lui ferai pas admettre, ajoute-t-il,
que je ne crois plus à l’existence des chambres à gaz homicides nazies
uniquement pour l’amour de la vérité.
C’est parce que je veux réhabiliter un homme comme Hitler et le régime
qui va avec bien entendu, que je clame subitement qu’elles n’ont pas existé.



Lorsque je lui demande de me donner les références des ouvrages
qu’il est en train de lire, il est incapable de me donner la réponse.
Je lui laisse l’a priori favorable,pensant que c’est l’émotion qui l’empêche de se souvenir.



Tout heureuse qu’il veuille se pencher sérieusement sur la question,
je lui demande alors s’il accepterait une discussion loyale avec Vincent.
« Oui, mais avant je dois lire. Parce que c’est long, Marie,
ça oui c’est long ! Il y en a des livres à lire !
»
Dans mon enthousiasme, j’enchaîne : a-t-il visionné le DVD « Holocauste » ?

Sa réponse sèche fuse :
« Ah non non non non non. Je ne regarderai pas ça. »

Bon. Raté.



Pour lui, la discussion ne sera de toute façon jamais possible
si nous continuons à affirmer que les chambres à gaz n’ont pas existé.

Moi :

« Oui mais si tu dis vouloir t’intéresser au sujet, alors pourquoi ne pas lire
plus que les quatre articles que tu as déjà lus ?
N’est-ce pas que tu cherches en réalité à confirmer ce que tu penses
déjà en ne cherchant que des ouvrages qui corroborent la thèse officielle ?
»


― « Je ne peux pas lire les ouvrages des “négationnistes”
parce que c’est interdit par la loi. »

M: « Mais pourquoi y a-t-il une loi, Papa ? »

― « Et puis d’abord, qu’est-ce qui me prouve que c’est bien lui qui a écrit
ces quatre articles ? Je ne vois pas de signature. »

M: « Papa, je t’ai posé une question :
pourquoi existe-t-il une loi interdisant les écrits révisionnistes ? »

― « Parce que c’est interdit par la loi.
On tourne en rond dans cette affaire ! On dirait que tu le fais exprès
! »



Effectivement on tourne en rond.
On n’avance pas car mon père ne fait que changer de sujet.
D’ailleurs, il ne fera que cela durant tout le temps de l’appel.



Subitement il évoque le livre de Vincent sur le massacre d’Oradour-sur-Glane[11].
Sans surprise, il ressort l’argumentation habituelle :

Vincent n’est pas un expert.

Or, dans un cas aussi grave que celui d’Oradour, il est nécessaire
de faire appel à des experts.

Je lui rétorque que Vincent a parlé avec des pompiers.
Aussitôt, il me jette un : « Un pompier n’est pas un expert. »

Bien.Vincent,qui écoute la conversation comme il peut, me souffle à l’oreille disponible :

« Pourquoi les juges n’ont-ils pas donné suite à ma demande
d’expertise de l’église ?
»

Je m’empresse de répéter cela. Mon père ne répond rien.

Il préfère changer de sujet ,tactique habituelle, et demande :

« Et des témoins alors ? En a-t-il ? »

« Oui, bien sûr : Aimé Renaud. Il était caché dans son jardin au moment
de l’explosion de l’église. »

« Pourquoi n’a-t-il pas témoigné au procès ? ».

« Peut-être parce qu’il avait peur pour sa tranquillité… ».

Avec une naïveté touchante, mon père lance alors :

« Mais encore une fois on tourne en rond !
Si cet homme connaît la vérité, pourquoi n’a-t-il pas accepté de la révéler
le jour du procès ?
».

« Peut-être parce qu’il n’est pas facile pour un habitant de la région de dévoiler
des vérités qui dérangeraient très certainement, étant donné la situation
du village d’Oradour, devenu très touristique suite à ce drame.
Puisque la loi interdit de pouvoir dire autre chose que ce que la thèse officielle
affirme, Aimé Renaud n’a pas voulu parler car il a craint pour sa tranquillité. »

« Et les habitants d’Oradour, que disent-ils, eux ?

Ils devaient tous être contre ce témoin. Il faut expertiser Aimé Renaud ! »

Je réponds posément qu’il devrait lire l’ouvrage de que Vincent qui a passé
plusieurs années à faire des recherches à Oradour-sur-Glane et qui a parlé
avec de nombreuses personnes.
Les choses ne sont pas si simples ; les villageois que Vincent a interrogés
ne sont pas tous d’accord entre eux, mais il existe une telle pression
(village très touristique) que ceux qui sont en désaccord avec la thèse officielle
se taisent.

Réponse de mon père :« Ça recommence, on tourne en rond ! »

Il change alors de sujet pour reprendre l’argument opportuniste par excellence :

« Nul n’est au-dessus de la loi », me dit-il, avant tout de même de reconnaître
que la France ne devrait pas s’être dotée de lois qui restreignent la liberté d’expression.
Mais la lueur de bon sens s’éteint bien vite :

aux États-Unis, dit-il, Vincent pourrait parler comme il le voudrait sans être inquiété,
or nous ne sommes pas aux États-Unis, mais en France, donc il doit respecter
la loi en se taisant, c’est comme ça.
En persistant à être « négationniste », Vincent est coupable de prosélytisme.

Il s’empresse d’ajouter que si, à mon tour, je me mets à en faire,
sur mon lieu de travail par exemple, je serai licenciée.

Je réponds : « Pourquoi serai-je licenciée ? »

« Parce que c’est interdit par la loi. »

« Oui, mais pourquoi y a-t-il une loi ? »

« On tourne en rond. »

On tourne en rond parce qu’il refuse de répondre à la question capitale :

- pourquoi a-t-on voté une loi pour faire taire les révisionnistes ?

Mon père s’en doute probablement, car il change de sujet pour en venir
à mes motivations :

pour lui, la finalité de mon acharnement à affirmer que les chambres à gaz homicides
nazies n’ont pas existé est la glorification de Hitler, de l’extrême droite,
donc du repli sur soi, du racisme, des libertés individuelles primordiales bafouées :
il ne peut pas en être autrement. La situation lui semble gravissime.

Puis il ajoute avec malice :

« Mais toi tu n’as pas lu tous les livres des révisionnistes...
comment peux-tu dire qu’ils ont raison ?
»

Le sourire aux lèvres, je réponds :

« Je n’ai pas eu le temps de tous les lire, c’est vrai.
En revanche, j’ai vu comment on traite les révisionnistes. »

J’ajoute :

« Papa, tu dis que je devrais laisser tomber les chambres à gaz
parce que ça n’a aucune importance.
Mais si ce n’est pas grave que les chambres à gaz n’ont pas existé,
pourquoi les révisionnistes sont-ils mis en prison ?
»

« Parce que c’est la loi. »

«Oui mais pourquoi y a-t-il une loi sur ça expressément,puisque ce n’est pas grave ? »

― « On tourne en rond. »

Il me parle d’une « thèse négationniste » soutenue à Caen ou à Rennes
(il ne sait plus), par un étudiant, et qui a reçu le soutien d’un ancien résistant
communiste déporté, Michel de Boüard.
La thèse, dit-il, a « été cassée », mais le soutien
d’un communiste démontre que les négationnistes peuvent se cacher partout.
Il me parle également du Quid qui serait peut-être infiltré par les négationnistes.

Il revient sur le terrain de la glorification de Hitler.
Je lui coupe alors la parole en évoquant le professeur Robert Faurisson.
J’explique que Monsieur Faurisson ne se revendique d’aucun parti politique
et d’aucune religion ; pourtant, il en arrive aux mêmes conclusions que Vincent
sur la question des prétendues chambres à gaz homicides nazies.

Mon père parle en même temps que moi :

« Et Bruno Gollnisch ? Bruno Gollnisch ? C’est l’extrême droite.
Donc l’extrême droite ça ne m’intéresse pas
. »

« Mais je suis en train de te parler du professeur Robert Faurisson. »

« Il n’est plus professeur ! »

« Bien sûr que si.
Il est toujours professeur et il a prouvé que les chambres à gaz homicides nazies
n’ont pas pu exister.
Il arrive aux mêmes conclusions que Vincent, et pourtant il ne se revendique
de rien d’autre que du résultat de ses recherches.
Alors ne me dis pas que c’est la glorification de Hitler et le désir du totalitarisme
qui nous pousse Vincent et moi à affirmer que les chambres à gaz homicides nazies
n’ont pas existé ! »

Mon père ne répond rien. S’il pensait avoir la partie facile, il doit être bien déçu.

Alors il reprend le couplet légaliste :

« Mais la loi, Marie, la loi Gayssot, elle est là !
Il faut la respecter. Nul n’est au-dessus de la loi
. »

« Et l’avortement alors ? Des femmes et des hommes ont dû se mettre
au-dessus des lois pour que le législateur accepte de reconsidérer
une situation intolérable ! »

Acculé, mon père ressort l’habituel joker :

« Ce n’est pas pareil. » Naturellement, ce n’est jamais pareil…

Mais je n’ai pas le temps de répondre qu’il reprend sur la loi Gayssot :

« Tout débat entre les historiens tenants de la thèse officielle
et les révisionnistes est interdit par la loi. »

« Oui mais les révisionnistes ont réclamé un débat avec les historiens dès 1980.

La loi a donc été faite pour les faire taire, car elle date de 1990 ».

Réponse de mon père :

« Nul n’est au-dessus de la loi. »

Oui, vraiment on tourne en rond.
La conversation s’arrête donc là,car l’un comme l’autre nous ne savons plus que dire.
Il m’annonce qu’il m’enverra par email les références des ouvrages
qu’il est en train de lire.
Recommandation pour recommandation, je l’invite à aller regarder le blog
de Robert Faurisson, à regarder « Holocauste », à lire l’article de Vincent
sur la marche vers la guerre que je lui enverrai en fichier joint dans un prochain email.



***



Le lendemain, je reçus les références annoncées.
Mon père prenait visiblement l’affaire à cœur.



Email envoyé par mon père le mardi 20 septembre 2011 à 12 h 30,
dont je suis l’unique destinataire
:

Objet : de quoi lire



Bonjour Marie,



Voici donc mes lectures de vacances (livres achetés à […], librairie […]
que tu as eu l'occasion de visiter) :



- Hitler, François Kersaudy, collection « Maîtres de guerre », éditions Perrin, 2011.

- A l'intérieur d'un camp de travail nazi. Récits de survivants :
mémoire et histoire, Christopher R. Browning, éditions Les Belles Lettres, 2010.



Tu trouveras les 4 e de couverture en pièces jointes.



Autres ouvrages de Browning :



- Des hommes ordinaires : le 101 e bataillon de réserve de la police allemande
et la Solution finale en Pologne, éditions Tallandier, 2007.

- Politique nazie, travailleurs juifs, bourreaux allemands, éditions Tallandier, 2009.

- Les origines de la Solution finale.
L'évolution de la politique antijuive des nazis, septembre 1939 - mars 1942,
éditions Point, 2009.



Papa



***



Un peu plus tard, il m’envoya un deuxième message qui évoquait
l’affaire du Quid et les possibles infiltrations négationnistes :



Email envoyé par mon père le mardi 20 septembre 2011 à 13 h 06,
dont je suis l’unique destinataire
:

Objet : Page du Quid



Comme promis, voici également la page du Quid (2007) où figure le chapitre
consacré aux « Révisionnistes »
Tu verras qu'il est donc question de la thèse négationniste d'un certain
Henri Roques ayant trouvé le soutien de Michel de Boüard ancien doyen
de la Faculté de Caen, ancien membre du PCF et ancien déporté à Mauthausen.

Je trouve curieux une telle concentration de communistes ou d'anciens
communistes parmi les anciens déportés à avoir soutenu les idées négationnistes.
Avaient-ils une dette vis-à-vis de l'Allemagne nazie ?
A moins que ce soit à l'égard de Staline si arrangeant avec Hitler au moment
de se partager la Pologne.
Si j'en crois Raphaël Mallard qui ne les porte guère dans son cœur depuis
qu'il eut affaire à eux à Buchenwald, c'est bien là le cœur du problème.



Papa



***



..../...

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on y trouve souvent des pages de l'Histoire arrachées,
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Jo la fouine

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Re: « Je préfère mon ignorance à la négation »

Message  Jo la fouine le Mer 23 Jan - 17:00

De façon évidente, mon père voulait jouer les connaisseurs.
Vincent m’aida donc à rédiger une réponse qui le remettrait en place :


Notre réponse à mon père concernant les deux emails précédents,
envoyé le mardi 20 septembre 2011 à 15 h 39
:

Objet : Re : Page du Quid

PJ : Article de Vincent intitulé : Le mythe des démocraties « pacifiques »
qui seraient acculées à la guerre par les « dictateurs »



Cher Papa,



J'ai mis en pièce jointe un article rédigé et signé par Vincent
(les 4 articles que je t'ai envoyés il y a quelques jours faisaient partie
d'un livre que Vincent a écrit.
Les articles étaient donc des chapitres de ce livre ; ils n'étaient par conséquent
pas signés).
Il expose les évènements qui ont immédiatement précédé le déclenchement de la guerre. Je t'envoie cela parce que tu m'as longuement parlé de ce sujet hier au téléphone.



Je te remercie pour la page du Quid et pour les références données.
Vincent me fait remarquer qu'il possède et qu'il a lu deux des quatre ouvrages
de Christopher R. Browning : Des hommes ordinaires :
le 101 e bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne
et Les origines de la Solution finale
.
L'évolution de la politique antijuive des nazis, septembre 1939 - mars 1942.
Le plus intéressant est le deuxième.
Il te conseille, pour gagner du temps, de lire à partir de la page 657.
Aux pages 673-674, tu trouveras un passage intéressant. Le voici :

« Il est difficile de retracer le chemin qui mène à la “solution finale” non seulement
à cause des incertitudes de ses auteurs,mais aussi en raison du problème des preuves. Hitler agit d'une façon qui n'est pas du tout bureaucratique en indiquant
verbalement ses “souhaits” et “priorités”.
Aucune piste écrite ne mène au Führer-Hauptquartier.
A l'échelon suivant, les documents de Himmler et de Heydrich concernant
la “solution finale” sont détruits.
L'historien en est réduit à des copies de quelques documents clés (...),
mais il ne dispose pas des documents de travail vitaux internes au centre
de coordination. » pp. 673-674.

Bref, il n'y aucune preuve documentaire fiable. On nous demande donc de croire
que l'assassinat de 6 millions de personnes, un pays comme la Suisse,
avec une arme sans précédent dans l'Histoire
(la chambre à gaz pour 1000 personnes à la fois), n'aurait laissé aucune trace documentaire.



Quant aux témoignages, tu m'as parlé de Simone Veil.
Je t'informe que le 7 mai 1983, dans France Soir Magazine, page 47,
elle a déclaré :
« Chacun sait que les nazis ont détruit ces chambres à gaz et supprimé systématiquement tous les témoins. »
J'attends tout de même que tu me donnes ne serait-ce qu'un seul nom de témoin
que tu considérerais fiable.



Concernant la thèse d'Henri Roques, elle n'est pas négationniste.
Elle se contente de réfuter les « aveux » du SS Kurt Gerstein.
C'est un travail très technique et très ponctuel à partir duquel il est impossible
de conclure quant à l'existence ou non des chambres à gaz.
Les derniers mots de la conclusion de cette thèse sont :

« Les “confessions” de Gerstein ont fourni un support à la naissance de croyances diverses;nous estimons,pour notre part, que ce support n'était pas digne de confiance.
Il faut maintenant relire les “confessions” de l'officier SS sans oublier un seul instant
ce que Raymond Aron appelait “l'esprit fécond du doute”. »
(Thèse originale, page 271 ; Vincent possède la thèse originale et celle qui
a été publiée en 1988 aux éditions Polémiques).
Dans cette conclusion, l'auteur se garde bien, et c'est normal parce que ce n'était
pas le sujet, d'émettre une opinion quelconque sur l'existence ou la non-existence
des chambres à gaz.
Je note que, contrairement à ce que tu m'as dit au téléphone, Henri Roques
n'était nullement un étudiant (né en 1920, a passé sa thèse en 1985),
que sa thèse n'a été soutenue ni à Caen, ni à Rennes, mais à Nantes.



Tu dis trouver « curieux une telle concentration de communistes
ou d'anciens communistes parmi les anciens déportés à avoir soutenu
les idées négationnistes ».
D'abord, je note que cette concentration n'existe que dans ton esprit.
Je pense que tu serais bien en peine de me citer plus de dix noms.
Ensuite, je vois que tu poses une question sur une éventuelle dette
qu'ils auraient vis-à-vis de l'Allemagne nazie.
Tu peux te poser n'importe quelle question, l'important est d'y répondre
preuves à l'appui.
S'ils ont une dette, il faut le démontrer. J'attends cette démonstration.



Je constate que pour toi, le soutien aux « négationnistes » ne peut jamais
avoir pour raison le respect de la vérité.
Il faut toujours que tu cherches d'autres raisons :

-pour Vincent, c'est son admiration pour Hitler, pour moi pareil,

- et pour les anciens communistes, de prétendues dettes.

Naturellement,on ne peut formuler une conclusion pour tous ces anciens communistes. Mais je te signale que Michel de Boüard n'a jamais été soupçonné d'avoir
« collaboré » avec les Allemands lors de sa déportation.
Si ça avait été le cas, il aurait eu de graves problèmes après la guerre
(car je te signale que de nombreux kapos ont été retrouvés et châtiés)
ou plus tard encore.
Jamais personne n'a mis en doute son bon comportement lors de sa déportation.
Dans son cas, le soutien timide qu'il a apporté aux révisionnistes a une cause
très claire :

- c'est à la lecture du Rapport Leuchter qu'il a commencé à avoir des doutes.
Il l'a écrit dans une lettre à Henri Roques le 28 septembre 1988.
Cette lettre a été publiée en 1990 dans un article intitulé :
Le doyen Michel de Boüard et les chambres à gaz homicides.

Quant aux autres communistes, si tu peux me donner des noms,
Vincent et moi pourrions faire une enquête sur leur cas.



Au téléphone, tu m'as dit que l'on pouvait tout démontrer.
Cette remarque est vraie, mais elle a ses limites.
En science expérimentale, il est relativement difficile de nier l'évidence.
C'est d'ailleurs pour cela que dans des affaires criminelles (ou autres),
les tribunaux réclament des expertises.
Or je constate que dans le dossier des chambres à gaz, les premiers à avoir
demandé une expertise de l'arme du crime ont été les révisionnistes
(ne parlons pas de l'expertise de Cracovie en 1945 qui ne portait pas
sur l'arme du crime).
Et pour mener leur expertise, ils ont demandé à celui qui, à l'époque, aux U.S.A.,
était l'ingénieur spécialiste des chambres à gaz (et autres moyens de mise à mort).
On ne pouvait trouver mieux. Il s'agissait de Fred Leuchter.
C'est son expertise qui a établi qu'à Auschwitz-Birkenau, les bâtiments,
ou les ruines de bâtiments, présentés comme ayant été des chambres à gaz
homicides, n'avaient jamais pu servir à cette fin.
C'était en 1988. Vincent possède ce rapport et peut t'envoyer une copie
de la conclusion.
Des critiques ayant été élevées à propos de son expertise,un ingénieur chimiste, l'Allemand Germar Rudolf, en a mené une autre à son tour.
C'était en 1993 (Rapport Rudolf).
Il est parvenu aux mêmes conclusions que Fred Leuchter.
Là encore, Vincent possède son rapport et peut t'en envoyer une copie.



Tu me diras que ces expertises sont peut-être à rejeter pour des fautes
méthodologiques, et que dans les tribunaux on procède souvent
à des contre-expertises.
Pourquoi pas ?
C'est d'ailleurs ce que les autorités du Musée d'État d'Auschwitz ont fait.
Pour répondre au Rapport Leuchter, elles ont commandé une contre-expertise.
Celle-ci a été menée par un institut de Cracovie en 1990.
Papa, essaye de trouver cette contre-expertise dans l'un des livres
que tu me conseilles de lire. Tu ne la trouveras pas.
Sais-tu qui l'a publiée, finalement ? Ce sont les révisionnistes dans
la Revue d'Histoire Révisionniste n° 5, 1991, pp. 143 et suivantes.
La raison est simple :

- cette contre-expertise était incapable de réfuter le Rapport Leuchter.
Je note d'ailleurs qu'après la parution du Rapport Rudolf,
les autorités du Musée d'Auschwitz n'ont pas osé demander une nouvelle contre-expertise.



Une dernière chose : tu m'as dit qu'il fallait être historien pour parler.
Je t'informe que l'historien numéro 1 de la Shoah, Raul Hilberg, auteur
de La destruction des juifs d'Europe (un pavé de 1099 pages),
n'était pas historien mais ... professeur de sciences politiques.

En France, celui qui a été pendant des années l'antirévisionniste numéro 1,
Pierre Vidal-Naquet, était historien de .... la Grèce antique.

Quant à Jean-Claude Pressac qui, en 1993, a publié au C.N.R.S.
l'ouvrage Les crématoires d'Auschwitz, la Machinerie du meurtre de masse,
ouvrage censé répondre aux révisionnistes sur le terrain scientifique,
il n'était pas historien mais .... pharmacien.

Bref : tu vois bien que les « spécialistes » n'étaient pas des historiens
de la seconde guerre mondiale.



Je t'embrasse et te dis à bientôt.



Marie


***



Mon père ne put que répondre ce qui suit, mélange de naïveté,
de mauvaise foi et de caricature de l’autre (pour mieux prétendre le ridiculiser) :



Réponse email de Papa, envoyée le mardi 20 septembre 2011 à 18 h 08,
dont je suis l’unique destinataire
:

Objet : Re : re : Page du Quid



Marie



Merci pour tous ces renseignements et conseils de lecture.
Encore une fois je ne comprends pas le sens de ta quête en dehors du fait
qu'elle s'associe à une réhabilitation d'Adolf Hitler et qu'elle est en lien
avec une démarche politique extrémiste que tu sembles avoir épousée.
Tout cela m'écœure et me fait honte.
A présent, Marie, libre à toi de penser tout ce que tu veux de ton père.
Ce n'est plus la peine de chercher à corriger mes erreurs historiques.
Cela ne m'intéresse pas.
Si pour toi cette guerre n'a été qu'une vue de l'esprit et qu'il faut à tout prix
dédouaner Adolf Hitler de ses responsabilités, libre à toi.
Si pour toi Hitler était un bienfaiteur pour son peuple et n'était pas antisémite,
libre à toi encore. Non je ne connais pas d'autres communistes ayant bénéficié
d'un régime de faveur à l'intérieur de camps, comme j'ignore les marques
et immatriculations des véhicules ayant servi à gazer les premières victimes
du nazisme (comme j'ignore les noms des opposants politiques et des malades
mentaux euthanasiés les premiers temps).
Encore une fois Marie, j'estime qu'il n'est pas nécessaire que nous recomptions
ensemble le nombre des victimes. Notre détresse est immense.
Tu n'as rien compris à ce qu'est notre peine.
Ne compte pas sur moi pour entamer une quelconque discussion
avec un homme qui viendrait me soutenir que les personnes de ma famille
ont été heureuses durant leur captivité.



Ton père.



***



Ma réponse fut la suivante :



Notre réponse email à Papa, envoyée le mardi 20 septembre 2011 à 21 h 02
:

Objet : Re : re : re : Page du Quid



Cher Papa,



Le sens de ma quête est le suivant :

- la recherche de la vérité en toute objectivité et l'acceptation de cette vérité,
peu importe ce que celle-ci me dévoilera.
Je l'ai d'ailleurs écrit à Maman sur sa carte d'anniversaire de cette année.



Peut-être que cela t'est très difficile à comprendre ou à admettre, mais mon but
dans la vie est la recherche de la vérité et l'acceptation de la vérité,quelle qu’elle soit.



Rien d'autre ne me motive. Il ne faut pas inverser les choses.
L'inversion accusatoire n'est jamais bonne, et c'est pourtant ce que tu es
en train de faire :

- ce n'est pas parce que j'adule Adolf Hitler ou le nazisme que j'affirme
que les chambres à gaz homicides nazies n'ont pas existé,
mais c'est parce qu'elles n'ont pas existé que je me suis intéressée
en toute honnêteté à Hitler et au national-socialisme.



Une fois la vérité trouvée, il faut bien évidemment en tirer honnêtement
les conséquences. La vérité est la vérité, point final.



Si demain un athée vient me dire que le saint suaire est un faux au motif
qu’il date du Moyen Âge, la seule question à se poser est :

« Dit-il la vérité ou pas ?
A-t-il des preuves solides à avancer à l’appui de son affirmation ? »
Il serait très malhonnête de dire, sans même étudier ses arguments :

« Il soutient cette thèse parce qu’il est athée, donc il ment ; il ment précisément
pour favoriser l’athéisme. » Ce n’est absolument pas un argument !
Dans un débat intellectuel, les opinions philosophiques, politiques ou religieuses
d’un intervenant sont à ignorer.
La seule chose qui importe, c’est la qualité de son argumentation.
Pour en revenir à l’exemple :

-dans un premier temps, il faudra considérer uniquement les preuves
que notre athée avance, sans a priori.
Si ses preuves sont valables, alors tout catholique devra rejeter le saint suaire
comme relique, que ça le blesse ou non.
Si ses preuves ne sont pas valables, alors le catholique pourra continuer à vénérer
le saint suaire.
Et dans ce cas, on pourra dire que notre athée a sans doute été motivé
par son athéisme. Mais on ne peut pas le dire avant.



C'est tout.



Pour les chambres à gaz, c'est la même chose parce que le principe est identique.
Les chambres à gaz homicides nazies ont ou n'ont pas existé.
Les révisionnistes disent qu’elles n’ont pas existé, peu importe leurs motivations
vraies ou prétendues.
Ce sont leurs arguments qu’il faut tout d’abord étudier objectivement.
S’il se révèle qu’ils ont tort,alors on pourra s’interroger sur leurs motivations possibles. Mais s’il se révèle qu’ils ont raison, alors les chambres à gaz n’ont pas existé,
point final, et chacun sera libre d’en tirer les conséquences qu’il estimera justes.



Personnellement, je suis certaine qu’elles n’ont pas existé.
C'est la vérité objective et je l'accepte.
Ensuite, j’en tire les conséquences en me posant entre autres les questions suivantes :



- Pourquoi persiste-t-on à dire qu'elles ont existé ?

- Pourquoi mettre en prison les gens qui ont prouvé qu'elles n'ont pas pu exister
pour de simples raisons relevant de la physique et de la chimie ?

- Pourquoi avoir mis en place une loi pour interdire tout débat loyal
entre les historiens et les révisionnistes ?

Car on ne met pas en prison des gens s'ils racontent des bêtises évidentes !
S'ils sont fous, on les met au pire dans un asile psychiatrique, mais pas en prison.

On ne met pas en prison quelqu'un qui remet en cause l'existence de Napoléon.
Par contre, on met les révisionnistes en prison.
Pourtant, un débat loyal devrait les ridiculiser face aux historiens tenants
de la thèse officielle... Alors... pourquoi faire une loi spéciale pour les empêcher
de parler ?
C'est mettre en branle beaucoup de moyens, si ce sujet n'a pas d'importance... !
Pourquoi infliger des amendes, pourquoi condamner à la prison ferme,
pourquoi interdire des livres ?
Pourquoi révoquer des gens qui tiennent ouvertement des propos révisionnistes ?

- Pourquoi a-t-on retrouvé le professeur Robert Faurisson à moitié mort
dans un parc à Vichy le 16 septembre 1989 ?

- Pourquoi la personne qui lui a sauvé la vie a-t-elle déclaré que si elle avait su
à qui elle avait eu affaire, elle aurait passé son chemin en laissant mourir
l'homme ensanglanté à terre ?



Qu’est-ce que tout cela cache si ce n’est une peur de la vérité qui dérange ?



Me concernant, les questions sont les suivantes :



- Pourquoi, à 28 ans et bac + 4, suis-je complètement perdue et cassée moralement, toujours en recherche de travail ?

- Pourquoi, avec les études que j'ai faites, ne mériterais-je que le SMIC ?

[…]



Où vois-tu de la liberté dans cette société incapable d’offrir une vie décente
à un grand nombre de ses citoyens, et notamment aux jeunes condamnés
très souvent à la précarité ?
Oui, j'ai la liberté, tout comme beaucoup de jeunes gens comme moi,
de souffrir à petit feu, parce que je ne m'en sors pas dans la vie,
que je ne peux pas fonder une famille et que je ne peux pas vivre décemment.
C'est la société capitaliste qui a apporté tout ça, grâce aux valeurs de la démocratie.
Ne parlons pas des pays du tiers-monde totalement exploités et pillés
par les trusts internationaux en toute impunité.
Quand on achète ici des choses à pas cher, c’est que là-bas des esclaves
les ont fabriquées.
Les Romains avaient leurs esclaves chez eux, nos esclaves à nous sont loin,
donc on ne les voit pas, mais cela ne change rien au fond.
Si tu t'intéressais honnêtement aux valeurs sociales du national-socialisme
et si tu lisais honnêtement (c'est-à-dire sans a priori) l'article sur
la marche vers la guerre rédigé par Vincent que je t'ai envoyé
cet après-midi, alors peut-être que tu ne serais pas d'accord avec moi,
mais au moins tu ne me dirais pas que je n'ai rien compris à votre peine.
Alors nous pourrions discuter tranquillement,autour d'un café et d'une part de gâteau. Nous pourrions vraiment discuter.



Évidemment, le problème des chambres à gaz va beaucoup plus loin
que les chambres à gaz, mais c'est parce que leur non-existence remet en cause
les valeurs de la démocratie.
Si les chambres à gaz ont existé, alors les démocraties sont gentilles,
et le régime nazi est abominable.
Donc la société libérale peut continuer tranquillement.
Mais si les chambres à gaz n'ont pas existé, alors..... qui sont les méchants ?
Les méchants ne sont peut-être plus ceux qu'on croyait.
Ne sont-ce pas ceux qui avaient provoqué la guerre
(cf. l’article de Vincent envoyé cet après-midi) et qui l’avaient radicalisée
avec de véritables armes de destruction massive sans précédent dans l’Histoire
et sans commune mesure avec les armes allemandes (bombes au phosphore,
bombes atomiques) ?
Je te rappelle que les Français et les Anglais avaient prétendu partir en guerre
pour défendre l’indépendance de la Pologne.
C’était le prétexte invoqué.
Mais le 11 juin 1940, au Conseil suprême tenu près de Briare, Winston Churchill
jeta le masque.
Il repoussa toute possibilité de paix avec l’ennemi et lança au contraire :

« Même si l’Allemagne parvient à occuper la France tout entière [...]
les Alliés conservent en fin de compte les moyens de vaincre et de détruire
le régime national-socialiste
. »
(cf. Maxime Weygand, Rappelé au service, édition Flammarion, 1950, p. 596).
L’aveu était énorme !
L’indépendance de la Pologne, il n’en était plus du tout question
(on le verra en 1945 lorsqu’elle sera purement et simplement abandonnée à Staline).
Le vrai but de la guerre, c’était la destruction du régime national-socialiste,
auteur d’une véritable révolution socialiste.
Et pour le détruire, les Alliés construisirent les forteresses volantes capables
de tuer en une seule nuit 100 000 personnes (Hambourg, 1943).
Leur plus « belle » réalisation fut la bombe atomique :

- 60 000 morts en quelques secondes.

Tout cela au plus grand mépris des lois de la guerre qui interdisaient
de bombarder aveuglément des villes pleines de femmes et d’enfants.
Et ne me dis pas que les Allemands avaient commencé. C’est faux.
Je te conseille sur ce sujet la lecture de l’ouvrage de J. M. Spaight
(membre du ministère britannique de l’Air) intitulé Bombing vindicated
qui date de 1944.
Ce Britannique avouait que les bombardements d’objectifs civils avaient été
perpétrés en premier par l’Angleterre.
Les crimes de guerre étaient si effroyables et si accusateurs qu’en 1945,
ils les cachèrent par le moyen d’une vaste propagande sur les camps de concentration. Dans un livre publié en 1945 et intitulé The high cost of vengeance,
l’Américaine Freda Utley a écrit :

« Un très grand universitaire américain que je rencontrai à Heidelberg exprima
cette opinion que les autorités militaires américaines, lorsqu’elles pénétrèrent
en Allemagne et virent les effroyables destructions causées par notre obliteration bombing, furent épouvantées en comprenant que cette révélation pouvait causer
un retournement de l’opinion aux États-Unis et pouvait empêcher qu’on appliquât
à l’Allemagne le traitement qu’on avait prévu, en éveillant la sympathie
pour les vaincus et en dévoilant nos crimes de guerre.
Ce fut, croit-il, la raison pour laquelle le général Eisenhower mit instantanément
une flotte aérienne tout entière à la disposition des journalistes,
des congressmen et des gens d’église pour leur faire voir les camps de concentration ;
son intention était que le spectacle des victimes de Hitler effaçât notre sentiment
de culpabilité. » (p. 183).

Cette réflexion très juste permet de comprendre pourquoi aujourd’hui encore,
on veut croire en l’existence des chambres à gaz homicides allemandes.
Le prétendu Holocauste permet de détourner l’attention de tous les crimes
atroces commis par les vainqueurs.
Si un jour ce mythe tombe, alors tout sera remis en question.
Tel est le véritable enjeu, et tu le sais très bien.
Comme beaucoup, tu veux croire aux chambres à gaz afin d’être conforté
dans tes certitudes démocratiques.
Voilà d’ailleurs pourquoi tu ne lis actuellement que des ouvrages officiels,
en espérant qu’ils te convaincront que tu as raison, et donc que nous avons tort.
Dès le début, tu as pris position.
Tout ce que tu fais à l’heure actuelle, c’est essayer de te conforter dans ton opinion
prise alors que tu ignorais tout du dossier. C’est bien la preuve que tu veux croire.
Je comprends donc que tu ne veuilles ni regarder le DVD, ni discuter avec Vincent.



Voilà Papa. Je ne suis donc pas partie d'une adoration de Hitler en cherchant
n'importe quel prétexte pour la justifier. Je ne suis pas antisémite.
Et Vincent non plus. Tout comme nous ne sommes pas racistes
[dans le sens que lui donne la société actuelle.][12].



Ce serait tellement bien si tu acceptais de visionner le DVD que je vous ai envoyé.
Tout est si bien expliqué...



Tu me dis, Papa, que je n'ai rien compris à votre peine.
Et bien tu n'as pas du tout compris la mienne.
Ma détresse est également immense, et ce depuis des années.



Tu estimes qu'il n'est pas nécessaire que nous recomptions ensemble le nombre
des victimes. Moi je serais prête à le faire, à condition que les chiffres soient fiables !
Je te rappelle que jusqu’en 1989, les plaques commémoratives d’Auschwitz
prétendaient que 4 millions de personnes étaient mortes dans ce camp. Mais en 1989, elles ont été retirées, puis remplacées par d’autres qui parlent d’environ
1,5 million de morts… Tous les chiffres sont à revoir !



Et ne me crois pas insensible au fait qu'il y ait eu des morts. Ce n’est pas vrai !
Je le suis.
Mais la « froideur de mes arguments », comme tu me l'as écrit une fois,
n'a rien à voir avec l'émotion réelle qu'on peut ressentir face à l'annonce
du nombre des victimes, ou face aux photos des victimes.
L'affectivité est à séparer de l'objectivité scientifique.
Face à la découverte d'un cadavre ensanglanté dans une maison,
si atroce soit la vue de ce cadavre, on est obligé de se détacher
de cette image horrible afin de rechercher ce qui a bien pu se passer,
en toute objectivité, c'est-à-dire avec des preuves, afin de comprendre
comment on en arrive au cadavre, pour ainsi dire.



Tu me dis de ne pas compter sur toi pour entamer la discussion avec un homme
qui viendrait te soutenir que les personnes de ta famille auraient été heureuses
durant leur captivité. Je te réponds encore une fois que tu caricatures
les arguments pour tenter de justifier ton refus du débat :

- Vincent n'a jamais dit que les déportés étaient heureux d'être enfermés.
Tu déplaces le sujet en le remettant dans l'affectivité, tandis que Vincent
ne fait que se détacher de l’horreur pour chercher des preuves objectives.



Je t’embrasse,



Marie


***



study scratch

--------------------------------------------------------------------------------

[1]
La conférence de Vincent est visible sur Dailymotion et est découpée en cinq parties. Voici le lien internet de la première partie ; les quatre autres sont facilement
repérables une fois la première partie trouvée :

http://www.dailymotion.com/video/xfg3wn_un-scandale-etouffe-les-armes-a-l-uranium-appauvri-1-5_news

[2] cf. le lien suivant, consulté le 24 août 2011 :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_de_concentration_de_Dachau



[3] cf. le lien suivant, consulté le 19 septembre 2011 :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Reynouard#cite_note-2


[4] Babcia signifie « grand-mère » en polonais.


[5] cf. le lien suivant consulté le 19 septembre 2011 :

http://www.lecourriercauchois.fr/


[6] cf. le lien suivant, consulté le 20 septembre 2011 :

http://militants-anarchistes.info/spip.php?article280.


[7] Chanson de Jacques Brel.


[8] cf. le lien suivant, consulté le 27 août 2011 :

http://www.contre-info.com/interview-de-lhistorien-vincent-reynouard-par-rivarol-a-sa-sortie-de-prison.


[9]
Elle entend très probablement par là que le fait de demander pardon à Dieu
en récitant le « Je confesse à Dieu » n’en enlève pas pour autant les péchés
qu’on a commis. Par conséquent, il est un peu facile de réciter cette prière
en se disant « Comme j’ai récité ma prière, tout est effacé. »,
et continuer à agir de la même manière par la suite.
Ce que ma mère oublie, c’est que les catholiques ne récitent pas cette prière
dans le vide : ils doivent faire de leur mieux pour s’améliorer après avoir pris
la pleine conscience de leurs péchés. Elle fait l’amalgame entre la pratique
de la religion, avec toutes les hypocrisies dont sont capables les Hommes,
et la religion catholique en elle-même.
Ce que les Hommes font de la religion ne retire pas les vertus de la religion.


[10] Rappel : il s’agit de Bombardements sur le Reich ;
Derniers mois dans les camps ; La Croix-Rouge dans les camps ;
Marches de la mort.


[11] Le Massacre d’Oradour : un demi-siècle de mise en scène,
éditions VHO, 1997.


[12] Notre racisme est celui exposé dans la brochure Plaidoyer pour le racisme.




_________________
J'adore fouiller dans les poubelles de l'Histoire,
on y trouve souvent des pages de l'Histoire arrachées,
raturées,cachées,souvent dérangeantes...


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Jo la fouine

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Re: « Je préfère mon ignorance à la négation »

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