L’intervention française au Mali

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L’intervention française au Mali

Message  Terreblanche le Ven 18 Jan - 20:52

Analyse de Bernard Lugan : 17 janvier 2012



L’intervention française au Mali conduit à quatre grandes réflexions :



1) Compte tenu des réalités frontalières, l’action de la France ne peut réussir
que si l’Algérie la soutient.
Or, la prise d’otages d’In Amenas, site stratégique hautement protégé,
montre soit qu’Alger ne contrôle pas son territoire, soit que les islamistes
ont des complicités au plus haut niveau de l’appareil sécuritaire d’Etat.
Dans les deux cas, les conséquences pour l’opération Serval sont
de la plus haute importance.



2) Nous payons aujourd’hui au prix fort la politique de désengagement
initiée sous Jacques Chirac puis amplifiée sous Nicolas Sarkozy à savoir,
fermeture de bases et abandon de ces irremplaçables implantations
qui étaient nos yeux et nos oreilles.



3) La place laissée libre par la France fut prise par les Etats-Unis qui investirent
de gros moyens, notamment au Mali.
Ignorant la tectonique ethno-raciale sahélienne, ils y formèrent des cadres
qui désertèrent au mois de janvier 2012 et contre lesquels nos soldats
sont aujourd’hui engagés.



4) Ceux qui ont lancé la guerre contre le colonel Kadhafi étaient des irresponsables
et je n’ai cessé de le dire depuis le premier jour.
Outre qu’ils ont provoqué une réaction déstabilisatrice en chaîne, ils ont armé
les jihadistes. Il faut en effet savoir que certaines des armes aujourd’hui
utilisées contre nos soldats proviennent de nos propres arsenaux et qu’elles
furent généreusement parachutées aux « démocrates » libyens chers à BHL.



Ceci étant, quelle est la réalité de la situation ?



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Re: L’intervention française au Mali

Message  Terreblanche le Sam 19 Jan - 12:37

L'ACTUALITÉ



:: Interview

18/01/13 :: 7:41



Alain Chouet (ex-directeur à la DGSE):

« Nous luttons contre des groupes islamistes au Mali ou en Algérie
que l'on soutient en Syrie »



Ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE,
Alain Chouet revient sur la prise d'otages survenue sur le site gazier d'In Azemas
en Algérie, le parcours du chef présumé des preneurs d'otages,
l'opération française au Mali mais aussi l'ambigüité des puissances occidentales
vis-à-vis de pays, soutiens financiers de ces groupes islamistes.


Question: Qui est Mokhtar Belmokhtar, le chef des preneurs d'otages ?


Alain Chouet :
Mokhtar Belmokhtar c’est quelqu’un que l’on connaissait bien
dans les années 90 parce qu'il avait plus ou moins fricoté avec le GIA
avant de se reconvertir dans les trafics en tous genres en particulier de cigarettes,
ce qui lui avait valu le surnom de « Mr Marlboro », mais aussi de matériels japonais
et d’armes puis après de drogues quand les canaux du trafic ont évolué
de l’Amérique du Sud vers l’Amérique du Nord puis les côtes africaines.
Le tout dans la zone des trois frontières, Mauritanie, Algérie, Mali.
Il était dans le grand banditisme.
Quand le GIA a du quitter la zone du nord de l’Algérie sous les coups de butoir
de la répression, il s’est drapé dans le Drapeau vert parce que c’est plus valorisant
de dire « je suis un grand militant islamiste »plutôt que« je suis un grand trafiquant ».
Il était le roi du pétrole dans cette zone, jusqu’à ce que d’autres comme Abou Zeïd viennent dans son coin. Ce qui a donné lieu à pas mal de frictions.
Par exemple, autour de nos deux jeunes otages tués au Niger,il y a un affrontement
entre Mokhtar Belmokhtar et Abou Zeïd.
C’est à qui va payer les otages de l’autre car c’est leur principale source de revenus.
Ils cherchent d’abord le pognon avant la révolution islamique.


Q:

Certains observateurs évoquent le rôle ambigu des services de renseignements
algériens qui auraient participé à sa montée en puissance au sein de la mouvance islamiste?


AC:

La DGSE a beaucoup travaillé avec les services algériens pour le suivre
par différents moyens techniques de la fin des années 90 au début des années 2000.
Je ne crois pas à la thèse d’un complot. Mais effectivement, on ne peut pas dire
que les services algériens mettaient beaucoup d’enthousiasme à lui courir après.
Il y a plusieurs raisons à cela. Les services algériens étaient plutôt satisfaits
que l’activisme djihadiste désertent le nord de l’Algérie et soit confiné dans le sud. Sachant qu’ils auraient beaucoup de mal à venir au bout de la « bête »,
ils avaient plutôt intérêt à le contenir.
Je pense aussi qu’un certain nombre d’acteurs algériens étaient impliqués
dans ces trafics.
Un certain modus vivendi s’était établi. Le problème de la classe politique algérienne,
c’est qu’elle est aussi extrêmement divisée sur ces questions.
La succession de Bouteflika est ouverte.
Il n’y a pas de successeur évident et tout le monde est d’une prudence de serpent
parmi la classe politique ou les militaires, qui se confondent souvent.
Cela conduit à une forme d’immobilisme.


Q:

Y-a-t-il un moment où il est passé à une phase plus active de terrorisme ?


AC:

Non. Il était simplement en concurrence avec d’autres acteurs qui se réclamaient
du djihadisme et il a suivi cette voie.
Mais je ne crois pas à l’idée qu’il soit un djihadiste slafiste convaincu.
Cela reste un bandit de grand chemin.
Récemment, il a été éjecté d’AQMI parce qu’il voulait être Calife à la place du Calife, notamment Abdelmalek Droukdel qui n’a plus aucune autorité dans le nord de l’Algérie.
Ces derniers temps, Mokhtar Belmokhtar était complètement marginalisé
et avec cette opération, il se remet en selle. Il fait de l’ombre à Abou Zeïd
qui reste englué dans ses problèmes au Mali.


Q: Le site gazier d’In Amenas était-il particulièrement menacé ?


AC: Cela ne faisait pas partie des sites menacés.
Mokhtar Belmokhtar et Abou Zeïd étaient beaucoup plus au sud que ça.
Il était relativement protégé par l’armée algérienne mais ne s’était rien passé
depuis 15 ans, l'armée algérienne ne devait pas être très vigilante.
C’est plutôt un endroit où on ne l’attendait pas.
La frontière libyenne est assez loin de son territoire de chasse.


Q:
A quoi attribuez-vous cette opération :
liée aux effets pervers des frappes contre Kadhafi ou à l'opération au Mali ?


AC:
Je ne crois pas que ce soit lié à l’opération française au Mali.
On ne lance pas une opération comme celle-là sans préparation.
Il faut trouver du monde, les former pour ça.
Je ne vois pas ça du tout lié aux opérations françaises même si cela
leur donne du relief.


Q: Qu’avez vous pensé de l’opération des militaires algériens qui a fait l’objet
de nombreuses critiques notamment de la part des dirigeants de pays dont
certains ressortissants étaient pris en otage ?


AC:
Elle est effectivement beaucoup critiquée mais je ne vois pas ce qu’ils pouvaient
faire d’autre. Il n’y a pas grand chose à négocier avec ce genre de kamikazes.
Et les algériens comme toujours, ne font pas dans la dentelle, comme les russes.
Ce sont des pays où l’intérêt national prévaut sur les intérêts particuliers.
Quant à savoir si des forces d’élites françaises auraient été plus qualifiées
pour ce genre d’opérations, c’est difficile à dire.
L’opération de « sauvetage » de Denis Allex en Somalie ne plaide pas en ce sens.
Libérer des otages par la force, c’est toujours une opération qui a 90% de chances
de ne pas réussir. Les ravisseurs sont toujours plus près de l’otage que les sauveteurs. Alors quand vous avez 600 otages !


Q: L’Algérie a annoncé la fermeture de ses frontières. Qu’est ce que cela signifie ?


AC:
C’est une plaisanterie ! Comment voulez-vous fermer plus de 1.500 kilomètres
de frontières.
Ils peuvent développer des matériels de détection de mouvements, imagerie etc.
ou concentrer plus de moyens matériels dans cette zone mais rendre
cette frontière étanche est impossible.


Q: Justement que pensez vous de l’opération au Mali ?


AC:

Il fallait la mener vite.
Le Mali ce n’est ni l’Afghanistan, ni l’Irak, encore moins le Vietnam.
Les agresseurs ne sont pas comme des poissons dans l’eau comme l’étaient
les talibans en Afghanistan.
Le terrain n’est pas le même, ce n’est pas une guerre de montagne,
une guerre de jungle ou une guerre de ville.Les villes maliennes ne sont pas des refuges. Je pense que cette opération est pour le moment plutôt bien menée.
Je suis assez optimiste en ce qui concerne la capacité d’encaissement
des groupes djihadistes. Je crains plus qu’ils s’évaporent dans la nature
pour revenir un peu plus tard.


Q: On parle déjà de Sahelistan avec le risque de déstabilisation de tout l'ouest du Sahel...


AC:
Nous ne sommes plus dans un conflit avec Al Qaïda historique et l’affrontement
de régimes occidentaux qui soutenaient des régimes arabes.
J’estime que ce sont des problématiques locales qui relèvent du grand banditisme, l’accaparement de la rente au niveau local.
Si Ansar dine ou d’autres se sont proclamés islamistes c’est parce que le MNLA
ou les irrédentistes touaregs étaient laïcs.
Quand ils sont rentrés de Libye, le créneau de l’indépendantisme touareg
était déjà occupé.
Il leur fallait une légitimité supérieure au MNLA et l’affirmation religieuse a servi à ça.


Q:
Les conflits successifs ne donnent-ils pas l’impression qu’il va falloir crever
régulièrement des abcès terroristes?

AC:
C’est tout à fait possible. Mais les occidentaux ne sont pas clairs dans ces affaires.
Nous luttons contre des groupes islamistes au Mali que l’on soutient en Syrie.
Ce n’est pas une politique lisible. C’est pour cela que je suis en revanche opposé
à une intervention en Syrie, cela fait longtemps que les démocrates sont passés
à la trappe au profit d’islamistes soutenus par le Qatar et l’Arabie Saoudite.


Q: Quels sont les liens entretenus par le Qatar et l’Arabie Saoudite
avec ces groupes islamistes locaux ?


AC:
Nous n’avons pas de preuves d’un soutien financier du Qatar à ces différents
groupes et vous n’en trouverez pas mais tout le monde en est à peu près convaincu. C’est d’ailleurs tout ce qu’il peut apporter et le Qatar est en concurrence directe
avec l’Arabie Saoudite dans ce soutien aux groupes islamistes.
C’est à qui donnera le plus d'argent.
L’émir du Qatar est arrivé à Gaza avec 400 millions de dollars dans les poches,
l’Arabie Saoudite avait apporté 40.
Tout le monde est très suiviste dans ces affaires.
Nous nous indignons de l’absence de démocratie en Tunisie ou ailleurs,
mais rien sur l’Arabie Saoudite ou sur le Qatar.
Le problème est d’abord chez nous, nous nous engageons dans des conflits
contre des groupes islamistes en partie financés par des pays que nous traitons
comme des alliés …

La suite ICI:

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article02/EFVlVkFyZpTJqPEius.shtml

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Re: L’intervention française au Mali

Message  Terreblanche le Lun 21 Jan - 11:14

Analyse de Bernard Lugan (20 janvier 2013)



Ce n’est pas le seul Mali qui doit être sécurisé, mais tout le Sahel,
ce rift racial s’étendant sur dix pays et sur lequel ont été plaqués des Etats
associant artificiellement des Nord « blancs » et des Sud noirs.

L’Europe feint de ne pas voir ce qui s’y passe cependant que les Etats-Unis
observent la situation de loin.
Le 18 janvier Léon Panetta secrétaire américain à la Défense a ainsi déclaré que
« les opérations de sécurité au Mali incombent aux puissances régionales ».
Quant à l’ « aide » à l’armée française, parlons-en, puisque Washington
va en effet louer à la France ces avions gros porteurs qui lui font régulièrement
défaut.
Léon Panetta a bien pris soin de préciser, au cas où il n’aurait pas été compris,
que le « gouvernement français remboursera aux Etats-Unis les frais entraînés
par ce soutien aérien».
François Hollande doit se dire qu’il est réconfortant de pouvoir compter
sur de « solides » alliés…

Quant aux pays africains,pourtant les premiers concernés, ils ne se bousculent pas.
De plus, les contingents que certains finiront tout de même par envoyer
et qui seront équipés par la France, ont une valeur militaire « inégale ».

Dans ces conditions, et comme la France ne peut, à elle seule, s’engager
dans une opération de « pacification » du sahélistan, que convient-il donc
de faire et surtout, de ne pas faire ?

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Re: L’intervention française au Mali

Message  Terreblanche le Mer 23 Jan - 19:00

:: Opinion de Chems Eddine Chitour


23/01/13 :: 7:38



Boite de Pandore du Malistan : Ce n’est pas notre affaire



« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte en elle l'orage » Jean Jaurès


Le mercredi 16 janvier nous a brutalement rejeté vingt ans en arrière dans les pires années où l’Algérie se battait pour sa survie. De quoi s’agit-il ?
d’une prise massive d’otages dans une base gazière et pétrolière frontalière
avec la Libye, In Aménas est située à 265 km au nord-est d’Illizi, à 815 km au sud-est
de Ouargla à 730 au sud-est de Hassi Messaoud et à environ 1500 km au sud-est d’Alger. En 2010, le site d’In Aménas produit 50.000 barils par jour de condensats de gaz naturel ainsi que 9 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, soit 12% de la production nationale de gaz. Le site représente 18% des exportations gazières de l’Algérie.

La suite ICI:

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article02/EFVlAVVuAlETlOEsvO.shtml

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Re: L’intervention française au Mali

Message  Terreblanche le Lun 11 Fév - 10:51

Quelques semaines après le début de l’intervention française au Mali,
deux grandes leçons peuvent être tirées :



1) Il y a à peine plus d’un siècle, entre 1880 et 1900, l’armée française était déjà
engagée là même où se déroule aujourd’hui l’Opération Serval.
Le long du fleuve Niger les colonels Gallieni et Archinard détruisaient les sultanats jihadistes, libérant ainsi les populations noires sédentaires des raids
esclavagistes cependant que, dans la boucle du fleuve, le colonel de Trintinian
repoussait les Touaregs vers le massif des Iforas.
Faite au profit des vaincus de l’histoire locale, cette colonisation libératrice
bouleversa en profondeur les rapports de force régionaux.
Les événements d’aujourd’hui en sont la conséquence directe car les nordistes
ne veulent plus être soumis aux Etats post-coloniaux dirigés par les sudistes.
Le fondamentalisme islamique n’est donc pas la cause de la septicémie sahélienne,
mais la simple surinfection d’une plaie ne pouvant être refermée que par le retour
au réel ethnique.



2) Après des décennies de mensonges et de désinformation concernant la colonisation,
après de masochistes campagnes de repentance voilà la France qui intervient à nouveau, et toujours pour sauver des Bambara, Soninké, Malinké ou Songhaï une nouvelle fois menacés par leurs séculaires adversaires nordistes, maures ou touareg.
Mais, paradoxe, la gauche française qui jusque là n’avait pas de mots assez durs
pour dénoncer une « Françafrique » fantasmée, est aujourd’hui engagée avec enthousiasme dans une sorte de reconstitution de l’ancienne AOF...
L’historien non-conformiste ne boudera donc pas le plaisir de cette éclatante
revanche remportée sur les cuistres de la pensée dominante…


study lol!

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Re: L’intervention française au Mali

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