Lumière sur l’ « Action Reinhardt »

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Lumière sur l’ « Action Reinhardt »

Message  Jo la fouine le Mar 27 Nov - 13:54

Lumière sur l’ « Action Reinhardt ».

Pour le grand public,les valises,les vêtements,les chaussures et les autres objets personnels que l’on montre à Auschwitz et ailleurs confirment que les juifs étaient exterminés en masse.Pour beaucoup,par exemple,1 valise = 1 famille exterminée, 1 robe = 1 femme exterminée,1 paire de chaussures = 1 personne exterminée…
Dans leur film sur la libération d’Auschwitz,les Soviétiques recoururent implicitement
à cet argument.De nos jours,ce genre de propagande continue :dans son livre
La Seconde Guerre mondiale, les faits, les lieux, les hommes, l’historienne
devenue directrice culturelle et pédagogique au Mémorial de Caen,Isabelle Bournier, montre deux chaussures d’enfants « retrouvées à Treblinka et ayant servi de preuves
au procès d’Adolf Eichmann, en 1961 » *
http://www.memorial-caen.fr/librairie/product_info.php?products_id=69918

T Le document NO-724.


Nous soumettons à nos lecteurs deux documents importants.
Le premier (NO-724, voir annexe 1) émane d’August Frank, alors chef adjoint
du WVHA (l’« Office central pour l'économie et l'administration »),
un organisme notamment chargé de l’administration économique des camps
de concentration.Il en commandait le premier bureau (Amt A) qui s’occupait plus spécialement des finances.C’est à ce titre qu’il s’occupa des biens saisis (volés)
aux juifs lors de l’ « Action Reinhardt ». Le 26 septembre 1942, il rédigea une lettre
« Top secret » (Geheime Kommandosache !) destinée au siège social
de l’administration SS à Lublin et au chef de l’administration du camp d’Auschwitz.
Cette missive, en six copies seulement, concernait l’utilisation de ces biens.
Loin de parler d’une extermination, l’auteur avait clairement écrit :

«Objet:Utilisation des biens dans le cadre de l’installation [comprenez réinstallation]
et de l’évacuation des juifs » (Betr. : Verwertung des Besitzes anlässlich der An -
und Aussiedlung der Juden).

Certains objecteront qu’il s’agissait du fameux « langage codé » utilisé dans l’administration allemande, y compris dans les documents les plus secrets.
A l’appui de leur thèse, ils avanceront deux faits :

-dans cette lettre,l’auteur parlait clairement de « l’or dentaire» (Zahngold) récupéré. Preuve,diront-ils, que la récupération se faisait sur des cadavres ;


- dans d’autres documents (le NO-1257, le L-18, etc.) les quantités de biens volés
sont telles qu’elles trahissent une extermination massive au cours de laquelle
les victimes étaient totalement dépouillées de leurs affaires.

Ma réponse se fera en trois temps.Tout d’abord,je soulignerai que si,vraiment,
la récupération de l’or dentaire et la quantité des biens volés démontraient,
de façon évidente,l’existence d’une extermination de masse,alors l’utilisation d’un « langage codé » eut été totalement illusoire.
Ensuite je comparerai la conservation de ces documents par les Allemands
avec tous les effets trouvés à Auschwitz (valises,chaussures, habits, cheveux,etc.).
Il faudrait donc croire qu’à partir de 1943,les Allemands auraient cherché à détruire
toutes les preuves de l’ « Holocauste », dynamitant les crématoires et allant
jusqu’à former des commandos qui, partout à l’Est,aurait exhumé puis brûlé
les cadavres (« opération 1005 »),et qu’en même temps ils auraient laissé
subsister toutes ces (prétendues) « preuves » évidentes qu’ils avaient à portée
de main. Cette thèse est grotesque !
Enfin, je noterai que, contrairement aux auteurs d’autres documents invoqués
par les exterminationnistes, August Frank fut retrouvé et traduit en procès.
Il comparut en 1947 devant un tribunal militaire américain en même temps
que son supérieur direct au WVHA, Oswald Pohl,et seize autres accusés dont
Georg Lörner dont je parlerai bientôt.

Le document NO-724 ayant été le principal produit contre lui,
il eut l’occasion de s’expliquer.

A ce procès,l’accusé principal,Oswald Pohl, adopta une stratégie banale :
au sujet de la prétendue extermination des juifs,il se garda bien de contredire l’Accusation, affirmant qu’il n’y avait pas pris part et qu’il n’en avait appris
l’existence que très tard, en octobre 1943.**

J’y reviendrai dans une prochaine étude.Mais d’autres accusés furent plus incisifs.
Ce fut par exemple le cas de Georg Lörner.Ancien chef du deuxième bureau
du WVHA (Amt B),il était responsable de l’approvisionnement des casernements SS
et des camps de concentration en habillement.A ce titre, il avait été mêlé
à la gestion des biens volés aux juifs lors de l’Action Reinhardt et il avait eu en main
le document NO-724.
A son procès,son avocat lui demanda :

« qu’avez-vous compris [à l’époque] par “réinstallation et déportation” » (ibid.,p.751).

L’accusé répondit :

« A cette époque, on savait dans une large mesure que les juifs allaient être
déportés vers l’Est.Je m’imaginais qu’en vertu des diverses lois du Reich,
les biens superflus et les grands entrepôts avec leurs stocks seraient confisqués,
notre propagande reprochant aux juifs d’en posséder » (id.).

Georg Lörner affirmait donc que,malgré sa participation à la redistribution des biens
volés aux juifs, il n’avait rien su d’une quelconque extermination.
L’Accusation ayant été incapable de le prendre en défaut, dans son jugement,
le Tribunal déclara : « Certains éléments permettent de conclure raisonnablement
qu’il savait que les biens étaient confisqués aux juifs, mais rien ne démontre
avec une certitude suffisante qu’il aurait su que ces biens avaient été pris
à des juifs tués dans les camps dans le cadre de la politique d’extermination »
(ibid., p. 1009).

Preuve qu’aucun lien évident n’existe entre la spoliation des juifs et leur éventuel assassinat.

De son côté,August Frank fut tout aussi net.Voici ce que l’on put entendre
dans la salle du tribunal alors qu’il était interrogé par son avocat,
Me Gerhard Rauschenbach :

ACCUSÉ FRANK :« Je voudrais dire […] ce qui suit: quand l’Action Reinhardt
est mentionnée, c’est-à-dire à cette époque particulière où j’appartenais au WVHA,
cela n’aurait jamais pu être une action d’extermination. Je voudrais souligner
clairement que l’Action Reinhardt, en tant que telle, fut toujours connue au WVHA
comme une action économique, une action qui permettait d’utiliser les biens juifs.
Six semaines environ après l’entretien entre Pohl [du WVHA] et Puhl [de la Reichsbank],
le WVHA reçut un avant-projet d’ordre venu de Lublin qui portait les initiales
de Himmler et qui fut la base authentique du document NO-724.
Avant que je ne parle de ce document en détail, je voudrais dire que dans
cet avant-projet d’ordre aucun mot ne figurait qui aurait parlé de tuer ou
d’une extermination, ou d’une autre sorte d’Action Reinhardt […]. »


Me RAUSCHENBACH. «Accusé, dans ce décret que vous avez signé,c’est-à-dire
le document NO-724, il est dit que les biens personnels, par exemple les montres,
seraient également envoyées au bureau d’utilisation.
Maintenant, je ne puis croire sans une certaine difficulté qu’avec ce décret
que vous avez vous-même signé, vous ne pouviez pas comprendre ou ignorer
qu’une tuerie ou une extermination se déroulait.Il est quasiment évident que
de tels biens personnels ne pouvaient pas être pris sur des personnes encore vivantes. Qu’avez-vous à répondre ? »


ACCUSÉ FRANK. « A propos des montres, je dois dire qu’il n’était certainement
pas courant que l’administration militaire s’occupe de collections de montres.
Toutefois, il n’est pas absolument nécessaire qu’une montre doive provenir
d’un homme mort […]. Il n’est pas nécessaire de tuer un homme pour lui prendre
sa montre. Je crois que vous pourriez trouver des exemples dans toutes les armées
du monde. Je crois qu’aussi longtemps que, dans le monde, il y aura des guerres,
des prisonniers et des montres, ces montres seront volées […].
Alors certes, on m’accuse au motif que les lunettes et l’or dentaire ne pouvaient
pas provenir de gens encore vivants ; je le savais. J’en étais conscient.
Mais il m’apparaissait aussi clairement que dans un camp, ou dans une série de camps,
où 50 ou 60 000 personnes, voire plus, étaient transportés, il y aurait des décès
comme dans une ville normale. De même, il m’apparaissait clairement qu’à l’Est,
où le typhus sévissait, le taux de mortalité serait plus élevé que dans les temps habituels » .***

Certes,la récupération de l’or dentaire (et autres prothèses) peut sembler amorale,
voire immorale.Mais August Frank rappela que, contrairement aux Américains,
les Allemands ne disposaient pas d’un immense territoire qui aurait été à l’abri
de la guerre, donc qui aurait pu être exploité à volonté.
« Dès 1942 », dit-il, «nous avons dû commencer à improviser.
Partout,nous eûmes à économiser.Nous entrions dans le quatrième hiver de guerre »
(ibid., p. 760).
Dans de tels moments,on récupère tout,absolument tout.

Je souligne que,sous Vichy,la France étant soumise à un blocus britannique,
on récupérait de très nombreux « déchets et vieilles matières »
(lois du 23 janvier et du 18 août 1941), ce qui comprenait :

- les chutes et autres débris de métaux non ferreux (arrêté du 11 mai 1942),
les disques et cylindrés phonographiques hors d’usage (arrêté du même jour),
les cornes, onglons et sabots d’animaux (arrêté du 26 mars 1942), etc.
Même les cheveux étaient récupérés sous la dénomination :
« déchets provenant des coupes de cheveux »
(voy.J.O. de l’État français, 27 mars 1942, p.1199).

Quant aux énormes quantités récupérées,August Frank n’en avait pas été
autrement surpris.Il invoquait le fait que les déportés partaient non pas
avec le strict minimum, mais avec « deux, trois, quatre ou cinq valises »
et qu’au camp, on ne leur laissait pour se changer qu’ « une seconde tenue
ou quelques sous-vêtements » [4]. Conscient qu’il s’agissait de vols caractérisés,
il ajouta : « Je ne nie pas que ces gens devaient abandonner tous ces effets supplémentaires, par exemple leur jupe ou leurs sous-vêtements, ce qui n’était
pas facile pour eux et que ces choses leurs étaient confisquées en violation
des principes de propriété ; cela, je ne le nie pas » (ibid., p. 762).
J’ajoute que les Allemands saisissaient également ce que les juifs laissaient
derrière eux. Dans une lettre datée du 15 janvier 1943, Heinrich Himmler rapporta
que, lors d’une visite à Varsovie, il avait inspecté « les entrepôts avec les biens
pris aux juifs ― c’est-à-dire lors de l’émigration juive [Judenauswanderung] »
(voir le doc. NO-1257, deuxième annexe).
Évoquant des « centaines de milliers , peut-être même des millions, de verres
de montres », des « tours » et des « machines à coudre », le Reichsführer
des SS se plaignait que ces biens gisaient là sans être réutilisés,alors que
les fabricants de montres avaient besoin des verres et les usines des outils (id.).
De façon évidente, ces objets (surtout les outils) n’avaient pas été emmenés
par les juifs évacués ; ils avaient été saisis chez eux après leur départ.
Il en allait de même avec les lits, les sommiers, les oreillers, etc.
Voilà pourquoi, loin d’être un signal d’alarme avertissant d’une extermination massive,
les énormes quantités volées démontraient juste que les juifs expulsés étaient
dépouillés de presque tous leurs biens.
A son procès, Georg Lörner se vit poser la question suivante :

« D’où pensiez-vous que les plumes pour les lits provenaient ?

Il est même encore plus difficile de comprendre comment les plumes pour oreillers
auraient pu provenir des prisonniers des camps de concentration. »

Loin d’être décontenancé, l’accusé répondit :

« Les immenses quantités de plumes m’ont renforcé dans ma conviction que
ces biens venaient des grands entrepôts [juifs] qui avaient été confisqués
et je crois encore que dans cette affaire, il s’agissait des entrepôts, pas
des choses confisquées aux déportés [lors de leur arrivée dans les camps] ».*****

Il est donc très malhonnête de laisser croire que chaque habit,chaque paire
de chaussures,chaque costume,chaque paire de lunettes,etc. auraient été
récupérés sur une personne tuée.La réalité est très différente.
Les déportés arrivaient bien souvent avec de nombreuses affaires et les Allemands volaient en plus celles qu’ils avaient laissées derrière eux.

Voilà ce qu’il faut savoir lorsqu’on lit le document NO-724.
Le plus important en reste l’objet :

«Utilisation des biens dans le cadre de l’installation et de l’évacuation des juifs » (Verwertung des Besitzes anlässlich der An - und Aussiedlung der Juden) ,
dont jamais Arthur Frank ne démentit la véracité.
A aucun moment il ne prétendit avoir eu recours à un « langage codé »
pour masquer, auprès de qui ? ,un massacre de masse et jamais l’Accusation
ne put lui faire admettre le contraire.
Je note d’ailleurs que si,au terme de son procès,l’ancien chef du premier bureau
du WVHA fut condamné à l’emprisonnement à vie,il fut libéré six ans plus tard,
en 1954, et mourut paisiblement en 1984.


Traduction du document NO-724

Le 26 septembre 1942

Top secret

6 copies – 4ème copie

Chef A/Pr./B.

Journ. N° 050/42 secr.

VS 96/42

Objet : Utilisation des biens dans le cadre de l’installation [comprenez réinstallation]
et de l’évacuation des juifs » (Betr.:Verwertung des Besitzes anlässlich der An -
und Aussiedlung der Juden).

Au Chef de l’administration SS, à Lublin.

Au Chef de l’administration du camp d’Auschwitz.

Sans prendre en considération les régulations générales,qui seront émises durant
le mois d’octobre,à propos de l’utilisation des biens mobiliers et immobiliers des juifs évacués,la procédure suivante doit être suivie concernant les biens qu’ils portent
sur eux, des biens qui dans tous les ordres à venir seront appelés marchandises
volées,réception de marchandises volées et marchandises de réserve :

1. a. L’argent liquide en billets de banque du Reich allemand doit être versé
sur le compte du Bureau central économique et administratif [SS WVHA]
158/1488 à la Banque allemande à Berlin-Shoenenberg.


b. La monnaie étrangère (frappée ou non), les métaux rares, les bijoux,
les pierres précieuses et semi-précieuses,les perles,l’or dentaire et les morceaux
d’or doivent être donnés au SS WVHA.
Ce dernier est responsable de la remise immédiate à la Banque centrale allemande.


c. Les montres de toutes sortes, les réveils, les stylos, les porte-mines, les rasoirs
à main et les rasoirs électriques, les couteaux de poche, les ciseaux, les torches électriques, les portefeuilles et les porte-monnaie doivent être réparés, nettoyés
et évalués dans des magasins spécialisés,puis donnés rapidement aux troupes du front.
La livraison aux troupes s’effectue en numéraire via les services postaux.
Trois ou quatre ordres de prix seront bientôt déterminés, car on doit s’assurer
que chaque officier ne puisse pas acheter plus d’une montre.
Les montres en or sont exclues de la vente,la décision de leur utilisation me revient.
Les recettes reviendront au Reich.


d. Les sous-vêtements et les vêtements masculins, y compris les chaussures,
doivent être triés et évalués.Après avoir couvert les besoins des prisonniers
des camps de concentration,et à l’exception des troupes,ces vêtements
seront délivrés au Bureau de rapatriement des Allemands de souche.
Dans tous les cas, les recettes reviendront au Reich.


e. Les vêtements et les sous-vêtements féminins,y compris les chaussures,
les vêtements et les sous-vêtements d’enfants, y compris les chaussures,
doivent être donnés au Bureau de rapatriement des Allemands de souche
contre paiement. Les sous-vêtements en soie pure doivent être donnés
au Ministère de l’économie du Reich conformément aux ordres du Bureau
principal de l’économie et de l’administration SS.
Cet ordre vaut également pour les sous-vêtements de l’alinéa d.


f. Les plumes pour literie,les édredons,les couvertures en laine,les tissus
pour costumes,les châles,les parapluies,les cannes,les bouteilles thermos,
les oreillettes,les poussettes,les peignes,les sacs à main,les ceintures en cuir,
les paniers,les pipes,les lunettes de soleil,les miroirs,les couteaux de table,
les fourchettes et les cuillères,les sacs à dos et les valises en cuir ou
en matière synthétique sont à remettre au Bureau de rapatriement des Allemands
de souche. La question du paiement sera décidée plus tard.
Les besoins en édredons, couvertures en laine, bouteilles thermos, oreillettes,
peignes, couteaux de table, fourchettes, cuillères et sacs à dos peuvent être
comblés par Lublin et Auschwitz grâce à leurs stocks et contre paiement à partir
de leurs fonds budgétaires.


g. Le linge,tel que les draps de lit,les protections pour lits de plume,les oreillers,
les serviettes, les torchons et les nappes doivent être donnés contre paiement
au Bureau de rapatriement des Allemands de souche.
Les draps de lit, le linge de lit, les serviettes, les torchons et le linge de table
peuvent être fournis pour les besoins des troupes à partir des stocks contre
paiement des fonds budgétaires.


h. Les lunettes de tout type doivent être données au Bureau médical pour
être utilisées. (Les lunettes avec une monture en or doivent être données
sans leurs verres en même temps que les métaux précieux).
Nul besoin de tenir des comptes concernant les lunettes, étant donné leur faible
valeur et leur utilisation limitée.


i. Les fourrures de valeur, traitées ou non, doivent être données au SS WVHA.
Les fourrures ordinaires (peaux d’agneau, de lièvre et de lapin) doivent être
signalées au SS WVHA, bureau B II, et doivent être livrées à l’usine de vêtements
des Waffen SS, à Ravensbrück près de Fürstenberg (Mecklenburg).


k. Tous les articles mentionnés dans les alinéas d, e, et f, et qui n’ont plus que
le cinquième ou des deux cinquièmes de leur valeur initiale,ou qui sont inutilisables, devront être donnés via le SS WVHA au Ministère de l’économie du Reich,
à des fins d’utilisation. Concernant les articles non mentionnés sous les lettres
1. b., la demande d’une décision quant à leur utilisation devrait être faite
au Chef du SS WVHA.


2. Le SS WVHA fixera tous les prix au regard des prix légalement contrôlés.
Cette estimation peut néanmoins être faite plus tard. Les petites évaluations
qui font seulement perdre du temps et du personnel peuvent être évitées.
Les prix moyens pour les articles simples doivent être établis de façon générale.
Par exemple, un pantalon usé pour homme vaudra 3 RM, une couverture en laine
6 RM, etc.
Pour la livraison des articles usagés au Ministère de l’économie du Reich,
le prix moyen au kilo devra être établi.
L’étoile juive devra être impérativement retirée de tous les vêtements d’extérieur
destinés à la livraison.En outre,les articles à livrer doivent être fouillés
et dépouillés d’éventuelles valeurs dissimulées dans les coutures.
Cette opération doit être effectuée avec le plus grand soin.

Pour ordre :

[Signé] Frank
Brigadier général SS et Brigadier général de la Waffen SS


T Le document PS-3244

Le deuxième document concerne Martin Bormann.
A Nuremberg,l’Accusation reprocha à l’ancien secrétaire du Führer d’être devenu
« l’un des réalisateurs les plus importants du programme tendant à affamer,
dégrader, dépouiller et exterminer les juifs soumis aux lois draconiennes
des conspirateurs » (TMI,V,325).

Le 16 janvier 1946,le substitut du procureur général américain Thomas F.Lambert
produisit le document PS-3244, un ordre signé par l’accusé le 9 octobre 1942,
soit deux semaines après la rédaction du NO-724.
D’après cette pièce,dit-il, le secrétaire du Führer estimait que
« le problème de l’élimination définitive de millions de juifs du territoire de
la Grande Allemagne ne pouvait plus être résolu par la seule émigration,
mais par l’application de règlements impitoyables dans les camps spéciaux de l’Est.»
(TMI,V,326).
En guise de « preuves », il en cita plusieurs extraits, dont les deux phrases suivantes :


- « Il faut transporter ces juifs toujours plus loin à l’Est et les mettre dans
des camps spéciaux de travail forcé » ;


- « C’est la nature même de ces problèmes très difficiles qui exige qu’ils soient
résolus par la sévérité la plus impitoyable et cela dans l’intérêt de la sécurité
définitive de notre peuple. [Signé :] Bormann » (ibid., p. 327).

Alors que l’analyse du substitut paraissait sinistre,les « camps spéciaux de l’Est »
devaient être les «camps d’extermination »(Vernichtungslager) dont on parlait
à l’époque :Auschwitz,Treblinka,Majdanek et Belzec,la première phrase citée
donnait plutôt l’impression que,loin d’être exterminés,les juifs allaient
être déportés à l’Est pour y être mis au travail.
Afin de vérifier,je me suis reporté au document PS-3244 lui-même.

Bien qu’il ne soit pas reproduit dans les comptes rendus du procès (TMI,série bleue),
on en trouve une traduction anglaise dans la série rouge des TMI
et une version française dans l’ouvrage publié sous la direction de Henri Monneray :
La persécution des juifs dans les pays de l’Est présentée à Nuremberg
(éd. du CDJC, Paris, 1949 ; voir troisième annexe).

Voici ce que l’on peut lire :

« Depuis la déclaration de la guerre,les possibilités d’émigration ont de plus
en plus diminué. D’autre part,outre l’espace vital du peuple allemand,
son espace économique s’accroît rapidement,si bien que, en raison du grand
nombre de juifs résidant dans ces territoires,une évacuation totale des juifs
par l’émigration n’est plus possible.
« Puisque la prochaine génération elle-même ne ressentira plus si intimement
ce problème, et qu’elle ne comprendra plus aussi clairement à la lumière
des expériences passées, et que cette question, une fois posée, demande
une solution définitive, le problème doit être résolu par la génération actuelle.
« L’éloignement ou le retrait total des millions de juifs résidant dans l’espace
économique européen, constitue un besoin urgent dans la lutte pour la sécurité
de l’existence du peuple allemand.
« A commencer par le territoire du Reich, pour continuer dans les autres territoires d’Europe compris dans le plan définitif, les juifs seront progressivement déportés
dans de grands camps [traduction anglaise : « to large camps »], déjà établis
ou en passe de l’être dans l’Est, où ils devront travailler, et d’où ils seront déportés
plus loin vers l’Est. Les vieillards, de même que les juifs décorés […] seront
réinstallés dans la ville de Theresienstadt, située dans le protectorat de Bohème
et de Moravie.
« Il résulte de la nature même des choses,que ces problèmes,très difficiles
par certains côtés, ne peuvent être résolus qu’avec une impitoyable rigueur
[traduction anglaise : « ruthless severity » = sévérité impitoyable
dans l’intérêt de la sécurité définitive de notre peuple.******

Quand on lit tranquillement ce document,on s’aperçoit que,loin d’appuyer
la thèse officielle,il la contredit au contraire.
Martin Bormann parlait d’une évacuation des juifs vers l’Est,pas d’une extermination.
Quant aux « camps spéciaux de travail forcé », l’adjectif ne figurait nulle part
dans le texte;il y était juste question de « grands camps » (« large camps »)
où les juifs « devront travailler ».
Thomas F.Lambert avait donc tout simplement inventé pour faire croire que
Martin Bormann avait directement participé, en toute connaissance de cause,
à l’élimination des juifs à l’Est.

S’il avait eu le souci de la vérité,le Tribunal aurait dû rectifier.
Mais sans surprise,il n’en fit rien.Dans son jugement,il reprit quasiment mot pour mot
ce qu’avait dit l’Accusation, écrivant :

« Dans un ordre en date du 9 octobre 1942, [Bormann] déclara que l’élimination permanente des juifs des territoires de la Plus Grande Allemagne ne pouvait plus
être effectuée par l’émigration,mais seulement par l’emploi d’une “force impitoyable”
dans les camps spéciaux de l’Est ». *******

Malhonnêteté ou incompétence ? Je l’ignore.
Mais quelle que soit l’hypothèse envisagée,elle confirme que le « procès »
de Nuremberg fut une sinistre farce.


Conclusion


D’après l’histoire officielle, la décision d’exterminer les juifs aurait été prise à la fin
de l’été ou durant l’automne 1941.Les documents NO-724 et PS-3244 démentent
cette affirmation.
A deux semaines d’intervalle,fin septembre et début octobre 1942, deux hauts
dignitaires nationaux-socialistes (le secrétaire de Hitler et le chef du premier
bureau du WVHA) ont clairement parlé de la mise au travail des juifs et
de leur évacuation vers l’Est,dans les territoires pris aux Soviétiques.
Mais encore faut-il les lire honnêtement,c’est-à-dire sans a priori et sans idée
préconçue,et ne pas invoquer un prétendu « langage secret » dont l’utilisation
aurait été illusoire.
La « Solution finale de la question juive » fut, pendant la guerre, le refoulement
des juifs vers l’Est,avec la mise au travail des juifs reconnus aptes.
Telle est la vérité confirmée par les documents.
Il faudra bien un jour le reconnaître officiellement.

Annexes :

Annexe 1 : le document NO-724

no-724_p1
no-724_p2

Annexe 2 : le document NO-1257 (copie de la lettre de Himmler)

no-1257_himmler

Annexe 3 : le document PS-3244 tiré l’ouvrage publié sous la direction
de Henri Monneray :
La persécution des juifs dans les pays de l’Est présentée à Nuremberg
(éd. du CDJC, Paris, 1949)

ps-3244_p1
ps_3244_p2

* Voy.Isabelle Bournier,La Seconde Guerre mondiale,les faits,les lieux,les hommes
(éd.Casterman,2011) p.70.


** Voy.TMI,série verte,vol.V,pp.664-66 et 668.


*** Ibid., pp.758-59.


**** Voy. TMI,série verte,vol.V,p.761.


***** Voy. TMI,série verte,vol.V,p.751.


******TMI,série rouge,vol.V,pp.645-46.


******* TMI XXII,630.

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on y trouve souvent des pages de l'Histoire arrachées,
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