La lettre de Göring en date du 31 juillet 1941

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La lettre de Göring en date du 31 juillet 1941

Message  Mr Klein le Mer 21 Nov - 17:56


La lettre de Göring en date du 31 juillet 1941 est-elle
une preuve documentaire de la Shoah?




- Sommaire -



Attention, tromperie facile ! 1


La lettre du Göring à Heydrich en date du 31 juillet 1939. 1


Un document présenté comme une preuve supplémentaire de l’ « Holocauste » 1


Le contexte 2


La lettre de Göring à Himmler 3






Attention,tromperie facile !


Le 10 octobre 2001,un grand quotidien belge,La Dernière Heure, titra
en première page : « Objectif : 1 000 morts ». Au-dessous,on voyait une photo
montrant des voitures sur la route.Sans autre explication,on pouvait tout imaginer,
même les choses les plus sinistres.
Par exemple que l’État belge souhaitait tuer chaque année au moins 1000
automobilistes sur les routes afin de faire baisser le trafic.
L’État belge aurait donc été un horrible assassin.

Or,la légende sous le cliché permettait de comprendre que les autorités belges
ne souhaitaient tuer personne,bien au contraire. On lisait :

"Le gouvernement belge est bien décidé à mettre un terme à l’hécatombe sur nos routes. Le nombre de tués tourne actuellement autour des 1 500 chaque année.
C’est beaucoup trop.Le but est de diminuer ce total d’un tiers pour 2006
et de moitié pour 2010,ce qui ne laisserait plus à terme que 750 morts
".



Cet exemple prouve qu’il est facile de tromper le lecteur en ne lui montrant
qu’une partie , bien choisie,d’un document.

La lettre du Göring à Heydrich en date du 31 juillet 1939
Un document présenté comme une preuve supplémentaire de l’ « Holocauste ».


Cela dit,prenons l’ouvrage de S. Bruchfeld et P. A. Levine «Dites-le à vos enfants». Histoire de la Shoah en Europe. 1933-1945. A la page 73 où on lit que,
le 31 juillet 1941, H. Göring signa « une directive donnant tout pouvoir aux SS
pour mettre au point une “solution totale à la question juive” »[1].
Présenté ainsi,en ne citant que ce petit bout de phrase,ce document est très sinistre.
A Nuremberg, d’ailleurs :



1°) L’Accusation qualifia ce document de « couronnement adéquat » de l’exposé
des charges contre H. Göring [2].



2°) Ce document permit d’asseoir la thèse selon laquelle l’extermination planifiée
des Juifs aurait été préparée « au cours de l’été de 1941 »[3].



3°) Ce document permit d’alléguer que H. Göring n’était pas resté
« indifférent ou inactif » lorsque les juifs étaient (prétendument) massacrés.
Dans leur jugement,au chapitre des « responsabilités individuelles »,
les juges écrivirent : « Bien que Himmler fût chargé de l’extermination des Juifs,
Göring […] était loin,en cette matière,d’être indifférent ou inactif.
Par décret du 31 juillet 1941,il ordonna à Himmler et à Heydrich d’aboutir
à une “solution totale de la question juive dans la sphère d’influence allemande
en Europe” » (TMI, I, p. 299).



On ne sera donc pas surpris qu’un manuel d’Histoire pour les classes de terminales présente cette lettre du 31 juillet 1941 comme une preuve documentaire de
l’ « Holocauste ». Les auteurs écrivent : « 30 [sic] juillet 1941 :
proclamation de la “solution définitive” (ou “solution finale”) par Göring
dans une lettre à Himmler :extermination totale et planifiée »[4].



Mais quand on lit entièrement la lettre et qu’on la replace dans le contexte,
tout s’éclaire sous un jour nouveau.

Le contexte


Depuis 1938, les Allemands souhaitaient ardemment se débarrasser des juifs.
A l’époque, il s’agissait de les envoyer soit en Pologne , et dans ce cas,
il serait plus exact de parler de renvoi,car étaient concernés les ressortissants
polonais établis dans le Reich [5] , soit dans d’autres pays susceptibles
de les accueillir [6].
Afin de coordonner cette action, le 24 janvier 1939, H. Göring créa
le Centre d’émigration juive dont le chef serait R. Heydrich [7].



Sans surprise,le déclenchement de la guerre vint tout bouleverser.
Mais si,un moment,la question juive fut reléguée à l’arrière-plan,elle ne fut
jamais oubliée. Après la défaite de la France,un service du ministère des Affaires étrangères allemand proposa que, lors du futur traité de paix, l’île de Madagascar
soit cédée aux Allemands qui pourraient alors y envoyer « des millions de juifs ».
Ce projet enthousiasma Heydrich [8], preuve qu’en 1940/1941,
les dirigeants nationaux-socialistes envisageaient toujours l’évacuation des juifs.
Mais il fut abandonné au début de 1941, car il ne pouvait être question
de transporter tous les juifs par bateau en pleine guerre [9].



Une période d’attente suivit,où rien d’important ne se passa.
Les juifs étaient concentrés dans des ghettos. Le 24 juin 1941, R. Heydrich
informa le ministre des Affaires étrangères du Reich que la solution d’ensemble
de la question juive concernait 3,25 millions de juifs disséminés dans toute
la sphère d’influence allemande, donc qu’on ne pouvait plus espérer la résoudre
par la voie de l’émigration ; une solution territoriale s’imposait [10].
Quelques semaines plus tard, les victoires fulgurantes sur l’Armée rouge
et la certitude que l’URSS serait écrasée vers la fin du mois d’août[11]
firent germer dans l’esprit de certains un nouveau plan : l’évacuation des juifs à l’Est,
au-delà du Gouvernement général, dans les territoires devenus accessibles suite
au recul de l’armée soviétique (Ukraine, Biélorussie, Lituanie, Lettonie,
voire même de l’Estonie).


La lettre de Göring à Himmler.



Voilà pourquoi,le 31 juillet 1939, H. Göring écrivit à R. Heydrich
une lettre qui commençait ainsi :


""En complément de la tâche qui vous a déjà été assignée par décret du 24.1.39,
à savoir d’obtenir pour la question juive,par la voie de l’émigration ou de l’évacuation,
la solution la plus avantageuse possible eu égard aux circonstances,je vous charge
par la présente de procéder à tous les préparatifs nécessaires,sur le plan
de l’organisation et des questions concrètes et matérielles pour aboutir
à une solution totale [ou « solution d’ensemble »] de la question juive dans
la zone d’influence allemande en Europe"
[TMI, XXVI, p. 267].



Cette première phrase démontre que la lettre ne trahit aucune intention criminelle.
H. Göring évoquait le refoulement des juifs hors de la sphère d’influence allemande,
c’est-à-dire dans les territoires soviétiques qui avaient été conquis depuis
le 21 juin 1941 et qui allaient être conquis très prochainement.
Dans sa lettre,il n’était pas question d’exterminer qui que ce fut…

Jusqu’au bout d’ailleurs,les dirigeants allemands (dont Himmler) démentirent
les allégations selon lesquelles les juifs auraient été méthodiquement massacrés
(cliquez ici pour en savoir plus sur ce sujet). A une exception près
(pour A. Seyss-Inquart),je ne perdrai toutefois pas mon temps à les citer,
car il est toujours aisé de répondre qu’ils mentaient pour tenter de sauver leur tête.
Je préfère donc mentionner des faits ou des documents qui l’attestent.
Ils sont nombreux. En voici quelques-uns dans l’ordre chronologique :



-10 octobre 1941 : « lors d’une conférence sur la “Solution finale” du RSHA,
Heydrich déclara que Hitler désirait vider le Reich de ses juifs,dans toute la mesure
du possible,d’ici à la fin de l’année.
Après quoi le chef du RSHA évoqua les déportations imminentes en direction de Lodz
et mentionna Riga et Minsk »[12]. ).
Je rappelle que Minsk se trouve en Biélorussie (un ghetto y avait été édifié
le 12 juillet 1941 [13]), Riga en Lettonie ;


- 13 novembre 1941 : « la communauté juive de Cologne adressa une lettre
à tous les juifs de sa juridiction pour leur annoncer “un autre transport de 1 000 personnes, à destination de Minsk” le 8 décembre »[14].
Dès l’automne 1941,donc,des juifs étaient envoyés là-bas ;


-Dans une publication du Service international de recherches de la Croix-Rouge,
on apprend qu’« à partir de novembre 1941 », « un grand nombre de “juifs du Reich”
[…] furent envoyés dans des ghettos,tels ceux de Kovno et Riga »[15].
Kovno s’appelle aujourd’hui Kaunas et se trouve en Lituanie ; un ghetto y avait été
établi le 9 juillet 1941 (voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 169) ;


- Jusqu’au 6 février 1942 « 25 103 juifs ont été évacués en 25 convois vers Riga
et installés dans des camps ou plus exactement dans des ghettos »[16] ;



-9 janvier 1942 : « Début de la déportation vers l’est des internés du ghetto
de Theresienstadt.1 000 hommes,femmes et enfants sont déportés à Riga (Lettonie)
et 400 juifs environ au camp de concentration voisin de Salaspils, où ils sont
assassinés [pourquoi les avoir emmenés si loin rien que pour ça ?] »
(voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 45) ;

- 11 janvier 1942 : « 1 000 juifs de Vienne sont déportés vers le ghetto de Riga (Lettonie) » (voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 46) ;



-15 janvier 1942 : « 1 000 juifs sont déportés du camp de concentration
de Theresienstadt au ghetto de Riga (RSS de Lettonie). »
(voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 49) ;



- En 1942, un témoin oculaire, I. Hertz, signala dans un témoignage présenté
au Comité antifasciste d’Union soviétique la présence de juifs français et belges
en Ukraine : « Des convois de juifs sont arrivés dans la station de chemin de fer
de Lvov depuis Tarnopol, Sambor et Brzeziny, et le chargement humain est arrivé
à Belzec. En outre, des trains contenant des juifs de Bruxelles, d’Amsterdam
et de Paris ont traversé Lvov ; ils ont été envoyés dans le même centre
d’extermination [sic] »[17].
Sachant que jamais Belzec n’a été un « centre d’extermination »,je ne m’attarderai pas
sur les allégations des témoins à ce propos. Je retiendrai juste qu’en 1942,
des juifs de l’Ouest se trouvaient en Ukraine et passaient par Lvov ;



-6 mai 1942 :un train de 1 000 juifs partit de Vienne et arriva deux jours plus tard
à Volkovysk, une ville frontière entre la Pologne et la Biélorussie.
Là, les juifs furent transbordés et emmenés dans un autre train jusqu’à Minsk
où ils arrivèrent le 11 mai (Voy. R. Hilberg, op. cit., pp. 400-1 ;
S. Wiesenthal, op. cit., p. 122) ;



-9 mai 1942 : « Un transport de 1 000 juifs quitte le camp de concentration
de Theresiendstadt […] pour le ghetto d’Ossovo (RSS d’Ukraine) »
(voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 123) ;



- 20 mai 1942 : « 986 juifs sont déportés de Vienne (Autriche) à Minsk
(capitale de la RSS de Biélorussie) » (voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 129) ;



- 14 juillet 1942 : « Un convoi de 1 000 hommes, femmes et enfants juifs
quitte le ghetto de Theresienstadt en direction de Minsk. »
(voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 174) ;



- 13 août 1942 : alors que, depuis la fin juillet, 5 000 juifs partaient quotidiennement
en train de Varsovie vers Treblinka, l’Obergruppenführer Wolff,chef de l’état-major
de Himmler, écrivit à M. Ganzenmülller, du ministère des Transports :
« C’est avec une joie toute particulière que j’ai lu que depuis deux semaines
aujourd’hui, un train acheminait, chaque jour, 5 000 membres du peuple élu
à Treblinka, de sorte que nous sommes maintenant en mesure de procéder
à ce mouvement de population (Bevölkerungsbewegung) [souligné par moi]
à un rythme accéléré » (Cité par R. Hilberg, op. cit., p. 422).
Preuve que les déportations vers Treblinka s’inscrivaient dans le cadre d’une vaste opération d’expulsions (à moins de prétendre que les Allemands auraient employé
un langage codé, « mouvement de population » signifiant « extermination » ;
mais cette thèse est inepte) ;



- 28 août 1942 :une conférence sur les « questions juives » (Judenfragen)
eut lieu à Berlin. De façon extrêmement révélatrice, on y parla du
« problème actuel de l’évacuation » (Evakuierungsproblem) et il y fut convenu
d’acheter immédiatement (sofort) des baraquements pour l’installation d’un camp…
en Russie. Dans un compte rendu rédigé quatre jours plus tard, on lit :
« Le SS-Oberstrumbannführer Eichmann fit savoir, au cours de la réunion,
que le problème actuel de l’évacuation (déportation des juifs apatrides) doit
être réglé avant la fin de l’année civile. Pour la déportation des autres juifs
étrangers restants, le terme est prévu fin juin 1943 […]. e) Achat de baraquement.
Le SS Obersturmbannführer Eichmann a demandé que l’on procède immédiatement
à l’achat de baraquements commandés par le chef de la police de sécurité de La Haye.
Le camp doit être installé en Russie. L’envoi des baraquements peut se faire
de manière à ce que chaque train emporte 3 à 5 baraquement »[18].

C’est la preuve que des juifs étaient évacués très loin vers l’Est ;



-1er septembre 1942 : « Un convoi de 1 000 hommes,femmes et enfants juifs
quitte le ghetto de Theresienstadt pour Rasika (Estonie) »
(voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 215) ;



- 19 septembre 1942 : « Un convoi de 1 000 juifs du camp de concentration
de Theresienstadt est envoyé à Minsk-Trostinets (RSS de Biélorussie) »
(voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 232) ;



- 2 octobre 1942 : un message envoyé de Berlin à Auschwitz autorisa un camion
de cinq tonnes à effectuer un voyage aller-retour à Dessau
« dans le but d’aller chercher des matériaux pour le transfert de la population juive »[19].
Sachant que la thèse du langage codé est une aberration
(pour plus d’informations, cliquez ici),on en déduit qu’à Auschwitz se trouvaient
des juifs en transit ;



- 16 octobre 1942 :comme s’il voulait confirmer le compte rendu du 1er septembre 1942, l’Israelitisches Wochenblatt, organe suisse d’information, écrivit :
« Depuis quelque temps, la tendance est à la dissolution des ghettos en Pologne.
Ce fut le cas de Lublin, puis ce fut le tour de Varsovie. On ne connaît pas l’ampleur
qu’a déjà pris l’exécution de ce plan.Les anciens habitants du ghetto vont plus à l’Est dans les territoires russes occupés [souligné par moi], ils sont partiellement remplacés
par des juifs d’Allemagne. […] Un témoin, qui était à Riga il y a peu de temps et qui
est parvenu à s’enfuir, rapporte qu’il y aurait encore, actuellement, 32 000 juifs
dans le ghetto de Riga. Depuis l’occupation, des milliers de juifs seraient morts. Maintenant, les juifs doivent, le matin, partir en rangs, pour le travail forcé à l’extérieur
de la ville. […] Dans les derniers temps, on a remarqué à Riga des convois de juifs
de Belgique et d’autres pays d’Europe de l’Ouest qui continuaient cependant
leur voyage vers une destination inconnue [souligné par moi] »
(Voy. J. Graf, art. cit., pp. 210-1) ;



- 5 décembre 1942 :Himmler fut avisé qu’en raison d’une interruption des transports
« toute possibilité de transport destiné à la réinstallation des juifs [serait] suspendue
du 15 décembre 1942 au 15 janvier 1943 » (Cité par R. Hilberg, op. cit., p. 422).
Là encore, c’est clair : il n’est pas question d’extermination, mais de « réinstallation ».

-Dans le courant de l’année 1943, A. Seyss-Inquart eut des conversations avec Hitler
au sujet des juifs.
A Nuremberg, cet accusé qui ne recula pas devant ses responsabilités déclara :

« [Hitler] m’a assuré de la manière si persuasive qui était la sienne et il a tout
de même admis en même temps qu’il songeait à une évacuation définitive des juifs,
si possible, de tous les pays de l’Europe avec lesquels l’Allemagne voulait rester
en relation amicale. Il avait l’intention de veiller à ce qu les juifs fussent établis
à la frontière orientale des zones d’intérêt allemandes, dans la mesure où l’on
ne pourrait pas les faire émigrer dans d’autres parties du monde » (TMI, XVI, Cool[20] ;



-Août-septembre 1943 : le ghetto de Vilnius (au sud de la Lituanie) fut dissout.
Où les juifs furent-ils envoyés ? A Auschwitz ? A Treblinka ? Non :
« Les Allemands envoyèrent la plupart des habitants [plus haut encore] en Estonie
ou en Lituanie » (voy. R. Hilberg, op. cit., p. 33 ; voy. S. Wiesenthal, op. cit.,p.236).



-19 mars 1944 :en Russie blanche,les troupes de l’Armée rouge découvrirent,
près de Ozaritschi, « trois camps de concentration où se trouvaient plus
de 33 000 enfants, femmes, malades et vieillards » :
« 15 960 enfants de moins de 13 ans, 13 072 femmes malades et 4 448 vieillards »
(Doc. URSS-004 ; TMI, VII, 579) ;



-Avril 1944 :un journal communiste clandestin, Notre Voix, annonça que,
d’après Radio-Moscou, « huit mille juifs de Paris [venaient] d’être sauvés
par la glorieuse Armée rouge. Ils se trouvaient tous en Ukraine au moment
de la dernière offensive soviétique et les bandits SS devaient les fusiller avant
de quitter le pays »[21].
Là encore,passons sur les prétendus plans sinistres de SS pour ne retenir
que le fait brut :en avril 1944,des milliers de juifs français se trouvaient
encore en Ukraine ;



-15 mai 1944 : un convoi partit de Drancy avec environ 900 juifs.
Une partie des prisonniers descendit à Kaunas, en Lituanie,
l’autre fut acheminée jusqu’à Reval (Tallin) en Estonie [22] ;



-1er octobre 1944 : le quotidien Libres parle du camp de Kloga, près de Reval,
où, juste avant de partir, les All auraient massacré 3 000 détenus
« parmi lesquels se trouvaient de nombreuses femmes et enfants » (p. 1).



-8 février 1946 : à Nuremberg, le procureur général soviétique, le général
R. A. Rudenko, confirma que les Allemands avaient créé un vaste complexe
de camps à l’Est. Dans son exposé introductif, il déclara :

"Les enquêtes menées par la Commission extraordinaire d’État de l’Union soviétique
ont établi qu’au front,derrière leurs premières lignes de défense, les hitlériens
créaient systématiquement des camps de concentration spéciaux, dans lesquels
se trouvaient internés des dizaines de milliers d’enfants, de femmes et de vieillards
inaptes au travail. Les abords de ces camps étaient minés […].
Dans ces camps, on a découvert des milliers de malades atteints de typhus […].

On a déjà cité les camps de Majdanek et d’Auschwitz,avec leurs chambres à gaz [sic]
où furent exécutés plus de 5 500 000 citoyens [sic] totalement innocents […].
Je dois citer les camps de concentration de Smolensk, de Stavropol, de Kharkov,
de Kiev, de Lvov, de Poltava, de Novgorod, d’Orel, de Rovno, de Dniepropetrovsk, d’Odessa,de Kamenetz-Podolsk, de Gomel, de Kertch, de la région de Stalingrad,
de Kaunas, de Riga, de Mariampos (RSS de Lituanie),de Klooga (RSS d’Estonie)
ainsi que de nombreux autres camps "[…] [TMI
, VII, 180-1].



Certains pourront répondre qu’aucune carte publiée dans les ouvrages
sur la déportation ne mentionne ces camps. C’est une erreur.
Trois cartes existent,publiées dans deux livres très connus.

- La première se trouve dans l’ouvrage déjà cité de S. Wiesenthal :
Le livre de la mémoire juive (page 40),

- les deux autres pouvant être consultées dans l’ouvrage de Martin Gilbert :
Atlas of the Holocaust (1982).
Ces deux dernières sont les plus intéressantes.
Sur la première,trois camps lointains sont mentionnés :

- deux en Estonie (Klooga et Vaivara) et un en Lettonie (Kaiserwald)
(voir la carte, p. 168) ;

-sur la deuxième, quatre camps sont lentionnés en Russie blanche (voir la carte, n° 215). Dans l’ouvrage de S. Wiesenthal, d’autres camps sont mentionnés au fil des pages :
« camp de concentration […] de Salaspils » en Lettonie (p. 45),
« le camp de concentration de Domanevka (RSS d’Ukraine) » (p. 56),
« camps de Narva, Tallin » (p. 212)…



Tous ces faits démontrent que la déportation à l’Est fut bel et bien une réalité.
Ils viennent ainsi confirmer que la « solution totale » (ou « solution d’ensemble »)
de la question juive ne fut pas une vaste entreprise d’extermination,
mais une vaste entreprise d’expulsion.

Dès lors,présenter la lettre de Göring à Heydrich en date du 31 juillet 1941
comme une « preuve documentaire » de l’ « Holocauste » est très malhonnête.







--------------------------------------------------------------------------------

[1] Voy. S. Bruchfeld et P. A. Levine, « Dites-le à vos enfants ».
Histoire de la Shoah en Europe. 1933-1945, (éd. Ramsay, 2000), p. 73.



[2] « Le 31 juillet 1941, [Göring] écrivit une lettre au conspirateur Heydrich ;
c’est le dernier document sur lequel je désire attirer l’attention du Tribunal.
Il constitue un couronnement adéquat de notre exposé sur cet accusé »
(TMI, IV, p. 577, déclaration du procureur adjoint américain Ralph G. Albrecht).



[3] « Cependant, au cours de l’été de 1941, des plans furent établis
pour la “solution finale” de la question juive en Europe. Cette “solution finale”
signifiait l’extermination des Juifs »
(extrait du jugement rendu le 1er octobre 1946 à Nuremberg, voy. TMI, I, 263).



[4] Voy. Histoire, terminales (éd. Scodel, 1983), p. 34.



[5] [« En octobre 1938, le ministère des Affaires étrangères se pencha
sur les statistiques relatives à la population juive et s’aperçut qu’environ 10 %
des Juifs placés sous juridiction allemande étaient des ressortissants polonais.
Mais le gouvernement polonais ne manifestait guère d’empressement à récupérer
ses citoyens » (voy. R. Hilberg, op. cit., p. 339).



[6] « Tandis que la Pologne refusait d’accepter ses ressortissants juifs,
quelques pays occidentaux ouvraient généreusement leurs portes à des juifs
de nationalité allemande » (Ibid., p. 340).



[7] R. Hilberg, La destruction des Juifs d’Europe
(éd. Fayard, 1988, pour la version française), p. 341.



[8] « Ce dernier [Heydrich] fut enthousiasmé par l’idée »
(R. Hilberg, op. cit., p. 342).



[9] Sur ce projet, sa vie et sa mort, voy. R. Hilberg, op. cit., pp. 342-343.



[10] Voy. le mémoire de Martin Luther en date du 21 août 1942 ;
doc. NG-2586-J, cité intégralement par Arthur R. Butz
dans son ouvrage The Hoax…, p. 206.



[11] Dans le compte rendu d’un entretien qui eut lieu le 14 juillet 1941
entre le Führer et le comte Oshima, on lit : « Il [Hitler] ne croit pas que la résistance,
en Russie d’Europe, puisse encore se prolonger au-delà de six semaines.
Où les Russes iraient, il l’ignorait. Peut-être dans l’Oural ou au-delà de l’Oural.
mais nous les poursuivrons et lui, le Führer, ne reculerait pas devant la perspective
de pousser au-delà de l’Oural »
(voy. A. Hillgruber, pp. 607-8 ; pour la référence complète,
voir la liste des ouvrages cités).



[12] voy. R. Hilberg, op. cit., p. 757.



[13] voy. S. Wiesenthal, op. cit., p. 171. Pour la référence complète,
voir la liste des ouvrages cités.



[14] Voy. R. Hilberg, op. cit., p. 391



[15] Voy. Répertoire des lieux de détention SS (1933-1945)
(S.I.R., Arolsen, 1977), p. CXCV.



[16] Voy. le rapport n° 10 des territoires occupés de l’Est,
cité dans le Répertoire des lieux…, p. CXCV.



[17] Cité par E. Aynat, art. cit., p. 36.



[18] Doc. CDJC XXVI-59, 1er septembre 1942 ;
reproduit par Jean-Marie Boisdefeu, La Controverse…, t. II, op. cit., pp. 78-9.



[19] Voy. J.-C. Pressac, Auschwitz. Technique ans Operation
of the Gas Chambers
(Beate Klarsfelf Foundation, New York, 1989),
p. 567. Voy. également E. Aynat, art. cit., pp. 45-6.



[20] Dans son ouvrage, R. Hilberg prétend que les juifs étaient exterminés,
qu’ils connaissaient leur inexorable destin (même s’ils tentaient d’éviter la mort)
mais que les aptes au travail se montrèrent dociles jusqu’à la fin. Il écrit :

« Leur soumission ne laissait pas d’étonner le Reichsminister Syess-Inquart,
ancien adjoint de Frank. “Je ne pouvais pas m’imaginer, disait-il, que, d’une part,
les juifs capables de travailler travaillent et que, d’autre part, leurs parents
fussent exterminés. Je croyais que dans un pareil cas, on ne pouvait qu’imaginer
que chaque juif sauterait à la gorge d’un allemand pour l’étrangler” »
(voy. R. Hilberg, op. cit., p. 463). Présentée ainsi, cette citation laisse croire
qu’A. Seyss-Inquart aurait été au courant de l’extermination.
En vérité, l’ancien administrateur des Pays-Bas a tenu ces propos très peu
de temps après avoir rappelé ce que lui avait dit Hitler en 1943 et immédiatement
après avoir expliqué qu’au début 1944, Himmler lui-même lui avait certifié :
« Ce sont là [comprenez : les juifs qui travaillent] mes meilleurs ouvriers »
(TMI, XVI, 9).
Replacés ainsi dans leur contexte, les propos d’A. Seyss-Inquart s’éclairent :
l’accusé voulait dire : « Comment aurais-je pu croire que les juifs inaptes
étaient exterminés puisque leurs parents travaillaient correctement pour l’Allemagne ?»
R. Hilberg se révèle donc une fois de plus être un tricheur…



[21] Document reproduit par Jean-Marie Boisdefeu dans
La controverse sur l’extermination des juifs par les Allemands,
tome II, déjà cité, pp. 86.



[22] Voy. le Doc. F-274 : « […] le 15 mai 1944 est parti de Drancy un convoi
de 900 israélites auxquels on avait promis qu’ils allaient travailler à Bordeaux
pour l’organisation Todt […]. En réalité, le convoi fut acheminé en deux tronçons ;
nul ne sait ce que sont devenus les 600 déportés laissés à Kaunas.
Des 300 laissés à Revel, 40 au plus sont revenus ».
Voy. également J. Graf, art. cit., p. 213 : l’auteur s’appuie sur
le Mémorial de la déportation des Juifs de France de Serge Klarsfeld.

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