Xavier Vallat quarante ans après.....

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Xavier Vallat quarante ans après.....

Message  Mr Klein le Mar 10 Jan - 19:01


"Nous avons la joie d'accueillir désormais dans nos colonnes et dans celles
d'Ecrits de Paris la signature du monarchiste Michel Fromentoux,pillier
depuis 1972 d'Aspects de la France puis de l'Action française 2000,
qui nous livre un premier article à l'occasion du quarantième anniversaire
de la mort de Xavier Vallat qui fut directeur d'Aspects de la France.
Curieusement,cet article,pourtant pondéré,a été refusé par la nouvelle
direction de l'Action française 2000 au motif qu'il nuisait à la nouvelle
image que l'équipe entend donner désormais à l'AF qui devient hélas de plus
en plus un journal gaulliste,philosémite voire....mariniste !
Nous vivons vraiment l'époque de tous les reniements et de tous les ralliements.
Pour notre part,nous restons plus que jamais fidèles aux maîtres du nationalisme,
de Drumont à Barrès en passant par Maurras et Bardèche,sans oublier bien sûr
le maréchal Pétain,Robert Brasillach et Xavier Vallat que Michel Fromentoux a
bien connu et qui lui rend ainsi l'hommage auquel il a droit."


Jérôme BOURBON.

Deux commémorations très rapprochées nous offrent l'occasion d'évoquer
le souvenir de Xavier Vallat:le 23 décembre 2011,il aurait eu cent vingt ans,
aujourd'hui 6 janvier 2012 marque le quarantième anniversaire de sa mort,
le Jour des Rois,comme il convenait à cette âme de vaillant serviteur de la
cause capétienne.C'est avec émotion que je rends hommage à ce compagnon
de captivité de Charles Maurras,qui fut aussi un grand politique et un grand
écrivain et qui,bien que mon aîné de plus de cinquante ans,m'honorera,
au cours de mes bien lointaines jeunes années sur notre terre commune
et tant aimée du Vivarais (département de l'Ardèche),d'une amitié dont
je mesure encore chaque jour tout le prix.

L'ÂME DU VIVARAIS.

Bien que né le 23 décembre 1891,par suite des hasards des nominations de
son père maître d'école,à Villedieu,petit village de la Provence mistralienne,
Xavier Vallat appartenait à une solide lignée paysanne implantée à Pailharès,
en haute Ardèche.En lui je voyais s'irradier l'âme ardente,passionnée,courageuse,
que le contact familier avec un sol âpre et avare ramène sans cesse aux réalités.
Comme pour tous les grands sages du Vivarais,comme pour jadis Olivier des Serres,
comme pour son contemporain et ami Gustave Thibon,le patriotisme était chose
concrète,sentie,charnelle et trouvait tout naturellement sa plus haute expression
dans la fidélité à son père,à un être de chair et de coeur,héritier d'un domaine
à faire prospérer,en somme dans la fidélité au roi de France.
Enfin il avait hérité du catholicisme de ses ancêtres ("Catholique et français
toujours"
) sans cesse ravivé par les humbles pèlerinages qui parsèment
les monts où vint mourir,après les avoir rechristianisés,entre d'impressionnantes
forêts de sapins le 31 décembre 1640,à la Louvesc,le grand saint Jean-François
Régis.....



Cette personnalité si riche de sève,de caractère et d'âme,était douée d'une
franche gaieté et d'une verve de bon aloi,comme en témoignent les contes
qu'il publia en 1923 aux Editions du Pigeonnier fondées par son ami d'enfance
le délicieux poète Charles Forot.
Vallat se mit très tôt au service de la France.Dès la Grande Guerre sa conduite
fut celle d'un héros:revenu deux fois au front après avoir été blessé,il dut
le 30 mai 1919 dans la Somme être amputé d'une jambe dans d'atroces souffrances.
Mais conscient de ne faire que son devoir,il garda toujours un optimiste communica-
tif.
Les électeurs de la circonscription de Tournon-Annonay le désignèrent le
16 novembre 1919 comme député sous le signe de l'Union sacrée.Réélu en 1928,
devenu en janvier 1940 vice-président de la Chambre des députés,il ne cessa
de lutter contre l'individualisme athée.Il était alors l'orateur talentueux de la
Fédération nationale catholique,mais il gardait des relations toujours cordiales,
même enjouées,avec ses collègues députés de tous bords.


LA QUESTION JUIVE.


Pragmatique plutôt qu'déologue,il prit conscience d'un problème juif comme
beaucoup de Français au fur et à mesure que grandissait l'influence de cette
communauté dans les années 1930.
Dans son livre point du tout complaisant mais honnête et intelligent,consacré
à Xavier Vallat.Du nationalisme chrétien à l'antisémitisme d'Etat (Grasset 2001),
Laurent Joly reconnaît que son discours du 5 juin 1936 déplorant qu'avec Léon Blum
"pour la première fois ce vieux pays gallo-romain (serait) gouverné par un juif"
ne déclencha guère de réactions hostiles dans l'opinion.
Vallat,explique Laurent Joly,voyait la question juive comme un aspect d'un danger
autrement plus grave:le péril communiste.Il lui apparaissait que les Juifs,par leur
appartenance au peuple élu,étaient avides de domination et des biens de ce monde
et pouvaient faire le lit autant de "la fortune anonyme et vagabonde" que
de l'esprit de dilution et de révolution,ce que disait d'ailleurs aussi l'israélite
Bernard Lazare.
Et dans une démocratie qui ne cesse d'émietter la société,il lui apparaissait que
cette communauté pouvait facilement devenir un Etat dans l'Etat.
Survint la débâcle de 1940,Vallat se retrouva tout naturellement aux côtés
du maréchal Pétain qui,face à une guerre que d'autres avaient voulue et si mal
préparée,agissait courageusement pour épargner aux Français les pires malheurs.
En tant que secrétaire général des Anciens combattants ou fondateur de la Légion
française des Anciens combattants destinée à opérer le redressement civique et
moral de la France,ou encore en tant que Commissaire général aux questions juives,
ou en tant que rédacteur d'un statut des juifs,jamais Vallat,héritier des plus hautes
traditions catholiques et françaises,ne montra une attitude de soumission envers
l'Occupant national-socialiste qui en vint à exiger son départ le 19 mars 1942.
Laurent Joly,qui ne tombe pas dans le travers de ceux qui jugent les comportements
de 1942 en fonction d'une "Solution finale" dont on n'entendit parler qu'en 1945,
relève les efforts qu'accomplit Vallat en faveur des juifs anciens combattants
de même que sa véhémente protestation après la rafle de décembre 1941,
de même que les conseils insistants de prudence qui permirent à son ami juif
le docteur Nora d'en sauver plusieurs milliers.


L'ACTION FRANCAISE.


1944:victoire de la bêtise,du mensonge et de la haine.
Vallat qui venait de prendre,à Radio-Journal,la succession de Philippe Henrio
assassiné,fut arrêté en août.Traîné de prison en prison,il s'entendit condamné
le 10 décembre 1948 par la Haute Cour à dix ans d'emprisonnement et à l'indignité
nationale.Les "libérateurs" traitaient ainsi ceux qui,lors de la tourmente,n'avaient
pas fui leurs responsabilités.Mais les occasions de servir allaient encore se présenter.
A la maison centrale de Clairvaux,il retrouva son ami Charles Maurras,et naquit
entre les deux hommes faits pour s'attirer et se comprendre une amitié extra-
ordinaire,si bien qu'à sa libération en mars 1950,par une grâce signée Vincent Auriol,
président de la République,Vallat devint le collaborateur assidu d'Aspect de la France créé trois ans plus tôt.
En 1960,il en assurait la codirection avec Georges Calzant.
A la mort de ce dernier,en 1962,il en devint le directeur et commença,pour cet ami
du président du président Antoine Pinay et de bien d'autres hommes politiques
en exercice,une période d'activité intense.
Installé alors à Annonay,il venait chaque semaine à Paris,et sa chronique sereine,
joviale,nourrie de vastes connaissances,n'avait d'égale que le charme de sa
conversation.C'était pour le journal qui ne pouvait pas encore s'appeler
L'Action Française,la période faste de Pierre Chaumeil,Bernard Faÿ,Henri Massis,
Jacques Perret,Louis-François Auphan,Philippe Roussel,François Léger,Jacques
Ploncard d'Assac,Jean Brune...Mais la santé de Vallat s'altéra vite.

Au début de 1966 il céda sa charge à Pierre Pujo tout en restant directeur honoraire.
Il occupa ses dernières années à ajouter à une oeuvre littéraire déjà bien fournie:

- Charles Maurras n° d'écrou 8321 (Plon,1953),
- Le nez de Cléopâtre (Les Quatre fils Aymon,1957),
- La Croix,les Lys et la peine des hommes (Les Quatre fils Aymon,1960),
quelques autres ouvrages de souvenirs:

- Lettres passemurailles,
sa correspondance avec Maurras de mars 1950 à novembre 1952
(La Table Ronde,1966),
- Feuilles de Fresnes 1944-1948 (Lienhart,Aubenas,1971) et,
- Le grain de sable de Cromwell (Lienhart,Aubenas,1972).

Revenons sur La Croix,les Lys et la peine des hommes,son livre essentiel
(réédité en 1982 avec une préface de votre serviteur par les éditions Ulysse
à Bordeaux) où il montre le parfait accord entre les encycliques pontificales,
les déclarations des princes et les actions des élus catholiques et monarchistes
sur la question sociale,aussi loin du libéralisme effréné que du socialisme
concentrationnaire.
A le lire,plein de compassion pour la "misère imméritée" des travailleurs
consécutive à la Révolution dite française,on voit l'erreur de ceux qui parlent
de Vallat comme de l'homme d'une idée fixe,obnubilé par la seule question juive.
Hospitalisé au cours de l'été 1971,il s'éteignit dans la sérénité et dans une parfaite
confiance en Dieu à l'hôpital d'Annonay.
Il repose dans une tombe toute simple au cimetière de Pailharès (Ardèche),
à l'ombre de son église paroissiale où il avait appris à défendre l'Eglise de l'Ordre.


Michel FROMENTOUX.



L'Action Française 2000 renie Xavier Vallat
et Michel Fromentoux.




Mes chers amis,


Depuis plus de quarante ans la plupart d'entre vous me font l'honneur de me lire
dans chaque numéro du journal de l'Action française.Et même frappé d'une attaque
vasculaire cérébrale dont je désespère de guérir un jour,je croyais bien pouvoir
tenir ma chronique tant que j'aurais un souffle de vie.Hélas je dois vous annoncer
que vous me trouverez de plus en plus rarement dans les colonnes de ce journal.
Comme vous vous en êtes aperçu,un vent nouveau souffle sur la vieille maison
et les énormes difficultés que j'ai rencontrées pour pouvoir publier mon article
d'hommage à notre ancien directeur Xavier Vallat,m'ont prouvé que cet esprit
nouveau ne se caractérise pas par le respect des anciens.Il m'a fallu tronquer
mon article pour obtenir l'imprimatur du nouvel éditorialiste,Monsieur Marcilhac,
dont par ailleurs je reconnais le grand talent,mais qui n'a pas eu peur de fouler
au pied mon autorité de rédacteur en chef.J'en conclus que l'on n'a plus besoin
de moi à l'AF 2000 et que quarante ans de fidélité sans faille sont bien mal
récompensés.
Je vous écris cela la mort dans l'âme et je vous annonce que mon article
non tronqué sur Xavier Vallat paraîtra dans RIVAROL,daté du 6 janvier.
Je tiens à remercier bien vivement le directeur Jérôme Bourbon pour son
chaleureux accueil.
A tous je présente,avec mes amitiés,mes voeux d'heureuse et sainte année 2012.


M.F


Source
:RIVAROL n°3028,6 janvier 2012,p.11.

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