Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

Message  Mr Klein le Mar 13 Déc - 14:14

François Delpla a écrit:
Le premier acte du gouvernement Hitler, le 31 janvier 1933,
est un communiqué disant que l'Allemagne reste liée par les traités qu'elle a signés.

Source ?

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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

Message  François Delpla le Mar 13 Déc - 15:36

à ma surprise, je ne suis pas en mesure de vous répondre rapidement !

Je pensais l'avoir toujours su et je ne sais plus depuis quand je le sais ni où je l'ai appris.

Pour l'instant je ne retrouve que le discours de Hitler à la radio le soir du 1er février et son paragraphe de politique extérieure qui dit la même chose, mais implicitement :

Außenpolitisch wird die nationale Regierung ihre höchste Mission in der Wahrung der Lebensrechte und damit der Wiedererlangung der Freiheit unseres Volkes sehen. Indem sie entschlossen ist, den chaotischen Zuständen in Deutschland ein Ende zu bereiten, wird sie mithelfen, in die Gemeinschaft der übrigen Nationen einen Staat gleichen Wertes und damit allerdings auch gleicher Rechte einzufügen. Sie ist dabei erfüllt von der Größe der Pflicht, mit diesem freien, gleichberechtigten Volke für die Erhaltung und Festigung des Friedens einzutreten, dessen die Welt heute mehr bedarf als je zuvor.

En résumé : nous voulons récupérer l'égalité des droits, mais pacifiquement -ce qui veut bien dire qu'en attendant on reconnaît et respecte les traités.

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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

Message  Mr Klein le Mar 13 Déc - 15:45

En clair,voici la réalité:

Dans Mein Kampf,il parla d'un traité "imposé au peuple allemand"
avant de le qualifier d'"instrument d'oppression sans limite" et
d'instrument d'exactions sans mesure"
(Voy.A.Hitler,Mein Kampf (Nouvelles Editions Latines,conforme à l'édition
française de 1934),p.629.

Le lendemain de son arrivée au pouvoir,dans un discours prononcé à Berlin,
il déclara:

Au point de vue politique extérieur,le Gouvernement national-socialiste
considérera que sa plus haute mission est de sauvegarder les droits vitaux
de l'Allemagne et par conséquent,de reconquérir la liberté de notre peuple.

(Voy.le discours de Hitler du 1er février 1933,publié dans Une autre image...,
déjà cité,p.8

C'était une allusion transparente aux "chaînes de Versailles" dont il fallait
se débarrasser afin de recouvrer la liberté.
Le 21 mars suivant à Posdam,le Führer évoqua l'article 231 du Traité de Versailles
en disant:

(...) ni l'Empereur (Guillaume II) ni le Gouvernement (allemand) n'ont voulu
cette guerre.C'est seulement la décomposition de la nation et sa débâcle
générale qui ont forcé une génération faible à subir,à l'encontre de ce qu'elle
savait pertinemment et à l'encontre de sa conviction la plus profonde et
la plus respectable,l'affirmation de sa responsabilité dans la guerre.(Ibid
.,p.12).

Deux jours plus tard,devant le Reichstag,il revint sur le sujet et ajouta:

En violation des assurances qui nous avaient été données par les quatorze
points de Wilson,commença pour l'Allemagne,c'est-à-dire pour la partie
laborieuse du peuple allemand,une période de malheurs sans bornes.(Ibid
.,p.16).

J'ajoute enfin que dans Mein Kampf,il avait affirmé qu'en occupant la Rhur,
"la France avait,de la façon la plus éclatante,violé le Traité de Versailles"
(Voy.A.Hitler,Mein Kampf,déjà cité,p.675).

Dès lors,seule l'impudence la plus éhontée pouvait faire prétendre que
les nationaux-socialistes auraient une seule seconde reconnu une quelconque
légitimité à cette convention de paix.
Bien au contraire,ils avaient toujours déclaré qu'imposé par la contrainte,
mensonger et violé par les vainqueurs eux-mêmes,le traité signé le 28 juin 1919
n'avait aucune valeur.

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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

Message  François Delpla le Mar 13 Déc - 16:09

ne mélangez pas tout !

l'hostilité de Hitler au TV ne fait pas débat, ni le fait qu'elle s'étale dans MK.

Ce dont nous discutions présentement c'est de la posture de respect des traités (de Versailles et de Locarno entre autres) qu'il prend juste après son arrivée au pouvoir.

Sans laquelle il aurait bien fallu que les puissances signataires et la SDN se fâchent un minimum, demandent des comptes etc.

François Delpla

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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

Message  Jo la fouine le Mar 13 Déc - 18:41

François Delpla a écrit:ne mélangez pas tout !

l'hostilité de Hitler au TV ne fait pas débat, ni le fait qu'elle s'étale dans MK.

Ce dont nous discutions présentement c'est de la posture de respect des traités (de Versailles et de Locarno entre autres) qu'il prend juste après son arrivée au pouvoir.

Sans laquelle il aurait bien fallu que les puissances signataires et la SDN se fâchent un minimum, demandent des comptes etc.

Le nez dedans l'historien de la version officielle,refuse de croire !
Mr Klein a pourtant évité de mélanger,mais bien d'éclairer le refus de ce traité
de dupes par le chancelier qui le jeta dans les poubelles de l'Histoire dès
son arrivée au pouvoir,pour libérer son peuple.
Nous sommes ici pour rétablir la vérité et non pour gober le dogme des vainqueurs.
66 ans de mensonges,ça suffit !!

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J'adore fouiller dans les poubelles de l'Histoire,
on y trouve souvent des pages de l'Histoire arrachées,
raturées,cachées,souvent dérangeantes...


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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

Message  Mr Klein le Mer 14 Déc - 10:19

Après cette parenthèse,je continue sur les débats du TMI de Nuremberg.


Le Tribunal interdit tout débat sur Versailles.


Le Président mit alors fin à la discussion en précisant que le Tribunal
allait se retirer pour délibérer.Toute personne honnête reconnaîtra que
dans cette querelle,la Défense avait eu le dessus sur l'Accusation.
Ses arguments étaient conformes au bon sens et historiquement étayés,
tandis ue ceux du Ministère public s'apparentaient à de pitoyables dérobades
échafaudées pour éviter une confrontation perdue d'avance.
En conséquence,il aurait fallu accepter la discussion sur le Traité de Versailles.
Mais c'était risquer de voir s'effondrer la thèse du "complot" brandie par le
Ministère public afin "enfermer (...) les accusés dans un cercle de responsabilité
commune"
.Les juges du TMI ne pouvaient se permettre de prendre cette
responsabilité.Voilà pourquoi au mépris de tout principe de justice,le Tribunal
rejeta les documents que Me Seidl voulait produire.
A la reprise de l'audience,le Président annonça:

Le Tribunal a décidé que les preuves tendant à établir l'injustice du Traité
de Versailles ou son imposition par la force sont inadmissibles et rejette,
en conséquence,le livre de documents n°3 de l'accusé Hess.
([i]Ibid
,p.99.Le Président eut l'occasion de le répéter trois jours plus tard
à l'adresse de Joachim von Ribbentrop et de son avocat (ibid,p.242).


L'avocat de R.Hess paralysé.

Sachant que Sir David Maxwell-Fyfe aurait accepté la présentation des preuves
concernant le Traité de Versailles au moment des plaidoiries finales,Me Seidl fit
une ultime tentative.Mais il fut immédiatement rappelé à l'ordre par le Tribunal qui,
finalement,lui ordonna de revoir sa copie.
Voici ce que l'on put entendre le 5 juillet 1946,il commença ainsi son discours:

Dr SEIDL:
Monsieur le Président,Messieurs les juges.

Lorsqu'en 1918,les armées allemandes,après un combat héroïque de plus
de quatre ans,ont déposé les armes,elles faisaient pleine confiance aux assertions
que le président Wilson avait renouvelées au cours de l'année 1918.
Dans le discours du Congrès du 8 janvier 1918,le Président des Etats-Unis
d'Amérique avait déclaré en quatorze points les conditions des traités de paix....


LE PRESIDENT: Docteur Seidl,le Tribunal a déjà donné à entendre,comme
vous devez en être informé,que ces quatorze points et la question de savoir
si le Traité de Versailles était juste ou non ne sont pas des questions pertinentes.
Nous ne sommes pas décidés à en entendre parler.On vous l'a dit au préalable,
et beaucoup de documents qui traitaient de ce sujet ont été refusés.


Dr SEIDL:Monsieur le Président,je n'ai pas l'intention de prendre position
sur la question de savoir si le Traité de Versailles est justifié ou non.
Il s'agit pour moi de la chose suivante;le Ministère public a présenté le Traité
de Versailles au point central de l'Accusation,surtout en ce qui concerne le
chef n°1.Mes recherches ont porté sur le point de savoir:

premièrement,si le Traité de Versailles a été fait de manière valabre et,
deuxièmement.....



LE PRESIDENT:J'ai parlé seulement des injustices du Traité de Versailles,
mais la question de savoir si le Traité de Versailles est un document juridique
valable ou non est encore moins pertinente.Nous ne nous proposons pas
de vous écouter prétendre que le Traité de Versailles n'est pas un document légal.
Il y a beaucoup d'autres questions qui intéressent directement votre client et
que vous pourriez nous expliquer maintenant.
Le Traité de Versailles n'en est pas une.



Dr SEIDL:Monsieur le Président,je ne peux pas laisser le Tribunal dans
l'incertitude sur le fait que le Traité de Versailles et les conséquences
qu'il a entraînées sont en rapport étroit avec la prise du pouvoir par
le national-socialisme.
Ce fut l'une des conséquences du Traité de Versailles,et ma plaidoirie porte
en partie sur ce point.Il serait pour moi....



LE PRESIDENT:Docteur Seidl,je vous ai déjà dit que le Tribunal ne vous entendra
pas parler du Traité de Versailles pour savoir si c'était un document légal ou non,
ou pour savoir s'il était juste ou injuste.Nous ne vous entendrons pas sur ce sujet.



Dr SEIDL:Dois-je inférer du point de vue du Tribunal qu'il m'est pas permis
de parler des conséquences du Traité de Versailles,et tout particulièrement
des conséquences qu'il a entraînées sur l'accroissement du parti national-
socialiste et la prise du pouvoir par Adolf Hitler et les accusés ?



LE PRESIDENT:Le Traité de Versailles est un fait historique et le Tribunal
ne peut vous empêcher de vous y référer en tant que fait historique.
Mais vous n'aurez pas la parole pour nous parler de son caractère juste
ou injuste,pour savoir s'il a été signé par l'Allemagne et s'il a une valeur juridique.
Comme vous ne nous avez pas encore présenté votre plaidoirie,nous ne savons
pas ce que vous allez dire.Mais nous ne voulons plus entendre ces arguments.



Dr SEIDL:Je commence à la page 6 du manuscrit allemand,du deuxième
paragraphe:
C'est ainsi que la lutte pour la révision du diktat de paix de Versailles commença
au moment même de sa signature.
Dans le programme de la NSDAP d'Adolf Hitler,cette lutte contre le diktat
de Versailles et sa révision était,entre toutes les autres,une des exigences qui
prenait la plus grande place.C'était la pensée directrice sur laquelle s'appuyait
l'activité de politique intérieure du Parti,après la prise du pouvoir,ce fut le principe
de toutes les discussions et décisions de politique extérieure.
Un des premiers compagnons de lutte d'Adolf Hitler fut l'accusé Rudolf Hess.
Ainsi que Hitler,Rudolf Hess avait combattu sur le front lors de la première
guerre mondiale.Il partit en qualité de volontaire au grade de lieutenant
d'infanterie quand il fut blessé en Roumanie.
La blessure qu'il reçut au front le rendit incapable de servir dans l'infanterie.
Il s'engagea dans l'aviation.Après l'armistice,il prit encore part à certaines
luttes de corps francs et,au cours de l'année 1919,après la conclusion
du Traité de Versailles,il lui fallut reconnaître que les vainqueurs ne désiraient
pas une paix de justice et d'égalité des intérêts car,ainsi que l'on pouvait s'y
attendre,les conditions de paix de Versailles et tout particulièrement la charge
des réparations se faisaient lourdement sentir sur l'Economie allemande.



LE PRESIDENT:Docteur Seidl,il vous est peut-être très difficile de retirer
de votre plaidoirie les passages qui ont trait aux sujets que je vous ai indiqués.
Essayez loyalement de le faire,car si vous persistez à aborder des questions
de l'injustice ou de l'illégalité du Traité de Versailles,le Tribunal se verra dans
l'obligation de mettre un terme à vos explications et de passer à un autre accusé.



Dr SEIDL:Monsieur le Président,ce que je viens de dire ne concerne pas
la légalité et la justice,mais c'est une question qui intéresse les conséquences
et qui est en rapport avec les premières recherches que j'ai faites.
Si le Ministère public a démontré,pendant des semaines,au moyen de ses documents,
comment le parti national-socialiste a pris de l'extension,comment le nombre de
ses députés s'est rapidement accru,il me faut encore....



LE PRESIDENT:Docteur Seidl,ce sont des faits qui peuvent être démontrés
par le Ministère public.Vous discutez maintenant pour nous dire que certaines
clauses du Traité de Versailles étaient injustes.C'est là une question d'argumen-
tation que le Tribunal n'est pas disposé à entendre.Vous n'établissez pas
des faits,vous discutez.



Dr SEIDL:Bien entendu,c'est une question d'argumentation....


LE PRESIDENT:Je vous ai dit que c'était de l'argumentation que nous n'étions
pas disposés à entendre.Si vous ne voulez pas comprendre ce que je vous dis,
vous serez obligé de suspendre votre plaidoirie.Vous le comprenez ?



Dr SEIDL:Je passe à la page 8:

Lorsqu'en 1925,le Parti fut fondé,Rudolf Hess lut à nouveau l'un des premiers...
Il est impossible,Monsieur le Président,de poursuivre ma plaidoirie étant donné
que toutes mes explications se rapportent a l'activité de l'accusé Hess jusqu'à
la prise du pouvoir.Il me faut pouvoir prouver,et je le ferai,que la pensée
directrice de toute son activité tendait,dans le Parti et dans le peuple allemand,
à se dresser pour obtenir une révision des conditions insupportables du Traité
de Versailles.Cette question a été celle de tout le mouvement national-socialiste
jusqu'en 1933.



LE PRESIDENT:Si vous pouvez vous limiter à citer des faits indiquant ce que
votre client a dit ou fait,nous n'avons aucune objection.Mais si vous voulez
argumenter sur le fait que le Traité de Versailles était illégal ou injuste,
le Tribunal ne vous entendra pas.



Dr SEIDL:Je continuerai et je vous prie,Monsieur le Président,étant donné
que je ne connais pas exactement les limites,de bien vouloir m'interrompre
si j'aborde un sujet qui ne paraît pas conforme aux vues du Tribunal....



LE PRESIDENT:Docteur Seidl,vous connaissez parfaitement bien les limites
qui ont été établies par le Tribunal il y a plusieurs semaines au sujet de la justice
ou de l'injustice du Traité de Versailles.
De nombreux documents ont été refusés parce qu'ils s'occupaient de ces questions
de justice ou d'injustice du Traité de Versailles.Vous devez le savoir.



Dr SEIDL:Je prie alors le Tribunal de bien vouloir me dire s'il m'autorise à donner
des détails sur le fait que les conséquences économiques et le chômage qui en
est réssulté sont dus aux prescriptions du Traité de Versailles qui touchaient
aux réparations et au refus des Puissances victorieuses de modifier ultérieurement
cette politique de réparations.



LE PRESIDENT:Vous pouvez parfaitement dire quelles étaient les conditions
qui existaient en Allemagne.Ce sont là des faits.



Dr SEIDL:Je reprends à nouveau à la page 8:

Lorsqu'en 1925,le Parti fut fondé....



LE PRESIDENT:Docteur Seidl,le Tribunal connaît parfaitement bien ce genre
d'argument.Nous ne perdons pas de vue ces arguments.Nous les connaissons,
nous ne voulons pas les entendre répétées tout le temps et nous considérons
qu'ils sont sans valeur.Ne pouvez-vous en venir à d'autres parties de votre
plaidoirie qui auraient de l'importance pour l'accusé Hess ?
Comme je l'ai déjà dit,il y a beaucoup de choses qui ont été prouvées par
le Ministère public et auxquelles la Défense doit répondre.C'est sur ces sujets-là
que nous aimerions vous entendre.



Dr SEIDL:Je commence donc à la page 10,au paragraphe 2:

Si donc,lors des élections au Reichstag du 14 septembre 1930,le parti
national-socialiste a emporté une grande victoire électorale et n'a pas eu
moins de cent sept députés dans le nouveau Reichstag,ce n'est pas,
en dernier lieu,une conséquence de la crise économique,des réparations par
le Traité de Versailles et du refus des puissances victorieuses,malgré les
avertissements les plus pressants,de bien vouloir réviser ce traité.
Il était parfaitement exact....



LE PRESIDENT:Docteur Seidl,savez-vous que vous continuez à prétendre
que le Traité de Versailles n'était pas juste et que les puissances victorieuses
n'ont pas reconnu les exigences justifiées de l'Allemagne,etc. ?
Si vous ne pouvez pas adapter votre plaidoirie aux conditions que j'ai fixées,
nous serons dans l'obligation de vous demander de la rédiger à nouveau.



Dr SEIDL:Je passe à la page 11,deuxième paragraphe...Non,je passe à la page 12:

Lorsque le peuple allemand eut désarmer,conformément au Traité de Versailles,
il pouvait s'attendre avec raison à ce que les puissances victorieuses....



LE PRESIDENT:Un instant,Docteur Seidl.
Docteur Seidl,comme vous ne semblez pas capable de refaire votre plaidoirie
au fur et à mesure que vous la prononcez afin de satisfaire aux exigences
du Tribunal,le Tribunal vous retire la parole et abordera le cas de l'accusé suivant.
Vous aurez l'occasion de refaire votre plaidoirie et,avant de la présenter ici,
vous la ferez traduire.Le Tribunal ne veut pas vous entendre à l'heure actuelle
parce que vous vous occupez de questions sans importance.
Si elles étaient d'une quelconque utilité pour les accusations portées contre
l'accusé,nous les entendrions.Mais,selon l'avis du Tribunal,elles ne sont
aucunement pertinentes pour les accusations portées contre votre client et
le Tribunal ne veut pas vous entendre en ce moment.
La justice et l'injustice du Traité de Versailles n'ont rien à voir avec les guerres
d'agression allemandes.Cela n'a rien à voir avec les crimes de guerre reprochés
aux accusés,ce n'est donc pas pertinent et nous nous proposons de ne pas
vous entendre maintenant.Comme vous n'êtes pas présentement en mesure
de refaire votre plaidoirie,toute facilité vous sera donnée pour la reprendre.
Après quoi,vous la soumettrez à la traduction et vous la lirez.

(TMI,XVII,562-6).


En prenant cette décision,les juges venaient d'interdire aux accusés l'utilisation
d'un argument crucial de défense.Autrement dit:ils venaient de condamner d'avance
les plus importants d'entre eux.

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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

Message  Mr Klein le Lun 26 Déc - 13:49


Rudolf Hess condamné d'avance.



Hess et le réarmement de l'Allemagne.


R.Hess en fit l'amère expérience.
Parmi toutes les accusations proférées contre lui figurait celle liée
au réarmement de l'Allemagne.


L'argumentaire de l'Accusation.


Dans son réquisitoire introductif,le lieutenant-colonel Griffith-Jones déclara:

Je vais maintenant m'occuper du rôle que Hess a joué dans la préparation
proprement dite de la guerre d'agression.
Dès 1932,il s'occupait du réarmement et de la réorganisation de l'aviation.
Le Tribunal se rappellera un document,PS-1143 (USA-40) du 20 octobre 1932,
montrant que le chef d'Etat-major de Rosenberg avait adressé à Hess un rapport
sur la préparation du matériel et l'entraînement du personnel navigant pour
l'organisation de la Lufwaffe (page 43 du livre de documents).
Cela se passait en 1932.Au cours des années ultérieures,il n'a cessé de s'occuper
du réarmement de l'Armée allemande.
Le 16 mars 1935,Hess signa le décret introduisant le service militaire obligatoire.
Le 12 octobre 1936,dans un discours,il reprit le cri de Göring:
"les canons avant le beurre",quand il dit: "Nous nous préparons aussi à l'avenir
à manger,si c'est nécessaire,un peu moins de graisse,un peu moins de porc,
un peu moins d'oeufs,puisque nous savons que ce petit sacrifice est déposé
sur l'autel de notre liberté.Nous savons que l'épargne en devises étrangères
accélère la production d'armements.Cette phrase est encore vraie aujourd'hui:
les canons avant le beurre"
Document M-104 (GB-260),page 14 du livre
de documents.
En mai 1941,il faisait un discours à l'usine Messerschlitt,le Tribunal a vu
une photographie prise à cette occasion.
C'est l'une des quatre photos que nous regardions il y a quelques instants.
Il disait alors:"Le soldat allemand doit comprendre qu'il doit être reconnaissant,
pour la qualité unique et l'abondance de ses armes et de son matériel,aux efforts
infatigables d'Adolf Hitler pendant de nombreuses années."

Ce discours a été reproduit dans le Volkischer Beobachter du 2 mai 1941.
Il devient le document GB-261 et il figure à la page 15 du livre de documents
du Tribunal.(TMI,VII,137).


Un vide documentaire.

Dans ces quelques documents produits,il y avait rien,absolument rien,qui ait pu
prouver la participation de R.Hess à un prétendu "complot" en vue de déclencher
des guerres d'agression.Là où l'on attendait des comptes rendus explicites de
réunions secrètes durant lesquelles des plans d'armement et d'attaque auraient
été échafaudés,on nous servait deux fragments de discours publics très généraux
et une loi sur la réintroduction du service militaire (ce service militaire que tous
les autres pays connaissaient).C'était vraiment pitoyable !
Dans sa plaidoirie,d'ailleurs,l'avocat de R.Hess souligna que dans sa proclamation
du 16 mars 1935 destinée à justifier la réintroduction de ce service,le Gouverne-
ment hitlérien n'avait avancé "aucun argument essentiel qui n'eût déjà été
présenté à propos de cette question par les Gouvernements démocratiques
allemands du temps de la République de Weimar."
(TMI,XIX,375).

Je rappelle en outre que le principal document avancé par l'Accusation et accepté
par le Tribunal pour étayer sa thèse du "plan concerté" contre la paix était
le mémorandum de F.Hossbach.Or,dans cette pièce,le nom de R.Hess n'y apparaît
nulle part:ni dans le corps du texte (long de plus de dix pages),ni surtout dans
la liste des présents.
Ce simple fait démontrait que le dauphin de Hitler était resté très loin de tous
les préparatifs militaires,quelle que fût leur finalité....




L'Accusation réduite à la tricherie.


Mais j'entends déjà l'objection que certains pourront élever:

"Un pays qui fabrique des canons plutôt que produire du beurre se prépare
à des guerres d'agression."

Je répondrai qu'il n'en est rien et que,sur ce point,le lieutenant-colonel Griffith-
Jones s'est rendu coupable d'une grave malhonnêteté.Je m'explique:

le document sur lequel il s'est appuyé pour citer le discours de R.Hess,le M-104,
n'est pas un compte rendu officiel,il s'agit d'un simple article de journal tiré
de la Frankfurter Zeitung du 13 octobre 1936. *
Un extrait du compte rendu officiel avait en revanche été publié dans le document
PS-2426,avec d'autres fragments de discours.
Le lieutenant-colonel Griffith-Jones connaissait ce document,puisque,comme
nous l'avons déjà vu,il l'avait utilisé quelques minutes auparavant pour citer
une allocution prononcée par R.Hess le 16 janvier 1937 (TMI,VII,132).
Pourquoi donc n'a-t-il pas repris ce document pour l'autre discours ?
La réponse est simple:le compte rendu officiel citait la phrase complète,
qui était (je souligne la partie omise dans le M-104):

Cette phrase est encore vraie aujourd'hui:"les canons avant le beurre !",
à savoir,plutôt que plus de beurre tout d'abord plus de canons,sans quoi
un jour notre dernier beurre nous sera enlevé
(Ausch heute noch gilt die
Parole:"Kanonen statt Butter !"d.h.statt mehr Butter mal mehr Kanonen
weil uns sonst eines Tages die letzte Butter genommen wird.
) **

La dernière partie de la phrase était capitale,car elle démontrait que dans
l'esprit de R.Hess,le réarmement était défensif.
C'est très probablement pour occulter ce fait que le lieutenant-colonel
Griffith-Jones préféra l'article de journal au compte rendu officiel.


Les raisons du réarmement allemand.


On ne le répétera jamais assez:

Hitler réarma parce qu'il savait que seule une Allemagne suffisamment forte
sur la scène internationale pourrait non seulement se protèger,mais aussi
obtenir la révision globale du Traité de Versailles.Il l'avait d'ailleurs clairement
annoncé dans Mein Kampf,déclarant qu'après l'occupation de la Rhur
par la France en violation dudit traité,ce qui ouvrait la porte à la discussion,
les chefs allemands auraient dû "songer à s'assurer les ressources militaires
sur lesquelles les négociateurs représentant l'Allemagne auraient pu ensuite
s'appuyer"
***

Immédiatement après,il expliquait:

On devait se rendre compte également que les meilleurs négociateurs
ne peuvent guère emporter de succès,lorsque le sol sur lequel ils se
tiennent et la chaise sur laquelle ils sont assis ne sont pas sous la protection
de leur peuple.Un pauvre petit avorton de tailleur ne peut pas lutter contre
des athlètes,et un négociateur sans défense n'a qu'à se résigner quand
Brennus jette son glaive dans un des plateaux de la balance,s'il ne peut pas
jeter le sien dans l'autre plateau pour rétablir l'équilibre.N'était-il pas
désespérant d'assister aux comédies de négociations qui précédaient règuliè-
ment,depuis 1918,les décisions unilatérales et arbitraires de l'ennemi ? (...)
Au reste,même des hommes de génie n'auraient pu obtenir que de maigres
résultats,en raison de la volonté d'un ennemi décidé à user de la force,
et de l'impuissance lamentable où se trouvait le peuple sans défense qu'ils
auraient représenté. (Ibid).


Hitler le répéta le 4 février 1938 à son nouveau ministre des Affaires étrangères,
J.von Ribbentrop.Plus tard,celui-ci expliqua:

Lors de mon entrée en fonctions,le Führer m'a dit peu de choses.
Il me dit simplement que l'Allemagne avait acquis maintenant une nouvelle
position,qu'elle avait obtenu l'égalité avec les autres nations,et qu'il était
clair qu'à l'avenir certains problèmes devaient être résolus.
Il me dit surtout,autant que je me souvienne,qu'il y avait trois ou quatre
problèmes particuliers qui devaient tôt ou tard trouver leur solution.
Il souligna que de tels problèmes ne devaient être résolus qu'avec une Wehrmacht
forte,non pas qu'il songeât à en faire l'usage,mais son existence serait suffisante,
car un pays qui n'était pas fortement armé ne pouvait pas avoir de politique
étrangère.
(TMI,X,254).

Trois ans auparavant,H.Göring avait donné une explication semblable à son aide
de camp,Karl Bodenschatz.Voici ce que l'on put entendre le 8 mars 1946
à Nuremberg:

Dr STHMER:

Le maréchal Göring vous a-t-il dit à quels buts visait l'Allemagne
en poursuivant son réarmement ? Quand et à quelle occasion ?



TEMOIN BODENSCHATZ :Hermann Göring m'en a parlé en 1935,
après que fut proclamée la liberté des armements.
Il considérait le réarmement de l'Allemagne,après les vains efforts déployés
pour arriver à un désarmement général,comme une tentative pour mettre
les armements allemands à la hauteur de ceux des autres pays,afin de pouvoir
participer à la politique mondiale sur un pied d'égalité.
(TMI,IX,18).


Il est intéressant de souligner que dans un discours prononcé le 7 novembre 1938
et sur lequel je reviendrai plus loin,R.Hess avait clairement lié le réarmement
à la "volonté du peuple allemand de mettre sa force au service de son droit"
(TMI,VII,142).
Nous étions parfaitement dans l'optique de Hitler:réarmer pour être fort et,
ainsi,pouvoir négocier sur la scène internationale pour défendre ses droits.
Si,en 1927,les Alliés avaient accepté de désarmer à leur tour,jamais le Reich
n'aurait dû reconstituer un arsenal.
La faute première revenait donc aux vainqueurs de 1918 qui n'avaient pas
respecté le Traité de Versailles.
Sans leur parjure,il n'y aurait certainement jamais eu Hitler pour arriver au pouvoir
et réarmer.

* Voy.le doc.M-104 reproduit dans TMI,XXXVIII,164-7.On lit:
"Aus:Frankfurter Zeitung vom.13.Oktober 1936"

** Voy.doc.PS-2426 reproduit dans TMI,XXX,345-7,l'extrait cité se trouve
p.346.On peut également trouver la traduction de ce document en anglais telle
qu'elle a été utilisée à Nuremberg sur le site de la Cornell University Law Library.

*** Voy.A.Hitler,Mein Kampf,déjà cité,p.676.

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L'autre Histoire.
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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

Message  Mr Klein le Mar 27 Déc - 16:55

Le Tribunal reste sourd aux arguments de la Défense.




Sachant,toutefois que le Tribunal refusait d'entendre ce genre d'argument
et qu'il avait accepté contre l'évidence la thèse du "complot",il put facilement
condamner R.Hess,puisque sa collaboration au réarmement de l'Allemagne allait
être considérée comme une participation active au "plan concerté" en vue
de déclencher des guerres d'agression.Voici ce que l'on peut lire dans le jugement:

Représentant du Führer,Hess fut l'homme le plus haut placé du parti nazi.
Toutes les questions intéressant le Parti en général lui étaient confiées et,
en ce qui concernait plus particulièrement la direction,il était autorisé à prendre
des décisions au nom de Hitler.En tant que ministre du Reich sans portefeuille,
il avait le pouvoir d'approuver,avant leur mise en vigueur,tous les actes législatifs
proposés par les différents ministres.
A ces divers titres,Hess prit une part active à la préparation de la guerre.
Sa signature figure au bas de la loi du 16 mars 1935 qui instituait le service
militaire obligatoire.Tout au long de ces années,il soutint par de nombreux
discours la politique hitlérienne de réarmement intensif.
Il demanda au peuple de consentir des sacrifices et répandit le slogan:
"des canons au lieu de beurre".
Il est vrai qu'entre 1933 et 1937,Hess prononça des discours dans lesquels
il exprimait son désir de paix et plaidait pour une coopération économique
internationale.Mais rien,dans le contenu de ces discours,ne peut changer
quoi que ce soit au fait que Hess savait mieux qu'aucun des autres accusés
combien Hitler était déterminé à réaliser ses ambitions,combien c'était un homme
fanatique et violent et combien il était peu probable qu'il s'abstint de recourir
à la force,si c'était le seul moyen qui lui permit d'atteindre ses buts.

(TMI,XXII,562-3).

Voilà donc ce qui permit de déclarer R.Hess coupable d'avoir,en soutenant
la politique de réarmement,préparé la guerre d'agression:

a) une banale loi sur le service militaire (votée parce que la France,notamment,
avait violé le Traité de Versailles,mais ça,c'est hors de propos),

b) quelques discours banals (comme on pouvait en entendre dans tous les pays),

c) un slogan (dont le véritable sens avait été volontairement altéré par l'Accusation),

d) le fait qu'au moment de prononcer ses discours de paix,il aurait nécessairement
connu les véritables intentions agressives de Hitler
(assertion doublement non-prouvée).


Hess et la politique extérieure allemande.


L'Accusation reprocha également au prévenu son soutien à la politique extérieure
allemande entre 1933 et 1938.
Au cours de son exposé sur les organisations des Allemands à l'étranger,
le substitut du procureur général britannique déclara:

Je passe maintenant à l'activité de ces associations à l'étranger qui,
comme je l'ai dit,était la base du travail de la Cinquième colonne dans les guerres
à venir.
Je considérerai le rôle joué par Hess dans l'occupation de l'Autriche et de la
Tchécoslovaquie,occupation qui devait mener à la guerre d'agression proprement
dite.
(TMI,VII,140).

Quelles preuves y avait-il que l'Anschluss et la réunion des Sudètes au Reich
auraient fait partie d'un "plan concerté" pour déclencher une guerre d'agression,
plan auquel R.Hess aurait participé en tant que concepteur et acteur ?
Telle était la question à laquelle il fallait répondre.
On attendait donc,de la part du Ministère public,la production de comptes rendus
de réunions secrètes et d'aveux circonstanciés.
Mais le lieutenant-colonel Griffith-Jones se contenta de mentionner quelques
fragments de discours sans force probante.


R.Hess et l'Anschluss.


-Les inepties de l'Accusation


Sur l'Autriche,par exemple,il déclara:

Hess participa à la préparation de l'occupation de l'Autriche depuis le début.
En automne 1934,ce fut lui qui nomma Reinthaler chef des paysans autrichiens
dans le parti nazi autrichien après l'échec du putsch de juillet 1934 (id.)


On ne voit pas en quoi la nomination du "chef des paysans" au sein du parti
national-socialiste autrichien en 1934 (avec lequel les Allemands avaient de
nombreux contacts) pouvait aider à l'Anschluss deux ans plus tard.
L'argument du Ministère public était d'autant plus inepte que ce Reinthaler n'avait
finalement joué aucun rôle de premier plan lors du rattachement de l'Autriche
au Reich.
Le lieutenant-colonel Griffith-Jones ajouta:

Un autre document qui a déjà été déposé est le document PS-3254 (USA-704).
C'est la déclaration de Seyss-Inquart du 10 décembre 1945 dans laquelle
il mentionne que,dès 1936,il avait eu des entretiens avec Göring et Hess.(id.).


On attendait un résumé de ces entretiens,afin de démontrer qu'ils s'inscrivaient
dans un "plan concerté".Mais rien ne vint et la consultation du document PS-3254
prouve que ces discussions n'avaient rien de criminel (voy.TMI,XXXII,66-7).
Puis le substitut du procureur britannique expliqua:

Le matin du jour où les troupes allemandes entrèrent en Autriche,le 12 mars 1938,
Hess et Himmler furent les premiers membres du Gouvernement allemand
à paraître ensemble à Vienne,où ils firent leur entrée vers midi.
Ce fut Hess qui,le lendemain,signa la loi du 13 mars 1938,sur la réunion de l'Autriche
et du Reich allemand (TMI
,VII,140).

En quoi ces deux événements parfaitement normaux après les accords
de l'Obersalzberg,prouvaient-ils la participation de R.Hess à un complot criminel
en vue de déclencher des guerres d'agression ? En rien....

- Aucune agression.


Il est vrai que le 16 janvier 1946,un substitut du procureur général américain,
le lieutenant Henry Atherton,avait qualifié l'Anschluss de:
"première attaque ouverte contre un autre pays" (TMI,V,347).
La présence de R.Hess à Vienne dès le 12 mars 1938 pouvait donc le faire passer
comme le général en chef des troupes d'agression.Cependant,comme l'a souligné
H.Göring:

Dans une guerre d'agression,on tire des coups de feu,on jette des bombes,etc.
Mais en Autriche on n'a jeté qu'une seule chose: des fleurs ! (TMI
,IX,323).

Celui qui avait joué un grand rôle dans l'Anschluss,Arthur Seyss-Inquart,
confirma un peu plus tard.
A propos de l'entrée des troupes allemandes en Autriche,il expliqua:

On ne peut pas dire qu'il s'agissait d'une entrée,c'était un défilé des troupes
allemandes parmi les acclamations de la foule.Il n'y a pas eu de village,
même avec une population foncièrement catholique,où elles n'eussent été
accueillies avec un enthousiasme délirant,et aucun quartier ouvrier où
il n'est pas été de même. (TMI
,XV,651).


(La réaction d'Autrichiens lors de l'"attaque ouverte" (sic)
de leur pays par le Reich en mars 1938).

Rappelons que les différents plébiscites organisés entre 1925 et 1928
dans des pays comme le Tyrol et Salzbourg avaient donné plus de 90% des voix
en faveur du rattachement à l'Allemagne et que celui organisé le 10 avril 1938
enregistra plus de 99,5 % de "oui" à l'Anschluss.
(TMI,XI,243 et 244.Voy.également le doc.Ribb-12 qui donne les résultats
du plébiscite du 10 avril 1938: 4 471 477 suffrages exprimés, 4 453 772 "oui"
et 11 929 "non" (TMI,X,177).

Il n'y avait donc nullement besoin de "complot" pour parvenir à cette fusion.


- Un document à charge innocentait R.Hess.


J'ajoute que le document PS-812,produit par l'Accusation dès le 28 novembre 1945
(TMI,II,368...) mais opportunément "oublié" à ce moment du procès,démentait
la thèse du Ministère public selon laquelle R.Hess aurait activement participé à
un "complot" pour absorber l'Autriche.
Il s'agissait d'une lettre que le Gauleiter de Salzbourg,Friedrich Rainer,
avait adressée le 6 juillet 1939 au Commissaire du Reich Josef Bürckel,
afin de lui expliquer les événements qui avaient amené à l'Anschluss.
On lisait:

Peu après la prise du pouvoir en Autriche,Klausner,Globocnick et moi-même
avons pris l'avion pour Berlin,afin de faire à Rudolf Hess,représentant du Führer,
un compte rendu sur les événements qui avaient conduit à la prise du pouvoir.

("Bald nach der Machtergreifung in der Ostmark flogen Klausner,Globonick
und ich nach Berlin,um dem Stellvertreter des Führers,Pg.Rudolf Hess,einen,
Bericht über die Vorgänge,die zur Machtergreifung geführt haben,abzustatten"

(doc.PS-812 reproduit dans TMI,XXVI,346).

Si,vraiment,R.Hess avait activement participé à un "complot" en vue de l'Anschluss,
au point d'être le premier arrivé à Vienne une fois le rattachement obtenu,
il n'y aurait pas eu besoin de lui présenter un rapport sur la question.


- Nouveau mensonge de l'Accusation.


Le lieutenant-colonel Griffith-Jones termina sa "démonstration" sur l'Autriche
en lançant:

Le Tribunal se souviendra certainement de la description,faite en détail par
M.Alderman,des fêtes choquantes qui eurent lieu le 24 juillet 1938 pour
célébrer le meutre de (Engelbert) Dollfuss et dont un discours de Hess
constitua le point culminant. (TMI
,VII,140).

J.M.G Griffith-Jones faisait ici référence au réquisitoire introductif prononcé
par le procureur adjoint américain,Sydney S.Alderman,le 28 novembre 1945
(TMI,II,360).
Celui-ci s'était appuyé sur le travail d'un certain Harold Leventhal,auteur
d'un exposé préparatoire,passablement orienté,daté du 10 novembre 1945
et intitulé:"L'agression des conspirateurs nazis contre l'Autriche"
(The Nazi Conspirators' Agression against Austria).
L'auteur y mentionnait le rapport du consul général américain à Vienne,John C.
Wiley,qui avait décrit les cérémonies du 24 juillet 1938. *
La consultation de ce document démontre toutefois qu'à aucun moment,
le meurtre du chancelier E.Dollfuss ne fut alors célébré. **
Les organisateurs rendirent simplement hommage aux treize nationaux-socialistes
autrichiens pendus à l'époque pour leur participation à la tentative de putsch.
A Nuremberg,d'ailleurs,A.Seyss-Inquart put dire sans être démenti:

A cette cérémonie,on n'a même pas fait allusion à Dollfuss,car c'était
une manifestation en l'honneur des (13) membres des SS qui,au cours
de cette tentative de Putsch ou en liaison avec cette tentative,avaient été pendus.(TMI
,XV,637).

Quant à R.Hess,loin de révéler l'existence d'un "complot" (qui aurait réussi)
ou d'appeler à la guerre,il avait au contraire fustigé la presse étrangère belliciste
avant de lancer:

Le Führer fait ce qui est nécessaire pour son peuple avec un calme souverain...
et il travaille pour la paix de l'Europe. (TMI
,XXXVIII,95).

On le voit,la tentative de démonstration du substitut avait totalement échoué
à propos de l'Autriche.
Dans cette affaire,R.Hess n'avait fait que soutenir le Gouvernement auquel
il appartenait et qui avait oeuvré pour effacer une des plus graves injustices
de Versailles.



( A Nuremberg,Arthur Seyss-Inquart dément l'allégation de l'Accusation
TMI,15,p.637)

Dans son travail préparatoire sur l'Autriche,le juge d'instruction à Nuremberg,
Harold Leventhal prétend que le 24 juillet 1938,les nationaux-socialistes
avaient célébré le meurtre du chancelier autrichien Dollfuss.

Le doc.L-273 dément l'allégation mensongère de Harold Leventhal.
Le nom de Dollfuss n'y est pas même mentionné à propos des célébrations de 1938.




-Le Tribunal reste sourd aux arguments de la Défense.



Mais sachant que toute critique de ce traité (de Versailles) était interdite,
cette évidence fut rejetée par le Tribunal qui,dans son jugement,écrivit
à propos de l'Autriche:

Hess prit part,en connaissance de cause et de son plein gré,aux agressions
allemandes contre l'Autriche,la Tchécoslovaquie et la Pologne.
Il fu en rapport avec le parti nazi illégal d'Autriche et lui donna ses instructions
pendant toute la période s'étendant entre l'assassinat de Dollfuss et l'Anschluss.
Hess se trouvait à Vienne le 12 mars 1938,lorsque les troupes allemandes y
firent leur entrée,le 13 mars,il signa la loi qui incorporait l'Autriche au Reich allemand.
Une loi du 10 juin 1939 prévoyait sa participation à l'administration de l'Autriche.
Le 24 juillet 1938,dans un discours qu'il prononça en commémoration de la tentative
de putsch entreprise par les nationaux-socialistes,quatre ans auparavant,
il célébra les étapes qui avaient abouti à l'Anschluss et justifia l'occupation
de l'Autriche par l'Allemagne.(TMI
,XXII,563).


* (Voy.H.Leventhal,doc.cité,pp.4-5)

** (Voy.le doc.L-273 reproduit dans TMI,XXXVIII,94-6).

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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

Message  Mr Klein le Ven 30 Déc - 17:31

R.Hess et les Sudètes.





- L'argumentaire de l'Accusation.




Concernant le rattachement de la région des Sudètes au Reich,
J.M.G.Griffith-Jones cité des documents assez disparates,déclarant aux juges:


J'invite le Tribunal à se reporter à un document qui figure à la page 165
du livre de documents et qui,selon les propres paroles de Hess,jette
quelque lumière sur son activité en Autriche et en Tchécoslovaquie.
C'est un discours prononcé le 28 août 1938,à la réunion annuelle de
l'Auslands-Organisation.C'est le document PS-3258,déjà déposé sous
le n°GB-262.J'en cite les trois derniers paragraphes qui figurent à la page 165
du livre de documents:

"A la fin de son discours,Rudolf Hess rappelle les journées de l'an dernier où
s'étaient rassemblés,ici même,à Stuttgart,des Allemands,hommes et femmes,
garçons et filles,dans leurs costumes régionaux,tout bouillants d'enthousiasme
à l'idée de la Grande Allemagne,passionnément entraînés par le national-
socialisme,mais cependant extérieurement "Volsdeutsche",c'est-à-dire
Allemand de sang,mais de nationalité étrangère.
"Aujourd'hui,continue Rudolf Hess,"ils figurent ouvertement dans nos rangs.
Fiers et heureux,ils vont défiler devant leur Führer,à Nuremberg,dans les formations
du mouvement national-socialiste,cette fois-ci comme des citoyens allemands.
De tout coeur nous nous réjouissons de les voir.Ils ont mené une longue et dure
bataille contre un ennemi traître et menteur..."

Et ainsi de suite,sur le même ton.A la page suivante,il rappelle la lutte des Allemands
des Sudètes: "Le peuple allemand regarde vers ses camarades de race de Tchécos-
lovaquie en prenant une part profonde à leurs souffrances.Quiconque au monde
aime ses compatriotes et en est fier,ne pourra nous critiquer si d'ici même,
nous tournons nos pensées vers les Allemands des Sudètes,si nous leur disons que,
remplis d'admiration,nous voyons comment ils savent garder une discipline de fer,
malgré les pires chicanes,malgré la terreur et le meutre.
Si même il était nécessaire de fournir une preuve..."

Je pense qu'il n'est peut-être pas nécessaire de continuer la lecture de ce
document,mais il montre l'intérêt que portait Hess aux événements de Tchécos-
lovaquie.Le document PS-3061,déjà déposé sous le n°USA-126,montre que
ce discours fut prononcé en août 1938 et que pendant tout l'été des conversations
eurent lieu entre Henlein,Hitler,Hess et Ribbentrop,pour informer le Gouvernement
du Reich de la situation politique en Tchécoslovaquie.Ce document a déjà été
lu et figure au procès-verbal.
Mais,s'il y a quelque chose qui doit prouver la participation de Hess à cette activité
(dans l'affaire des Sudètes),c'est bien la lettre du 27 septembre 1938 que le
Tribunal a déjà eue sous les yeux et qui lui fut adressée par Keitel pour lui demander
l'aide du Parti à la mobilisation secrète qui devait être effectuée sans utilisation
du code prévu.Cette lettre est datée du 27 septembre 1938 et constitue le
document PS-388 qui a déjà été déposé sous le n°USA-26.
Il figure à la page 30 du livre de documents.
*
J'aimerais inviter le Tribunal à étudier un document figurant à la page 120 du livre
de documents.C'est un autre discours prononcé par l'accusé le 7 novembre 1938,
à l'occasion du rattachement du parti des Allemands des Sudètes à la NSDAP:

"Si nous avions dû défendre nos droits nous-mêmes,c'est alors qu'ils auraient
vraiment connu les nationaux-socialistes allemands,les combattants du Führer.
"Mais le Führer" déclara Hess,sous les clameurs de l'assistance," en a tiré la leçon.
Il a réarmé avec une rapidité que personne n'aurait crue possible.
Quand le Führer a pris le pouvoir,et plus particulièrement depuis que le Führer
a réveillé la volonté du peuple allemand de mettre sa force au service de son droit,
voilà ce qui confère ses droits à l'Allemagne."


On pourrait se demander ce qu'étaient les droits de l'Allemagne à cette époque,
en novembre 1938,alors que Hitler avait déclaré dès le 26 septembre qu'il n'avait
plus aucune revendication territoriale à formuler en Europe. **

Finalement,que reprochait-on à l'accusé ?

- de s'être intéressé "aux événements de Tchécoslovaquie",

- d'avoir été averti qu'en cas de mobilisation secrète,aucune gêne ne devrait être
apportée à la diffusion des instructions,

- d'avoir prononcé deux discours favorables au rattachement des Sudètes,
dont un à une époque où des pourparlers secrets existaient sur la question
(pourparlers auxquels il ne participait pas).



- Des arguments ineptes.


Dans les annales de l'ineptie,cet exposé méritait de figurer en bonne place.
Car pour un membre du gouvernement allemand,il était tout à fait normal,
à l'époque,de soutenir les revendications (légitimes) des Allemands des Sudètes.
Quant à être averti de ne pas gêner les mesures de mobilisation,il s'agissait
d'un rôle purement passif.Ce soutien et cette demande de comportement passif
ne prouvaient absolument pas la participation active à un quelconque "complot"
en vue d'une future guerre d'agression.
Rappelons d'ailleurs que le rattachement de la région des Sudètes au Reich fut
négocié pacifiquement et obtenu légalement suite aux accords de Munich entre
la France,l'Angleterre,l'Allemagne et l'Italie (30 septembre 1938).
Si Hitler avait voulu la guerre et s'il avait comploté pour l'obtenir,il n'y aurait pas
eu Munich en septembre 1938,mais une invasion brutale de la Tchécoslovaquie,
invasion que l'Etat-Major allemand avait préparée dès le printemps 1938 sous
le nom de code "Cas Vert" (voy.le doc.PS-388).
Loin,donc,d'établir l'existence d'un prétendu "plan concerté" en vue de déclencher
une guerre agressive,la façon dont le pays des Sudètes fut intégré au Reich avait
au contraire démontré une volonté de paix chez Hitler.



(Allemands des Sudètes acclamant Hitler avec le Salut Nazi lorsque
celui-ci traversa la frontière tchécoslovaque en 1938).



- La Défense balaye les arguments de l'Accusation.



L'avocat de R.Hess n'eur ainsi aucun mal à balayer les arguments du Ministère
public.Dans sa plaidoirie finale,il déclara:

J'en viens maintenant à la question du rattachement du pays des Sudètes.
3 500 000 d'Allemands des Sudètes avaient été réunis dans un Etat avec
8 500 000 Tchèques et Slovaques sans qu'il leur eut été accordé le pouvoir
d'exercer une influence importante sur l'Etat.
Tous les efforts entrepris par ce groupe ethnique pour obtenir leur autonomie
dans le cadre de la fédération de l'Etat tchécoslovaque sont restés vains.
Lorsque la question de l'Anschluss de l'Autriche fut résolue,il devint inévitable
que la position future des Allemands des Sudètes qui comptaient tout de même
3 500 000 êtres humains,et dont l'appartenance au groupe ethnique allemand
ne pouvait faire aucun doute,dut être soumise à un examen.
Je n'ai pas l'intention de prendre position sur les détails de toutes les questions
soulevées par l'Anschluss du pays des Sudètes au Reich,du point de vue du fait
et du Droit.Mais,considérant que le Ministère public,dans l'exposé des charges
qu'il a présenté au Tribunal contre l'accusé Hess,a soulevé la question des Allemands
des Sudètes et qu'il a soumis également quelques documents à titre de preuves,
il me paraît nécessaire de m'expliquer brièvement sur ce point.
Dans le document PS-3528 (GB-262),il s'agit d'un discours du représentant
du Führer au congrès de l'organisation à l'étranger de la NSDAP,le 28 août 1938,
l'accusé ne prend position qu'en termes généraux sur la question des Allemands
des Sudètes en mettant l'accent sur le principe des nationalités et sur le droit
des peuples à disposer d'eux-mêmes.
De même les autres documents présentés par le Ministère public USA-126 (PS-3061)
et USA-26 (PS-388) ne contiennent rien qui permette de conclure à une participation
décisive de l'accusé à la solution de la question des Allemands des Sudètes.
Mais l'importance de cette participation reste tout à fait douteuse,car l'Anschluss
du pays des Sudètes au Reich ne représente pas en soi un acte délictueux du
point de vue du Droit international.
L'Anschluss du "Gau" des Sudètes n'a été réalisé ni par une action unilatérale
de l'Allemagne ni sur la base d'un accord discutable conclu entre le Reich
allemand et la République tchécoslovaque.
Bien plus,l'Anschluss avait été réalisé sur la base d'un accord conclu le
29 septembre 1938 à Munich entre l'Allemagne,le Royaume-Uni de Grande-Bretagne,
la France et l'Italie.
Cet accord contient des clauses précises et détaillées sur l'évacuation des
territoires à céder et leur occupation par étapes par les troupes allemandes.
La délimitation des frontières avait été effectuée par une commission internationale.
Sans vouloir entrer dans les détails des stipulations de cet accord,on peut affirmer
avec certitude qu'il s'agit ici d'un accord conclu librement,et chacun de ses
signataires avait nourri l'espoir que cet accord pourrait devenir la base ou,
tout au moins,une condition préalable essentielle de l'amélioration des relations
internationales en Europe. (TMI
,XIX,378-9).




* Ce dernier document avancé par l'Accusation était une lettre contenue
dans le dossier produit sous la cote PS-388.Rédigée par le général Keitel,
datée du 27 septembre 1938 et adressée à R.Hess ainsi qu'à Henrich Himmler,
il y était question de manoeuvres secrètes de mobilisation dans le cadre
de la crise tchèque.Les trois premiers paragraphes étaient les suivants:

"Etant donné la situation politique,le Führer Chancelier a ordonné des mesures
de mobilisation pour l'Armée sans que la situation politique soit aggravée par
la mise en vigueur de l'ordre de mobilisation (ordre) X) ou des noms de code
correspondant.
"Dans le cadre de ces mesures de mobilisation,il est nécessaire que les autorités
militaires envoient aux diverses autorités du Parti et à ses organisations des
instructions concernant la précédente mise en vigueur antérieure de l'ordre
de mobilisation,les mesures préliminaires ou les codes spéciaux.
"Cette situation spéciale exige qu'il soit donné satisfaction immédiatement
à ces exigences (même si le code n'est pas encore divulgué) et sans qu'il soit
référé à une autorité supérieure."
(doc.PS-388 in TMI,XXV,484).

** TMI,VII,140-2.Une réponse à l'argument reposant sur le discours prononcé
le 26 septembre par Hitler se trouve la brochure intitulée:Septembre 1939:
acquittement pour Hitler
(éd.VHO,2006),pp.23-7.

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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

Message  Mr Klein le Dim 1 Jan - 12:50

R.Hess et la Tchécoslovaquie.



- La thèse officielle.



Certains pourront rétorquer en citant les événements qui suivirent et qui
conduisirent,en mars 1939,au dépècement de la Tchécoslovaquie par Hitler.
Ils y verront la preuve que,depuis le début et au mépris des accords de Munich,
le Führer souhaitait faire disparaître un pays et annexer comme après une guerre
gagnée,ce qui démontrerait l'existence d'un "complot" en vue d'agresser les voisins
(complot auquel R.Hess aurait participé,au moins temporairement).
Telle est la thèse développée dans le jugement de Nuremberg.
Au chapitre intitulé:"Le régime nazi en Allemagne",on lit:

Le fait que,peu après (le 29 septembre 1938),Hitler se renseigna auprès
de Keitel sur la force militaire que ce dernier estimait nécessaire pour briser
toute résistance tchèque en Bohême-Moravie,montre qu'il n'avait jamais eu
l'intention de respecter l'Accord de Munich.
Keitel lui envoya son avis le 11 octobre 1938 et,dix jours après,Hitler assigna
à l'Armée ses tâches futures.L'une de ces directives contenait la phrase
suivante:

"Il faut que nous ayons la possibilité d'écraser à tout moment le reste
de la Tchécoslovaquie,si sa politique devenait hostile à l'Allemagne."

Il est inutile de revenir en détail sur les événements caractéristiques des mois
suivants.Le 14 mars 1939,le président tchèque Hacha et son ministre des
Affaires étrangères,Chvalkovsky,se rendirent à Berlin sur la demande de Hitler
et assistèrent à une réunion à laquelle prirent part,entre autres,von Ribbentrop,
Göring et Keitel.On proposa à Hacha à consentir par un accord à l'incorporation
immédiate de la population tchèque dans celle du Reich allemand et de sauver
ainsi la Bohme-Moravie de la destruction.Il fut informé de l'ordre que les troupes
allemandes avaient déjà reçu de se mettre en route et de briser toute résistance
par la force.Göring menaça en outre de bombarder la ville de Prague et de la
détruire entièrement.Devant cette cruelle alternative,Hacha et son ministre
des Affaires étrangères,à 4h30 du matin,signèrent l'accord qu'on exigeait d'eux,
Hitler et Ribbentrop le signèrent pour l'Allemagne.
Le 15 mars,les troupes allemandes occupèrent la Bohême-Moravie et,
le 16 mars,le pays fut incorporé au Reich en tant que protectorat par un décret
au bas duquel von Ribbentrop et Frick apposèrent leur signature.
(TMI
,XXII,468).


- Un pays qui s'est désagrégé tout seul.


Cette thèse n'a qu'un seul défaut,mais un défaut rédhibitoire.
Elle n'éclaire que la moitié de la scène,c'est-à-dire qu'elle ne s'intéresse qu'à
l'Allemagne,ignorant totalement les événements survenus en Tchécoslovaquie
après Munich.
Je rappelle par exemple qu'en février 1939,à la suite d'élections libres,92,4%
de la Ruthénie et 98% de la Slovaquie se prononcèrent pour l'indépendance.
En réponse,le pouvoir central tchécoslovaque destitua de nombreux hommes
politiques,proclama la loi martiale et envoya même l'armée en Ruthénie.*
Lors des audiences à Nuremberg,les accusés donnèrent toutes les précisions
nécessaires qui auraient permis au Tribunal de bien apprécier la situation
de l'époque.
Le 29 mars 1946,J.von Ribbentrop expliqua la façon dont cette mosaïque
artificielle de peuples créée en 1919 s'était très rapidement disloquée,
menaçant de provoquer des conflits armés:

Quelle était la situation au lendemain du Munich ?
On en a une idée si l'on se souvient que toutes les minorités de Tchécoslovaquie
réclamèrent leur indépendance.Peu après,les Ukrainiens des Carpates proclamèrent
leur indépendance et d'autres groupements encore manifestèrent avec vigueur
des aspirations semblables.
D'accord avec l'accord de Munich (...) il existait une clause stipulant que
l'Allemagne et l'Italie donneraient une garantie à la Tchécoslovaquie;
mais cette déclaration ne fut jamais faite,et la raison en est que la Pologne,
après l'accord de Munich,envoya un ultimatum à la Tchécoslovaquie et,
de sa propre initiative,occupa les zones habitées par les minorités polonaises.
Les Hongrois également réclamèrent l'autonomie ou un rattachement à la Hongrie,
et là-dessus,certaines zones de Tchécoslovaquie furent cédées à la Hongrie
à la suite d'un arbitrage qui eut lieu à Vienne.
La situation en Tchécoslovaquie ne s'éclaircit pas,malgré tout,au contraire,
elle se compliqua.C'est alors que le Slovaque Tuka s'adressa à nous.
Il voulait obtenir l'accord de l'Allemagne à l'indépendance de la Slovaquie.
Le Führer reçut Tuka et,après quelques négociations,la déclaration d'indépendance
de la Slovaquie fut proclamée le 13 mars par (Jozef) Tiso.
Le Ministère public a présenté un document prétendant que,pendant la
conversation qui eut lieu entre Hitler et Tuka,j'ai déclaré que la Tchécoslovaquie
devrait prendre une décision dans les heures qui suivraient,que ce n'était pas
même une question de jours.C'est qu'à cette époque,les troupes hongroises
se préparaient à envahir et à occuper certaines régions de la Slovaquie et de
l'Ukraine subcarpatiques.**
Nous voulions prévenir une guerre entre la Tchécoslovaquie et la Hongrie,
Hitler se faisait beaucoup de soucis à ce sujet et c'est pourquoi il reconnut
avec empressement la revendication de Tiso.Plus tard,après la déclaration
d'indépendance de la Slovaquie par le Parlement slovaque,il accéda à la demande
de Tiso et se chargea de la protection du pays. (TMI
,X,268).

Quinze jours auparavant,H.Göring avait souligné que dans cette affaire,
Hitler avait finalement dû agir dans l'urgence,sans plus plan préconçu:

Après Munich,après l'accord de Munich et la solution de la question des Allemands
des Sudètes,le Führer et ses collaborateurs pratiquèrent une mise au point
militaire afin de parer aux difficultés qui pourraient surgir (...) des conséquences
de l'occupation des zones visées,les autorités militaires devaient prendre certaines
mesures de précaution car,après l'occupation des zones,les troupes qui avaient
été mises sur pied pour le "Cas Vert" (cas où,la situation se dégradant,Hitler
aurait décidé l'invasion militaire de la Tchécoslovaquie),avaient été démobilisées.
Mais les événements pouvaient à tout moment évoluer dans un sens susceptible
de devenir extrêmement dangereux pour l'Allemagne.
Il n'y a qu'à rappeler les commentaires de la presse russe,de la radio russe,
sur l'accord de Munich et sur l'occupation du pays des Sudètes.
On ne pouvait pas parler de façon plus provocante.
Il existait depuis longtemps des rapports entre Prague et Moscou.
Prague,déçue par l'accord de Munich,pouvait maintenant avoir resserré ses liens
avec Moscou.Nous en vîmes les signes,dans le corps des officiers tchèques
en particulier,et on nous en informa.Pour le cas où il pouvait en résulter quelque
danger pour l'Allemagne,les diverses autorités militaires avaient reçu
des instructions afin de prendre des mesures préventives,comme il était de leur devoir.
Cet ordre n'a rien à voir avec l'intention d'occuper peu après le reste
de la Tchécoslovaquie.
Je me rendis moi-même fin janvier sur la Riviera pour mes premières longues
vacances et,pendant cette période,j'abandonnai délibérément toutes mes affaires.
Au début de mars (1939),à ma grande surprise,un courrier spécial du Führer
m'apporta une lettre m'informant que le déroulement des événements en
Tchécoslovaquie était tel qu'il ne pouvait impunément leur laisser libre cours.
Ils devenaient une menace croissante pour l'Allemagne et il était maintenant
résolu à résoudre la question en éliminant la Tchécoslovaquie sous le prétexte
qu'elle constituait une source de danger en plein centre de l'Allemagne,
pour y réussir,il songeait d'abord à l'occuper.
Pendant ce temps,j'étais à San Remo où j'avais rencontré beaucoup d'Anglais.
J'avais eu l'impression qu'ils s'étaient résignés aux accords de Munich et
les avaient trouvés tout à fait satisfaisants,mais qu'il ne fallait plus toucher
à la Tchécoslovaquie sans risquer de provoquer une grande agitation.
Je renvoyai une lettre par le courrier,peut-être se trouve-t-elle parmi les
nombreuses tonnes de documents que possède le Ministère public.
Je comprendrais d'ailleurs qu'on ne la produise pas,car ce serait plutôt
un document à décharge.
Dans cette lettre,j'exposais mon point de vue au Führer et j'écrivais à peu
près ceci:"si cet événement se produisait,il entraînerait une très sérieuse
perte de prestige pour le Premier Ministre anglais Chamberlain et je croyais
qu'il aurait du mal à y survivre.Mr Churchill ferait probablement son entrée
et le Führer connaissant l'attitude de Churchill vis-à-vis de l'Allemagne.
Deuxièmement,on comprendrait mal,car peu de temps auparavant nous avions
posé les bases d'un apaisement général.
Troisièmement,je croyais pouvoir le tranquiller en lui disant qu'à mon avis,
le danger qu'il voulait éliminer par une occupation de la Tchécoslovaquie pourrait
l'être par une voie un peu plus longue en évitant tout ce qui pourrait exciter
la Tchécoslovaquie aussi bien que les autres pays.
J'étais convaincu qu'après la séparation du pays des Sudètes et le rattachement
de l'Autriche à l'Allemagne,la pénétration économique en Tchécoslovaquie ne
serait qu'une question de temps,c'est-à-dire que j'espérais qu'en créant de forts
liens économiques,on arriverait à une union des communications,de la douane
et de la monnaie,qui servirait les intérêts économiques des deux pays.
Si on avait pu le réaliser,il y aurait eu une Tchécoslovaquie souveraine liée
politiquement de façon si étroite à l'Allemagne et aux intérêts allemands qu'à
mon avis,il n'aurait pu en résulter aucun danger.
En tout cas nous ne contrecarrerions d'aucune façon la Slovaquie si elle
exprimait très fortement son désir d'indépendance,nous pourrions,au contraire,
lui donner notre appui,car naturellement la communauté d'intérêts et par
conséquent,la coopération économique,deviendraient encore plus étroites,
puisque,si la Slovaquie se séparait,les deux pays seraient alors obligés de
se tourner vers l'Allemagne pour les questions économiques,si bien qu'il serait
possible d'intéresser ces deux pays et de les lier à l'Allemagne".
Le messager emporta cette lettre dont je vous ai donné la substance.
Je n'entendis parler de rien pendant quelques jours (...).
Je fus alors rappelé d'urgence à Berlin.J'arrivai le matin à Berlin et le président
Hacha le soir du même jour.
Je soumis verbalement au Führer le point de vue que j'avais déjà souligné
dans ma lettre.Le Führer me signala,d'après certaines preuves qu'il possédait,
que la situation en Tchécoslovaquie avait pris une tournure plus sérieuse.
Cet Etat s'était désagrégé à cause de la scission de la Slovaquie,mais ce n'était
pas là la question décisive.Il me montra des documents du service de rensei-
gnements signalant qu'il y avait des commissions de l'Aviation russe pour
la formation des cadres,sur certains des aérodromes de Tchécoslovaquie,
contrairement aux stipulations de l'Accord de Munich,il craignait que la Tchécos-
lovaquie,surtout après le détachement de la Slovaquie,fût utilisée comme base
aérienne russe.***
Il était résolu à éliminer ce danger,il me dit alors que le président Hacha avait
demandé au Führer de lui accorder une entrevue et qu'il arriverait dans la soirée,
le Führer désirait que je sois également présent à la Chancellerie du Reich.
Le président Hacha arriva et eut d'abord un entretien avec le ministre
des Affaires étrangères du Reich.Il vint voir le Führer cependant:
nous le saluâmes en quelques mots,il eut en premier lieu un entretien seul
avec le Führer,puis nous fûmes appelés.
Je lui parlai ensuite en présence de son ambassadeur et je le poussai à satisfaire
d'urgence à la demande du Führer et à retirer ses troupes à l'entrée des Forces
allemandes,pour éviter toute effusion de sang.
Je lui dis que toute résistance serait vaine car le Führer avait pris cette décision
et considérait cette action comme nécessaire.
Ce ne serait qu'une effusion de sang inutile,car toute résistance de longue durée
s'avérait absolument impossible.
J'ai déclaré à ce sujet que je serais navré de devoir bombarder la belle ville
de Prague.Personne n'avait d'ailleurs l'intention de bombarder Prague,et aucun
ordre n'avait été donné à cet effet car même dans l'éventualité d'une résistance,
le bombardement n'était pas nécessaire,il aurait de toute façon été très facile
de briser la résistance sans ce bombardement.
Mais je pensais que ce pouvait être un argument susceptible d'accélérer l'affaire.
Je réussis à lui faire donner une communication téléphonique avec son Gouverne-
ment à Prague et il donna l'ordre,l'occupation et l'entrée à Prague eurent donc
lieu le lendemain.



Dr STAHMER: Avez-vous accompagné le Führer à Prague ?


ACCUSE GÖRING:Non,je n'ai pas accompagné le Führer à Prague.
J'étais plutôt contrarié (...).



Dr STAHMER: Pourquoi étiez-vous de mauvaise humeur ?



ACCUSE GÖRING:Parce que toute cette affaire s'est déroulée en grande
partie par-dessus ma tête. (TMI
,IX,324-7).




(J.von Ribbentrop à Nuremberg.Lors des audiences,il expliqua qu'après
le rattachement des Sudètes au Reich,la Tchécoslovaquie s'était désagrégée
toute seule.)



(Le Slovaque Jozef Tiso.Le 13 mars 1938,il proclama l'indépendance de la Slovaquie)



(Emil Hacha.C'est lui qui discuta avec Hitler au moment où la Tchécoslovaquie
se désagrégeait.)



(N.Chamberlain,E.Daladier,A.Hitler,B.Mussolini et G.Ciano au moment
de la signature des accords de Munich.A Nuremberg,H.Göring expliqua
en détail les complications qui suivirent cet accord).


* Voy.V.Reynouard,Les crimes "libérateurs" contre la paix
(auto-édité,1995),pp.112-20.

** Exact !Le document en question est le PS-2802,le compte rendu de l'entretien
par le ministère allemand des Affaires étrangères.On lit:"Le ministre des Affaires
étrangères du Reich renchérit pour sa part en disant que,dans cette affaire,
la décision était une questions d'heures et non de jours.Il montra au Führer
un message qu'il venait de recevoir et qui signalait des mouvements de troupes
hongroises sur les frontières Slovaques." (TMI
,XXXI,153).
Le 1er avril 1946 encore,J.von Ribbentrop confirma:"Les Hongrois étaient très
mécontents et désiraient récupérer les territoires qu'on leur avait arrachés par
le traité de paix et qui avaient été incorporés à la Tchécoslovaquie,à la partie
slovaque de la Tchécoslovaquie.Il en résultait de grandes difficultés entre
Presbourg et Budapest,et surtout entre Prague et Budapest.On pouvait s'attendre
à tout moment à ce qu'éclatât une guerre.Une demi-douzaine de fois,au moins,
le Gouvernement hongrois nous avait fait comprendre que cela ne pourrait
continuer,qu'il fallait réviser cet état de choses." (TMI
,X,357).


*** Quinze jours plus tard,J.von Ribbentrop confirma:
"Je me souviens que Hitler cita le ministre de l'Air français,Pierre Cot,
qui avait comparé la Bohême-Moravie à un porte-avions contre l'Allemagne.
Je crois que le maréchal Göring a déjà mentionné qu'à cette époque nous
recevions des rapports secrets mentionnant que des pilotes russes ou
des missions russes se trouvaient sur les aérodromes tchèques.
Hitler me dit et je me souviens nettement de ses paroles,qu'il ne pouvait accepter
cette perpétuelle menace contre l'Allemagne (...).Il indiqua encore que la Russie
soviétique,alliée de la Tchécoslovaquie,était un facteur d'une puissance
inestimable." (TMI
,X,271).

_________________
L'autre Histoire.
"Qui n'entend qu'une cloche, n'entend qu'un son"


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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

Message  Mr Klein le Lun 2 Jan - 12:05


- Aucun "complot" allemand.



Ce grave désaccord entre H.Göring et A.Hitler démontre qu'il n'y a jamais eu
de "plan concerté" en haut lieu dans l'affaire tchécoslovaque.
Loin d'avoir agi selon un schéma établi d'avance,le Führer n'a fait que réagir
à des événements survenus sans qu'il ait été besoin de le créer.
Mosaïque artificielle composée de Tchèques,d'Allemands,de Hongrois,de Polonais,
de Ruthènes,d'Ukrainiens,de Slovaques,etc,la Tchécoslovaquie devait fatalement
se disloquer.A Nuremberg,d'ailleurs,J.von Ribbentrop rappela que la
"question des Sudètes" n'avait pas été "un problème posé par Hitler ou par
le ministère des Affaires étrangères ou un autre,il se posait de lui-même"
(TMI
,X,261).
C'était incontestablement vrai.Dans cette affaire,Hitler agit comme il put,
pris entre les impératifs divers de minorités et de sécurité.
Quant à R.Hess,il resta totalement en dehors de ce deuxième et dernier acte
de crise tchèque.



- Le Tribunal reste sourd aux arguments de la Défense.



Oubliant cependant toutes ces évidences,le Tribunal écrivit dans son jugement:

Pendant l'été 1938,Hess fut en rapports suivis avec Henlein,chef du parti
allemand des Sudètes en Tchécoslovaquie.
Le 27 septembre 1938,au moment de la crise de Munich,il s'entendit avec Keitel
pour exécuter les instructions de Hitler visant à faire fonctionner le mécanisme
du parti nazi en vue d'une mobilisation secrète.
Le 14 avril 1939,Hess signa un décret incorporant au Reich le territoire des Sudètes,
et une ordonnance du 10 juin 1939,prévoyant sa participation à l'administration
de ce territoire.
Le 7 novembre 1938,Hess avait intégré dans le parti nazi allemand le parti
de Henlein,et avait déclaré,dans un discours,que Hitler n'aurait pas hésité
à s'emparer du pays des Sudètes par la force,si les circonstances l'avaient exigé.
(TMI
,XXII,563).

On soulignera la présentation totalement hors contexte des événements,
à aucun moment le Tribunal ne rappela l'origine du problème des Sudètes.
Mais il est vrai que cette origine remontait aux traités de "paix" et que les juges
de Nuremberg avaient interdit de revenir à ces années-là.

(La partie du jugement du TMI concernant R.Hess et relative
aux événements de Tchécoslovaquie (TMI,22,p.563.Le Tribunal a
sciemment écarté tous les arguments de la Défense
).


R.Hess et la Pologne.




- L'argumentaire de l'Accusation.



Restait le cas de la Pologne.Il s'agissait du plus important puisqu'en cette occurence,
la querelle avait dégénéré en conflit armé.
J.M.G.Griffith-Jones annonça:
"Je considérerai maintenant une partie des preuves du rôle qu'il joua dans
l'agression contre la Pologne" (TMI
,VII,142).
S'agissant d'une seule "partie",le substitut devait avoir sélectionné les preuves
les plus accablantes.On s'attendait donc à des comptes rendus de réunions
secrètes auxquelles R.Hess aurait participé,des ordres signés de lui pour des
préparatifs guerriers,des séries de discours belliqueux sortis de sa bouche et
exigeant l'écrasement de la Pologne....Mais une fois encore,rien ne vint,rien.
J.M.G.Griffith-Jones déclara:

A la page 16 du livre de documents,se trouve un rapport qui est le procès-verbal
d'un discours prononcé le 27 août 1939 et qui montre tout au moins qu'il prenait
part à la propagande officielle qui,deux jours avant la déclaration de guerre,
était adressée au monde.Je cite le deuxième paragraphe:

"Rudolf Hess,constamment interrompu par les applaudissements nourris des
Allemands vivant à l'étranger et des citoyens allemands de la province de Styrie,
souligna la modération sans exemple dont l'Allemagne avait fait preuve à l'égard
de la Pologne,et l'offre magnanime du Führer qui avait assuré la paix entre
l'Allemagne et la Pologne,une offre que M.Chamberlain semble avoir oubliée,
car il déclare qu'il n'a pas entendu dire que l'Allemagne essaie de résoudre
certaines questions aigües par des discussions pacifiques.
Qu'est-ce donc que l'offre allemande,sinon une tentative de ce genre ?"

Il continue en accusant la Pologne de pousser à la guerre et de manquer
du sens de ses responsabilités.Etant donné le temps limité dont nous disposons,
je ne citerai pas plus longtemps ce document qui a déjà été déposé sous
la référence M-101 (GB-266).
Après la conquête de la Pologne,ce fut encore Hess qui signa le décret incorporant
Dantzig au Reich,en date du 1er septembre 1939.Portent également sa signature:
le décret incorporant les territoires polonais au Reich du 8 octobre 1939 et,
le 12 octobre 1939,un décret sur l'administration des territoires polonais,
dans lequel il est précisé que d'autres ordonnances seront prises pour
l'organisation de l'espace vital allemand et de la zone d'influence économique.
Ce sont tous là des décrets figurant au Reichsgesetzblatt.
Je regrette que les deux derniers décrets ne figurent pas dans le livre
de documents,mais leurs résultats ressortent clairement de mon dossier d'audience.
Etant donné les preuves qui ont été apportées sur l'organisation de la Cinquième
colonne,je me propose d'en finir avec les questions relatives à la Pologne.
Mais je prétends que l'accusé est profondément mêlé aux plans et à la préparation
de la guerre d'agression.(TMI
,VII,142).


Ce fut tout...Sachant que les décrets officiels postérieurs au 1er septembre 1939
ne permettaient pas et pour cause,d'établir l'existence d'un quelconque "complot"
contre la paix,seul restait un vague discours qui soutenait les exigences allemandes
et qui fustigeait la conduite irresponsable de la Pologne.
Les propos de ce genre étaient tenus par toute la presse allemande à l'époque.
Fallait-il en déduire que les journalistes participaient à un "complot" en vue
de déclencher une guerre d'agression ? Evidemment non !


R.Hess prononce un discours.Dans l'affaire polonaise,l'Accusation à Nuremberg
lui reprochera principalement d'avoir...prononcé un discours.




- Le témoignage de Keitel.


J'ajoute que le 25 août 1939,Hitler espéra encore pouvoir régler pacifiquement
la querelle à propos de Dantzig et du Corridor.
A Nuremberg,le général Keitel raconta:

le 24 ou le 25 (août[),quelques jours seulement après la conférence
de l'Obersalzberg (au cours de laquelle le Führer avait déclaré que tous
les préparatifs militaires étaient achevés pour l'invasion de la Pologne),
je fus soudain appelé auprès de Hitler à la Chancellerie du Reich,qui me dit
simplement:"Arrêtez tout immédiatement.J'ai besoin de temps pour négocier".
Je crois que je fus congédié sur ces quelques mots (...).
Je téléphonai immédiatement au Commandant en chef de l'Armée de terre et
lui transmis l'ordre:Brauchitsch fut appelé chez le Führer.Tout fut arrêté et
toutes les mesures relatives à une action militaire éventuelle furent suspendues,
d'abord sans la moindre limite de temps,puis le lendemain,pour une période
déterminée.Je crois (...) qu'il s'agissait de cinq jours.(TMI
,X,533).



(A l'audience de Nuremberg,il révéla que fin août 1939,Hitler lui avait soudainement
demandé d'interrompre tous les préparatifs militaires d'invasion de la Pologne,
parce qu'il espérait encore résoudre le différend par la négociation).



- Les seize propositions de Hitler.



Les négociations devaient porter sur "seize propositions" raisonnables et conciliantes
que le Führer avait imaginées afin de résoudre pacifiquement le différend germano-
polonais. *
Dans ses mémoires déjà citées,P.Schmidt,écrit:

En les lisant (ces seize propositions),je n'en crus pas mes yeux.
Je m'imaginai revenu à Genève,car ces propositions prévoyaient un plébiscite
dans le Corridor,sous le contrôle d'une Commission internationale comprenant
des représentants de l'Angleterre,de la France,de l'Italie et de l'Union soviétique,
elles laissaient Gdynia à la Pologne,n'accordaient que Dantzig à l'Allemagne et
concédaient une autostrade et une voie ferrée internationale à travers la zone
éventuellement redevenue allemande.
Lesdites propositions s'inspiraient d'un esprit qui avait de points communs avec
les méthodes nationales-socialistes et les idées émises par Hitler,au cours des
innombrables entretiens précédents.
C'était vraiment un projet portant la marque de la Société des Nations.
**

Initialement,Hitler avait donné à la Pologne jusqu'au 30 août pour qu'un
plénipotentiaire vienne signer.Mais personne ne s'étant présenté,il avait accordé
un délai supplémentaire de 24 heures.D'où un nouveau recul de l'attaque
("le 30 août,je crois,le jour de l'attaque (...) fut de nouveau reculé de 24 heures"
***

Certains me répondront que les propositions de Hitler n'étaient ni sérieuses,
ni sincères.Dans sa plaidoirie,l'avocat de H.Göring a clairement répondu à
cette objection en lançant:

Le malentendu avec la Pologne durait depuis près d'un an.Pourquoi la Pologne
ne demanda-t-elle pas une solution arbitrale fondée sur le traité d'arbitrage conclu ?
Pourquoi la Pologne n'a-t-elle pas fait appel à la Société des Nations ?
De toute évidence,la Pologne ne voulait pas d'une sentence arbitrale pour Dantzig
et le Corridor.( TMI
,XVII,532).

Je rappelle enfin que ce n'est pas Hitler et son Gouvernement,mais W.Churchill
et la coterie belliciste britannique qui torpillèrent l'ultime tentative de médiation
italienne,le 2 septembre 1939. ****
Dès lors,seule la personne de mauvaise foi peut prétendre que le Führer et
ses proches collaborateurs auraient "comploté" pour rendre la guerre inévitable
dans l'affaire polonaise.



- La responsabilité écrasante de la Pologne.



Cependant,allons plus loin.Oui,admettons que le discours prononcé par R.Hess
le 27 septembre 1939 ait été belligène.Avant de conclure qu'il s'inscrivait dans
un "complot" guerrier remontant à 1937,ou 1933,voir 1920,il était nécessaire
de s'interroger:

a) sur l'évolution de la crise germano-polonaise pendant les mois précédent et

b) sur les responsabilités de la Pologne dans cette évolution.

A Nuremberg,l'avocat de R.Hess traita la question.Dans un cours d'histoire magistral
malgré les entraves mises à la Défense,il expliqua ainsi les circonstances qui avaient
amené à l'invasion allemande du 1er septembre 1939:

" J'arrive maintenant à un autre point de l'Accusation.Aussi bien dans le cadre
de l'accusation éleve par le Ministère public contre Rudolf Hess personnellement,
celui-ci est accusé d'avoir participé au déclenchement de la guerre et d'en être
par conséquent responsable.
En fait,l'accusé Rudolf Hess s'est prononcé dans plusieurs discours sur la question
du Corridor polonais et sur Dantzig.Mais ici,la constatation préalable suivante
s'impose:par la création du Corridor polonais,non seulement le droit des peuples
à disposer d'eux-mêmes avait été complètement négligé,car ainsi plus de
1 000 000 d'Allemands étaient tombés sous la domination polonaise,mais encore,
par la division du territoire du Reich allemand en deux parties séparées l'une
de l'autre,on avait créé un état de choses qui était contraire à tout bon sens
au point de vue économique et qui,bien plus,devait devenir dès l'abord
une cause de frictions et d'incidents continuels.
En effet,dès le jour de la signature du Traité de Versailles,des demandes
de révision du Traité n'ont cessé de se manifester justement en ce qui concerne
la question du Corridor polonais.Il n'y a pas eu en Allemagne un seul parti ni
un seul Gouvernement qui n'eut reconnu la nécessité d'une révision du Traité
de Versailles,surtout sur ce point,et qui ne l'eut réclamée.
En admettant même que la Pologne ait vraiment dû avoir à tout prix un accès
indépendant à la Baltique,il n'y a aucun doute que ce problème aurait pu être
résolu d'une façon plus raisonnable que par la création de ce que l'on a appelé
le Corridor,ce qui a eu pour résultat la division du pays allemand en deux
territoires complètement séparés l'un de l'autre.
" Les mêmes considérations s'appliquent au Statut international et constitutionnel
de l'Etat libre de Dantzig.Il n'est pas nécessaire d'entrer ici dans de plus amples
détails sur les faits qui ont conduit,au cours du temps,à des difficultés toujours
plus grandes et ont finalement amené une situation qui a rendu nécessaire
une transformation de la position internationale et constitutionnelle de cette
ville purement allemande.
"Il n'est pas davantage nécessaire d'entrer dans dans de plus amples détails
sur le problème des minorités soulevé par le Corridor polonais et la création
d'un Etat libre de Dantzig.Le fait est qu'au cours de deux décades environ
1 000 000 d'Allemands au moins ont été forcés de quitter le territoire sur lequel
ils étaient installés et ce,dans des circonstances qui ne pouvaient rester sans
répercussion sur les relations politiques générales entre le Reich allemand
et la République polonaise.Et tout ne s'est pas passé comme si les problèmes
soulevés ici n'avaient été traités publiquement que depuis la prise du pouvoir
par Adolf Hitler.
"Si j'ai bien compris le Tribunal,il me faudra omettre les pages suivantes,
jusqu'à la page 29.
"Dans ces conditions,personne ne pouvait être surpris,après l'accession de Hitler
et de son Parti au pouvoir,de constater que les questions soulevées par le Reich
au sujet du Corridor polonais et du détachement de Dantzig fussent soumises
à une nouvelle révision.C'était d'autant plus inévitable qu'après la conclusion
du Traité germano-polonais de 1934,les Polonais n'avaient nullement cessé
de tendre toujours davantage à éliminer l'élément germanique.
Je n'ai pas l'intention de m'étendre sur les négociations menées par le Reich
allemand avec la République polonaise dans le but de trouver un modus vivendi
compatible avec les intérêts légitimes de la Pologne.
Il me paraît en tout cas important d'insister sur les faits suivants:
le Ministère public a toujours affirmé que les accusés et le Gouvernement
allemand auraient dû tout faire pour éclaircir cette question,qu'ils auraient dû
négocier et non pas déclencher la guerre.
Mes explications qui vont suivre doivent démontrer clairement que,par la voie
des négociations,on avait essayé d'amener une solution des problèmes qu'on
ne pouvait éliminer autrement.
"Le ministre des Affaires étrangères du Reich,au cours de son entretien du
24 octobre 1938 avec l'ambassadeur de Pologne a,pour la première fois,
soulevé les questions relatives au Corridor polonais et à la séparation de Dantzig,
et il a proposé une solution qui devait reposer sur les bases suivantes:

1) L'Etat libre de Dantzig reviendrait au Reich allemand.

2) On ferait passer par le Corridor une autostrade appartenant à l'Allemagne
et jouissant de l'exterritorialité,ainsi qu'une ligne de chemin de fer à plusieurs
voies également ex territoriale.

3) La Pologne recevrait également sur le territoire de Dantzig une route ou
une autostrade et une ligne de chemin de fer ex territoriale ainsi qu'un port franc.

4) La Pologne recevrait la garantie de pouvoir écouler ses marchandises sur
le territoire de Dantzig.

5) Les deux nations reconnaîtraient leurs frontières communes (garanties)
ou les territoires respectés.

6) Le Traité germano-polonais serait prolongé de dix à vingt-cinq ans.

7) Les deux pays ajouteraient à leur Traité une clause aux termes de laquelle
ils se consulteront mutuellement."


"La réponse du Gouvernement polonais à cette proposition a été exposée au
Tribunal lui-même par le Ministère public.Il s'agit du document TC-73 n°45,
dans lequel se trouve la prise de position du ministre des Affaires étrangères
de Pologne,(le colonel) Beck,en date du 31 octobre 1938,et ses ordres à
l'ambassadeur de Pologne Lipski à Berlin.
Dans ce document,la proposition allemande est simplement refusée,étant donné
le fait "qu'une tentative quelconque de rattachement de la Ville libre de Dantzig
au Reich allemand amènerait inévitablement un conflit,ce qui ne provoquerait pas
seulement des difficultés locales,mais (suspendrait) toutes les possibilités
d'une entente entre la Pologne et l'Allemagne,sous toutes ses formes" *****
"Effectivement,l'ambassadeur de Pologne a représenté alors ce point de vue
dans une nouvelle entrevue avec le ministre des Affaires étrangères du Reich,
le 19 novembre 1938.A la question de savoir quelle serait l'attitude du
Gouvernement polonais vis-à-vis de la proposition allemande de faire passer
par le Corridor une autostrade ex territoriale et une voie ferrée ex territoriale,
l'ambassadeur polonais déclara qu'il ne pouvait prendre officiellement position
sur ce point.
"On ne pourra contester que la proposition faite par l'Allemagne était très réservée
et ne contenait rien qui eut pu être en désaccord avec l'honneur de la Pologne
et les intérêts vitaux de cet Etat.On doit d'autant plus l'admettre que la création
du Corridor et la séparation de la Prusse orientale du Reich furent effectivement
considérées par tout le peuple allemand comme la plus pénible de toutes
les charges territoriales imposées par le Traité de Versailles.
Si malgré cela,le Gouvernement polonais a refusé cette proposition,et pour
une raison qui ne laissait pratiquement pas de perspective de solution par
d'autres pourparlers,on pouvait déjà, à l'époque,en conclure que,du côté
de la Pologne,manquait une véritable volonté d'entente qui tînt compte
des intérêts justifiés du Reich allemand.
Cette impression se confirma lors des tractations qui eurent lieu à l'occasion
de la visite du ministre des Affaires étrangères de Pologne,Beck,à Berlin,
le 5 janvier 1939,et de celle du ministre des Affaires étrangères du Reich,
à Varsovie,le 21 mars 1939,ce dernier répéta la proposition faite le 24 octobre
1938,on doit en conclure que le Gouvernement allemand était effectivement animé
de la volonté de résoudre par des conversations les problèmes soulevés par
le Corridor et la séparation de la ville de Dantzig.
On ne peut pas non plus contester sérieusement que le Gouvernement allemand
ait essayé de résoudre par des négociations les questions de Dantzig et du Corridor
polonais et qu'il ait fait dans ce sens des propositions très mesurées.



..../....



* Le texte de ces propositions est reproduit intégralement dans Akten zur
deutschen auswärtigen Politik
,Serie D,Band VII (Imprimerie nationale,Baden-Baden,
1966),doc.n°458,pp.372-4.Pour une version française,voy. les Documents
diplomatiques français,1932-1939
,2ème série (1936-1939) tome XIX
(Imprimerie nationale,1986). doc.n°256,pp.258-62.Sur ces propositions,voy.
également V.Reynouard,Les crimes "libérateurs"...., déjà cité,troisième partie.
Voy.également V.Reynouard,Le mythe des démocraties "pacifiques" acculées
à la guerre par les "dictateurs"
(éd. du VHO,2006),pp.12-3.

** Voy.P.Schmidt,Sur la scène internationale... déjà cité,pp.217-8.

*** Voy.l'interrogatoire du général Keitel à Nuremberg,ibid.,p.534.

****Voy.V.Reynouard,Le mythe des démocraties "pacifiques"...,déjà cité,pp.36...

***** Dans la version française de la plaidoirie de Me Seidl,"supprimerait"
est mis à la place de "suspendrait".J'ai rectifié car le document original
(en anglais) porte "would suspend" (voy.TMI,XXXIX,78).

_________________
L'autre Histoire.
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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

Message  Mr Klein le Mar 3 Jan - 12:00

...../....

" La réponse aux propositions allemandes du 21 mars 1939 fut une mobilisation
partielle des forces armées polonaises.Il reste à voir quel est le rapport entre
la mobilisation partielle ordonnée par le Gouvernement polonais et la proposition
de consultation britannique du 21 mars 1939,et si le Gouvernement britannique
avait déjà accepté,à l'occasion de la remise de cette proposition de consultation
à Varsovie,la déclaration de garantie qui suivit alors,le 31 mars,ou l'avait
seulement envisagée.En aucun cas,on ne peut douter que la mobilisation partielle
de l'armée polonaise reconnue le 10 juillet 1939 à la Chambre des Communes par
le Premier ministre britannique Chamberlain,était vraiment peu destinée à créer
des conditions ultérieures.En effet,le mémorandum du Gouvernement polonais
remis le 26 mars 1939 par l'ambassadeur polonais Lipski contenait un refus
catégorique de la proposition allemande.On y déclarait qu'une exterritorialité
des voies de communications ne pouvait entrer en ligne de compte et également
qu'une réunion de Dantzig au Reich ne pouvait pas être prise en considération.
Au cours de l'entretien entre le ministre des Affaires étrangères du Reich et
l'ambassadeur de Pologne,qui suivit la remise du mémorandum,l'ambassadeur
polonais déclara ouvertement qu'il avait le devoir désagréable de déclarer que
toute suite donnée aux plans allemands,particulièrement en ce qui concernait
le retour de Dantzig au Reich,signifierait la guerre avec la Pologne.
"Si j'ai exposé qu'il n'était pas nécessaire d'insister sur la corrélation entre
la mobilisation partielle polonaise du 23 mars 1939 et le refus complet de la
proposition allemande,refus contenu dans le mémorandum polonais du 26 mars
1939,d'un côté,et la garantie britannique contenue dans la déclaration du
31 mars 1939,de l'autre côté,cela paraît justifié déjà,eu égard à la proposition
faite par le Gouvernement britannique aussi bien à Varsovie qu'à Paris et à
Moscou,de fournir une "déclaration formelle".
Cette "déclaration formelle" devait annoncer l'ouverture immédiate de négociations
portant sur des mesures de résistance communes à toute menace dirigée contre
l'indépendance de l'un des pays européens.De plus,le discours prononcé le
17 mars à Birmingham par le Premier ministre Chamberlain,et le discours de
Lord Halifax,ministre des Affaires étrangères de Grande-Bretagne,devant
la Chambre des Lords,le 20 mars,dénotent à cet égard une attitude qui devait
encore plus inciter le Gouvernement polonais à l'intransigeance.
Et,en fait,la proposition soumise dès le 21 mars 1939 par le Gouvernement
britannique aux Gouvernements de Varsovie,Paris et Moscou,en vue d'une
"déclaration formelle commune" aller marquer le début d'interminables pourparlers
dont le dessein était d'entourer l'Allemagne d'un cercle de fer.
Il parut donc évident a priori que,dans ces conditions,des négociations bilatérales
entre les Gouvernements allemand et polonais ne pouvaient plus avoir que peu
de chances de succès,au moins durant ces pourparlers.
Toutefois,dans un nouveau mémorandum que le Ministère public a déjà présenté
et qui fut remis,le 28 avril 1939,au ministère des Affaires étrangères polonaid,
le Gouvernement allemand exposait son point de vue de façon tout à fait claire
et affirmait,une fois de plus,qu'il était disposé à entamer des négociations
ultérieures.Adolf Hitler fit connaître publiquement,dans son discours au Reichstag,
le 28 avril 1939,le contenu de ce mémorandum en même temps que les
propositions faites en mars 1939.
En réponse au mémorandum du Gouvernement allemand du 28 avril 1939,
le Gouvernement polonais a remis,le 5 mai 1939,un mémoire qui a été,lui aussi,
déjà présenté par le Ministère public.
Dans ce mémoire,plus encore que dans ses notes précédentes,le Gouvernement
polonais repousse catégoriquement les propositions de l'Allemagne pour résoudre
le problème du Corridor et la question de Dantzig.
Le cours des négociations engagées le 21 mars 1939 entre Londres,Paris,
Varsovie et Moscou pour former une coalition dirigée exclusivement contre
l'Allemagne ne prit pas la tournure souhaitée.Même les missions militaires
française et britannique envoyées le 11 août 1939 à Moscou ne purent pas
écarter les difficultés nées des divergences politiques notoires.
Il importe peu de savoir quelle part eut dans cet échec le fait que la Pologne,
qui devait avoir la garantie de l'Angleterre,de la France et de l'Union soviétique,
refusa ouvertement d'accepter l'assistance militaire de l'Union soviétique.
On n'a pas non plus besoin de rechercher le degré d'exactitude de ce que
le Commissaire soviétique aux Affaires étrangères,Molotov,a affirmé à la séance
extraordinaire du Soviet suprême,le 31 août 1939:
"l'Angleterre,selon lui,n'avait pas essayé d'apaiser les inquiétudes de la Pologne,
mais au contraire,les avait entretenues".
Il me paraît beaucoup plus important d'examiner ces divergences d'opinion
fondamentales.C'est pourquoi je voudrais me référer à un extrait de l'ancien
ambassadeur de Grande-Bretagne à Berlin,Sir Nevile Henderson.
Etant donné que le Tribunal ne désire pas la lecture de cette citation,mais
que,d'un autre côté,lors de l'exposé des preuves,cet extrait avait été autorisé,
je me borne à indiquer cette référence.
Je continue à la page 35,au second paragraphe.
En fait,les événements suivants s'étaient produits entre temps:
Au dix-huitième Congrès du parti communiste,le 10 mars 1939,le Président
du Conseil des Commissaires du peuple de l'URSS,Staline fit un discours dans
lequel il donna à entendre que le Gouvernement soviétique considérait comme
possible ou souhaitable d'obtenir également de meilleures relations avec l'Allemagne.
Cette allusion fut parfaitement comprise par Hitler.
Le Commissaire aux Affaires étrangères,Molotov,s'est exprimé de la même façon
dans son discours du 31 mai 1939,devant le Soviet suprême.
Les négociations engagées là-dessus entre les Gouvernements allemand et
soviétique avaient,avant tout,pour but la conclusion d'un accord commercial
et financier.Cet accord fut signé le 19 août 1939 à Berlin.
Mais déjà,pendant ces négociations économiques,on avait traité également
des questions de politique générale qui,d'après un communiqué du 21 août 1939
de l'agence d'informations russe Tass,marquaient l'intention des deux parties
de modifier leur politique et d'écarter la guerre par la conclusion d'un pacte
de non-agression.Ce pacte de non-agression fut signé à Moscou dans la nuit
du 23 au 24 août 1939,donc,comme l'ont prouvé les documents produits
au cours de ce Procès,deux jours avant l'attaque de la Pologne par l'armée
allemande,qui avait été ordonnée pour la matinée du 26 août 1939.
A côté de ce pacte de non-agression,fut signé,comme sa partie essentielle,
un "protocole additif et secret".Sur la base des données fournies par les preuves,
en particulier sur la base de la déclaration sous la foi du serment de l'ambassadeur,
chef de la section juridique des Affaires étrangères,le Dr Friedrich Gaus,
du témoignage du secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères,baron de Weizsäcker,
et des déclarations des accusés von Ribbentrop et Jodl,le contenu suivant
du protocole additif et secret peut être considéré comme établi: pour le cas
d'une transformation territoriale dans les territoires appartenant aux Etats baltes,
la Finlande,l'Estonie et la Lettonie devaient appartenir à la sphère d'intérêts
de l'Union soviétique,tandis que le territoire lituanien appartiendrait à la sphère
d'intérêts de l'Allemagne.
En ce qui concerne le territoire de la Pologne,une division des sphères d'intérêts
fut opérée de telle manière que les territoires situés à l'Est de la Narew,
de la Vistule et du San devaient faire partie de la sphère d'intérêts de l'Union
soviétique,tandis que les territoires situés à l'Ouest de la ligne de démarcation
constituée par ces rivières devaient appartenir à la sphère d'intérêts de l'Allemagne.
En outre,en ce qui concernait la Pologne,un accord fut conclu prévoyant que
les deux puissances agissaient en commun au sujet du règlement définitif
des questions concernant ce pays.
Quant au sud-est de l'Europe,il fut procédé à une limitation des sphères d'intérêts
réciproques,de telle manière que l'intérêt pour la Bessarabie fut souligné du côté
soviétique,tandis que du côté allemand on proclamait un désintéressement total
pour ce territoire.
D'après les déclarations de tous les témoins,mais,en particulier des déclarations
de l'ambassadeur Dr Gaus et du secrétaire d'Etat Weizacker,il est établi que
cet accord secret comportait un nouveau règlement complet de la question
polonaise et du sort futur de l'Etat polonais.
Les efforts entrepris dans le but d'arriver quand même avec la Pologne
à un accord sur la question de Dantzig et du Corridor,après la signature
de l'accord germano-soviétique de non-agression et du protocole additif secret,
demeurèrent vains.Le pacte d'assistance conclu le 25 août 1939 entre
la Grande-Bretagne et la Pologne n'a pas empêché la déclaration de la guerre,
mais l'a seulement retardée de quelques jours.
Je n'ai pas l'intention de revenir en détail sur les entretiens diplomatiques qui
ont encore eu lieu après l'accord germano-soviétique du 23 août 1939 pour
essayer d'arriver à une entente.Une chose peut être dite en toute certitude:
si la déclaration de garantie unilatérale de l'Angleterre,le 21 mars 1939,
avait déjà été propre à argumenter l'intransigeance déjà existante du
Gouvernement polonais envers les propositions allemandes,un pacte d'assistance
avec la Grande-Bretagne devait avoir d'autant plus d'effet sur le désir de
négocier du Gouvernement polonais". (TMI
,XIX,379-84).


J'interromps la citation pour rappeler que ce pacte prévoyait une assistance
automatique en cas d'"agression" sans plus de précision. *
Or,dans ce genre d'accord bipartite,les rédacteurs prenaient soin de préciser
que l'agression devait être "non-provoquée",car il ne pouvait être question
de venir en aide à un allié qui aurait provoqué (sous-entendu:injustement)
une autre puissance.Le pacte d'assistance mutuelle entre l'URSS et la
Tchécoslovaquie (16 mai 1935) en fournit un bon exemple.
On lisait (je souligne):

Art.2 :au cas où,dans les conditions prévues à l'article 15,paragraphe 7,
du Pacte de la Société des nations,l'Union des Républiques soviétiques
socialistes ou la République tchécoslovaque serait malgré les intentions
sincèrement pacifiques des deux pays
,l'objet d'une agression non provoquée
de la part d'un Etat européen,la République tchécoslovaque et réciproquement
l'Union des Républiques soviétiques socialistes se prêteront immédiatement aide
et assistance.
**

Les précautions étaient manifestes.En omettant cette précision capitale,
l'Angleterre donnait un véritable blanc-seing à la Pologne.
Le deuxième article venait confirmer cette conclusion:il prévoyait une aide
totale en cas d' "action" extérieure qui aurait "menacé clairement,
directement ou indirectement,l'indépendance de l'une des parties contractantes "

et qui aurait été de naturelle telle que ladite partie aurait considéré comme
"vital d'y résister par la force" ***
Cet article exorbitant était sans précédent dans l'histoire moderne de la diplomatie
européenne,car il permettait à la Pologne d'entraîner à son gré l'Angleterre dans
la guerre.On ne sera donc pas surpris que,munie d'une telle assurance,Varsovie
ait catégoriquement refusé de négocier avec Berlin...
Cela dit,revenons à la plaidoirie de Me Seidl:

"L'insuccès des entretiens entre l'Allemagne et la Pologne peut d'autant moins
surprendre,si l'on se rappelle le témoignage du témoin Dahlerus devant le Tribunal.
Ce témoin n'a-t-il pas confirmé que l'ambassadeur polonais à Berlin,Lipski,avait
déclaré,le 31 août 1939,qu'il n'avait pas d'intérêt à délibérer sur les propositions
du Gouvernement allemand ?
Il fonda cette attitude en déclarant qu'en cas de guerre une révolution éclaterait
en Allemagne et que l'armée polonaise marcherait sur Berlin.****
"Quelles que fussent les nouvelles qui avaient amené le Gouvernement anglais
à la conclusion de l'accord avec la Pologne et qui peut-être faisaient allusion
à une fissure dans l'alliance germano-italienne et à des phénomènes de
décomposition dans la structure de l'Etat allemand,je me réfère ici aux indications
des témoins Dahlerus et Gisevius,l'avenir devait démontrer que de telles réflexions
ne trouvèrent aucune confirmation dans les faits." (TMI
,XIX,384-6).


(Pierre Laval.A son "procès",il expliqua qu'en 1935,il avait initié une politique
d'encerclement de l'Allemagne).



(23-24 août 1939:Viatcheslav Molotov signe le pacte de non-agression
avec l'Allemagne.Le Reich n'étant désormais plus menacé par l'URSS,
la Pologne aurait dû se montrer davantage conciliante.Il n'en fut rien...)


* Voy.le premier article de l'accord polono-britannique d'aide réciproque signé
à Londres le 25 août 1939 (reproduit dans TMI,XXXIX,88).

** Voy.le premier article de l'accord polono-britannique d'aide réciproque signé
à Londres le 25 août 1939 (reproduit dans TMI,XXXIX,88).


***Voy.l'accord polono-britannique,déjà cité,Art.2.1.

****Exact !Voici le témoignage de Birger Dahlerus,le 19 mars 1946,à la barre
du Tribunal: "Je lus la note (=l es seize propositions allemandes) à Lipski,
mais il ne sembla pas comprendre son contenu.Je quittai la pièce et dictai
une note au secrétaire et la lui remis.Pendant ce temps-là,Lipski expliqua
(au conseiller d'ambassade de Grande-Bretagne à Berlin,Georges Olgivie)
Forbes qu'il ne s'intéressait pas à la discussion de cette note avec le
Gouvernement allemand (...).Il dit qu'il n'avait aucune raison de négocier
avec le Gouvernement allemand.Si la guerre avait lieu entre la Pologne et
l'Allemagne,il savait,parce qu'il vivait en Allemagne depuis cinq ans et demi,
qu'une révolution éclaterait en Allemagne et qu'ils marcheraient sur Berlin."
(TMI
,IX,500).

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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

Message  Mr Klein le Mar 3 Jan - 17:52



L'exorbitant traité d'assistance mutuelle polono-britannique
du 25 août 1939.Il prévoyait une assistance automatique et inconditionnelle...

(TMI,39,p.88).



31 août 1939:suivant les instructions de son Gouvernement,l'Ambassadeur
polonais à Berlin refuse de discuter avec les autorités allemandes,persuadé
qu'en cas de guerre,les armées polonaises "marcheraient sur Berlin".

(,9,p.500).



- Le Tribunal reste sourd aux arguments de la Défense.



Encore une fois,cependant,le Tribunal refusa de prendre en compte toutes
ces évidences historiques.
Mais face à l'absence totale de preuves contre R.Hess dans l'affaire polonaise,
les juges ne purent qu'écrire:

Le 27 août 1939,l'attaque contre la Pologne ayant été provisoirement ajournée
dans l'espoir de persuader la Grande-Bretagne d'abandonner la garantie donnée
par elle à ce pays,Hess vanta publiquement "l'offre magnanime" de Hitler à la
Pologne et accusa cette dernière d'agitation belliciste,attitude dont l'Angleterre,
selon lui,était responsable.
Après l'invasion de la Pologne,Hess signa des décrets qui incorporaient au Reich
Dantzig et certains territoires polonais et créaient le Gouvernement Général.
(TMI
,XXII,563).

Ce fut tout pour l'affaire polonaise.Où était la participation à un prétendu
"plan concerté" en vue de commettre une guerre d'agression ?
Nulle part,bien évidemment.Mais sachant que le prévenu avait,à titre de membre
du Gouvernement,tenu un discours et signé un décret,c'était suffisant:
en vertu de la thèse du "complot",il devait être reconnu coupable.



- L'arbitraire du Tribunal.



Probablement conscients que leur jugement était très indigent,les juges
ajoutèrent (je souligne):

Ces mesures,prises par l'accusé pour soutenir les plans d'agression de Hitler,
ne montrent pas encore toute l'étendue de sa responsabilité.
Jusqu'à sa fuite en Angleterre,Hess fut le confident personnel plus intime
du Chancelier du Reich et,à ce titre,fut certainement au courant des plans
d'agression dès leur conception.
Il favorisa l'exécution de ces plans,
chaque fois que cela fut nécessaire. (ibid.,
pp.563-4).

Ce passage fut bien évidemment écrit pour justifier la forte condamnation qui
allait frapper R.Hess.
Certes,rien n'était démontré,mais comme je l'ai souligné plus haut,la thèse
du "complot" permettait tout: vous avez été intime de Hitler,Monsieur Hess,
donc vous avez trempé jusqu'au cou dans le "complot",donc vous avez
certainement tout su....Telle est la dialectique complotiste,une dialectique qui,
à Nuremberg,apparut dans toute son horreur.

Soucieux d'obtenir la condamnation de R.Hess,les juges s'arrangèrent pour faire
de sa mission en Angleterre un élément à charge contre lui.
Dans le jugement,on lit:

Il partit pour l'Angleterre avec certaines propositions de paix que,d'après lui,
Hitler considérait comme acceptables.Il est significatif que ce voyage ait eu
lieu dix jours seulement après que Hitler eut fixé au 22 juin 1941 la date
de l'attaque contre l'Union soviétique.
Dans les entretiens qu'il eut après son arrivée en Grande-Bretagne,Hess soutint
avec ardeur tous les actes d'agression commis jusqu'à ce moment et essaya
de justifier l'attitude de l'Allemagne vis-à-vis de l'Autriche,la Tchécoslovaquie,
la Pologne,la Norvège,le Danemark,la Belgique et les Pays-bas.
Il accusa l'Angleterre et la France d'être responsables de la guerre. (TMI
,XXII,564).

La dialectique était la suivante: en Angleterre,vous avez voulu justifier la politique
extérieure allemande,preuve que vous souteniez le "complot".


- La logique du juge soviétique.


R.Hess fut condamné à la prison à vie.Notons que le juge soviétique Timofeïevitch
Nikitchenko aurait voulu une condamnation à mort.
Il le fit savoir dans un texte intitulé:"Châtiment infligé à l'accusé Rudoph Hess"
(TMI,I,381-3).
Avec logique,il recourut à la thèse du "complot" pour prétendre que le dauphin
de Hitler aurait été responsable des crimes (prétendument) commis après
son incarcération en Angleterre,donc qu'il aurait mérité la corde.
On lit sous sa plume:

L'échec de cette mission (en Angleterre) causa l'isolement de Hess qui n'eut pas
ainsi de part direct à l'élaboration et à la réalisation des crimes commis par
la suite.
Il n'est cependant pas douteux que Hess ait fait tout son possible pour
préparer ces crimes. (ibid
.,p.381).


(...) il est incontestable que Hess est tout aussi coupable de crimes contre
l'Humanité que les autres grands criminels de guerre.
Compte tenu de ce que Hess venait en troisième parmi les chefs politiques
de l'Allemagne hitlérienne,et qu'il a joué un rôle prépondérant dans l'accomplis-
sment des crimes du régime fasciste,j'estime que le seul châtiment équitable
serait pour lui la peine de mort. (ibid
.,p.383).

Cet avis ne fut pas pris en compte et R.Hess fut emprisonné.
Il ne bénéficia d'aucune réduction de peine et mourut le 17 août 1987
à la prison de Spandau.Suicide ou assassinat ? Je ne me prononcerai pas.


EN GUISE DE CONCLUSION.


Le 31 août 1946,lors de la dernière audience du procès de Nuremberg,
il avait fait cette ultime déclaration au monde:




"Les constatations que mon défenseur a faites en mon nom ici,
je les avais demandées afin d'établir la vérité historique et la volonté
de mon peuple.C'est la seule chose qui m'importe.Je ne me défends pas
contre les accusateurs auxquels je dénie le droit de m'accuser et d'accuser
mes compatriotes.Je ne me défends pas contre des reproches qui traitent
d'affaires intérieures de l'Allemagne et qui ne regardent pas les étrangers.
Je ne proteste pas contre des déclarations visant mon honneur et l'honneur
du peuple allemand entier.
Je considère de tels reproches de la part d'adversaires comme des preuves
d'honneur.
Il m'a été donné pendant de longues années de ma vie de vivre sous l'homme
le plus puissant que mon peuple ait produit dans son histoire millénaire.
Même si je le pouvais,je ne désirerais pas rayer ce temps de mon existence.
Je suis heureux d'avoir fait mon devoir à l'égard de mon peuple,mon devoir
en tant qu'Allemand,en tant que national-socialiste,en tant que fidèle au Führer.
Je ne regrette rien.Si j'avais à recommencer,j'agirais de la même façon,même
si je savais que m'attend à la fin un bûcher pour ma mort.
Peu importe ce que peuvent faire les hommes.Je comparais devant le Tout-Puissant.
C'est à lui que je rendrai des comptes et je sais qu'il m'acquittera." (TMI
,XXII,400).


Salut à toi,Rudolf Hess !


Source: Sans Concession n°67 à 70/octobre 2011,
article de Vincent Reynouard. pp.27-184.

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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

Message  Mr Klein le Mer 4 Jan - 10:01

- Annexe -


RUDOLF HESS VU PAR SA SECRETAIRE.


Nous publions ci-dessous la traduction d'un document inédit:

- la déposition écrite de celle qui fut la secrétaire de R.Hess de 1933 à 1941,
Hildegard Fath.Rédigée le 20 novembre 1945 à Nuremberg,cette déposition
n'a pas été utilisée pendant le procès.On comprend rapidement pourquoi
à sa lecture.
Cette pièce est aujourd'hui conservée à la Fondation Hoover,en Californie
(Stanford University,Stanford,CA 94305-6010) sous la cote ZZ043.
Je remercie Nicholas C.Siekierski qui m'en a fourni une copie.





Hildegard Fath.



Notes à propos de Rudolf Hess.


Rudolf Hess naquit à Alexandrie en Egypte,où son père était grossiste.
Sa mère,née Pröhl,naquit à Hof en Bavière.L'un de ses frères se suicida
dans des circonstances inconnues.Durant son enfance,Rudolf et son frère
Alfred suivirent des cours auprès d'un professeur particulier.
Sa plus jeune soeur Grete naquit bien plus tard quand il était déjà en Allemagne.
Le père était très sévère avec ses fils,Hess ma disait qu'ils n'osaient jouer
gaiement que lorsque leur père était parti pour affaires.
(Plus tard quand je connus le vieux M.Hess,ce dernier avait beaucoup changé,
il était très doux et tendre.Il mourut en 1941,ayant pour la seconde fois perdu
sa propriété dans la guerre.) Il avait eu autrefois un cancer en formation sous
le nez ou la nuque(?) mais ce dernier avait été retiré par des traitements aux
rayons.

Le frère Alfred est encore aujourd'hui le meilleur ami de Rudolf Hess.
Plus tard,les garçons furent éduqués en Allemagne à l'école protestante
de Godesberg dans le Rhin.
Je me souviens que d'anciens professeurs lui écrivaient souvent,ils se souvenaient
de nombreux détails,même le vieux professeur d'Egypte:ils semblaient avoir aimé
le petit garçon qui était un élève attentif et sérieux.
Il airait aimé étudier les mathématiques et les sciences naturelles,mais son père
voulait qu'il devienne un marchand.Par conséquent,il alla à l'école supérieure
de commerce à Neufchâtel en Suisse afin d'y étudier le commerce,plus tard
il fut apprenti dans une maison commerciale à Hambourg.
Heureux d'interrompre ce travail qu'il n'aimait pas,il partit comme soldat au front
en 1914.Il combattit tout d'abord au front Ouest,puis de l'Est,où il reçut une
balle dans les poumons.Après un long séjour à l'hôpital,il n'était plus du tout
apte pour le service d'infanterie,donc,il fut formé pour devenir pilote.
Mais il ne revint pas au front avant octobre 1918,donc il ne combattit plus
beaucoup.Mais il était devenu un pilote aussi passionné qu'il était bon soldat.

La soeur de son père est morte plutôt jeune (?) d'un trouble mental (?).
Apparemment,elle a été dans un hôpital psychiatrique.
Hess avait fait la remarque qu'il pensait que c'était à cause de l'état d'ivresse
de son grand-père au moment de la conception que sa tante mourut.
Le grand-père n'était pas nécessairement alcoolique.Sa tante naquit longtemps
après les autres enfants.
Hess donna l'impression qu'il pensait que le vieil homme l'avait fait uniquement
sous l'emprise de l'alcool.

Je le connus personnellement en 1933 par mon dernier fiancé qui était un parent
à lui.Nous étions invités chez la famille Hess,et M.et Mme Hess me proposèrent
de me joindre à eux comme secrétaire particulière.
Je fus très heureuse d'accepter,et je me mis depuis lors à travailler pour la famille
Hess jusqu'en 1943,d'abord pour les deux,après quelques temps seulement pour
Monsieur,et après son départ pour l'Angleterre,de 1941 à 1943,j'aidai Madame Hess
dans les travaux domestiques et le jardinage.
Le fait qu'en 1933,à la Saint Sylvestre,nous ayons souffert ensemble de la mort
de mon fiancé fit que,dès le début,ma relation avec la famille Hess fut très
intime et familière.J'étais protégée comme si je faisais partie de la famille,
et jamais je ne rencontrai de meilleures personnes que Monsieur et Madame Hess.

La plus grande qualité chez Rudolf Hess fut son engagement fanatique envers
ses devoirs,et il n'oubliait jamais le moindre détail de ses principes.
Dans sa façon d'agir,il était un bon modèle pour tous.Je définirais cela ainsi:
il fut un national-socialiste dans le bon sens du terme.

Il avait une grande maîtrise de lui.Jamais il ne pleurait devant quiconque:
il "avalait" comme nous appelons cela en allemand,toutes ses colères et
ses contrariétés.Peut-être aurait-il mieux valu pour lui de se soulager en hurlant.

Il s'occupait des choses principales de sa maison et laissait le reste à sa femme.
En effet,fidèle à sa modestie,il n'autorisait ni les photographies de sa femme
dans les magazines,ni qu'elle occupe un poste au Parti ou dans une organisation
féminine ou ailleurs.Elle apparaissait en public uniquement au théâtre ou a un concert.
Par conséquent,la maison n'était jamais luxueuse,et la seule occasion de différend
entre sa femme et lui survenait quand elle avait dépensé plus d'argent qu'il ne lui
en avait alloué.Il avait seulement sa maison à Harlaching,en banlieue de Munich,
qui a été brûlée par les bombes incendiaires en 1943.
Il n'avait même pas de maison de vacances.
La maison dans le Fichtelbirge où sa mère,sa soeur et sa belle-soeur vivent
actuellement,est la vieille maison de chasse de son père,et elle appartient
maintenant à sa mère.
La petite maison en bois à Hindelang/Allgaeu,où sa femme et son petit garçon
ont vécu jusqu'en 1943,était seulement en location.(Et en plus maintenant
le propriétaire l'a expulsée,de ce fait elle est obligée de louer deux pièces
au dernier étage d'une auberge de village dans la région.La remise à moitiée
brûlée de la maison de Munich où j'ai ma chambre est maintenant,du fait de la loi,
comme "propriété d'un criminel de guerre",à la disposition d'anciens prisonniers
de camps de concentration,et c'est seulement grâce à la gentillesse d'une équipe
américaine du quartier que j'ai pu conserver ma chambre jusqu'à présent).

Hess était très poli,galant avec les femmes,et très accommodant,sensible,même.
Je me souviens d'une fois où nous buvions le thé dans le jardin.
Des guêpes étaient engluées dans le pot de miel et ne pouvaient plus repartir.
Il les a récupérées avec sa cuillère,les a lavées précautionneusement et les a
disposées au soleil afin qu'elles puissent sécher.
Une autre fois,alors que le chien de chasse de son frère avait été tué par
un étranger,son frère et lui furent aussi tristes que si un être humain avait
été tué,et comme je me moquai un peu,il me rabroua violemment et j'en restai
effroyablement honteuse.

Il aimait beaucoup sa famille.Surtout quand son fils est né,il revenait à la maison
aussi souvent que le lui permettaient ses occupations.
Il aimait recevoir des invités.Durant le temps de paix,ses parents venaient
d'Egypte tous les deux ans,et après le début de la guerre,ils vivaient entièrement
chez lui,plus à Berlin qu'à Munich,parce que pendant la guerre il était à Berlin
la plupart du temps.Il était un fils très tendre et faisait tout ce qu'il pouvait
pour ses parents.Son père aimait regarder des pièces de théâtre joyeuses,
des opérettes et des films,ainsi faisait-il (Rudolf Hess) en sorte qu'il (son père)
puisse en voir le plus possible.Sa mère s'intéressait plus à la médecine naturelle
et à la philosophie,ce qui était aussi l'un des principaux traits de sa personnalité.

Deux raisons expliquaient l'intérêt qu'il portait aux médecines allopathiques
et naturelles.Tout d'abord pour des raisons politiques:beaucoup de gens
mourraient encore du cancer et la science n'avait pas bien réussi dans ce domaine,
donc il disait que quelqu'un devait donner sa chance à quiconque aurait une idée
ou un remède,sachant que souvent,les non-spécialistes avaient les meilleures idées.
Beaucoup de nos médecins officiels se moquèrent de lui,mais il y en avait aussi
suffisamment qui partageaient son opinion.

L'autre raison,qui est personnelle,était qu'il n'était jamais satisfait de sa propre
compétence.Il voulait travailler bien plus,et s'il était fatigué il pensait que
quelque chose n'allait pas,ou alors qu'il aurait dû faire plus avant d'être fatigué.
Quand je l'ai connu,il avait seulement des problèmes d'estomac.
Par la suite,sa santé fut bonne,il aimait beaucoup marcher.
En hiver nous allions souvent skier.Simplement,il ne pouvait pas monter les côtes
raides à cause de sa blessure aux poumons.Plus tard,il eut parfois des crises
au niveau de la vésicule biliaire,ce qui lui enlevait beaucoup de son énergie.
Il eut beaucoup de médecins,pas en même temps,mais les uns après les autres.
Il n'avait pas la patience de rester avec le même médecin,le temps que celui-ci
le rende en meilleure santé.Lorsqu'il ne voyait aucun succès arriver après
quelques semaines et qu'il avait déjà entendu parler d'un autre médecin,
il appelait l'autre.Dans les deux dernières années,avant son départ,il consultait
particulièrement deux médecins "non officiels",des naturopathes comme on dit
en allemand.Pour s'amuser,il les appelait les "sorciers" (Le Führer ridiculisait Hess
parce qu'il courait après toutes sortes de médecins.Hess lui envoya une copie
des correspondances entre Fredersdorf et Frédérick le Grand concernant une
(illisible) similaire (illisible) médecine (illisible).

Horoscope:Une femme plus âgée colporteuse d'horoscopes lui envoya
un horoscope (illisible) de 1940.Il semblait confirmer ses plans.
Il était si (illisible) qu'il ordonna à sa secrétaire de lui envoyer son jour exact
de naissance,l'heure et l'endroit exact de sa naissance,afin d'obtenir plus
de détails.Elle ne se souvient pas les détails,mais cela confirma sa conviction
que c'était son devoir et son destin de mettre fin à la guerre.

Il avait une attirance naturelle,tout comme sa mère,pour la transcendance
surnaturelle.
Concernant sa décision de s'envoler en Angleterre,il fut légèrement influencé
par l'horoscope et par un rêve du général Haushofer (Elle ne connaît pas les détails,
mais elle l'a mentionné parce qu'elle est sûre que ça confirme sa détermination
à partir en Angleterre.Il parlait à Albrecht Haushofer avant de partir).
Je pense qu'il était religieux ou pieux dans le sens de ressentir une dépendance
à la Providence,en laquelle il avait une confiance telle qu'il était convaincu que
tout ce qui arrivait avait un sens,un sens justifié,qu'on le comprenne ou non.

Je ne comprends pas qu'il ait des rapports le concernant qui soient haineux.
Nous et tous ses employés l'aimions beaucoup,et d'après ce que je sais,
ses hommes et les chefs politiques l'aimaient et l'admiraient aussi
(à une exception:Martin Bormann,mais je ne vois aucune raison pour laquelle
il aurait dû le détester).
Il était si prévenant avec tout le monde,la population sentait cela.
Je devais ouvrir toutes les lettres qui arrivaient chez lui,il y en avait beaucoup.
La plupart d'entre elles venaient de gens qui ne le connaissaient pas
personnellement,et toutes étaient emplies de confiance en lui pour remédier
à leurs problèmes,ou bien elles le remerciaient lorsqu'il les avait déjà aidés.
Particulièrement quand il avait fait un discours à la radio ou à Noël ou au
Nouvel An ou à n'importe quelle autre occasion,il y avait tellement de lettres
pleines d'affection et de reconnaissance.
Et ceux qui avaient eu affaire avec lui à quelque occasion l'avaient aimé et admiré.

Il était également très juste et chevaleresque envers ses camarades et
ses subordonnés.Cela me frappait souvent quand il dictait une lettre dans
laquelle il avait à blâmer quelqu'un.Après avoir tancé la personne,il faisait
gentiment des propositions en vue d'améliorations.
Il construisait pour ainsi dire un pont pour le réprimander,afin que ce dernier
ne se sente pas ofensé.Il n'était ni fourbe ni faux:s'il avait un reproche à faire
à quelqu'un,il lui disait ouvertement et discutait afin de clarifier la situation.

Il était si gentil et si noble que chacun se sentait obligé d'agir le plus possible
de la même manière et de faire pour lui autant qu'il ou elle pouvait.
Cela ne dérangeait aucun d'entre nous de travailler avec lui jusque tard après
minuit.Je me rappelle d'une fois où il était rentré tellement tard que le souper
avait dû être réchauffé plusieurs fois d'affilé.Mme Hess fut réprobatrice et dit
que c'était trop contraignant pour le cuisinier et la bonne de rester debout si tard.
Après cela,la bonne vint me voir secrètement et me dit:"S'il vous plaît dites-lui
que nous voulons travailler pour lui à n'importe qu'elle heure du jour et de la nuit,
cela ne nous dérange jamais,nous sommes heureux de faire quelque chose pour lui."
Cette réaction était représentative de ce que pensaient les gens qui avaient à
traiter avec lui personnellement.

Peut-être que sa faute fut d'avoir été trop gentil et d'avoir considéré d'autres
personnes aussi honnêtes et honorables que lui l'était.
Ses erreurs viennent de ses vertus:trop gentil et trop modeste.

Pour quelqu'un le connaissant,le voir aujourd'hui accusé de "criminel de guerre"
est la chose la plus idiote et la plus grotesque qui soit.
Son ambition fut toujours d'établir la paix,soit entre des particuliers,soit entre
les peuples.Son discours sur les vétérans est connu dans l'Europe entière:
les vétérans veulent la paix parce qu'ils connaissaient la guerre.
Il connaissait la guerre,puisqu'il a lui-même été un vétéran.
Et s'il y avait un homme d'Etat prêt à se sacrifier personnellement pour conduire
à la paix,c'était bien Rudolf Hess.
L'opinion de quelques personnes qui pensent qu'il a dû être fou depuis lors
ne diminue pas ce fait.


++++++++++++++++++++++++++++++


Nuremberg,le 20 novembre 1945.

(signature) Hildegard Fath.

(Rédigé à la main) "Quand Hitler déclara que Hess était fou,j'étais sûre que
c'était fait uniquement pour des raisons politiques.Maintenant je ne sais pas."

_________________
L'autre Histoire.
"Qui n'entend qu'une cloche, n'entend qu'un son"


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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

Message  François Delpla le Lun 23 Jan - 7:43

Persuadé que Hitler était au courant du vol de Hess et l'avait envoyé, je voudrais à présent expliquer la dissimulation de ce fait par eux. Car les zélateurs de la thèse "Hess solitaire" font souvent, faute de mieux, de la négation par Hess comme par Hitler de leur complicité la pierre angulaire de leur argumentation.

La dissimulation première de leur entente par Hess et par Hitler, lorsque le premier tombe aux mains de Churchill et que le second l'apprend, n'a rien que de logique et de classique : tout agent arrêté à l'étranger dément le plus possible avoir été envoyé par son gouvernement et prétend le plus possible avoir agi en franc-tireur. Cela peut être vrai ou faux : en tout cas il est ahurissant d'y voir une preuve, et de faire la moindre confiance à cette dénégation.

Ensuite, il y a deux périodes :

* du vivant de Hitler : c'est évidement à lui de révéler, s'il le souhaite et quand il le souhaite, que Hess était son envoyé. Celui-ci est plus que jamais un toutou bien soumis, et ce d'autant plus que ses moyens de jauger la situation par lui-même se réduisent un peu plus chaque jour.

* après la mort de son Führer-boussole : pourquoi voudrait-on que Hess se mette à table, et quand ?

-il conserve toute sa vie son admiration pour Hitler; avouer un tel mensonge serait, plus que jamais, ternir son image, ainsi que celle du régime nazi, assez malhonnête pour duper la planète pendant des années sur un point fondamental. Et cette raison, chaque jour de retard la renforce.

-avouer ce mensonge ce serait remplacer une croyance aussi floue que répandue, mais plutôt en sa faveur (Hess prenant une initiative pour rétablir la paix -la question de savoir s'il savait qu'il y aurait Barbarossa dans la foulée étant moins claire) par une honte absolue : il n'était que le pire des agents nazis, tentant d'assurer les meilleures bases de départ à la plus massive et cruelle guerre d'agression et d'extermination de l'histoire.

François Delpla

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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

Message  Hanna le Lun 23 Jan - 18:14

François Delpla a écrit:Persuadé que Hitler était au courant du vol de Hess et l'avait envoyé, je voudrais à présent expliquer la dissimulation de ce fait par eux. Car les zélateurs de la thèse "Hess solitaire" font souvent, faute de mieux, de la négation par Hess comme par Hitler de leur complicité la pierre angulaire de leur argumentation.

La dissimulation première de leur entente par Hess et par Hitler, lorsque le premier tombe aux mains de Churchill et que le second l'apprend, n'a rien que de logique et de classique : tout agent arrêté à l'étranger dément le plus possible avoir été envoyé par son gouvernement et prétend le plus possible avoir agi en franc-tireur. Cela peut être vrai ou faux : en tout cas il est ahurissant d'y voir une preuve, et de faire la moindre confiance à cette dénégation.

Ensuite, il y a deux périodes :

* du vivant de Hitler : c'est évidement à lui de révéler, s'il le souhaite et quand il le souhaite, que Hess était son envoyé. Celui-ci est plus que jamais un toutou bien soumis, et ce d'autant plus que ses moyens de jauger la situation par lui-même se réduisent un peu plus chaque jour.

* après la mort de son Führer-boussole : pourquoi voudrait-on que Hess se mette à table, et quand ?

-il conserve toute sa vie son admiration pour Hitler; avouer un tel mensonge serait, plus que jamais, ternir son image, ainsi que celle du régime nazi, assez malhonnête pour duper la planète pendant des années sur un point fondamental. Et cette raison, chaque jour de retard la renforce.

-avouer ce mensonge ce serait remplacer une croyance aussi floue que répandue, mais plutôt en sa faveur (Hess prenant une initiative pour rétablir la paix -la question de savoir s'il savait qu'il y aurait Barbarossa dans la foulée étant moins claire) par une honte absolue : il n'était que le pire des agents nazis, tentant d'assurer les meilleures bases de départ à la plus massive et cruelle guerre d'agression et d'extermination de l'histoire.


Il suffit de lire les posts de Mr Klein sur les comptes rendus d'audience
du "procès" de Nuremberg pour se rendre compte de la réalité du désir
de paix souhaité avec l'Ouest par les plus hauts dignitaires nationaux-socialistes,
les occulter ne serait point une démarche d'historien....

Quant à l'esprit de cette guerre idéologique,ce fut une première,
dont voici quelques détails pour la Mémoire.

En guise de réponse,certains déclareront que le national-socialisme
était une idéologie inhumaine,qui prévoyait la réduction en esclavage
de populations entières et la mort de millions d'innocents (Juifs,Tziganes,etc.).
La guerre commencée en 1939 était donc d'un type nouveau,il s'agissait
d'une guerre de la civilisation contre la barbarie,dans laquelle les peuples libres
luttaient pour leur existence et,plus généralement,pour la dignité humaine.
Par conséquent,les Français avaient le devoir moral de résister,même s'ils
violaient en cela les lois.

Cette thèse est certes très séduisante,car elle a l'avantage de simplifier
considérablement l'Histoire de l'Europe des années 30 (en la réduisant à un combat
manichéen du Bien contre le Mal) et,donc,d'absoudre tous les crimes des "bons"
au motif qu'ils auraient été commis au nom de la "civilisation".
L'ennui est que ce genre d'histoire,où les bons (aimables,généreux,altruistes,
guidés uniquement par un noble idéal de liberté et de fraternité) s'opposent
aux méchants (hautains,égoïstes,cyniques,guidés par la haine de tout ce qui
ne se prosterne pas à leurs pieds) n'est valable que dans les films.
La seconde guerre mondiale ne fut pas,comme on veut nous le faire croire,
la lutte des cow-boys contre les Indiens,de Zorro contre le capitaine Garcia
ou de Luc Skywalker contre Dark Vador.
Comme toujours dans l'histoire humaine,le bien et le mal furent enchevêtrés.

Certes,une analyse superficielle de l'Histoire donne tort aux Allemands.
N'est-ce pas le Reich qui a réarmé,les troupes allemandes qui ont pénétré
en Autriche,la Tchécoslovaquie qui a été dépecée par Hitler,la Pologne qui a été
envahie par la Wehrmacht,la France qui a subi et vécu une occupation avec
des déportations et Oradour-sur-Glane ? Les "nazis" n'ont-ils pas construit
des camps et des fours crématoires ?
En 1945,les Alliés n'ont-ils pas découvert des montagnes de cadavres ?

Méfions-nous toutefois...Car on oublie trop souvent que l'Histoire des années
1930-1945 a été écrite par les vainqueurs alors que les vaincus étaient mis
dans l'impossibilité de faire connaître leur défense.
Il était donc facile au vainqueur d'occulter tous les événements qui plaidaient
en sa défaveur et d'imputer des crimes imaginaires au vaincu,afin de noicir à l'envi.
Je rappelle qu'il a fallu attendre 1990 pour que,enfin,l'Union soviétique reconnaisse
sa culpabilité dans le massacre de Katyn,attribué pendant 45 ans aux "nazis".

Certes,Hitler a réarmé.Mais on "oublie" de nous rappeler qu'à la fin de la première
guerre mondiale,les vainqueurs avaient exigé le désarmement quasi complet de
l'Allemagne,avec la promesse qu'une fois cette exigence réalisée,ils désarmeraient
à leur tour.Or,bien qu'en 1927,Foch lui-même ait constaté que l'Allemagne avait
rempli son devoir,la France refusa obstinément de désarmer.
Telle est la raison pour laquelle,à partir de 1934,Hitler réarma.

Certes,Hitler a annexé l'Autriche.Mais on "oublie" de nous rappeler que dès 1918,
ce pays avait réclamé son rattachement à l'Allemagne et que les vainqueurs le
lui avaient refusé au mépris du droit des peuples à s'autodéterminer
(Id.,pp.59 et suivantes).

Certes,Hitler a contribué au dépècement de la Tchécoslovaquie et a envahi
la Pologne,mais on "oublie" de nous rappeler qu'en 1919,ces pays avaient été
créés (Tchécoslovaquie) ou recréés (Pologne) de toutes pièces par les vainqueurs
et que ceux-ci leur avaient donné de nombreux territoires incontestablement
allemands (pays des Sudètes donné à la Tchécoslovaquie,parties de la Silésie
et territoire de Dantzig donnés à la Pologne) (Ibid.,pp.69 et suivantes).
Dès les années 20,alors que Hitler était un inconnu,des personnalités françaises
et anglaises (Jacques Bainville,Marcel Sembat,Lloyd George,Robert Lansing....)
avaient prévu qu'une telle situation,si elle n'était pas révisée,mènerait à la guerre.

Or,si la catastrophe put être évitée de justesse en 1938,il en fut autrement
un an plus tard,lorsque les Anglais poussèrent la Pologne à refuser toutes
les offres allemandes pour une solution pacifique des problèmes territoriaux.
Rappelons en outre que,le 5 septembre 1939,l'Angleterre torpilla l'ultime tentative
de médiation acceptée par Hitler,pour restaurer la paix (Id.) et qu'un mois
plus tard,elle repoussa les offres d'A.Hitler pour une paix de compromis.

Quant aux événements d'Oradour-sur-Glane et à ce qui s'est passé dans
les camps de concentration allemands,des libres chercheurs ont démontré
que l'Histoire officielle enseignée depuis 1945 était truffée d'inexactitude
et de mensonges.
Aujourd'hui,cependant,en France,une loi existe qui les empêche de s'exprimer
publiquement (loi Fabius-Gayssot du 13 juillet 1990) et leurs livres sont interdits.
En voici quelques exemples:

- Annales d'Histoire Révisionnistes et Revue d'Histoire Révisionniste:
interdites d'exposition dans les librairies,de publicité et de vente ou de distribution
aux mineurs par arrêté du 2 juillet 1990,

- L'Holocauste au Scanner de Jügen Graf: interdit en France par arrêté
du 19 décembre 1994,

- Rapport Rudolf (sur les prétendues chambres à gaz homicides d'Auschwitz):
interdit en France par arrêté du 7 avril 1997,

- Le Massacre d'Oradour,un demi-siècle de mise en scène :
interdit en France par arrêté du 2 septembre 1997,

- Nouvelle Vision (bulletin confidentiel d'informations révisionnistes):
interdit en France par arrêté du 12 janvier 1997,

- Les camps de concentration allemands.1941-1945.Mythes propagés et
réalités occultées
: interdit en France (lettre d'annonce d'interdiction
du 2 mars 2000,l'interdiction définitive publiée avril 2000).

Depuis près de vingt ans,les révisionnistes proposent un début public avec
des historiens et d'anciens déportés.On le leur a toujours refusé,préférant
la répression impitoyable (interdictions,procès,amendes,prison,agressions...)
à la discussion courtoise.
Tant que l'Histoire européenne des années 1918-1950 sera écrite par
les vainqueurs de 1945,
tant que les vaincus n'auront pas le droit de faire connaître leur défense,
tant que les libres chercheurs seront autoritairement réduits au silence,
on ne pourra prétendre juger objectivement le national-socialisme.
Telle est la raison pour laquelle je refuse de suivre ceux qui invoquent
les "crimes nazis"(contre la paix,de guerre ou contre l'humanité) pour justifier
toutes les atteintes au Droit commises par les Résistants.
Leur raisonnement est faussé dès le départ parce que l'histoire qu'ils
utilisent se révèle fausse et les crimes qu'ils invoquent improuvés.



Dernière édition par Annie le Lun 23 Jan - 18:28, édité 2 fois

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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

Message  François Delpla le Lun 23 Jan - 18:24

Annie a écrit:

Il suffit de lire les posts de Mr Klein sur les comptes rendus d'audience
du "procès" de Nuremberg pour se rendre compte de la réalité du désir
de paix souhaité avec l'Ouest par les plus hauts dignitaires nationaux-socialistes


mais je le crois volontiers !

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Re: Rudolf Hess :La dernière tentative de paix auprès de l'Angleterre

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